{"id":2037,"date":"2011-09-15T09:25:42","date_gmt":"2011-09-15T08:25:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=2037"},"modified":"2011-10-23T11:19:29","modified_gmt":"2011-10-23T10:19:29","slug":"rencontre-avec-yasmina-khadra","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/rencontre-avec-yasmina-khadra\/","title":{"rendered":"Rencontre avec Yasmina Khadra"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2153\" title=\"yasmina khadra 2 fin\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/yasmina-khadra-2-fin.jpg\" alt=\"\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/yasmina-khadra-2-fin.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/yasmina-khadra-2-fin-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>De la publication de son dernier roman<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><em><strong>L\u2019\u00e9quation africaine<\/strong><\/em><strong>\u00a0<\/strong><strong>\u00e0 l\u2019adaptation cin\u00e9matographique de<\/strong><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><em><strong>Ce que le jour doit \u00e0 la nuit<\/strong><\/em><strong>\u00a0<\/strong><strong>en passant par son exp\u00e9rience d\u2019\u00e9diteur, l\u2019\u00e9crivain Yasmina Khadra \u00e9voque dans cet entretien son actualit\u00e9 fructueuse.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019ivrEscQ : Quelle est la gen\u00e8se de <em>l\u2019\u00e9quation africaine <\/em>? Peut-on la consid\u00e9rer comme s\u2019inscrivant dans la continuit\u00e9 de votre c\u00e9l\u00e8bre trilogie ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Yasmina Khadra : <\/strong>Absolument. Il s\u2019agit d\u2019une escale sur ma feuille de route litt\u00e9raire. J\u2019aime interroger mon \u00e9poque et me situer par rapport aux \u00e9v\u00e9nements et aux mentalit\u00e9s qui gravitent autour de mon existence. C\u2019est quoi ce si\u00e8cle que je traverse ? Pourquoi ce chaos qui trahit notre inaptitude \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 la maturit\u00e9 ? Qu\u2019est-ce que l\u2019int\u00e9r\u00eat supr\u00eame, la cause juste, la civilisation, le progr\u00e8s et la r\u00e9gression ? Qu\u2019est-ce que la mort pour les uns, la survivance pour les autres ? C\u2019est \u00e0 ces questions qu\u2019essaye de r\u00e9pondre <em>L\u2019\u00e9quation africaine<\/em>. Nous vivons un monde erratique, violent, d\u00e9cevant par endroits. L\u2019intelligence brille par sa propre cr\u00e9mation et la cuistrerie dame doctement le pion au savoir et \u00e0 l\u2019\u00e9mulation. Les st\u00e9r\u00e9otypes g\u00e8rent jusqu\u2019\u00e0 nos plus profondes convictions, et nous vivons de m\u00e9connaissance criardes et de raccourcis. J\u2019essaye de m\u2019opposer \u00e0 cette crue de mensonges en m\u2019attardant sur ce que je consid\u00e8re comme les origines du malentendu. Dans un sens, je tente d\u2019expliquer notre \u00e9poque en r\u00e9clamant un minimum de bon sens et de perspicacit\u00e9. Etrange comme \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 l\u2019Internet nous offre tant de r\u00e9ponses, nous continuons de nous poser les mauvaises questions. Pis, nous nous contentons de prendre pour argent comptant ce que la t\u00e9l\u00e9 nous balance \u00e0 la figure chaque soir. Une sorte de renoncement appauvrit notre vigilance intellectuelle et nous nous surprenons \u00e0 nous faire des id\u00e9es sur beaucoup de sujets qui nous \u00e9chappent. Et dans cette cacophonie, chacun y va de sa petite fabulation en cherchant \u00e0 nous l\u2019imposer comme une v\u00e9rit\u00e9 irr\u00e9futable. Le drame, personne n\u2019exige de preuves. Une \u00e9normit\u00e9 qui se d\u00e9clare quelque part et d\u00e9j\u00e0 elle est sur le bout de toutes les langues. Plus le scandale est cors\u00e9, et mieux il se porte. Il y aura toujours des colporteurs assez frustr\u00e9s pour se charger de le propager. Les pr\u00e9jug\u00e9s ont la peau dure. Les amalgames sont trop faciles pour ne pas \u00eatre tentants. Et l\u2019ignorance fait de chaque \u00e9lucubration une \u00e9rudition. Que