{"id":2752,"date":"2012-02-15T15:08:34","date_gmt":"2012-02-15T14:08:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=2752"},"modified":"2012-03-01T15:27:02","modified_gmt":"2012-03-01T14:27:02","slug":"leditorial-de-nadia-sebkhi-quand-la-plume-sattarde-sur-une-des-immortelles-de-lacademie-francaise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/leditorial-de-nadia-sebkhi-quand-la-plume-sattarde-sur-une-des-immortelles-de-lacademie-francaise\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9ditorial de Nadia Sebkhi Quand la plume s\u2019attarde sur une des Immortelles de l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise !"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-59 alignright\" style=\"border: 0px;\" title=\"Nadia Sebkhi\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/edito.jpg\" alt=\"Nadia Sebkhi\" width=\"65\" height=\"82\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans cette \u00e9dition de L\u2019ivrEscQ qui entame l\u2019ann\u00e9e 2012, et suite \u00e0 une forte demande de nos lecteurs, nous pr\u00e9sentons Fatima-Zohra Imalay\u00e8ne, connue sous le pseudonyme d\u2019Assia Djebar. Cette \u00e9crivaine qui publie depuis 1957 est universelle. Elle plaide pour des libert\u00e9s enlis\u00e9es, masqu\u00e9es, indisponibles. Elle \u00e9crit surtout l\u2019histoire souvent r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par les hommes \u00e0 leur convenance pour leur\u00a0<span style=\"text-align: justify;\">propre version, comme elle le montre dans <\/span><em style=\"text-align: justify;\">Loin de M\u00e9dine, <\/em><span style=\"text-align: justify;\">un ouvrage fort en intonations dont on ne peut se d\u00e9tacher. Au temps des hideuses surench\u00e8res religieuses, de l\u2019islamophobie, Assia Djebar remonte jusqu\u2019\u00e0 l\u2019av\u00e8nement de l\u2019islam pour amener \u00e0 la femme son legs. Elle ressort des figures de femmes h\u00e9ro\u00efnes, guerri\u00e8res, fortes, battantes ou t\u00e9moins en leur donnant une voix occult\u00e9e pour reconqu\u00e9rir leur place en transgressant l\u2019ordre \u00e9tabli ; elle r\u00e9approprie leur place tout en cherchant elle-m\u00eame \u00e0 se lib\u00e9rer. Ainsi <\/span><em style=\"text-align: justify;\">Loin de M\u00e9dine <\/em><span style=\"text-align: justify;\">est-elle une \u0153uvre immens\u00e9ment grandiose ! Lorsqu\u2019Assia Djebar \u00e9voque la cadette du proph\u00e8te Mohammed en compl\u00e9tant quasiment la version des hommes, on penserait presque qu\u2019elle la remet en question. La fille tant choy\u00e9e par son p\u00e8re, proph\u00e8te, est plus que jamais f\u00e9ministe, son verbe est contrari\u00e9 ; ou encore A\u00efcha, la jeune \u00e9pouse du proph\u00e8te, celle qui apprend les <\/span><em style=\"text-align: justify;\">s\u00eera\u00a0<\/em><span style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/span><span style=\"text-align: justify;\">de son bien-aim\u00e9 pour perp\u00e9tuer la parole de Dieu et la <\/span><em style=\"text-align: justify;\">sunna. <\/em><span style=\"text-align: justify;\">Ainsi, dans chaque r\u00e9cit l\u2019\u00e9crivaine \u00f4te le voile qui amenuise le r\u00f4le de la femme. De M\u00eame <\/span><em style=\"text-align: justify;\">Vaste est la prison, <\/em><span style=\"text-align: justify;\">un tout autre registre, l\u2019auteure, qu\u00eateuse de l\u2019absolu, raconte une passion amoureuse quasi pudique dans laquelle on soup\u00e7onne cette religiosit\u00e9, comme ultime rem\u00e8de \u00e0 ses attentes amoureuses, qui la guette m\u00ealant tour-\u00e0-tour l\u2019ind\u00e9chiffrable et le permis. Ses \u00e9crits sans fioriture ni exc\u00e8s sont une recherche, une analyse qui se veut plausible, c\u2019est une incitation \u00e0 la r\u00e9volte devant un silence tacite des masses. Elle, qui a eu la chance d\u2019\u00e9tudier, de se r\u00e9v\u00e9ler sous l\u2019Alg\u00e9rie coloniale, n\u2019a cess\u00e9 d\u2019\u00e9crire et conqu\u00e9rir les passions pour vaincre les effacements, ce mot aux r\u00e9sonnances multiples lequel s\u00e8me une fougue, voire une hargne, au changement. Elle avait la chance d\u2019\u00e9tudier gr\u00e2ce \u00e0 son p\u00e8re, instituteur, et est dipl\u00f4m\u00e9e \u00e8s