{"id":2103,"date":"2011-09-15T09:05:10","date_gmt":"2011-09-15T08:05:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=2103"},"modified":"2011-10-23T11:19:40","modified_gmt":"2011-10-23T10:19:40","slug":"la-mendiante-de-ali-lahreche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/la-mendiante-de-ali-lahreche\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0La mendiante\u00a0\u00bb de Ali Lahr\u00e8che"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>Une main pour mendier, une autre pour \u00e9crire\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ouvrage \u00e9dit\u00e9 en juillet 2011 par les \u00e9ditions Abdellatif (Alger), premi\u00e8re \u0153uvre litt\u00e9raire de l\u2019auteur, est \u00e9galement le premier volet d\u2019une trilogie en gestation dont le tome 2 est sur le point d\u2019\u00eatre achev\u00e9. L\u2019histoire de ce roman se situe \u00e0 la limite du \u00abr\u00e9el\u00bb pour s\u2019enfoncer au c\u0153ur m\u00eame de cette toute n\u00e9cessaire fiction, laquelle l\u2019enveloppe et lui trace les v\u00e9ritables contours de son espace. A sa mani\u00e8re donc, il est ce purgatoire culturel, bien semblable \u00e0 celui purement religieux, dont il n\u2019est plus possible de revenir apr\u00e8s \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de la vie, des choses, tant les \u00e9v\u00e8nements dans l\u2019imaginaire se succ\u00e8dent, les r\u00f4les des acteurs se confondent, les choses compl\u00e8tement s\u2019embrasent pour emballer dans le feu de l\u2019action les h\u00e9ros du roman que sont Khalil, gardien du phare de son \u00e9tat, et Maria, mendiante de condition et \u00e9crivaine d\u2019occasion ou de vocation. L\u2019image qui accroche le lecteur est donc cette mendiante r\u00e9pondant au nom de Maria, assise au pied d\u2019un immeuble de la rue Didouche Mourad au c\u0153ur d\u2019Alger, scribouillant sur son brouillon de calepin des mots aussi durs que drus que Khalil, la d\u00e9couvrant par pur hasard dans le flux incessant de cette mar\u00e9e humaine que charrie \u00e0 longueur de temps cette art\u00e8re principale de la capitale d\u2019Alg\u00e9rie, \u00e9tait comme soudain pris par \u00abce mal de curiosit\u00e9\u00bb de d\u00e9couvrir \u00e0 tout prix et par tous les moyens leur sens, leur profondeur, leur \u00e9motion, leur dimension\u2026 C\u2019est d\u2019ailleurs de l\u00e0 que commence pour lui et pour le lecteur ce fantastique voyage, pourtant long et \u00e9reintant, o\u00f9 seule la litt\u00e9rature peut mener son monde au travers de ses nombreuses intrigues et autres passions et pulsions, donnant au texte l\u2019allure de cette passerelle obligatoire tr\u00e8s favorable \u00e0 l\u2019expression du talent du narrateur-conteur qu\u2019appr\u00e9cie bien souvent le lecteur inspir\u00e9 par sa romance, singuli\u00e8re et bien distingu\u00e9e. C\u2019est tout naturellement de l\u2019image bien r\u00e9elle de cette jeune<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">mendiante, belle et rebelle, instruite et bien intelligente, ne pr\u00eatant pas trop attention aux passants qui arrosaient son escarcelle de leurs nombreuses pi\u00e8ces de monnaie, avec comme seul cadre de vie son enfant Islem \u00e2g\u00e9 de quatre ans bien accroch\u00e9 \u00e0 ses \u00e9paules et le reste d\u2019un plat \u00e0 moiti\u00e9 consomm\u00e9, que s\u2019articule toute la charpente de la fiction, prenant le relais de la chose r\u00e9elle, afin d\u2019interpr\u00e9ter \u00e0 son propre compte cette vie de mendiante que m\u00e8ne cette jeune femme nomm\u00e9e Maria.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De cet arr\u00eat sur image remontent donc dans l\u2019espace et le temps ces indices qui aideront \u00e0 recomposer tout le puzzle de l\u2019histoire de cette mendiante \u00abplut\u00f4t instruite\u00bb qu\u2019incarne \u00e0 premi\u00e8re vue Maria, stylo en main et calepin sur les genoux, au point de tirer dans son sillage et mirage \u00e0 la fois Khalil, comme tous les lecteurs d\u00e9sireux de revenir dans le temps et les m\u00e9andres labyrinthes de sa vie mis\u00e9rable, bien port\u00e9e ou admirablement feint\u00e9e, afin de mieux d\u00e9couvrir l\u2019autre, sinon l\u2019authentique personnage se dressant ou se cachant derri\u00e8re les reliques, r\u00e9pliques, scripts ou haillons de cette femme qui fait la manche d\u2019une fa\u00e7on un peu particuli\u00e8re, plut\u00f4t insolite et tr\u00e8s d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e par les sous que lui procurait son m\u00e9tier d\u2019un jour ou de toujours ! L\u2019histoire de Maria est tr\u00e8s emballante \u00e0 conna\u00eetre dans ses moindres recoins. Parfois bien choquante en certains endroits, passages ou s\u00e9quences de sa vie, au regard de ces nombreux \u00e9cueils et innombrables exp\u00e9ditions qui jalonnent sa vie pour lui faire d\u00e9couvrir \u00e0 la fois et en s\u00e9rie le foyer familial tranquille et bien douillet, le rapt et la capture propres \u00e0 l\u2019enl\u00e8vement et \u00e0 la s\u00e9questration du sexe faible pour les besoins d\u2019assouvir cet autre besoin bestial de certains \u00e9nergum\u00e8nes, la condition de \u00abboniche\u00bb au sein m\u00eame du foyer de son oncle paternel, et en fin de parcours la rue et ses nombreux dangers errants comme seul refuge de ces \u00absans domicile fixe !