{"id":1073,"date":"2010-01-15T21:51:10","date_gmt":"2010-01-15T20:51:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=1073"},"modified":"2011-02-13T20:05:27","modified_gmt":"2011-02-13T19:05:27","slug":"je-brulerai-la-mer-de-youcef-merahi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/je-brulerai-la-mer-de-youcef-merahi\/","title":{"rendered":"\u00abJe br\u00fblerai la mer\u00bb de Youcef Merahi"},"content":{"rendered":"<p> <em>\u00ab\u00a0Qu\u2019avait-il \u00e0 faire de la folie des hommes, \u00e0 l\u2019image d\u2019un Hitler qui mit le monde \u00e0 feu et \u00e0 sang ? Il laissa choir le cahier et se mit \u00e0 questionner les saign\u00e9es du plafond sur son d\u00e9sint\u00e9ressement\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"youcef-merahi-1\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/02\/youcef-merahi-1.jpg\" alt=\"\" width=\"610\" height=\"336\" \/><\/em><\/p>\n<h1>Quand amours et damnation s&rsquo;entrecroisent!<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il \u00e9tait une fois un gars de Belcourt. Le commencement du roman est une ambiance de l\u2019\u00e9cole d\u2019Amar Boum\u2019Bara. L\u2019enfant est humili\u00e9, pers\u00e9cut\u00e9, tabass\u00e9, ran\u00e7onn\u00e9 dans un quartier d\u2019Alger, Belcourt. Il s\u2019effacerait en tentant de se rendre invisible. Parfois, il est indiff\u00e9rent aux moqueries de son entourage. Pourtant, la cruaut\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole a forg\u00e9 Amar Boum\u2019Bara. Il a appris \u00e0 se faire passer pour une ombre, pour se mettre \u00e0 l\u2019abri des regards. L\u2019auteur enlaidit tellement le dessein de l\u2019enfant, comme par un malin plaisir de pointer de l\u2019index l\u2019irr\u00e9parable. M\u00eame l\u2019eau de mer donne de l\u2019urticaire \u00e0 Amar. Soudain, un halo de la providence. L&rsquo;enfant tombe sur la photo de Gandhi. Il apprend, un tant soit peu, la ma\u00eetrise \u00e0 la Gandhi pour att\u00e9nuer sa souffrance. Dans cette trame, Youcef Merahi, cet observateur aff\u00fbt\u00e9, d\u00e9crit, avec une plume tremp\u00e9e d\u2019acide, l\u2019exode rural, l\u2019apprentissage de la vie citadine apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, la d\u00e9gradation des immeubles, les bagarres entre voisins, la d\u00e9ch\u00e9ance ; et pour couronner le tout, sur toile de fond, demeure l\u2019\u00eatre qui jouit d\u2019exister dans son ineptie. Dans ce roman, les immeubles nouvellement envahis par la horde vomissent leurs entrailles par la promiscuit\u00e9. On d\u00e9f\u00e8que partout, on casse tout, on urine dans les coins des immeubles. Et pourtant l\u2019horloge d\u00e9mente poursuit son d\u00e9lire. Le comble de l\u2019h\u00e9r\u00e9sie est que personne ne crie : \u00abhalte \u00e0 la descente\u00bb. Amar Boum\u2019Bara reste prostr\u00e9 chez lui. Il est en marge de la vie. Et s\u2019il se jetait du sixi\u00e8me \u00e9tage pour planer dans le vide ? pense-t-il tr\u00e8s souvent. Il y a aussi ce litige entre son p\u00e8re et Aliouet qui perdure. M\u00eame Daddi, sa grand-m\u00e8re, dont on m\u00e9connait la date de naissance est un \u00eatre v\u00e9g\u00e9tatif qui d\u00e9range la famille. La noirceur dans Je br\u00fblerai la mer est \u00e9paisse. Elle est omnipr\u00e9sente. L\u2019auteur d\u00e9tecte le moindre soup\u00e7on de la d\u00e9cr\u00e9pitude \u00ab Ce soir-l\u00e0, il n\u2019a pas mang\u00e9. Des id\u00e9es allaient et venaient dans sa t\u00eate, comme le pendule de la vieille horloge accroch\u00e9e au couloir. Il regagnait directement sa chambre, sans faire attention au regard interrogateur de sa maman qui, depuis toujours, s\u2019inqui\u00e8te