{"id":1092,"date":"2010-01-15T23:18:43","date_gmt":"2010-01-15T22:18:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=1092"},"modified":"2011-02-28T15:37:15","modified_gmt":"2011-02-28T14:37:15","slug":"livrescq-recoit-yasmina-khadra","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/livrescq-recoit-yasmina-khadra\/","title":{"rendered":"L&rsquo;ivrEscQ re\u00e7oit Yasmina Khadra"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>\u00abJe cr\u00e9e un univers, campe des personnages, leur insuffle une \u00e2me et un destin, puis, je les laisse nous conduire \u00e0 travers leurs histoires\u00bb<\/strong><\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1093\" title=\"yasmina-khadra-1\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/02\/yasmina-khadra-1.jpg\" alt=\"\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/02\/yasmina-khadra-1.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/02\/yasmina-khadra-1-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>LivrEscQ : Dans Ce que le jour doit \u00e0 la nuit, hormis Mme Cazenave et Germaine, femmes occidentales, les voisines et la m\u00e8re de Jonas-Younes sont terrass\u00e9es par le poids de la vie. Elles sont serviles, voire falotes, pourtant attachantes\u2026.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Yasmina Khadra :<\/strong> Terrass\u00e9es, elles le sont toujours. En Occident comme en Orient, la femme demeure la m\u00eame blessure, le m\u00eame malentendu. Je crois que son malheur vient de l\u2019inaptitude de l\u2019homme \u00e0 la m\u00e9riter. Tant\u00f4t \u00e9g\u00e9rie, tant\u00f4t souffre-douleur, la femme est comme un jouet entre les mains de l\u2019homme, cet \u00e9ternel manipulateur ingrat et obtus. Elle a beau faire montre d\u2019une intelligence et d\u2019une comp\u00e9tence exceptionnelles, elle ne parvient pas \u00e0 convaincre l\u2019homme. Ce dernier, depuis la nuit des temps, s\u2019interdit d\u2019admettre que la femme puisse \u00eatre son \u00e9gale. Aussi lui complique-t-il l\u2019existence chaque fois qu\u2019elle tente de se soustraire \u00e0 sa condition. Ce n\u2019est pas la femme qui est servile, c\u2019est l\u2019homme qui abuse de son autorit\u00e9 traditionnelle. Je crois que l\u2019injustice est n\u00e9e \u00e0 l\u2019instant o\u00f9 le couple Homme-Femme s\u2019est impos\u00e9 une hi\u00e9rarchie chim\u00e9rique qui n\u2019avait aucune raison d\u2019\u00eatre. En rel\u00e9guant les t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res au rang de la subordination, et la chasse et les guerres au rang de la souverainet\u00e9, l\u2019\u00e9quilibre a \u00e9t\u00e9 tout de suite fauss\u00e9. Notre d\u00e9sarroi rel\u00e8ve de cet arbitraire. Et notre d\u00e9route se poursuivra tant que l\u2019homme n\u2019aura pas compris que son salut, tout son salut, repose sur l\u2019\u00e9mancipation et la lib\u00e9ration de la femme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L : On \u00e9cume face \u00e0 l\u2019inertie suscit\u00e9e par Younes, contrairement \u00e0 son p\u00e8re qui va au bout de ses forces. Pourquoi cette indolence du fils \u00abimpuissant\u00bb, et m\u00eame en amour ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>YK :<\/strong> Il n\u2019y a pas que des h\u00e9ros dans la vie. Il existe des gens de petite dimension, fragiles comme de la porcelaine, qui ne croient pas au d\u00e9fi et ne consid\u00e8rent pas le fait de ruer dans les brancards comme un fait d\u2019armes. Ce sont des \u00eatres tranquilles, scrupuleux, respectueux de l\u2019ordre des choses, qui ont peut-\u00eatre assimil\u00e9 une philosophie qui nous \u00e9chappe. Jonas-Younes est de ceux-l\u00e0. Il n\u2019est pas impuissant, il est sage \u00e0 sa fa\u00e7on; il sait que le cours du destin est ind\u00e9tournable et que l\u2019existence ne m\u00e9rite pas toutes ces peines. Il sait surtout qu\u2019aucun bonheur ne doit se construire au d\u00e9triment d\u2019un autre. Certes, les temps ont chang\u00e9. D\u00e9sormais la pr\u00e9dation et l\u2019\u00e9go\u00efsme g\u00e8rent notre quotidien. La cupidit\u00e9 marche sur les corps et le gain facile bafoue les valeurs. Aujourd\u2019hui, on ne se prive de rien. On croit pouvoir tout acheter, corrompre