{"id":3209,"date":"2012-05-15T12:20:12","date_gmt":"2012-05-15T11:20:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=3209"},"modified":"2012-06-14T13:47:52","modified_gmt":"2012-06-14T12:47:52","slug":"nous-ne-voulons-plus-errer-en-exil-dans-le-present-sans-memoire-et-sans-avenir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/nous-ne-voulons-plus-errer-en-exil-dans-le-present-sans-memoire-et-sans-avenir\/","title":{"rendered":"\u00ab Nous ne voulons plus errer en exil dans le pr\u00e9sent sans m\u00e9moire et sans avenir\u2026 \u00bb"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3210\" title=\"madame\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/madame.jpg\" alt=\"\" width=\"65\" height=\"82\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est sous le signe de l\u2019Histoire, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment de la comm\u00e9moration du cinquantenaire de l\u2019ind\u00e9pendance, que se place ce num\u00e9ro de L\u2019ivrEscQ. \u00c0 l\u2019or\u00e9e des souvenances, on exhume notre pass\u00e9 par des auteurs qui racontent une \u00e9poque, une guerre, une douleur qui reste enfouie en soi et ne porte pas de nom. Sans quantifier \u00e0 l\u2019aune des chiffres le nombre de r\u00e9cits, nous avons s\u00e9lectionn\u00e9 quelques ouvrages de plusieurs axes diff\u00e9rents pour cet anniversaire. Ce choix livresque vari\u00e9 rappelant que notre pays \u00e0 la fleur de l\u2019\u00e2ge est concoct\u00e9 de livres qui retracent des p\u00e9riodes dans lesquelles le d\u00e9sordre souvent s\u2019y est accru. Mais, on s\u2019interroge surtout sur cette Alg\u00e9rie cinquantenaire devant les actes d\u2019oppression et d\u2019humiliation par son a\u00efeule de cent trente deux ans avec ces acteurs qui ressortent le pass\u00e9 et \u00e9valuent le pr\u00e9sent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kader Benamara, dans son r\u00e9cit <em>\u00c9clats de soleil et d\u2019amertume<\/em> relate une Alg\u00e9rie colonis\u00e9e o\u00f9 la vie semblait impossible. Qu\u2019il vive aux USA ou en Autriche, il porte en lui son pays qui l\u2019inqui\u00e8te, le taraude. Il est le premier Alg\u00e9rien \u00e0 travailler au Fonds Mon\u00e9taire International. Cinquante ans apr\u00e8s, il a la m\u00eame ambition pour sa terre natale, et est nostalgique d\u2019un\u00a0 temps, d\u2019un hymne de l\u2019ind\u00e9pendance. Il livre <em>\u00ab des anecdotes et rend compte de divers \u00e9pisodes d\u2019un monde disparu \u00bb<\/em>. Les bruits et les odeurs comme les a-t-on d\u00e9j\u00e0 d\u00e9sign\u00e9s pour montrer l\u2019autre, en toute qui\u00e9tude, Kader Benamara \u00e9voque ceux d&rsquo;<em> El qasba<\/em> sans r\u00e9serve ni demi-mesure tel le chant d\u2019une brise \u00e0 capella. Il porte au tr\u00e9fonds de son \u00eatre cette Alger, <em>El bahya, El mahroussa<\/em> avec tous ses secrets. Lui qui est n\u00e9 sous les bombardements dans un ab\u00eeme sinistre, ou plus plut\u00f4t dans une cave obscure d\u2019un immeuble sis rue Randon, une rue qui s\u00e9pare la Haute-Casbah de la Basse-Casbah o\u00f9 grouillaient les zouaves, son \u00e9lan s\u2019\u00e9paissit\u00a0 de d\u00e9senchantements\u00a0 malgr\u00e9 ses \u00e9clats de soleil. Que dire de cette \u0153uvre qui me poursuit sans rel\u00e2che, si ce n\u2019est la garder pr\u00e9cieusement dans ma <span style=\"color: #000000;\">biblioth\u00e8que !<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un autre auteur qui ne \u00ab m\u00e2che pas ses mots \u00bb est Mohammed Ghafir surnomm\u00e9 Moh Clichy. Celui-ci s\u2019engage au rang de la F\u00e9d\u00e9ration du FLN en France, et m\u00e8ne son combat sur le sol fran\u00e7ais. Dans son ouvrage<em> Cinquantenaire du 17 octobre 1961 \u00e0 Paris, <\/em>il d\u00e9crit l\u2019exp\u00e9rience du combat, de la blessure, de l\u2019engagement. Il\u00a0 d\u00e9voile ces manifestants pacifiques alg\u00e9riens happ\u00e9s par l\u2019horreur et jet\u00e9s en Seine. Son t\u00e9moignage avec tous les documents officiels