{"id":2133,"date":"2011-09-15T11:40:49","date_gmt":"2011-09-15T10:40:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=2133"},"modified":"2011-10-13T13:49:15","modified_gmt":"2011-10-13T12:49:15","slug":"quand-nathalie-sarraute-inspire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/quand-nathalie-sarraute-inspire\/","title":{"rendered":"Quand Nathalie Sarraute inspire"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: justify;\">\u00c0 \u00ab\u00a0L\u2019\u00e8re des soup\u00e7ons\u00a0\u00bb.<\/h1>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-59 alignright\" style=\"border: 0px;\" title=\"Nadia Sebkhi\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/edito.jpg\" alt=\"Nadia Sebkhi\" width=\"65\" height=\"82\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus on lit et plus on est emport\u00e9 dans le vertige des mots ! Un monde charg\u00e9 d\u2019intensit\u00e9 et de beaut\u00e9 auquel nous aimerions trouver r\u00e9ponses en p\u00e9n\u00e9trant le havre des \u00e9crivains pour comprendre les th\u00e8mes qui animent leur vie. Nous avons r\u00e9pertori\u00e9 une liste d\u2019ouvrages qui marque ce rendez-vous litt\u00e9raire en esp\u00e9rant que nos livres alg\u00e9riens seront demand\u00e9s ailleurs comme valeur s\u00fbre face \u00e0 ce raz-de-mar\u00e9e des parutions livresques \u00e0 travers le monde. Des oeuvres et des oeuvres de toutes les \u00e9poques et de toutes les contr\u00e9es qui racontent des fragments de temps. N\u00e9anmoins, je ne peux \u00e9chapper \u00e0 la fatidique question : \u00c0 l\u2019\u00e8re des qu\u00eates mercantiles, pourquoi diable \u00e9crit-on ? Pourquoi s\u2019\u00e9chiner \u00e0 passer d\u2019interminables heures derri\u00e8re son ordinateur pour accompagner la Litt\u00e9rature ? Comment se soustraire \u00e0 cette passion qui d\u00e9vore sa vie ? La qu\u00eate ! L\u2019autre qu\u00eate serait-elle inaboutie \u00e0 jamais ? Que c\u2019est hilarant d\u2019avoir cru ! Cette remarque m\u2019est inconfortable. Mais nous prenons sans cesse ce qui demeure factice, voire accessoire pour le r\u00e9inventer en un \u00e9l\u00e9ment essentiel. On s\u2019attelle \u00e0 comprendre sans cesse ce qui anime l\u2019un qui rejette cet autre. Est-ce la peur de se mirer dans le blanc des yeux de cet autre qui rappelle \u00ab soi enlis\u00e9 dans des soucis primaires \u00bb ? Les auteurs qui publient au nord de la M\u00e9diterran\u00e9e sont d\u00e9finitivement confirm\u00e9s, car ils ont d\u00e9cid\u00e9 pour eux. Mais le plus bouleversant est qu\u2019il arrive souvent qu\u2019un \u00e9diteur de chez nous refuse des livres, \u00e9videmment puisque celui-ci lit un livre tous les cinq ans ! On lit de moins en moins. Alors, comment peut-on jauger \u00e0 l\u2019aune de la verve des lignes fa\u00e7onn\u00e9es pendant des nuits et des nuits, voire des mois et des ann\u00e9es pour que des \u00abprofanes amateurs de spectacles frivoles\u00bb puissent appr\u00e9cier en une lecture l\u00e9g\u00e8re et en diagonale que le livre est bon ou pas bon ? Selon AbdAllah Ibn Al-Abbas, \u00ab ne te querelle jamais avec un juge ni avec un sot. Le juge trouvera un moyen de te vaincre ; le sot arrivera toujours \u00e0 te faire \u00e9prouver un dommage \u00bb. La donne est ahurissante ! La Litt\u00e9rature renforce-t-elle la tonalit\u00e9 du burlesque ? Pendant que des auteurs au fin fond du Sud ou d\u2019une de nos contr\u00e9es oubli\u00e9es dont personne n\u2019entend parler griffonnent, br\u00fblent, d\u00e9chirent leurs tripes ! On a fait de la Litt\u00e9rature un d\u00e9guisement grotesque pour se vanter. Qu\u2019a-t-on gard\u00e9 des dieux des Lettres : Tennessee, Hugo, Dib, Baudelaire, Gary, Duras, Kafka, Gide\u2026 ? L\u2019\u00e9crivain serait-il d\u00e9shumanis\u00e9 pour se r\u00e9inventer en une star people d\u00e9nu\u00e9e de toute \u00e9motion, attendant qu\u2019un pitoyable troph\u00e9e lui caresse son \u00e9go ; pourtant, l\u2019Autre, Sartre, l\u2019a refus\u00e9. Le Cl\u00e9zio, l\u2019explorateur d\u2019une humanit\u00e9 au-del\u00e0 et en dessous de la civilisation r\u00e9gnante, a fui les strass et les paillettes de peur de se muer en marionnettiste r\u00e9pondant au lobby litt\u00e9raire. Et nous alors !? Je relis jalousement par morceaux les classiques pour noyer mon d\u00e9pit livresque, car leurs \u00e9crits sont encore vivants virevoltants aux quatre vents pour nous rappeler que si l\u2019autre peut travestir la Litt\u00e9rature pour plaire et se complaire, la Litt\u00e9rature, elle, n\u2019a gu\u00e8re besoin de se heurter \u00e0 cette tendance frivole que le temps gommera in\u00e9luctablement au gr\u00e9 de l\u2019oubli.<\/p>\n<p>Ch\u00e8res lectrices, chers lecteurs, on reste pantois devant tant de combats vains que nous menons pour croire qu\u2019un jour la lueur sera \u00e0 l\u2019autre bout de cette nation qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 inculte, malgr\u00e9 les d\u00e9boires que notre temps a connus. Au nom de toute la r\u00e9daction, nous nous inclinons devant les fa\u00e7onneurs du verbe, les manipulateurs des mots, les architectes de l\u2019\u00e9moi qui servent la Litt\u00e9rature, cet art incapable de composer avec des formes vid\u00e9es de tout contenu. Bonne rentr\u00e9e litt\u00e9raire 2011!\u00a0Bon surf sur <a href=\"www.livrescq.com\">www.livrescq.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 \u00ab\u00a0L\u2019\u00e8re des soup\u00e7ons\u00a0\u00bb. Plus on lit et plus on est emport\u00e9 dans le vertige des mots ! 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