{"id":1506,"date":"2011-03-15T17:00:53","date_gmt":"2011-03-15T16:00:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=1506"},"modified":"2011-04-25T12:24:10","modified_gmt":"2011-04-25T11:24:10","slug":"il-etait-une-fois%e2%80%a6-peut-etre-pas-par-akli-tadjer-%c2%ab-j%e2%80%99invente-une-algerie-qui-m%e2%80%99arrange-%c2%bb","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/il-etait-une-fois%e2%80%a6-peut-etre-pas-par-akli-tadjer-%c2%ab-j%e2%80%99invente-une-algerie-qui-m%e2%80%99arrange-%c2%bb\/","title":{"rendered":"\u00abIl \u00e9tait une fois\u2026 peut-\u00eatre pas ?\u00bb par Akli Tadjer \u00abJ\u2019invente une Alg\u00e9rie qui m\u2019arrange\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1507\" title=\"akli-tadjer-1\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/akli-tadjer-1.jpg\" alt=\"\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/akli-tadjer-1.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/akli-tadjer-1-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019ivrEscQ : Pourquoi le choix de ce titre Il \u00e9tait une fois&#8230; peut \u00eatre pas ?<br \/>\n<\/strong><strong>Akli Tadjer :<\/strong> Parce que pour moi, une histoire que l\u2019on raconte commence toujours par : Il \u00e9tait une fois&#8230; C\u2019est le s\u00e9same pour entrer dans l\u2019univers de l\u2019auteur, sauf que dans ce cas, ce n\u2019est peut-\u00eatre pas une histoire, mais sans doute ce que j\u2019appelle le \u00abmentir\u00bb vrai. Se raconter \u00e0 travers une fiction.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Y a-t-il une lecture particuli\u00e8re des pr\u00e9noms que vous donnez notamment \u00e0 vos deux h\u00e9ros, Mohamed et Myriam, et aux autres personnages tels qu\u2019Awa et Adam ?<br \/>\n<\/strong><strong>A. T. :<\/strong> J\u2019aime qu\u2019\u00e0 travers les pr\u00e9noms des personnages de mes romans on sente d\u00e9j\u00e0 du v\u00e9cu&#8230; Mohamed, Myriam, Awa, nous voil\u00e0 plong\u00e9s dans des pr\u00e9noms de notre m\u00e9moire collective. \u00e7a sent le vrai, le rustique, l\u2019\u00e9ternel. Hormis cela, ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait innocent. Vivant en France depuis toujours, j\u2019aime interpeller mes lecteurs avec des pr\u00e9noms tr\u00e8s cibl\u00e9s. C\u2019est une mani\u00e8re de montrer qu\u2019on peut \u00eatre aussi le h\u00e9ros d\u2019un roman en s\u2019appelant Mohamed ou Myriam. Ce qui ne va pas toujours de soi. C\u2019est pour cela que je le pr\u00e9cise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Et qu\u2019en est-il des deux peluches, Lucifer et Cruella, des noms qui traduisent la m\u00e9chancet\u00e9, le mal ?<br \/>\n<\/strong><strong>A.T. :<\/strong> Les peluches sont un peu les psychanalystes de Mohamed, le narrateur. C\u2019est \u00e0 elles qu\u2019il confie ses joies et ses peines. Ce sont elles qui sont aussi les garantes de son histoire familiale. Moi aussi, il m\u2019arrive de parler tout seul ou \u00e0 des objets inanim\u00e9s. \u00abObjets inanim\u00e9s, avez-vous donc une \u00e2me ?\u00bb, \u00e9crivait Lamartine. Je le crois. Peut-\u00eatre en d\u00e9finitive, cela m\u2019arrange d\u2019y croire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Gaston et Malik, les deux soupirants de l\u2019h\u00e9ro\u00efne, sont tous deux jeunes et diff\u00e9rents. De cet antagonisme d\u00e9coule le personnage Myriam qui symbolise la jeune femme cherchant sa voie\u2026<br \/>\n<\/strong><strong>A. T. :<\/strong> Oui, ces deux jeunes hommes sont l\u2019exact oppos\u00e9. J\u2019ai voulu mettre Myriam, la fille de Mohamed, devant un choix auquel sont confront\u00e9s bien des jeunes filles issues de l\u2019immigration. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, un jeune Fran\u00e7ais de souche, Gaston, bon vivant, et de l\u2019autre Malik, un apprenti imam, aust\u00e8re mais fascinant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Votre roman puise principalement de votre vie priv\u00e9e, surtout quant \u00e0 la condition f\u00e9minine\u2026<br \/>\n<\/strong>A. T. : Je crois avoir transmis \u00e0 mes propres filles la libert\u00e9 de penser par elles-m\u00eames, ce qui induit toutes les autres libert\u00e9s car la libert\u00e9 ne se divise pas. \u00c9tant entendu que ma libert\u00e9 ne doit pas nuire \u00e0 celle de mon voisin. Pour ce qui est de la la\u00efcit\u00e9, je n\u2019imagine pas vivre dans un autre syst\u00e8me. La religion est une affaire personnelle qui doit rester dans le domaine priv\u00e9. Pour dire les choses plus cr\u00fbment et pour citer un exemple, cela me choque de voir des fid\u00e8les, rue Myra \u00e0 Paris, prier sur des cartons, entre crottes de chiens et papiers gras de sandwichs sous le regard pas forc\u00e9ment bienveillant des Gaulois du quartier. Mes parents qui n\u2019avaient pas la possibilit\u00e9 de se rendre \u00e0 la mosqu\u00e9e priaient \u00e0 la maison. Cela ne leur serait jamais venu \u00e0 l\u2019esprit de son donner en spectacle comme \u00e7a.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : L\u2019humour est tr\u00e8s pr\u00e9sent dans le roman, en particulier chez le narrateur (m\u00eame dans les moments de col\u00e8re). Consid\u00e9rez-vous que l\u2019humour est utile \u00e0 la ma\u00eetrise de soi et aide \u00e0 mieux communiquer ?<br \/>\n<\/strong><strong>A.T. :<\/strong> L\u2019humour sert souvent de masque pour camoufler la violence de la vie et de certains sentiments. Par ailleurs, avoir un regard d\u00e9cal\u00e9 ou du recul sur les \u00e9v\u00e9nements permet d\u2019\u00e9crire avec ce que vous appelez de l\u2019humour. Pour ma part, lorsque je me relis et que je n\u2019ai pas le sourire aux l\u00e8vres, je me dis que le lecteur doit s\u2019ennuyer \u00e0 mourir. Alors, je recommence jusqu\u2019\u00e0 ce que j\u2019aie le sourire. Quand je ris avec moi-m\u00eame, c\u2019est carr\u00e9ment le bonheur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Vous revenez dans votre roman sur l\u2019Histoire de l\u2019Alg\u00e9rie en rapport avec la France coloniale, mais la version que vous donnez de cette Histoire est romanc\u00e9e\u2026<br \/>\n<\/strong><strong>A. T. :<\/strong> \u00c0 la v\u00e9rit\u00e9, j\u2019invente une Alg\u00e9rie qui m\u2019arrange. Une Alg\u00e9rie de cin\u00e9ma avec tout plein de couleurs, de soleil et rudesse. Une Alg\u00e9rie qui n\u2019a jamais exist\u00e9 ailleurs que dans ma t\u00eate. Enfant, je passais mes vacances dans le hameau de mes parents, tout pr\u00e8s d\u2019El Kseur, en Petite Kabylie. De l\u2019Alg\u00e9rie, je n\u2019avais la vision que de l\u2019a\u00e9roport et de ce trou avec dix maisons et un chemin de caillasses qui se perdait dans la montagne. C\u2019\u00e9tait une vision de cauchemars et d\u2019ennui. Les jeunes disaient, que derri\u00e8re la maison au bout du chemin, c\u2019\u00e9tait la fin du monde et le d\u00e9but de l\u2019enfer. En somme le village \u00e9tait l\u2019antichambre de l\u2019enfer. J\u2019avais fini par le croire tant cela paraissait plausible. Pour en revenir \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019Alg\u00e9rie, mes parents n\u2019\u00e9taient pas tr\u00e8s causants sur le sujet. \u00c0 part la guerre d\u2019ind\u00e9pendance et des bribes de la colonisation dont ils avaient souffert comme beaucoup d\u2019Alg\u00e9riens, il leur manquaient des \u00e9l\u00e9ments du puzzle pour comprendre leurs conditions. C\u2019est pour cela que je m\u2019int\u00e9resse \u00e0 ma fa\u00e7on \u00e0 l\u2019histoire de mon pays avec le d\u00e9calage de quelqu\u2019un qui n\u2019y a jamais v\u00e9cu&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Suite de l\u2019entretien dans la version papier<\/span><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\" target=\"_self\"><br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\">abonnez-vous \u00e0 L&rsquo;ivrEscQ<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ivrEscQ : Pourquoi le choix de ce titre Il \u00e9tait une fois&#8230; peut \u00eatre pas ? 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