\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La rencontre de Khalil avec Maria, bien hasardeuse et improvis\u00e9e, incite donc \u00e0 faire ce tout n\u00e9cessaire voyage afin de pouvoir r\u00e9aliser d\u2019autres rencontres, aussi vitales dans la vie de l\u2019\u00eatre humain, v\u00e9hicul\u00e9es au travers de l\u2019impact de la religion avec son monde ou avec ses paires, la culture avec ses semblables en diff\u00e9rents endroits ou continents, l\u2019ordre social, le politique et autres aspects ou facteurs incontournables dans la vie en soci\u00e9t\u00e9. A telle enseigne que m\u00eame les noms des personnages sont sciemment choisis pour faire vivre ensemble et partager entre eux les bienfaits de cet univers ici-bas des gens de diff\u00e9rentes confessions, tendances politiques et classes sociales(\u2026)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019ivrEscQ : Votre profession de psychiatre vous a-t-elle dict\u00e9 la th\u00e9matique de votre ouvrage ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ali Lahr\u00e8che\u00a0<\/strong>: La personnalit\u00e9 de l\u2019\u00eatre humain est constitu\u00e9e de plusieurs mat\u00e9riaux, de diff\u00e9rentes \u00e9tapes et nombreuses haltes, bien v\u00e9rifiables dans le temps et dans l\u2019espace. Et parmi tout cela, il y a le m\u00e9tier de l\u2019auteur en dehors de l\u2019art cursif, souvent en bonne place.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Quel message transmet Maria, cette mendiante cultiv\u00e9e et bien instruite, en direction de la soci\u00e9t\u00e9, celle qui la rejette en particulier ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>A. L.\u00a0<\/strong>: Depuis la fin du si\u00e8cle dernier, nos valeurs soci\u00e9tales se d\u00e9gradent \u00e0 une vitesse vertigineuse. C\u2019est mon m\u00e9tier de psychiatre qui me le montre \u00e0 chaque fois que j\u2019ausculte le premier venu de mes clients. Nos valeurs soci\u00e9tales ont aujourd\u2019hui un lien avec leur apport mat\u00e9riel et se d\u00e9sint\u00e9ressent compl\u00e8tement de l\u2019apport culturel et immat\u00e9riel. La femme est donc cette cible la plus facile pour tout supporter de ce mal de soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 l\u2019\u00e9go\u00efsme et l\u2019exclusion de l\u2019autre, \u00e0 la limite parfois du crime, sont donc \u00e9lev\u00e9s, malheureusement, au rang de ces \u00abqualit\u00e9s humaines nouvelles\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Vous \u00eates donc pour une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 il y aurait plus d\u2019humanit\u00e9, plus de valeurs nobles, je veux dire ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>A. L. :\u00a0<\/strong>Absolument ! C\u2019est ce qui manque \u00e0 notre soci\u00e9t\u00e9 qui se trouve \u00eatre min\u00e9e de toutes parts. Maria est donc un exemple d\u2019\u00e9chec patent d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 en net d\u00e9calage avec son temps. Son cas n\u2019est pas isol\u00e9. La d\u00e9cennie noire ou rouge, selon le cas, qu\u2019a travers\u00e9e le pays, nous renvoie m\u00eame \u00e0 pr\u00e9sent toute une bonne fourn\u00e9e de cas bien semblables, tr\u00e8s pr\u00e9sents dans notre environnement, le plus rapproch\u00e9 parfois. Je crois que mon livre constitue ce cri de d\u00e9tresse afin d\u2019\u00e9veiller les bonnes consciences.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Propos recueillis par<strong> Bendaoued S.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2193\" title=\"ali lahrech\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/ali-lahrech.jpg\" alt=\"\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/ali-lahrech.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/ali-lahrech-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\">Suite de l\u2019article dans la version papier<br \/>\nabonnez-vous \u00e0 L&rsquo;ivrEscQ<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une main pour mendier, une autre pour \u00e9crire\u2026 L\u2019ouvrage \u00e9dit\u00e9 en juillet 2011 par les \u00e9ditions Abdellatif (Alger), premi\u00e8re \u0153uvre litt\u00e9raire de l\u2019auteur, est \u00e9galement le premier [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[1,5,140],"tags":[],"class_list":["post-2103","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-une","category-litterature-algerienne","category-n-13"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2103","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2103"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2103\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2207,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2103\/revisions\/2207"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2103"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2103"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2103"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}