{"id":2909,"date":"2012-03-15T09:50:54","date_gmt":"2012-03-15T08:50:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=2909"},"modified":"2012-04-19T13:56:37","modified_gmt":"2012-04-19T12:56:37","slug":"mouloud-feraoun-albert-camus-lespoir-dechirant-dans-un-point-de-fuite-impossible","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/mouloud-feraoun-albert-camus-lespoir-dechirant-dans-un-point-de-fuite-impossible\/","title":{"rendered":"Mouloud Feraoun \/ Albert Camus : l\u2019espoir d\u00e9chirant dans un point de fuite impossible"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Par Guy BASSET<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3083\" title=\"l'espoir\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/lespoir1.jpg\" alt=\"\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/lespoir1.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/lespoir1-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9pilogue de l\u2019\u00e9dition originale de <em>Le<\/em> <em>Fils du pauvre<\/em><sup>1<\/sup>portait en exergue la phrase suivante d\u2019Albert Camus : <em>\u00ab Il y a dans les hommes plus de choses \u00e0 admirer que de choses \u00e0 m\u00e9priser \u00bb.<\/em> Quand Mouloud Feraoun la donne \u00e0 lire, il n\u2019imaginait sans doute pas la r\u00e9sonance que cette phrase prendrait dans ses relations avec un auteur avec qui il n\u2019avait pas encore nou\u00e9 des liens. Cette citation s\u2019est trouv\u00e9e occult\u00e9e des ann\u00e9es puisqu\u2019elle fait partie des pages amput\u00e9es, lors de la r\u00e9\u00e9dition de <em>Le Fils du pauvre,<\/em> en 1954, et il faudra attendre 1972 pour que ce texte soit de nouveau imprim\u00e9 dans <em>L\u2019Anniversaire.<\/em> Pourtant cette citation n\u2019est pas fortuite : le roman de Feraoun est dat\u00e9 de 1948 et la citation est tir\u00e9e de <em>La Peste,<\/em> livre paru en 1947 : c\u2019est la fin de l\u2019ant\u00e9p\u00e9nulti\u00e8me paragraphe du roman de Camus ! Sans chercher une caution avant la publication, Mouloud Feraoun se situe ainsi explicitement dans le sillage, dans le prolongement ou m\u00eame sous la protection d\u2019Albert Camus.\u00a0Sa correspondance le confirme en quelque sorte d\u00e8s le 16 juin 1949. \u00ab J\u2019ai lu et relu <em>La Peste \u00bb <\/em>\u00a0indique-t-il, disant aussi \u00e0 son correspondant, qui a eu de la chance d\u2019entendre Camus, qu\u2019il souhaiterait que cela lui arrive \u00e0 lui aussi. Mais Feraoun ajoute des pr\u00e9cisions qui construisent l\u2019arri\u00e8re-fond des relations entre les deux hommes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Tu sais que je le connais depuis longtemps : en 1937, de vrais d\u00e9mocrates alg\u00e9rois d\u00e9cid\u00e8rent de faire para\u00eetre un journal<\/strong> <strong>libre (actions de 200 F majorit\u00e9 instituteurs). Eh bien Camus<\/strong><strong> \u00e9tait r\u00e9dacteur en chef d\u2019Alger R\u00e9publicain. Et en 1937 il a publi\u00e9 un reportage retentissant sur les Kabyles et la Kabylie. Il a vu pas mal d\u2019instituteurs kabyles et ces gens-l\u00e0 ne l\u2019ont pas oubli\u00e9. (idem)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certes Feraoun se trompe l\u00e9g\u00e8rement sur les dates : les articles sur la Kabylie sont publi\u00e9s en juin 1939. Mais il est important de noter l\u2019image que Feraoun conserve pr\u00e8s de dix apr\u00e8s d\u2019un Camus attentif \u00e0 la Kabylie et au monde instituteur, \u00e0 la d\u00e9mocratie et \u00e0 la mis\u00e8re. Elle construit l\u2019image de ses relations avec Camus. L\u2019implication du milieu \u00ab instituteur \u00bb a \u00e9t\u00e9 peu souvent relev\u00e9e dans les \u00e9tudes sur <em>Alger R\u00e9publicain.<\/em> En fait la liste des 24 premiers actionnaires et administrateurs du journal ne comprend que quatre instituteurs<sup>2<\/sup> . Relevons que le nom de certains de ces quatre instituteurs nous entra\u00eene vers l\u2019\u00c9cole normale de Bouzar\u00e9ah o\u00f9 Feraoun fit ses \u00e9tudes. Ren\u00e9 Pestre et Mohammed Lechani, \u00ab un des trois musulmans dont deux instituteurs<sup>3<\/sup> \u00bb du groupe de d\u00e9part sont des anciens de cette \u00e9cole<sup>4<\/sup>. Lechani est notamment, au moment de la parution du roman de Feraoun, conseiller municipal de Fort-National o\u00f9 l\u2019\u00e9crivain sera lui-m\u00eame en poste et conseiller municipal quelques ann\u00e9es plus tard. Le 6 octobre 1938, il co-signe en compagnie notamment du second \u00ab instituteur musulman \u00bb, Kadour Makaci un texte \u00ab \u00e0 nos fr\u00e8res musulmans \u00bb :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Il manquait, en notre d\u00e9partement, un vrai quotidien o\u00f9 nous pouvions sur un m\u00eame pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 que nos camarades europ\u00e9ens et dans un m\u00eame esprit de mutuelle fraternit\u00e9, d\u00e9fendre librement nos l\u00e9gitimes revendications et obtenir r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019insertion des communiqu\u00e9s de nos divers groupements<sup>5<\/sup>.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\">\u00a0<a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\"><span style=\"color: #ff0000;\">Suite de l\u2019article sur version papier<\/span><\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\"><span style=\"color: #ff0000;\">abonnez-vous \u00e0 L\u2019ivrEscQ<\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Guy BASSET L\u2019\u00e9pilogue de l\u2019\u00e9dition originale de Le Fils du pauvre1portait en exergue la phrase suivante d\u2019Albert Camus : \u00ab Il y a dans les hommes [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[1,4,144],"tags":[],"class_list":["post-2909","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-une","category-dossier","category-n16"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2909","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2909"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2909\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3127,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2909\/revisions\/3127"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2909"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2909"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2909"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}