n\u2019importe qui, et si on a la possibilit\u00e9 de s\u2019offrir l\u2019\u00e9pouse de son meilleur ami, on n\u2019h\u00e9site pas une seconde \u00e0 domestiquer le parjure. Mais, il y a deux g\u00e9n\u00e9rations, les rapports humains \u00e9taient sains. La parole donn\u00e9e, l\u2019engagement solennel, l\u2019amiti\u00e9, le respect d\u2019autrui relevaient du sacr\u00e9. Pour comprendre l\u2019attitude de Younes, il faut le rejoindre dans son \u00e9poque \u00e0 lui. Younes ne pouvait aimer une fille aim\u00e9e par son ami. C\u2019\u00e9tait indigne, \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie du sacril\u00e8ge. Sa \u00abpassivit\u00e9\u00bb a toujours \u00e9t\u00e9 une sorte de culpabilit\u00e9, de prudence excessive, d\u2019inextricables interrogations. Younes se posait trop de questions existentielles auxquelles il ne trouvait pas de r\u00e9ponses; plus exactement il les subissait. C\u2019est son honn\u00eatet\u00e9 qui l\u2019emp\u00eache de prendre des d\u00e9cisions importantes. Il a un sens prononc\u00e9 de la morale, de la fid\u00e9lit\u00e9, de la foi. J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 Younes-Jonas pour son humilit\u00e9, sa longanimit\u00e9 et son attachement aux valeurs h\u00e9rit\u00e9es de ses parents. S\u2019il \u00e9tait de chair et de sang, je le choisirais pour compagnon \u00e0 vie. Avec ce genre de personne, on ne risque pas d\u2019\u00eatre l\u00e2ch\u00e9 ou poignard\u00e9 dans le dos. Surtout par ces temps de haute tra\u00eetrise qui sont devenus et notre martyre et notre folie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L : La neutralit\u00e9 face \u00e0 l\u2019engagement de la plupart de vos personnages est troublante. Serait-elle assimil\u00e9e \u00e0 la perp\u00e9tuelle crainte de sombrer davantage dans le pathos ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>YK :<\/strong> L\u2019\u00e9l\u00e9gance d\u2019un romancier est de s\u2019effacer devant ses personnages. Je cr\u00e9e un univers, campe des personnages, leur insuffle une \u00e2me et un destin, puis, je les laisse nous conduire \u00e0 travers leurs histoires. Quand j\u2019\u00e9cris, je n\u2019ai qu\u2019une seule crainte : ne pas \u00eatre \u00e0 la hauteur de mes personnages. Lorsque j\u2019ai le sentiment qu\u2019ils sont cr\u00e9dibles, tout rentre dans l\u2019ordre. Une sorte de minuscule miracle se produit, et la machine d\u00e9marre sur les chapeaux de roue. Je suis moi-m\u00eame emport\u00e9 par l\u2019\u00e9criture. Mon r\u00f4le se limite \u00e0 une fonction de n\u00e8gre, de dactylographe asserment\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L : Etrangement, on ressort de vos romans atteint par cette force de la vie qui redonne le poil de la b\u00eate comme le phoenix qui rena\u00eet de ses cendres, tellement la vie en vaut la chandelle\u2026<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>YK :<\/strong> J\u2019ai \u00e9volu\u00e9 dans un monde aux antipodes de la litt\u00e9rature, un monde incompatible avec la vocation d\u2019\u00e9crire, d\u2019imaginer, de raconter des histoires. L\u2019arm\u00e9e, c\u2019est le pragmatisme exacerb\u00e9, la rigueur abusive, le non-romantisme par excellence. Peut-\u00eatre avais-je cherch\u00e9 \u00e0 me d\u00e9faire de sa camisole que je m\u2019\u00e9tais retranch\u00e9 derri\u00e8re les livres. Ce qui est certain, les romanciers m\u2019ont appris \u00e0 rester moi-m\u00eame, \u00e0 ne jamais dispara\u00eetre sous un uniforme, et \u00e0 ne pas faire corps avec mon fusil. J\u2019ai donc compris tr\u00e8s vite que le meilleur ami, le meilleur instructeur d\u2019un enfant, le meilleur \u00e9claireur \u00e9tait le livre. Lorsque, \u00e0 mon tour, je me suis mis \u00e0 l\u2019\u00e9criture, j\u2019ai voulu apporter \u00e0 mes lecteurs ce que les romanciers m\u2019ont apport\u00e9 : la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9inventer le monde qu\u2019on nous confisque, de lifter les horizons d\u00e9figur\u00e9s, de reconduire les r\u00eaves que les d\u00e9sillusions pensaient avoir \u00e9vinc\u00e9s.