
Mahmoud Aroua, romancier, poète, chercheur en histoire de la médecine, fils du célèbre poète Ahmed Aroua, n’est plus. La faucheuse vient de frapper les siens et la famille des lettres algériennes nous laissant atterrés, sans voix.
Sa présence constante nous aura appris la bonté, la persévérance, la rigueur, l’endurance, la disponibilité ; jamais il n’a cédé au découragement ni à l’abandon, malgré les difficultés que connaît notre monde de l’édition et que lui-même a connues.
Il nous laissera un énorme vide dans les stands des Salons de livre d’Alger et des forums littéraires qu’il fréquentait, tant en tant qu’auteur qu’en tant que lecteur.
Son dernier ouvrage, intitulé Ibn Hamadush Al-Djazaïri Le savant solitaire au XVIIIe siècle (Casbah 2025), est issu de la conférence qu’il a présentée lors du Forum de L’ivrEscQ. Nous sommes si ravis que cet évènement soit cité dès le préambule de son livre.
Cet ouvrage rend hommage et met en lumière un travail de réhabilitation mémorielle. Comme son texte l’indique, il nous présente Ibn Hamadush Al-Djazaïri, figure scientifique emblématique et penseur solitaire de son temps, auteur de deux textes majeurs : un traité de la médecine Kashf al-rumuz, et un récit de voyage Rihla.
L’auteur puise dans une documentation importante, bien que fragmentaire. Sans oublier, comme il le souligne, que les récits de voyages de l’époque ottomane sont souvent le fait des voyageurs étrangers, évoqués par des passants, alors que celui-ci est écrit par un natif de l’Algérie, ce qui donne toute sa valeur au texte retrouvé sous forme de brouillon.
Mahmoud Aroua, connu pour sa soif insatiable des quêtes et de connaissance, dira : « Mon objectif n’était pas de tout analyser en profondeur, mais de le faire connaître. »
L’auteur nous rappelle la Rihla d’Ibn Battûta au XIVe siècle, qui relate les moments forts du voyage dans le monde musulman médiéval. On retrouve d’ailleurs cette dualité entre le voyage physique et voyage de l’âme dans son roman Staten Island, ou encore Un ange chez Mc Donald, ainsi que dans ses autres œuvres où l’écriture tisse les ponts entre la vie et la mort, le contemporain et le présent, le moderne et le spirituel.
Mahmoud Aroua s’en est allé, son œuvre demeure à exploiter !




Il n'ya pas de réponses pour le moment.
Laissez un commentaire