{"id":2445,"date":"2011-12-15T12:03:21","date_gmt":"2011-12-15T11:03:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=2445"},"modified":"2011-12-20T10:55:01","modified_gmt":"2011-12-20T09:55:01","slug":"l%e2%80%99editorial-de-nadia-sebkhi-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/l%e2%80%99editorial-de-nadia-sebkhi-3\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9ditorial de Nadia Sebkhi : L\u2019avenir ! El moustaqbal !.., je reprends dans les deux langues"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-59 alignright\" style=\"border: 0px;\" title=\"Nadia Sebkhi\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/edito.jpg\" alt=\"Nadia Sebkhi\" width=\"65\" height=\"82\" \/><\/p>\n<p>(Assia Djebar)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La litt\u00e9rature offre des possibilit\u00e9s infinies de cr\u00e9ation dans toutes les langues, pens\u00e9-je, o\u00f9 un condens\u00e9 de fantaisie ou de v\u00e9rit\u00e9, de fatalit\u00e9 ou d\u2019esp\u00e9rance, de devoir ou de mensonge, de combat ou de l\u00e2cher prise se confondent sans doute pour ressortir ce qui anime l\u2019Homme. \u00c9trangement, la science et la technologie ont avanc\u00e9, mais l\u2019homme dans son univers litt\u00e9raire, dans lequel le mot Engagement est ma\u00eetre mot, m\u00e8ne un combat sans merci pour r\u00e9inventer l\u2019Homme libre. L\u2019actualit\u00e9 livresque co\u00efncide avec la date de la comm\u00e9moration du cinquantenaire de la mort de Frantz Fanon (1925-1961). Cet \u00e9crivain militant antillais a marqu\u00e9 notre histoire. Dans cette \u00e9dition de <em>L\u2019ivrEscQ<\/em>, nous avons essay\u00e9 de comprendre en un demi-si\u00e8cle comment notre pays, l\u2019Alg\u00e9rie, a accompagn\u00e9 Fanon, adul\u00e9 et surm\u00e9diatis\u00e9, parfois \u00e0 des \u00e9poques, et plac\u00e9 sous silence en d\u2019autres. Des incompr\u00e9hensions absurdes, Fanon les rel\u00e8ve dans ses combats, ses positions, ses engagements profonds pour fa\u00e7onner l\u2019Homme libre. Lyc\u00e9e, h\u00f4pital, cercle de conf\u00e9rences, boulevard portent le nom de Frantz Fanon. \u00ab<em>Frantz Omar Fanon\u00bb, <\/em>comme l\u2019a \u00e9crit le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, Abdelaziz Bouteflika, est d\u00e9finitivement ancr\u00e9 dans des travaux et rencontres qui s\u2019inscrivent dans l\u2019actualit\u00e9. Ainsi pensons-nous que ce penseur universel habit\u00e9 par un espoir obstin\u00e9 a mis en garde les pays colonis\u00e9s en voie d\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019engagement qui ne compatit nullement avec l\u2019absurde&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une \u0153uvre semble r\u00e9elle par les confessions, les instants banals, les rapports ordinaires de la vie qu\u2019on nous \u00e9crit. Depuis la nuit des temps, l\u2019\u00e9crivain met son d\u00e9volu avec des bouts de r\u00e9el et de fiction qui s\u2019assemblent en un ouvrage. Le commun des lecteurs, entich\u00e9 de litt\u00e9rature, que nous sommes, tente d\u2019effleurer les instants magiques de ce m\u00eame ouvrage pour le plaisir de lire et s\u2019en d\u00e9tacher de suite. Mais, la force in\u00e9puisable d\u2019un r\u00e9cit qui nous tombe entre les mains, parfois m\u00eame fortuitement, nous poursuit. C\u2019est le cas du dernier livre de Anouar Benmalek, <em>Tu ne mourras plus demain<\/em>. Un r\u00e9cit tiss\u00e9 d\u2019un fil soyeux d\u2019un \u00e9crivain avec sa m\u00e8re. C\u2019est ce lien fort entre une m\u00e8re aimante et son enfant que l\u2019\u00e9crivain nous a offert pour restituer au plus pr\u00e8s des gestes et des paroles de ce monde ici-bas que nous tentons de saisir, mais en vain. Par l\u2019harmonie des mots, l\u2019auteur de <em>\u00d4 Maria <\/em>a rendu le r\u00e9cit moins lourd en poids de la souffrance puisqu\u2019on est dans la perte d\u2019un \u00eatre qui lui est trop cher, sa maman. Il a pu tailler le mot juste jusqu\u2019\u00e0 le rendre comme une vitre d\u00e9polie