{"id":1004,"date":"2010-11-15T23:50:25","date_gmt":"2010-11-15T22:50:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=1004"},"modified":"2011-04-21T17:59:57","modified_gmt":"2011-04-21T16:59:57","slug":"gao-xingjian-%c2%abla-question-de-l%e2%80%99humanite-est-celle-de-l%e2%80%99environnement-en-ce-nouveau-siecle%c2%bb","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/gao-xingjian-%c2%abla-question-de-l%e2%80%99humanite-est-celle-de-l%e2%80%99environnement-en-ce-nouveau-siecle%c2%bb\/","title":{"rendered":"Gao Xingjian : \u00abLa question de l\u2019humanit\u00e9 est celle de l\u2019environnement en ce nouveau si\u00e8cle\u00bb"},"content":{"rendered":"<div><strong><span style=\"color: #211d1e; font-size: small;\"><strong><span style=\"color: #211d1e; font-size: small;\"><\/p>\n<h1>Lors d\u2019une rencontre internationale d\u2019\u00e9crivains sur le th\u00e8me \u00abLitt\u00e9rature et environnement\u00bb tenue \u00e0 Tokyo en 2009, Mohamed Magani a rencontr\u00e9 Gao Xingjian, prix Nobel de litt\u00e9rature en 2000, au cours des visites aux sites historiques de Tokyo et Kyoto.<br \/>\nL\u2019entretien est entrecoup\u00e9 d\u2019un r\u00e9cit devoyage<\/h1>\n<p><\/span><\/strong><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1005\" title=\"gao-xinigjian-1\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/02\/gao-xinigjian-11.jpg\" alt=\"\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/02\/gao-xinigjian-11.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/02\/gao-xinigjian-11-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/>\u00a0<\/p>\n<table border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\" width=\"100%\">\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"text-align: justify;\" bgcolor=\"#f4f4f4\"><em>M\u00eame un personnage de roman n\u2019oserait lancer : \u00ab A nous deux Tokyo! \u00bb tant le gigantisme de la m\u00e9gapole efface l\u2019individu. Avec ses treize millions d\u2019habitants, l\u2019empire des gratte-ciel h\u00e9risse ses structures, aux dizaines d\u2019\u00e9tages, blanches ou liss\u00e9es de p\u00e9nombre. Apr\u00e8s une semaine de communications et de d\u00e9bats, nous laissons Tokyo, non sans une grande envie d\u2019atteindre notre prochaine destination, Kyoto, dont on dit qu\u2019elle est aux antipodes de la capitale japonaise.<\/em><br \/>\n<em>Nous prenons un billet de train (train super express) dont le confort n\u2019est pas bien loin de celui de l\u2019avion. Tr\u00e8s vite il atteint une vitesse de croisi\u00e8re vertigineuse. Gao Xingjian prend place pr\u00e8s d\u2019une fen\u00eatre, il est aussit\u00f4t attentif aux paysages qui glissent telles les images acc\u00e9l\u00e9r\u00e9es d\u2019un film. A mi-chemin entre Tokyo et Kyoto, une soudaine excitation s\u2019empare des passagers du wagon. Les appareils photos sont tir\u00e9s prestement de leurs \u00e9tuis. Tous les regards se braquent sur les fen\u00eatres de droite. \u00ab Le mont Fuji va bient\u00f4t appara\u00eetre \u00bb, me dit Gao Xingjian.<\/em><br \/>\n<em>La montagne v\u00e9n\u00e9r\u00e9e des Japonais ne tarde pas \u00e0 surgir, sombre, vaporeuse et \u00e0 moiti\u00e9 envelopp\u00e9e de nuages bas. La vision, amput\u00e9e de son sommet, r\u00e9joui \u00e0 moiti\u00e9 les passagers, \u00ab c\u2019est dommage, fit une voix en anglais derri\u00e8re nous, on ne peut voir sa calotte blanche. \u00bb<\/em><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<div>\n<div>\u00a0<strong>Mohamed Magani : L\u2019\u00e9crivain japonais Takashi Atoda nous disait qu\u2019il faut trois conditions pour \u00eatre \u00e9crivain au Japon: \u00eatre tuberculeux, pauvre et avoir laiss\u00e9 tomber les \u00e9tudes\u2026<\/strong>\u00a0<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Gao Xingjian :<\/strong> (rires) En ce qui me concerne, il en fut autrement. J\u2019\u00e9cris depuis l\u2019enfance, ma premi\u00e8re fiction \u00e0 dix ans, jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9volution culturelle o\u00f9 on m\u2019a tout br\u00fbl\u00e9 trente kilos de manuscrits : dix pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, un journal de l\u2019enfance, des cahiers de notes, des essais et des po\u00e8mes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis j\u2019ai repris l\u2019\u00e9criture, mes \u00e9crits ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s mais censur\u00e9s. Beaucoup de d\u00e9boires aussi, dont des agressions physiques. Fin 1987, je me suis exil\u00e9 en Europe. Je me suis install\u00e9 d\u00e9finitivement en France. Mon oeuvre, des romans et des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, s\u2019est constitu\u00e9e en grande partie \u00e0 Paris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>MM : Peut-on dire que vous \u00eates dans la litt\u00e9rature de l\u2019exil?