de toute la smala. Il s\u2019allongeait tout habill\u00e9 sur son lit et tentait de comprendre quelques lignes de son cours d\u2019histoire. Rien \u00e0 faire, la le\u00e7on \u00e9tait une suite de lignes parall\u00e8les, sans plus. Qu\u2019avait-il \u00e0 faire de la folie des hommes, \u00e0 l\u2019image d\u2019un Hitler qui mit le monde \u00e0 feu et \u00e0 sang ? Il laissa choir le cahier et se mit \u00e0 questionner les saign\u00e9es du plafond sur son d\u00e9sint\u00e9ressement (\u2026) seul, enfin. Hors du monde. A l\u2019int\u00e9rieur de soi, comme s\u2019il voulait r\u00e9gresser jusqu\u2019\u00e0 prendre sa\u00a0position du foetus\u2026 \u00bb. L\u2019introspection est tellement percutante que m\u00eame la mort de Daddi est d\u00e9crite, par Youcef Merahi, avec cette odeur particuli\u00e8re d\u2019un \u00eatre en partance d\u00e9finitive. Amar reste triste \u00e0 la mort de sa grand-m\u00e8re. Son chagrin, une fois de plus, est cach\u00e9. Il ne doit pas laisser transpara\u00eetre son deuil. Car depuis toujours, on apprend \u00e0 cacher tous les soubresauts de ce monde ici-bas. Ce Belcourtois, demeure cet enfant en mal de vivre. Ses \u00e9tudes ? Peu lui chaut. Il fait l\u2019\u00e9cole buissonni\u00e8re en errant au Jardin d\u2019Essai. Cet endroit l\u2019apaise par l\u2019ombre salutaire des feuillages qui le prot\u00e8ge de sa solitude. Entre d\u00e9sillusion et amertume, l\u2019auteur ponctue son roman par la r\u00e9currente douleur, celle-ci reste l\u2019une des plus assourdissantes, quand Amar Boum\u2019Bara est interpell\u00e9 par la police qui l\u2019accompagne \u00e0 la morgue. Lorsqu\u2019on rel\u00e8ve le pan de drap, Amar d\u00e9couvre le corps sans vie de sa soeur. Satan a souill\u00e9, une fois de plus. Blasph\u00e9m\u00e9. La folie est au rendez-vous. L\u2019Alg\u00e9rie est talibanis\u00e9e. La mort est banalis\u00e9e, et le monde continue sa cadence. Le roman est construit comme un kal\u00e9idoscope de situations o\u00f9 le temps est le ma\u00eetre mot. Au fil des tristesses et des r\u00e9signations, et en l\u2019espace d\u2019un rets d\u2019espoir, la m\u00e8re d\u2019Amar manigance le mariage de son fils. Celui-ci lui fait confiance, et se fait marier par le choix de sa g\u00e9nitrice. Amar se fait beau pour sa nuit nuptiale. Seulement, qui allait partager sa vie ? Ou mieux, qui allait partager sa vie pour le meilleur et pour le pire ? Le destin s\u2019acharne, une fois encore, sur cet \u00eatre qu\u00eateur de paix et d\u2019amour. Le mari\u00e9 d\u00e9couvre une femme bedonnante. Aurait-il le courage d\u2019accomplir la copulation l\u00e9gale ? Pendant que Lydia pointe le dard des tentations et du charme, Amar d\u00e9sire renaitre des cendres tel un phoenix se perd dans ce monde de chim\u00e8res qui n\u2019est gu\u00e8re le sien. Lydia, cette louve aux envies d\u00e9brid\u00e9es, jouera-t-elle de lui comme par lubie ? Et pourtant, il l\u2019a aim\u00e9e \u00e9perdument ! Il l\u2019a aim\u00e9e \u00e0 sentir le monde s\u2019\u00e9crouler sous ses pieds ! Quand amour et damnation se m\u00ealent, les r\u00eaves \u00e0 l\u2019emporte-pi\u00e8ce demeurent le lot des hommes \u00e0 la recherche de l\u2019inaccessible. Dans ce roman, Youcef Merahi donne le ton incisif, et n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 sonder l\u2019alliance de la d\u00e9liquescence et les plaisirs volatils dans l\u2019\u00e2pret\u00e9 des luttes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Qu\u2019avait-il \u00e0 faire de la folie des hommes, \u00e0 l\u2019image d\u2019un Hitler qui mit le monde \u00e0 feu et \u00e0 sang ? 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