<br \/>\nPour moi, la litt\u00e9rature est l\u2019apprentissage opini\u00e2tre de la r\u00e9demption, la plus probante des panac\u00e9es. Ne nous parle-t-elle pas de nous-m\u00eames ? Ne nous renvoie-t-elle pas \u00e0 nos v\u00e9rit\u00e9s ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L : Dans Les Sir\u00e8nes de Baghdad ou Ce que le jour doit \u00e0 la nuit vos personnages ont \u00e9t\u00e9 surpris par la guerre, et ne veulent pas prendre part \u00e0 ces guerres. De peur que leurs r\u00eaves partent en fum\u00e9e. Pourquoi cette similitude, comme si vous \u00e9criviez le m\u00eame roman qui reste encore inachev\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>YK :<\/strong> Je ne sais pas \u00e9crire un m\u00eame roman. Quelquefois, des destins se croisent, mais ce n\u2019est jamais le m\u00eame parcours. Les Sir\u00e8nes de Bagdad parle exclusivement aux Occidentaux, et, par ricochet, \u00e0 certains de nos intellectuels qui ont choisi de nager dans le sens du courant en esp\u00e9rant faire des vagues. Il dit la col\u00e8re d\u2019un peuple,\u00a0 la d\u00e9ception d\u2019une nation qu\u2019on ne conna\u00eet qu\u2019\u00e0 travers des clich\u00e9s et des a priori. Dans ce roman, qui est un r\u00e9quisitoire contre l\u2019imp\u00e9rialisme intellectuel et l\u2019h\u00e9g\u00e9monie, j\u2019ai cherch\u00e9 \u00e0 \u00e9clairer les esprits et \u00e0 lutter contre les amalgames et la d\u00e9sinformation. Nous vivons une \u00e9poque trouble, turbulente, o\u00f9 les rep\u00e8res fallacieux se retournent contre les uns et les autres. Les m\u00e9dias ont litt\u00e9ralement anesth\u00e9si\u00e9 le libre arbitre et assujetti l\u2019ensemble des consciences. Le mensonge joue au clairon, et le charisme se fabrique \u00e0 partir de n\u2019importe quel subterfuge. Les intellectuels se soucient de leur image au d\u00e9triment de leurs id\u00e9es. Ils sont d\u00e9sormais dans le narcissisme b\u00e9at, le spectaculaire tonitruant. Les rares bonnes consciences qui tentent de r\u00e9agir sont interdites d\u2019antenne, musel\u00e9es, ostracis\u00e9es. Le roman devient alors l\u2019ultime recours pour r\u00e9clamer un soup\u00e7on de lucidit\u00e9&#8230; Quant \u00e0 Ce que le jour doit \u00e0 la nuit, c\u2019est d\u2019abord une saga qui s\u2019adresse aux Alg\u00e9riens d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui, ensuite, puisqu\u2019elle parle d\u2019amour, elle interpelle aussi les hommes et les femmes du monde entier. Ce roman a \u00e9t\u00e9 num\u00e9ro un des meilleures ventes en Belgique, et num\u00e9ro un de la rentr\u00e9e litt\u00e9raire fran\u00e7aise au Canada, et constitue ma meilleure vente en Espagne et au Japon, en attendant sa sortie dans les autres pays. C\u2019est dire que l\u2019Alg\u00e9rie pourrait int\u00e9resser ; il suffit de savoir la rendre int\u00e9ressante\u2026 Par ailleurs, le choix de personnages ordinaires livr\u00e9s \u00e0 leur corps d\u00e9fendant \u00e0 l\u2019adversit\u00e9 grandeur nature aide \u00e0 rendre la trag\u00e9die plus humaine, plus famili\u00e8re. Nous croyons la trag\u00e9die derri\u00e8re nous, alors qu\u2019elle nous attend patiemment au tournant. Nous croyons la trag\u00e9die privil\u00e8ge des divinit\u00e9s alors que nous n\u2019arr\u00eatons pas de l\u2019incarner. Camus disait que les mythes sont faits pour \u00eatre incarn\u00e9s par nous ; je pense que la trag\u00e9die aussi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L : Dans votre trilogie les \u00e9poques gangren\u00e9es, par le mal sans limite, saignent \u00e0 plaie ouverte. Pensez-vous que les guerres, les tourments, les souffrances sont des th\u00e8mes de la vie de toutes les \u00e9poques?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>YK :<\/strong> L\u2019homme ne sait pas \u00eatre \u00e0 l\u2019image de Dieu. Il en est indigne. Il a un esprit pour r\u00e9fl\u00e9chir, il l\u2019utilise pour ruser et pour exceller dans l\u2019exercice de la cruaut\u00e9 et de la d\u00e9vastation. Pourtant, le monde est fait pour son bon plaisir. La Terre est une oasis \u00e9d\u00e9nique perdue dans un cosmos de t\u00e9n\u00e8bres et de myst\u00e8res. Il y a des saisons pour trouver \u00e0 chaque idylle un fruit, et des mers pour irriguer les r\u00eaveries, et des oc\u00e9ans pour assouvir toutes les soifs d\u2019amour et d\u2019\u00e9vasion. Que fait l\u2019homme ? Il fait la guerre. Il y a