faire ? Se diluer dans la rumeur et l\u2019opacit\u00e9 ou bien r\u00e9agir ? Ecrire est ma r\u00e9action \u00e0 moi. Je refuse de c\u00e9der aux abattages m\u00e9diatiques, je m\u2019interdis de me soumettre aux synth\u00e8ses politiques et je lutte pour disposer de mon libre arbitre comme d\u2019une seconde \u00e2me. Je sais que beaucoup de gens sont dans ma situation et font ce qu\u2019ils peuvent pour ne pas se laisser abrutir et endoctriner. J\u2019\u00e9cris pour les rejoindre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : La mort est tr\u00e8s pr\u00e9sente dans cet ouvrage, \u00e0 commencer par ce suicide, puis cette lutte pour la survie ; on ressent une certaine empreinte traumatique\u2026<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Y. K. : <\/strong>La mort est la seule v\u00e9rit\u00e9 vraie. Parce qu\u2019elle est une finitude incontournable, parce qu\u2019elle est une certitude absolue. En m\u00eame temps, la mort nous \u00e9veille \u00e0 la chance que nous avons d\u2019\u00eatre en vie. Et qu\u2019est-on en train de faire de cette chance ? La tombe de nos r\u00eaves, notre chemin de croix, notre perdition ? Quand je vois avec quelle application nous nous compliquons l\u2019existence et avec quel ent\u00eatement nous refusons de nous assagir, je me demande si nous avons conscience de ce que nous sommes en train de nous infliger. La haine et la cupidit\u00e9 font de nous des fauves. Les jalousies nous emp\u00eachent de nous \u00e9merveiller. Le clanisme nous confisque notre libert\u00e9 de pens\u00e9e, jusqu\u2019\u00e0 notre sobri\u00e9t\u00e9. La nocivit\u00e9 devient notre carburant et le ridicule ne nous effraie aucunement. Nous s\u00e9vissons avec d\u00e9lectation et nous r\u00e9clamons la justice tout en \u00e9tant injustes. Nous nous donnons en spectacle en \u00e9tant persuad\u00e9s de fasciner et nous croyons savoir, alors que nous ne savons pas grand-chose.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : <\/strong><strong>Dans quelle mesure \u00eates-vous impliqu\u00e9 dans cette adaptation, avez-vous impos\u00e9 certaines exigences, approuvez-vous un veto sur certaines versions du sc\u00e9nario ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Y. K. : <\/strong>Quel veto ? Un contrat a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9, et je ne suis pas partie prenante de la conception cin\u00e9matographique de mon roman. Arcady avait ses sc\u00e9naristes. Il semble satisfait de leur collaboration. J\u2019attends, comme le commun des spectateurs, de voir le film. Mon exp\u00e9rience avec le monde du cin\u00e9ma m&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 \u00eatre patient. L&rsquo;adaptation de <em>Morituri <\/em>m&rsquo;a frustr\u00e9(\u2026)<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Propos recueillis par<strong> Soraya Boudriche Derrais<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\">Suite de l\u2019article dans la version papier<br \/>\nabonnez-vous \u00e0 L&rsquo;ivrEscQ<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De la publication de son dernier roman\u00a0L\u2019\u00e9quation africaine\u00a0\u00e0 l\u2019adaptation cin\u00e9matographique de\u00a0Ce que le jour doit \u00e0 la nuit\u00a0en passant par son exp\u00e9rience d\u2019\u00e9diteur, l\u2019\u00e9crivain Yasmina Khadra \u00e9voque [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[1,4,140],"tags":[],"class_list":["post-2037","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-une","category-dossier","category-n-13"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2037","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2037"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2037\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2158,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2037\/revisions\/2158"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2037"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2037"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2037"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}