aide \u00e0 mieux comprendre la guerre et ses d\u00e9passements. Il nous confie que les vies humaines des martyrs guettent de l\u00e0-haut notre devoir de m\u00e9moire collective. Moh Clichy, un de ces acteurs de l\u2019organisation des manifestations du 17 octobre 1961 est impr\u00e9gn\u00e9 par le Commandement divin. Il entame son r\u00e9cit, comme acte de foi par le verset 283 d\u2019<em>El baqara <\/em>(La G\u00e9nisse). Ainsi ce verset du Coran est-il le pr\u00e9ambule du livre de Mohammed Ghafir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le faux adage : une guerre bienfaitrice ! Une guerre souill\u00e9e par le sang des innocents plac\u00e9e sans \u00e9tat d\u2019\u00e2me au rang des vertus frise l\u2019innommable, alors qu\u2019on nous pave la voie par un silence qui dure, amenuise le temps et les souvenirs. Ren\u00e9 Naba, ce journaliste libanais \u00e0 l\u2019AFP dans son entretien avec Samir Mehalla, r\u00e9dacteur en chef du quotidien <em>Le Jeune Ind\u00e9pendant<\/em> hausse le ton dans son ouvrage <em>Le monde arabe en point de mire.<\/em> Tous deux cernent le monde arabe, notamment le printemps arabe qui a mis \u00e0 genoux des dynasties et a r\u00e9duit en miettes l\u2019insatiable convoitise des despotes qui empi\u00e9taient sur leurs <span style=\"color: #ff0000;\">peuples<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le dossier dans cette \u00e9dition est consacr\u00e9 \u00e0 la famille Amrouche. Nous publions un texte in\u00e9dit de Marguerite Taos Amrouche <em>Le bien et le mal sont fr\u00e8res<\/em>. L\u2019horizon aux normes monochrome du gris et du noir, son fr\u00e8re Jean Amrouche, dans ses vers l\u2019\u00e9voque et le laisse couler de source.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tous les auteurs de ce num\u00e9ro portent en eux l\u2019Alg\u00e9rie et enroulent leurs verves de projectiles venant des affres de l\u2019invasion qui a dur\u00e9 presque un si\u00e8cle et demi. Ainsi ces verbes qui tombent comme un couperet sont utiles \u00e0 notre m\u00e9moire oublieuse qui feint de sonder \u00e0 travers des binocles opaques ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la m\u00e9moire de toutes ces \u00e2mes qui ont assist\u00e9 \u00e0 l\u2019horreur sans en avoir t\u00e9moign\u00e9 : parce qu\u2019ils n\u2019auront jamais la parole ! Parce qu\u2019ils n\u2019auront jamais d\u2019\u00e9crits ! Parce qu\u2019ils portent encore un verbe aphone ici dans ce monde ici-bas ou dans leur tombe\u2026 sommes-nous capables d\u2019aimer cette patrie, la porter aux cimes de la libert\u00e9, et la laisser cro\u00eetre en toute clart\u00e9 ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Joyeux anniversaire \u00e0 notre ind\u00e9pendance !<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #000000;\"> Bonne lecture !<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\" align=\"right\">Nadia Sebkhi<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\" align=\"right\">n.sebkhi@livrescq.com<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est sous le signe de l\u2019Histoire, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment de la comm\u00e9moration du cinquantenaire de l\u2019ind\u00e9pendance, que se place ce num\u00e9ro de L\u2019ivrEscQ. \u00c0 l\u2019or\u00e9e des souvenances, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[115,145],"tags":[],"class_list":["post-3209","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-editoriaux","category-n-17"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3209","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3209"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3209\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3252,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3209\/revisions\/3252"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3209"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3209"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3209"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}