{"id":3283,"date":"2012-07-15T12:30:01","date_gmt":"2012-07-15T11:30:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=3283"},"modified":"2012-08-23T16:30:31","modified_gmt":"2012-08-23T15:30:31","slug":"liliane-raspail-le-temoignage-sur-lessentiel-dune-vie-engagee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/liliane-raspail-le-temoignage-sur-lessentiel-dune-vie-engagee\/","title":{"rendered":"Liliane Raspail Le t\u00e9moignage sur l\u2019essentiel d\u2019une vie engag\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3394\" title=\"lilian\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/lilian.jpg\" alt=\"\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/lilian.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/06\/lilian-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">\u00ab Comme le titre de mon premier roman l\u2019indique, j\u2019ai besoin de jeter un pont entre mes deux pays \u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019ivrEscQ : <\/strong><strong>Nous sommes ravis de vous rencontrer dans un espace o\u00f9 le livre bouge, o\u00f9 le livre est au rendez-vous. Vous \u00eates native des Aur\u00e8s, vous avez \u00e0 votre actif deux ouvrages : <em>La Chaou\u00efa d\u2019Auvergne <\/em>et <em>Fille de Chemora<\/em>. \u00c0 quel besoin, au plus profond de vous, r\u00e9pondent ces deux romans biographiques ? <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Liliane Raspail : <\/strong>Ce qui me tenait le plus \u00e0 c\u0153ur, c\u2019\u00e9tait de revendiquer mes deux racines. Je suis donc partie de la source : mon amour pour ce pays. Cela a commenc\u00e9 avec mes parents, bien \u00e9videmment. Mon p\u00e8re est n\u00e9 en Alg\u00e9rie, du cot\u00e9 de Constantine. Quant \u00e0 ma m\u00e8re, issue d\u2019une famille de paysans tr\u00e8s pauvres, elle est arriv\u00e9e en 1919 d\u2019Auvergne. Mon grand-p\u00e8re maternel (au caract\u00e8re aventurier) avait \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9 par un proche, garde forestier, install\u00e9 au pied du djebel Ch\u00e9lia afin d&rsquo;entretenir ses terres. Je raconte donc leur installation en Alg\u00e9rie, dans <em>La Chaou\u00efa d\u2019Auvergne. <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Vous racontez cette \u00e9pop\u00e9e avec beaucoup d\u2019\u00e9motion. L\u2019Alg\u00e9rie est en fait une terre qui vous a marqu\u00e9e presque g\u00e9n\u00e9tiquement, avant votre naissance d\u00e9j\u00e0\u2026<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. R : <\/strong>J\u2019ai, en effet, un lien quasi-charnel avec ce pays. J\u2019y ai v\u00e9cu la p\u00e9riode la plus heureuse de ma vie : mes dix premi\u00e8res ann\u00e9es d\u2019existence. Il faut bien comprendre le contexte. Le racisme n\u2019\u00e9tait pas \u00ab m\u00e9chant \u00bb, insidieux, hi\u00e9rarchique. Il y avait une certaine distance entre les communaut\u00e9s. L\u2019enfant que j\u2019\u00e9tais, ouverte et heureuse, transgressait tous les interdits. Mes grands-parents, \u00e9duqu\u00e9s s\u00e9v\u00e8rement jusqu\u2019\u00e0 vouvoyer leurs parents, avaient \u00e9t\u00e9 mis en garde \u00e0 leur arriv\u00e9e : il ne fallait pas fr\u00e9quenter les \u00ab Arabes \u00bb. Mais moi j\u2019allais dans les \u00ab gourbis \u00bb o\u00f9 j\u2019\u00e9tais accept\u00e9e et me sentais \u00ab chez moi \u00bb. J\u2019en t\u00e9moigne dans <em>Fille de Chemora.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Pourquoi est-ce si important pour vous de t\u00e9moigner de cette \u00e9poque de votre lign\u00e9e ? Com\u00adment en \u00eates-vous arriv\u00e9e<\/strong><strong> <\/strong><strong>\u00e0 l\u2019\u00e9crit ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. R. : <\/strong>Suite au divorce de mes parents, je quitte le village et l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 l\u2019\u00e2ge de douze ans. Cela a \u00e9t\u00e9 un v\u00e9ritable drame. Une double d\u00e9chirure. J\u2019ai donc commenc\u00e9 \u00e0 coucher sur papier ce qui \u00e9tait essentiel pour moi. Je parlais des \u00ab Arabes \u00bb, des champs de bl\u00e9, des chevaux. Jusqu\u2019au jour o\u00f9, reprenant tous mes cahiers et, mari\u00e9e \u00e0 un Alg\u00e9rien, j\u2019ai pris conscience de ce que tout cela impliquait : un \u00e9cart\u00e8lement entre mes deux piliers. J\u2019en ai parl\u00e9 \u00e0 ma m\u00e8re qui m\u2019a racont\u00e9 son aventure avec un superbe Arabe, Sahraoui, repr\u00e9sentant du peuple alg\u00e9rien dans toute sa noblesse. Pour moi, cet amour repr\u00e9sente l\u2019\u00e9chec lamentable de communion de ces deux communaut\u00e9s de l\u2019\u00e9poque. J&rsquo;\u00e9tais atterr\u00e9e que ma m\u00e8re n\u2019ait pas \u00e9pous\u00e9 \u00ab son \u00bb homme. Elle m\u2019a expliqu\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 l\u2019\u00e9poque, c&rsquo;\u00e9tait impossible. Elle devait donc fuir. Ce fut aussi le drame des pieds-noirs.\u00a0Des Alg\u00e9riens aussi \u00e0 qui la France a menti pendant cent trente-deux ans sur leurs droits et statuts. J\u2019avais une forte envie de d\u00e9noncer cela avec la b\u00e9n\u00e9diction de ma m\u00e8re.(&#8230;)<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\">\u00a0<\/a><span style=\"color: #ff0000;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\"><span style=\"color: #ff0000;\">Suite de l\u2019article sur version papier <\/span><\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>abonnez-vous \u00e0 L\u2019ivrEscQ<\/strong><\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Comme le titre de mon premier roman l\u2019indique, j\u2019ai besoin de jeter un pont entre mes deux pays \u00bb L\u2019ivrEscQ : Nous sommes ravis de vous [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[1,7,146],"tags":[],"class_list":["post-3283","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-une","category-au-fil-des-pages","category-n-18"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3283","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3283"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3283\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3436,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3283\/revisions\/3436"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3283"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3283"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3283"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}