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>GX :<\/strong> Ce n\u2019est pas tout, beaucoup de mes textes transcendent ce statut. La partie de la litt\u00e9rature de l\u2019exil concerne la Chine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>MM : Vous \u00e9crivez depuis l\u2019enfance, c\u2019est pr\u00e9coce !<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>GX :<\/strong> Le milieu \u00e9tait favorable : ma m\u00e8re faisait du th\u00e9\u00e2tre, mon p\u00e8re travaillait \u00e0 la banque, il s\u2019int\u00e9ressait beaucoup \u00e0 la litt\u00e9rature chinoise classique. J\u2019ai subi l\u2019influence de la litt\u00e9rature occidentale, fran\u00e7aise et allemande en particulier. La culture africaine m\u2019influence aussi, j\u2019ai lu Kateb Yacine, son th\u00e9\u00e2tre. Cela continue, hors de Chine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>MM : Le r\u00e9alisme, \u00e0 des degr\u00e9s divers, est le d\u00e9nominateur commun d\u2019un bon nombre d\u2019\u00e9crivains. O\u00f9 vous situez vous dans l\u2019\u00e9chelle du r\u00e9alisme ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>GX :<\/strong> Je crois \u00e0 la litt\u00e9rature sans \u00abisme\u00bb esth\u00e9tique. Le \u00abisme\u00bb est id\u00e9ologique et politique, il restreint, canalise la nature humaine qui est complexe. Il faut trouver son orientation personnelle, c\u2019est un long chemin. Il se construit et l\u2019esth\u00e9tique \u00e9volue. Cela co\u00efncide avec la cr\u00e9ativit\u00e9. Les \u00abismes\u00bb sont le travail du critique, qui retrace le parcours d\u2019un \u00e9crivain. La litt\u00e9rature est un t\u00e9moignage de l\u2019existence humaine et de la nature profonde de l\u2019homme. Donc, elle va au-del\u00e0 de la politique, de l\u2019id\u00e9ologie et de la philosophie. J\u2019ai toujours r\u00e9clam\u00e9 l\u2019autonomie totale de la litt\u00e9rature et la libert\u00e9 totale de l\u2019auteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>MM : Aujourd\u2019hui, dans la litt\u00e9rature de l\u2019exil, il y a beaucoup d\u2019engagement.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>GX :<\/strong> Je ne m\u2019engage pas. La valeur fondamentale de la litt\u00e9rature est le r\u00e9el.<\/p>\n<table border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\" width=\"100%\">\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"text-align: justify;\" bgcolor=\"#f4f4f4\"><em>A Kyoto, la visite guid\u00e9e de la ville et de ses environs marque un vrai changement de Tokyo la m\u00e9gapole. 1,5 million d\u2019habitants vivent dans des maisons \u00e9tonnement basses, aux portes et murs anciens, arpentent rues et ruelles qui ont gard\u00e9 leur trac\u00e9 centenaire. Les poches de verdure et les parcs prolif\u00e8rent. Le gout de la tradition est prononc\u00e9 \u00e0 Kyoto, dans des restaurants o\u00f9 il faut entrer d\u00e9chauss\u00e9 et o\u00f9 officient les geishas pleines de gr\u00e2ce et silencieuses, elles servent le meilleur de la cuisine japonaise en petites quantit\u00e9s dans des assiettes et r\u00e9cipients nains. A cot\u00e9 de moi, Gao Xingjian note les ressemblances avec la cuisine chinoise. En face, Takashi Atoda, un des plus \u00e9minents \u00e9crivains japonais contemporains nous annonce la visite suivante: Le Pavillon d\u2019or, un autre lieu mythique du Japon. Nous sommes subjugu\u00e9s par la vision du Pavillon d\u2019or, construit sur pilotis au milieu d\u2019un lac circulaire, miroir d\u2019eau tach\u00e9 par un \u00e9ventail de larges feuilles de plantes grasses. Gao Xingjian se plie aux multiples s\u00e9ances photos avec en toile de fond le Pavillon d\u2019or. Il se d\u00e9tache un moment de la foule des visiteurs et se penche sur la balustrade en bois qui ceinture le lac, absorb\u00e9 dans la contemplation du pavillon d\u00e9licatement feuillet\u00e9 d\u2019or dans son entit\u00e9.