{"id":1482,"date":"2011-03-15T14:56:51","date_gmt":"2011-03-15T13:56:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=1482"},"modified":"2011-04-25T12:22:14","modified_gmt":"2011-04-25T11:22:14","slug":"madame-l%e2%80%99afrique-par-eugene-ebode-%c2%ab-j%e2%80%99ai-voulu-dire-que-l%e2%80%99histoire-de-l%e2%80%99algerie-ne-commence-pas-en-1830","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/madame-l%e2%80%99afrique-par-eugene-ebode-%c2%ab-j%e2%80%99ai-voulu-dire-que-l%e2%80%99histoire-de-l%e2%80%99algerie-ne-commence-pas-en-1830\/","title":{"rendered":"\u00abMadame l\u2019Afrique\u00bb par Eug\u00e8ne \u00c9bod\u00e9 : \u00abJ\u2019ai voulu dire que l\u2019histoire de l\u2019Alg\u00e9rie ne commence pas en 1830\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1487\" title=\"ebode-1\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/ebode-1.jpg\" alt=\"\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/ebode-1.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/ebode-1-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019ivrEscQ : Le mot \u00abpalissade\u00bb ponctue votre texte \u00e0 bon escient, du prologue jusqu\u2019\u00e0 la fin. Peut-on consid\u00e9rer ces redondances comme les colonnes sur lesquelles est fond\u00e9e votre trame romanesque ?<br \/>\n<\/strong>Eug\u00e8ne \u00c9bod\u00e9 : \u00abLa palissade est bien haute aujourd\u2019hui\u00bb est plus exactement une anaphore qui ponctue le r\u00e9cit et se con\u00e7oit fort bien, ainsi que vous le sugg\u00e9rez, comme une colonne. Elle place le narrateur et ses dilemmes face \u00e0 l\u2019\u00e9preuve. Faut-il reculer, renoncer ou sauter et franchir l\u2019obstacle ? C\u2019est un peu le r\u00e9sum\u00e9 des probl\u00e9matiques ou des situations difficiles que nous devons souvent, individuellement ou collectivement, r\u00e9soudre. En d\u2019autres termes, \u201cTo be or not to be\u201d, a jadis claironn\u00e9 William Shakespeare.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : St\u00e9phane, le narrateur-personnage, raconte notamment la disparition inexpliqu\u00e9e du p\u00e8re. Est-ce la frustration engendr\u00e9e par l\u2019Absence ?<br \/>\n<\/strong>E. E. : Frustration, oui, mais au-del\u00e0, c\u2019est la volont\u00e9 de retrouvailles qui anime le narrateur. Au fond, j\u2019ai voulu pr\u00e9senter un personnage en cherchant son semblable, tel un Diog\u00e8ne nouveau. Sa lampe est une forme de lueur tremblotante entre amour et rancoeur. Certes, ce semblable-l\u00e0 n\u2019est pas n\u2019importe qui : c\u2019est son p\u00e8re. La qu\u00eate du p\u00e8re se double aussi d\u2019une envie de raccommoder en soi des morceaux disloqu\u00e9s, des lambeaux de fil m\u00e9moriel qu\u2019il faut rafistoler du mieux qu\u2019on peut. Les p\u00e8res sont flamboyants ou ternes, mais cela n\u2019a pas d\u2019importance du moment o\u00f9 ils sont visibles. Leur absence ouvre un gouffre autour duquel on titube. La d\u00e9marche du narrateur St\u00e9phane ob\u00e9it aussi au d\u00e9sir de rompre avec des incompr\u00e9hensions tenaces, des col\u00e8res r\u00e9siduelles, des paroles hach\u00e9es, \u00e9chou\u00e9es, suspendues au-dessus d\u2019un silence provisoire. Qui peut aussi durer ind\u00e9finiment. Raconter devient n\u00e9cessaire et l\u2019arriv\u00e9e de Charles Oscar est une intervention salutaire. Raconter, c\u2019est tendre la main puis l\u2019oreille. On ne le fait pas pour stopper la course du vent, mais alerter une conscience dispos\u00e9e \u00e0 recevoir la supplique indicible. St\u00e9phane, c\u2019est nous ! Chacun est fils de quelqu\u2019un, n\u2019en