lettres. Elle enseigne \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de New York, re\u00e7oit en 1999 par l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise, la m\u00e9daille de vermeil de la francophonie. Dans toute son \u0153uvre, on survole un pan de l\u2019histoire et chacun de ses ouvrages propose une lib\u00e9ration concr\u00e8te \u00e0 partir d\u2019une situation particuli\u00e8re. Ainsi, en juin 2005, elle est \u00e9lue \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise, place vacante laiss\u00e9e par le juriste Georges Vedel, soit une semaine avant ses soixante-dix ans. Assia Djebar est la premi\u00e8re Maghr\u00e9bine re\u00e7ue par les Immortels aux c\u00f4t\u00e9s de Jacqueline de Romilly, H\u00e9l\u00e8ne Carr\u00e8re d\u2019Encausse et Florence Delay, elle est la quatri\u00e8me femme \u00e0 si\u00e9ger parmi les 38 acad\u00e9miciens. D\u2019ailleurs, dans ce num\u00e9ro de <\/span><em style=\"text-align: justify;\">L\u2019ivrEscQ, <\/em><span style=\"text-align: justify;\">nous pr\u00e9sentons ses d\u00e9clarations publi\u00e9es dans plusieurs journaux, notamment son discours qu\u2019on devinerait presque d\u2019une voix de velours scandant un message dans la profondeur de ses valeurs \u00e9ternelles. Je ne peux m\u2019arr\u00eater d\u2019\u00e9voquer cette immense r\u00e9f\u00e9rence litt\u00e9raire, bien de chez nous, pourtant le magazine est riche en sujets plus int\u00e9ressants les uns que les autres !<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En cette ann\u00e9e qui c\u00e9l\u00e8bre le cinquantenaire de l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie, il serait important de revenir sur des acteurs, \u00e9crivains humanistes, tel que Emmanuel Robl\u00e8s qui a eu un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant dans notre litt\u00e9rature classique. Nous le pr\u00e9sentons dans ce num\u00e9ro avec ses d\u00e9dicaces que nous avons pu obtenir comme celles d\u2019Assia Djebar ou encore de Mohammed Dib, d\u2019Albert B\u00e9guin, et tant d\u2019autres\u2026 L\u2019ivrEscQ est un travail de passion qui appartient \u00e0 tous les mordus de la litt\u00e9rature : On d\u00e9couvre Taos Amrouche gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019ouvrage <em>L\u2019exil et la m\u00e9moire <\/em>de Djoher Amhis-Ouksel, on a envie de nous attarder sur les Amrou\u00adche, car ils coulent en nous. Des livres, encore des livres d\u2019ici et d\u2019ailleurs, comme valeurs s\u00fbres sont de plus en plus rares. Pers\u00e9v\u00e9rance, endurance ou foi de croire en ces livres enfant\u00e9s dans des solitudes, dans l\u2019effroi, la fantaisie, l\u2019exil, le mensonge ou dans le vertige des mots, nous continuons \u00e0 promouvoir le monde livresque. Nous vous invitons, ch\u00e8res lectrices, chers lecteurs, \u00e0 intervenir dans cet espace qu\u2019est le v\u00f4tre, \u00e0 partager avec nous votre coup de c\u0153ur : un auteur a besoin de ce lien \u00e9troit avec le lecteur pour \u00eatre p\u00e9renne. Bonne lecture !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"right\"><em><br \/>\n<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\" align=\"right\">Nadia Sebkhi<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\" align=\"right\">n.sebkhi@livrescq.com<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans cette \u00e9dition de L\u2019ivrEscQ qui entame l\u2019ann\u00e9e 2012, et suite \u00e0 une forte demande de nos lecteurs, nous pr\u00e9sentons Fatima-Zohra Imalay\u00e8ne, connue sous le pseudonyme d\u2019Assia [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[115],"tags":[],"class_list":["post-2752","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-editoriaux"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2752","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2752"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2752\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2858,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2752\/revisions\/2858"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2752"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2752"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2752"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}