L’année littéraire 2026 entame son premier trimestre. Toutefois, le roman, l’essai ou la poésie semblent exister en catimini, malgré le désir des auteurs et des éditeurs à vouloir créer une dynamique livresque au sein des espaces culturels. Hormis le Salon du livre d’Alger, qui connaît chaque année un flux de fréquentation encourageant, la vitalité du livre semble léthargique le reste de l’année.
Il suffirait pourtant de la simple présence de l’auteur — ce façonneur d’un supplément d’aura — au cœur de nos établissements culturels pour insuffler un véritable mouvement littéraire.
Un ouvrage, produit par moult efforts, n’est sûrement pas un vulgaire objet entassé sur des étagères, exposé à l’indifférence. Il est une voix, une pensée, une création qui peut être discutée, questionnée, interrogée, débattue, voire aimée ou contestée. Un ouvrage qui circule de main en main est un ravissement, après coup, après tout. C’est plaisant d’entendre un lecteur vous dire : « Votre personnage m’a marqué, je l’ai aimé ou détesté, ou encore tel passage lyrique de votre roman m’a habité ou emporté, etc. ».
Évidemment, une prose ou un texte se crée dans l’isolement de l’écriture, mais ne prend vie que dans les rencontres avec autrui. Or, on constate que les œuvres existent, mais les voix sont muettes et, de surcroît, sans lieux pour les accompagner. Cette faille incombe, a fortiori, principalement aux responsables des structures culturelles, dont le manque d’initiatives montre un désintérêt pour les livres, les lettres.
Dans un tel contexte, il est indispensable de libérer l’essor de la production littéraire : rencontrer les textes et leurs auteurs dans leurs fiefs comme les bibliothèques, les institutions, les écoles ou les universités. La culture livresque n’est en aucun cas un événement ponctuel, elle est un élan vibrant. Un dialogue permanent entre les paroles, les imaginaires et les regards sur un monde en mutation.
Dans notre modeste démarche, et afin de restituer, un tant soit peu, la place au verbe, L’ivrEscQ poursuivra son engagement à travers la « Caravane de la poésie n°2 » et la préparation d’une anthologie intitulée Le sens de la vie. Notre ambition : porter l’envol des voix, qu’elles soient confirmées ou émergentes. Le texte demeure le socle de la culture. C’est par son truchement que naissent le théâtre, le cinéma ou encore le roman ; un essaim vital pour la pensée et la création.
Alors, plus que jamais : redonnons vie au texte. À nos plumes !





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