{"id":2660,"date":"2012-02-15T09:15:47","date_gmt":"2012-02-15T08:15:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=2660"},"modified":"2012-02-16T16:40:14","modified_gmt":"2012-02-16T15:40:14","slug":"sinteresser-a-robles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/sinteresser-a-robles\/","title":{"rendered":"S\u2019int\u00e9resser \u00e0 Robl\u00e8s"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Par Guy Dugas<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2799\" title=\"robl\u00e9s 1 tr\u00e9t\u00e9\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/robl\u00e9s-1-tr\u00e9t\u00e92.jpg\" alt=\"\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/robl\u00e9s-1-tr\u00e9t\u00e92.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/robl\u00e9s-1-tr\u00e9t\u00e92-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S\u2019int\u00e9resser \u00e0 Robl\u00e8s aujourd\u2019hui, lui consacrer une recherche ou un dossier comme nous le faisons ici plus modestement, c\u2019est d\u2019abord revenir sur l\u2019histoire commune entre la France et l\u2019Alg\u00e9rie, bourr\u00e9e d\u2019incompr\u00e9hensions et d\u2019injustices, de drames et de d\u00e9chirements, mais c\u2019est aussi s\u2019int\u00e9resser \u00e0 un si\u00e8cle de pr\u00e9sence des petits blancs en Alg\u00e9rie, \u00e0 toute une \u00ab histoire souterraine \u00bb que se plaisait \u00e0 souligner son compatriote de Rovigo (Bouguerra, aujourd\u2019hui), l\u2019\u00e9crivain Jean P\u00e9l\u00e9gri, \u00e0 quantit\u00e9 d\u2019amiti\u00e9s paradoxales et belles, comme celles que Robl\u00e8s entretient fid\u00e8lement avec Mouloud Feraoun, Mahieddine Bachetarzi, Ahmed Sma\u00efli, Mohammed Dib, El Boudali Safir, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Emmanuel Robl\u00e8s est n\u00e9 \u00e0 Oran le 4 mai 1914 dans une famille d\u2019origine espagnole. Orphelin de naissance, \u00ab enfant posthume \u00bb et malheureux de l\u2019\u00eatre (la figure de son p\u00e8re, mort du typhus sur un chantier marocain quelques semaines avant sa naissance, demeure pr\u00e9sente dans nombre de ses \u0153uvres). Il v\u00e9cut donc son enfance entre m\u00e8re et grand-m\u00e8re dans le quartier espagnol d\u2019Oran. Sa m\u00e8re, qui s\u2019est remari\u00e9e en 1927 avec un ouvrier italien, fort mal accept\u00e9 par Emmanuel (voir <em>Saison violente, <\/em>1974), exerce le modeste emploi de femme de m\u00e9nage puis de blanchisseuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le jeune Robl\u00e8s fait de brillantes \u00e9tudes \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u00e9l\u00e9mentaire puis au coll\u00e8ge <em>Ardaillon, <\/em>jusqu\u2019au Brevet d\u2019enseignement primaire sup\u00e9rieur. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il c\u00f4toie les diff\u00e9rents milieux constituant la soci\u00e9t\u00e9 coloniale : des petits arabes consid\u00e9r\u00e9s comme des moins que rien face aux jeunes Europ\u00e9ens pr\u00e9tentieux mais dont l\u2019aisance en toute chose ne peut \u00eatre qu\u2019envi\u00e9e, en passant par les minorit\u00e9s, celle des Juifs particuli\u00e8rement ostracis\u00e9s dans l\u2019Oranie du d\u00e9but du si\u00e8cle, et la sienne \u2013 ces Fran\u00e7ais (50 %) si mal dans leur peau d\u2019\u00eatre assis entre deux chaises, et qui resteront ainsi jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9pisode final, si mal nomm\u00e9, des rapatriements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On comprend ainsi la sensibilit\u00e9 humaniste, mais en m\u00eame temps tr\u00e8s partag\u00e9e, qui, plus tard, sera celle de l\u2019intellectuel \u2013 auteur d\u2019ouvrages d\u00e9nonciateurs du colonialisme, mais r\u00e9tif \u00e0 s\u2019engager politiquement ; artisan du retour de son ami Camus en 1956 et de l\u2019organisation de sa c\u00e9l\u00e8bre conf\u00e9rence sur la Tr\u00eave civile, et plus tard tr\u00e8s proche de ses fr\u00e8res pieds noirs dont il pr\u00e9facera volontiers les ouvrages <em>nostalg\u00e9riques<\/em>. En 1948, apr\u00e8s avoir donn\u00e9 avec <em>Montserrat <\/em>une \u0153uvre th\u00e9\u00e2trale d\u2019envergure internationale, cr\u00e9\u00e9e simultan\u00e9ment \u00e0 Paris et \u00e0 Alger, Robl\u00e8s a publi\u00e9 <em>Les Hauteurs de la ville, <\/em>premier roman d\u2019auteur franco-alg\u00e9rien dont le h\u00e9ros positif est un de ces petits arabes (voir encadr\u00e9) ; mais ce n\u2019est que dans sa r\u00e9\u00e9dition en 1960, aux \u00e9ditions du Seuil, qu\u2019il lui donne sa v\u00e9ritable dimension anticolonialiste. En d\u00e9cembre 1959, il entreprend d\u2019\u00e9crire une pi\u00e8ce sur Fernand Iveton \u2013 ouvrier et militant communiste, qui, surpris en train de poser une bombe dans un lieu non fr\u00e9quent\u00e9 par des personnes, fut sans d\u00e9tours condamn\u00e9 \u00e0 mort et ex\u00e9cut\u00e9 \u2013 en prenant bien soin de transposer l\u2019intrigue en Indon\u00e9sie, afin de ne pas pr\u00eater le flanc \u00e0 la censure ; mais ce <em>Plaidoyer pour un rebelle <\/em>ne sera publi\u00e9 qu\u2019en 1965, et reste si peu jou\u00e9 depuis, en France comme au Maghreb !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Grand voyageur, gardant assez longtemps Alger comme port d\u2019attache, Robl\u00e8s s\u2019installe en France en 1958 jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 1995. On conna\u00eet son activit\u00e9 \u00e9ditoriale au Seuil, o\u00f9 il publie dans la collection qu\u2019il cr\u00e9e d\u00e8s son arriv\u00e9e, ses amis maghr\u00e9bins, mais aussi espagnols, italiens ou corses, et plus tard sa participation \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie Goncourt. \u00c0 travers tous ces espaces d\u2019expressions, jamais il ne cessera de promouvoir les Lettres m\u00e9diterran\u00e9ennes, en quelque langue qu\u2019elles soient (appui \u00e0 Ahmed S\u00e9frioui, Assia Djebar, dans la promotion et la diffusion de leurs \u0153uvres, \u00e0 Tahar Ben Jelloun dans l\u2019obtention du prix Goncourt, publication aux \u00e9ditions du Seuil d\u2019\u00e9crivains maghr\u00e9bins comme Mouloud Feraoun, son condisciple \u00e0 l\u2019Ecole Normale de Bouzar\u00e9ah, Tahar Djaout ou Claude Kayat, traduction du t\u00e9moignage de Le\u00efla Baalbaki : <em>Je vis, <\/em>etc (&#8230;)<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\"><span style=\"color: #ff0000;\">Suite de l\u2019article dans la version papier<br \/>\nabonnez-vous \u00e0 L\u2019ivrEscQ<\/span><\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Guy Dugas S\u2019int\u00e9resser \u00e0 Robl\u00e8s aujourd\u2019hui, lui consacrer une recherche ou un dossier comme nous le faisons ici plus modestement, c\u2019est d\u2019abord revenir sur l\u2019histoire commune [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[142,1,4,126],"tags":[],"class_list":["post-2660","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-142","category-une","category-dossier","category-magazines"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2660","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2660"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2660\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3056,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2660\/revisions\/3056"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2660"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2660"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2660"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}