{"id":3339,"date":"2012-07-15T12:45:23","date_gmt":"2012-07-15T11:45:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=3339"},"modified":"2012-08-23T16:26:20","modified_gmt":"2012-08-23T15:26:20","slug":"entretien-avec-david-yon-realisateur-du-film-les-oiseaux-darabie-adapte-des-lettres-de-simone-weil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/entretien-avec-david-yon-realisateur-du-film-les-oiseaux-darabie-adapte-des-lettres-de-simone-weil\/","title":{"rendered":"Entretien avec David Yon, r\u00e9alisateur du film  Les oiseaux d&rsquo;Arabie adapt\u00e9 des lettres de Simone Weil"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3411\" title=\"simone wel film\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/07\/simone-wel-film.jpg\" alt=\"\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/07\/simone-wel-film.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/07\/simone-wel-film-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">L\u2019intuition du film, c\u2019\u00e9tait une forme o\u00f9 le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent pouvaient \u00eatre r\u00e9unis. Une forme o\u00f9 les temps s\u2019interp\u00e9n\u00e9traient<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;ivrEscQ : <\/strong><strong>Vous avez consacr\u00e9 un film <em>Les oiseaux d&rsquo;Arabie <\/em>\u00e0 un intern\u00e9 espagnol r\u00e9publicain pendant la Seconde Guerre mondiale en France puis en Alg\u00e9rie, et ce \u00e0 partir d&rsquo;une correspondance de Simone Weil. Pourquoi ce choix et comment la transformation d&rsquo;un langage \u00e9pistolaire en images cin\u00e9matographiques peut-elle \u00eatre possible ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>David Yon : <\/strong>Tout d&rsquo;abord, ce film est visible sur internet \u00e0 cette adresse : vimeo.com\/14863634 (mot de passe : antonio). Je souhaite sa libre circulation avant que le support num\u00e9rique sur lequel il est enregistr\u00e9 ne dispara\u00eesse. Le film est construit avec les lettres \u00e9crites par Simone Weil \u00e0 Antonio Atar\u00e8s en 1941-1942. Le projet a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 par mon fr\u00e8re, Mathieu, et moi-m\u00eame. Mathieu \u00e9tait attir\u00e9 par la qu\u00eate spirituelle de Si\u00admone Weil et moi par sa recherche po\u00e9tique et politique. Nous ne voulions pas faire une biographie de Simone Weil, mais cr\u00e9er une intimit\u00e9 entre le spectateur et la philosophe, offrir la possibilit\u00e9 d\u2019un dialogue. Nous avons donc cherch\u00e9 dans ses correspondances et nous avons eu acc\u00e8s \u00e0 ses lettres \u00e9crites \u00e0 Antonio Atar\u00e8s. Ces lettres sont belles et simples, elles rendent accessibles la pens\u00e9e de Simone Weil de mani\u00e8re non didactique. Je devrais aussi dire que notre grand-m\u00e8re est fille d\u2019exil\u00e9s espagnols et que nous nous sentions une proximit\u00e9 avec Antonio Atar\u00e8s. Ces lettres sont la trace de ce qui a \u00e9t\u00e9 l\u2019\u00e9v\u00e9nement, voil\u00e0 70 ans, et dont le film rend compte : la tentative de rencontre, la tentation de l\u2019amiti\u00e9, le d\u00e9sir fou de se mettre \u00e0 la place de&#8230; Nous sommes donc partis \u00e0 Djelfa afin de d\u00e9couvrir les lieux o\u00f9 Antonio avait \u00e9t\u00e9 intern\u00e9. Et dans cette terre qui nous \u00e9tait jusqu&rsquo;alors inconnue, la rencontre avec ses habitants fut intense. Une histoire d&rsquo;amiti\u00e9 est n\u00e9e. Le film s&rsquo;est alors construit comme le prolongement de cet \u00e9change \u00e9pistolaire. Avec la cam\u00e9ra, dans la rencontre avec les habitants de Djelfa, je recherchais cette \u00ab place \u00bb de l\u2019autre. Impr\u00e9gn\u00e9 des lettres de Simone Weil, je filmais les lieux que l\u2019on dit de m\u00e9moire, le camp d&rsquo;internement \u00e0 A\u00efn S&rsquo;rar, le fort Cafarelli, la poudri\u00e8re, le cimeti\u00e8re chr\u00e9tien et je ressentais que ces lieux \u00e9taient aussi d&rsquo;oubli. Quelque chose d&rsquo;une violence sourde qui se prolongeait. Cette derni\u00e8re \u00e9tait le contrechamp des lettres de Simone Weil. Comme les lettres d&rsquo;Antonio Atar\u00e8s \u00e0 Simone Weil ont disparu, les images du film sont une sorte de r\u00e9ponse aux lettres de la philosophe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L : Comment s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 l&rsquo;acte de filmer (sc\u00e9nario, choix du noir et blanc, \u00e9quipe r\u00e9duite, etc&#8230;) ?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>D.Y. : <\/strong>Pour le tournage de ce film, je suis all\u00e9 deux fois \u00e0 Djelfa. La premi\u00e8re fois, avec mon fr\u00e8re, j\u2019ai apport\u00e9 une cam\u00e9ra vid\u00e9o et un pied, j\u2019ai film\u00e9 les lieux o\u00f9 a \u00e9t\u00e9 intern\u00e9 Antonio : des plans fixes et longs avec une attention pr\u00e9cise aux cadrages et \u00e0 la lumi\u00e8re. De retour en France, j\u2019ai mont\u00e9 ces images avec la voix des lettres et cela ne me satisfaisait pas. Il n\u2019y avait pas assez de dialogues entre les lettres et les images. Quelque chose de trop froid. J\u2019y suis donc retourn\u00e9 un an plus tard avec le besoin de filmer l\u2019autre avec moins de distance, avec mon corps. Pour cela, j\u2019ai emport\u00e9 une cam\u00e9ra super-8 avec quinze bobines de film noir et blanc. Je relisais les lettres de Simone Weil \u00e0 Antonio Atar\u00e8s et j\u2019essayais de filmer \u00e0 la main, impr\u00e9gn\u00e9 de ces lettres. Quelque part, j\u2019ai essay\u00e9 de voir ce que pouvait voir Antonio. L\u2019intuition du film, c\u2019\u00e9tait une forme o\u00f9 le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent pouvaient \u00eatre r\u00e9unis. Une forme o\u00f9 les temps s\u2019interp\u00e9n\u00e9traient. J\u2019ai donc d\u00e9cid\u00e9 de r\u00e9colter diff\u00e9rentes mati\u00e8res d\u2019images, chacune appartenant \u00e0 un temps distinct, les archives, le super-8 noir et blanc et la vid\u00e9o couleur (&#8230;)<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\">\u00a0<\/a><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\"><span style=\"color: #ff0000;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Suite de l\u2019article sur version papier <\/span><\/span><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\"><span style=\"color: #ff0000;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>abonnez-vous \u00e0 L\u2019ivrEscQ<\/strong><\/span><\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019intuition du film, c\u2019\u00e9tait une forme o\u00f9 le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent pouvaient \u00eatre r\u00e9unis. 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