d\u00e9plaisent aux f\u00e9condations in vitro ! Il nous arrive parfois aussi de nous interroger sur nos p\u00e8res et nos m\u00e8res, en gros, sur le myst\u00e8re des origines, et des hasards plus que de la n\u00e9cessit\u00e9. C\u2019est vrai aussi que la th\u00e9matique du p\u00e8re est permanente dans mes romans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Le Mufti Abdoul est un personnage bien singulier, et incontournable dans le roman. Pourquoi avoir choisi de revenir dans votre roman sur cette nostalgie des Pieds-noirs pour l\u2019Alg\u00e9rie ?<br \/>\n<\/strong>E. E. : Parce que l\u2019Alg\u00e9rie est un territoire magique, captivant et incroyablement euphorisant. J\u2019ai voulu non pas raconter l\u2019histoire des Pieds-noirs et leur \u00abroman fantasm\u00e9\u00bb, mais l\u2019itin\u00e9raire d\u2019un homme, d\u2019un nostalgique qui arr\u00eate de chauffer les oreilles de pierre de ses voisins en France et retourne \u00e0 Alger. S\u2019agissant de l\u2019Alg\u00e9rie ! J\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par sa position g\u00e9ostrat\u00e9gique et le nombre de convoitises que ce pays a suscit\u00e9es et combattues. J\u2019ai aussi \u00e9t\u00e9 guid\u00e9 en amont par le mot de mon vieil oncle Onana Ntsama \u00c9bod\u00e9. Quand je vivais au Cameroun, avant mon exil en France, il me recommandait de ne jamais perdre le Nord. Allez donc savoir pourquoi j\u2019ai, tr\u00e8s t\u00f4t, associ\u00e9 l\u2019Alg\u00e9rie, avant m\u00eame de fouler son sol, \u00e0 ce conseil ! Je pense en d\u00e9finitive avoir compris, lorsque ma conscience politique s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e, que l\u2019Alg\u00e9rie concentrait en elle une diversit\u00e9 ethnique, une immensit\u00e9 territoriale et un app\u00e9tit de libert\u00e9 qui r\u00e9sument assez bien la situation africaine. L\u2019Alg\u00e9rie a vu accoster tant de peuples sur ses rivages et subi ou repouss\u00e9 leurs intentions, troubles, passionnelles ou liberticides. Bref, j\u2019ai voulu parler aux nostalgiques d\u2019un vieil empire colonial et leur dire que l\u2019histoire de l\u2019Alg\u00e9rie ne commence pas en 1830. Pour ce qui est de la p\u00e9riode fran\u00e7aise, j\u2019ai lu les chroniques de Maupassant qui d\u00e9couvrit l\u2019Alg\u00e9rie en 1882. Il raconte en effet les conditions ahurissantes dans lesquelles s\u2019effectuaient la d\u00e9possession des terres en Alg\u00e9rie et leur cession honteuse aux Fran\u00e7ais venus frapper \u00e0 la porte du Bureau arabe o\u00f9 se faisait la r\u00e9partition des terrains et des concessions en Alg\u00e9rie. Du jour au lendemain, une famille alg\u00e9rienne perdant sa terre, tombait dans le servage, autant dire en esclavage ! Cela \u00e9tant, voici un pays, une terre qui a donn\u00e9 naissance aux th\u00e9ologiens, math\u00e9maticiens, \u00e9crivains de g\u00e9nie et aux rebelles magnifiques. Pensons \u00e0 Sidi Abderrahmane, le saint patron d\u2019Alger, La Kahena, l\u2019\u00c9mir Abdel Kader, Lalla Fatma N\u2019Soumer, Saint Augustin d\u2019Hippone, Cheikh Bouamama, Frantz Fanon, Kateb Yacine, Camus\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Suite de l\u2019entretien dans la version papier<\/span><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\" target=\"_self\"><br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\">abonnez-vous \u00e0 L&rsquo;ivrEscQ<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ivrEscQ : Le mot \u00abpalissade\u00bb ponctue votre texte \u00e0 bon escient, du prologue jusqu\u2019\u00e0 la fin. 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