des femmes plus belles que les houris, et des enfants flamboyants comme des bouts d\u2019\u00e9ternit\u00e9, et des promesses aussi vastes que les horizons, et des attentes aussi succulentes que les lendemains qui chantent. Que fait-il l\u2019homme ? Il fait la guerre. J\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 intrigu\u00e9 par ce paradoxe qu\u2019est l\u2019\u00eatre humain. Tant de beaut\u00e9, d\u2019intelligence, de pr\u00e9dispositions au bonheur pour d\u2019interminables g\u00e2chis. Est-ce la vocation de l\u2019homme de foutre en l\u2019air ses joies et ses chances ? Peut-\u00eatre ne sommes-nous que les instruments de notre propre extermination, les \u00e9l\u00e9ments naturels de l\u2019Apocalypse ?&#8230; C\u00f4t\u00e9 jour, je pense aux sciences, aux arts, \u00e0 la technologie, aux inestimables progr\u00e8s de la m\u00e9decine, de l\u2019astronomie, et je me dis quel est donc cet ange-d\u00e9mon ? O\u00f9 veut-il en venir ? C\u2019est quoi son probl\u00e8me, c\u2019est quoi son \u00e9nigme ? Est-il un microbe coriace, absolument r\u00e9sistant et mutant ou bien un titan \u00e9clair\u00e9 qui lutte obstin\u00e9ment contre la noirceur qui est en lui ? Je n\u2019ai pas de r\u00e9ponse, et peut-\u00eatre est-ce mieux ainsi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L : On remarque entre les lignes le questionnement m\u00e9taphysiques et le rapport avec Dieu. Autrement dit, la foi en Dieu est l\u00e9g\u00e8re par rapport \u00e0 celle en l\u2019Etre\u2026<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>YK :<\/strong> Je suis croyant. Ma culture s\u2019abreuve aux sources de toutes les religions. N\u00e9 musulman, tr\u00e8s jeune je m\u2019\u00e9tais int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 J\u00e9sus et \u00e0 Mo\u00efse, et j\u2019ai trouv\u00e9 dans la litt\u00e9rature biblique des rep\u00e8res que je me suisappropri\u00e9, et dans la rh\u00e9torique coranique une inspiration qui s\u2019est ancr\u00e9e en moi comme une seconde \u00e2me. En r\u00e9alit\u00e9, dans les religions, je ne cherchais que la part de Dieu dans le destin des hommes, et l\u2019empreinte du d\u00e9mon dans nos m\u00e9faits. Comme si je tentais de disculper l\u2019homme des crimes qu\u2019il est le seul \u00e0 rendre possibles. Il y a une fatalit\u00e9 quelque part, comme une destin\u00e9e programm\u00e9e, irr\u00e9versible, une fatalit\u00e9 qui me rend moins exigeant par rapport aux contraintes de la vie, moins rancunier vis-\u00e0-vis des gens d\u00e9plaisants, et plus confiant dans ce que j\u2019entreprends. Ma force vient de mes incertitudes, des doutes qui me tiennent en \u00e9veil. Je ne suis jamais s\u00fbr de rien, aussi suis-je oblig\u00e9 de donner le meilleur de moi-m\u00eame partout o\u00f9 je m\u2019engage. Et ma foi constitue ce gendarme attentif qui saura d\u00e9fendre mes fl\u00e9chissements et ma loyaut\u00e9 lorsque j\u2019\u00e9choue. Cette attitude se reproduit jusque dans mes textes.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00a0<span style=\"color: #ff0000;\">Suite de l\u2019entretien dans la version papier<\/span><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\" target=\"_self\"><br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\">abonnez-vous \u00e0 L&rsquo;ivrEscQ<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abJe cr\u00e9e un univers, campe des personnages, leur insuffle une \u00e2me et un destin, puis, je les laisse nous conduire \u00e0 travers leurs histoires\u00bb LivrEscQ : Dans [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[4,130],"tags":[],"class_list":["post-1092","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-dossier","category-n-4"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1092","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1092"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1092\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1152,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1092\/revisions\/1152"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1092"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1092"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1092"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}