lorsqu\u2019il aborde une telle douleur en juxtaposant l\u2019espace de la mort et l\u2019espace de la parole. Autrement dit, peut-on tout \u00e9crire \u00e0 condition de savoir broder autour ? Il est l\u2019\u00e9crivain, confirm\u00e9 par tant d\u2019\u00e9crits, tanguant d\u2019une rive \u00e0 une autre, d\u2019un fragment de temps \u00e0 un autre en allant \u00e0 contre-courant de certaines r\u00e8gles \u00e9tablies pour mieux irriguer \u00e0 sa mani\u00e8re la litt\u00e9rature universelle. Il n\u2019a pas le droit \u00e0 l\u2019intol\u00e9rance par son origine plurielle, exprime-t-il maintes fois lors de ses interventions. La r\u00e9sonnance des mots dans <em>Tu ne mourras plus demain <\/em>est forte. N\u00e9anmoins, s\u2019agissant de \u00abla mission\u00bb de cet ouvrage, Anouar Benmalek expliquera que l\u2019inspiration est inattendue, elle arrive alors qu\u2019on ne s\u2019y attend pas. Ainsi, les \u00e9crivains r\u00e9alisent des \u0153uvres qui restent infinies. Leur livre prend fin, pendant que leur \u0153uvre reste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il arrive qu\u2019on sente la sensibilit\u00e9 d\u2019un auteur plus qu\u2019un autre. C\u2019est le cas de Malika Mokeddem, dans son dernier livre <em>La d\u00e9sirante<\/em>, un roman d\u2019amour. Sulfureuse, l\u2019auteure noircit le papier par son h\u00e9ro\u00efne Shamsa. On devine l\u2019aspect solaire de cette autre M\u00e9diterran\u00e9enne, mais Shamsa est orpheline, comme pour mieux se d\u00e9nuder du poids de la famille. La famille, Malika Mokkedem en parle sans g\u00eane ni tabou. Anim\u00e9e d\u2019une ardente force pour la fr\u00e9n\u00e9sie, chez elle rien n\u2019est \u00e9voqu\u00e9 par hasard. Elle \u00e9crit, strate apr\u00e8s strate, les \u00e9tapes de ses \u00e2ges, ses exp\u00e9riences qui jalonnent des us et coutumes du pass\u00e9 et de l\u2019interdit, mot qu\u2019elle ex\u00e8cre par dessus tout. Elle le voyait, jadis, barri\u00e8re \u00e0 son horizon, ocre. La port\u00e9e \u00e9mancipatrice de ses \u0153uvres propose au lecteur une parole os\u00e9e, lib\u00e9ratrice. Aussi, la qu\u00eate chez l\u2019auteure de <em>Mes hommes <\/em>est dans cette \u00e9tendue saline de la M\u00e9diterran\u00e9e o\u00f9 le sel donne la saveur aux desseins de femmes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce quatorzi\u00e8me num\u00e9ro de <em>L\u2019ivrEscQ<\/em>, des sujets int\u00e9ressants les uns que les autres sont \u00e0 d\u00e9couvrir, allant des \u00e9crits du terroir, de Rachid Mimouni, Abrous Outoudert, de la revue <em>Promesses <\/em>que nous avons d\u00e9poussi\u00e9r\u00e9e aux \u00e9crits d\u2019aujourd\u2019hui des \u00e9crivains contemporains.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bonne lecture !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bonne ann\u00e9e 2012 !<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\" align=\"right\">Nadia Sebkhi<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\" align=\"right\">n.sebkhi@livrescq.com<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Assia Djebar) La litt\u00e9rature offre des possibilit\u00e9s infinies de cr\u00e9ation dans toutes les langues, pens\u00e9-je, o\u00f9 un condens\u00e9 de fantaisie ou de v\u00e9rit\u00e9, de fatalit\u00e9 ou d\u2019esp\u00e9rance, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[115,141],"tags":[],"class_list":["post-2445","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-editoriaux","category-n14"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2445","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2445"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2445\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2596,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2445\/revisions\/2596"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2445"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2445"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2445"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}