<\/em><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<div><strong>MM : Nous nous sommes r\u00e9unis \u00e0 Tokyo sur le th\u00e8me de la litt\u00e9rature et de l\u2019environnement, votre pr\u00e9sence ici t\u00e9moigne d\u2019un type d\u2019engagement diff\u00e9rent.<\/strong><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>GX :<\/strong> L\u2019homme fait partie de la nature, il suit ses lois de la nature.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>MM : Michel Serres pr\u00e9conise de d\u00e9passer \u00able Contrat social\u00bb de Rousseau, de lui substituer un \u00abContrat naturel\u00bb\u2026<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>GX :<\/strong> \u00abLe Contrat naturel\u00bb est une excellente id\u00e9e ! Il faut retrouver le lien avec la nature. Le 20\u00e8me si\u00e8cle a \u00e9t\u00e9 un si\u00e8cle social. La question de l\u2019humanit\u00e9 est celle de l\u2019environnement dans ce nouveau si\u00e8cle. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 tard qu\u2019elle ne se pose que maintenant. Il y a une limite \u00e0 l\u2019exploitation de la nature, le mode de vie lanc\u00e9 par les occidentaux et les asiatiques, est-ce vraiment la vraie vie? Il faut en discuter, en parler. Ce n\u2019est pas une r\u00e9volution, c\u2019est un r\u00e9veil. Il y a au Japon un retour \u00e0 la campagne, car la vie y est meilleure, pas ch\u00e8re, parfois des maisons gratuites. Le retour \u00e0 la campagne, c\u2019est l\u2019avenir. C\u2019est la qualit\u00e9 de la vie. Dans mon roman La Montagne de l\u2019\u00e2me, un homme vagabonde. Il est \u00e0 la recherche de la source de la civilisation chinoise. Il y a une alternance entre le \u00abje\u00bb, le \u00abtu\u00bb et le \u00ab il \u00bb. La forme traditionnelle limite, il nous faut inventer des formes litt\u00e9raires beaucoup plus libres. Une expression plus libre est n\u00e9cessaire pour exprimer l\u2019\u00e2me dans ses diff\u00e9rents niveaux. Le \u00abje\u00bb voyage dans la r\u00e9alit\u00e9, rencontre des gens. Le \u00ab tu \u00bb est un voyage spirituel, c\u2019est une projection de soi-m\u00eame. Le \u00abil\u00bb se d\u00e9tache, prend de la distance \u00e0 l\u2019\u00e9gard de soi-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>MM : C\u2019est de prime abord, d\u2019une grande complexit\u00e9 formelle.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>GX :<\/strong> C\u2019est une r\u00e9flexion sur l\u2019histoire, sur le roman et la langue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>MM : L\u2019alternance entre les pronoms se retrouve chez Nabokov, Mario Vargas Llosa et d\u2019autres. La litt\u00e9rature moderne a un vaste champ du pass\u00e9 vers lequel elle se tourne et renouvelle ses formes.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>GX :<\/strong> En effet, la fiction \u00e0 l\u2019ancienne dans la litt\u00e9rature chinoise ce sont les propos de la rue, les mythes, les fables, les chants populaires rassembl\u00e9s; l\u2019ensemble est appel\u00e9 fiction. De m\u00eame que les faits-divers sont appel\u00e9s romans. Dans La Montagne de l\u2019\u00e2me, je suis donc retourn\u00e9 \u00e0 la tradition.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>MM : Le lectorat ? Vous l\u2019avez \u00e0 l\u2019esprit quand vous \u00e9crivez?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">GX : J\u2019\u00e9cris d\u2019abord pour moi-m\u00eame. Je suis un lecteur exigeant. Si \u00e7a me parle, \u00e7a parlera s\u00fbrement \u00e0 tout le monde. J\u2019ai commenc\u00e9 La Montagne de l\u2019\u00e2me en Chine et je l\u2019ai achev\u00e9 \u00e0 Paris, apr\u00e8s sept ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9crire. Je ne pensais pas qu\u2019il serait publi\u00e9. Il est aujourd\u2019hui traduit en 37 langues. Il y a eu trois traductions et \u00e9ditions dans le monde arabe, en Egypte, au Liban et en Arabie Saoudite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>MM : Savez-vous si vous avez un lectorat alg\u00e9rien ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>GX :<\/strong> (rires) Il doit s\u00fbrement y avoir des lecteurs !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>MM : pour le savoir, il faut venir en Alg\u00e9rie ! Votre dernier ouvrage ?<\/strong><\/p>\n<table border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\" width=\"100%\">\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"text-align: justify;\" bgcolor=\"#f4f4f4\">Le train super express nous ram\u00e8ne \u00e0 Tokyo. C\u2019est un bel apr\u00e8s-midi, le ciel est d\u00e9gag\u00e9. Les participants \u00e0 la rencontre sur la litt\u00e9rature et l\u2019environnement occupent plus de la moiti\u00e9 du wagon. Une excitation palpable s\u2019est empar\u00e9e d\u2019eux depuis le d\u00e9part du train. Ils sont debout et se racontent des blagues. Gao Xingjian s\u2019esclaffe sans retenue. La cause de l\u2019excitation les tient tous contre les fen\u00eatres de gauche. Les appareils photos sont pr\u00eats. Ils se mettent \u00e0 enregistrer \u00e0 la vitesse du train si t\u00f4t que le Mont Fuji appara\u00eet. Ses 3676 m\u00e8tres se dressent, visibles de la base au sommet, corps noir en net contraste avec sa t\u00eate blanche. Montagne majestueuse aur\u00e9ol\u00e9e au sommet d\u2019un myst\u00e8re quasi-religieux. Mon compagnon de si\u00e8ge la suit jusqu\u2019\u00e0 sa disparition.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<div><strong>GX : <\/strong>\u00a0Une collection d\u2019essais sur mon th\u00e9\u00e2tre, ma vision du th\u00e9\u00e2tre. Je reviens \u00e0 son origine en Chine. C\u2019est comme l\u2019op\u00e9ra traditionnel chinois et le th\u00e9\u00e2tre japonais N\u00f4 ou Kabuki. Il y a toujours le chant, la danse, la po\u00e9sie, le mime, l\u2019acrobatie et le combat.<\/div>\n<p>\u00a0<strong>MM : Pas de monologue ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>GX :<\/strong> si, mais le monologue bien jou\u00e9. On peut danser, chanter, faire des acrobaties, c\u2019est tr\u00e8s th\u00e9\u00e2tral, et pas seulement dramatique. Je pr\u00f4ne un retour au th\u00e9\u00e2tre traditionnel, en d\u00e9passant les codes et en d\u00e9veloppant la libre expression. Sauf que, l\u2019esprit de l\u2019origine est l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>MM : La g\u00e9ographie r\u00e9elle, le lieu, ont-ils une importance dans vos romans ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>GX :<\/strong> Le lieu importe peu. Mes romans se passent en Chine, en France, aux USA, en Australie et ailleurs. Le lieu influe peu sur mes personnages. L\u2019homme est comme un oiseau, il vole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>MM : Qu\u2019est qui vous motive, apr\u00e8s la litt\u00e9rature ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>GX :<\/strong> Je suis peintre. J\u2019ai fait plus de 80 expositions personnelles dans le monde. C\u2019est pourquoi je vole !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>MM : Certainement plus avec le prix Nobel ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>GX :<\/strong> L\u00e0, je suis tomb\u00e9 dans un tourbillon ! J\u2019en \u00e9tais malade, tr\u00e8s malade. Trop de voyages, trop d\u2019activit\u00e9s\u2026 Je suis maintenant au r\u00e9gime v\u00e9g\u00e9tarien. J\u2019esp\u00e8re revenir \u00e0 mon travail.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>MM : Apr\u00e8s un dernier voyage en Alg\u00e9rie ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>GX :<\/strong> (rires).<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Par Mohamed Magani<\/strong>\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors d\u2019une rencontre internationale d\u2019\u00e9crivains sur le th\u00e8me \u00abLitt\u00e9rature et environnement\u00bb tenue \u00e0 Tokyo en 2009, Mohamed Magani a rencontr\u00e9 Gao Xingjian, prix Nobel de litt\u00e9rature en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[4,135],"tags":[],"class_list":["post-1004","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-dossier","category-n-9"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1004","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1004"}],"version-history":[{"count":17,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1004\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1012,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1004\/revisions\/1012"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1004"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1004"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1004"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}