{"id":3567,"date":"2012-10-15T08:52:43","date_gmt":"2012-10-15T07:52:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=3567"},"modified":"2012-11-15T12:02:19","modified_gmt":"2012-11-15T11:02:19","slug":"une-librairie-a-djelfa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/une-librairie-a-djelfa\/","title":{"rendered":"Une librairie \u00e0 Djelfa"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3571\" title=\"lib de jelfa\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/lib-de-jelfa.jpg\" alt=\"\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/lib-de-jelfa.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/lib-de-jelfa-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu&rsquo;en est-il de la librairie <em>Elahaeb El Mokades <\/em>de Djelfa ? Son responsable, Abdelkader Haffef a d\u00e9but\u00e9 en 1980, quand l\u2019ex-SNED portait le nom d&rsquo;<em>Ibn Rostom<\/em>. Le poste de chef d&rsquo;agence \u00e9tant vacant, il avait postul\u00e9, alors qu&rsquo;il \u00e9tait encore \u00e9conome \u00e0 l&rsquo;Institut technologique moyen de Djelfa : <em>\u00ab J&rsquo;aimais beaucoup les romans policiers, les romans classiques universels, les livres d&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale\u2026 \u00c0 cette \u00e9poque, beaucoup de hauts fonctionnaires, de magistrats passaient \u00e0 notre librairie. Je me souviens aussi du passage de Waciny Laredj, jeune professeur de l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;Alger\u2026 J&rsquo;avais aussi organis\u00e9 des mini foires du livre pour l&rsquo;ENAL \u00e0 la maison de la culture Ibn Rochd de Djelfa. La client\u00e8le \u00e9tait extraordinairement nombreuse. Il y avait une soif de lire et cela dura jusqu&rsquo;en 1987. <\/em>\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais la vie est faite de hauts et plus de bas encore. Aussi, par un triste soir d&rsquo;hiver de 1997, \u00e9poque de la dissolution de la SNED, suite au Plan d\u2019Ajustement Structurel, un liquidateur tout juste arriv\u00e9 de la capitale demande au g\u00e9rant de lui \u00a0remettre sur le champ les clefs de l&rsquo;agence. C&rsquo;\u00e9tait le moment o\u00f9 Abdelkader Haffef venait \u00e0 peine de faire son inventaire de la journ\u00e9e et de baisser le rideau m\u00e9tallique d&rsquo;<em>Ibn Rostom<\/em>. Il \u00e9tait quasiment (terrass\u00e9 par la nouvelle) sur le trottoir. Jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui, Abdelkader n&rsquo;oublie pas les larmes aux yeux qu&rsquo;il a eues en entendant marteler pareils mots \u00e0 son oreille ! Dix-sept ans de sa vie de travail et loyaux services s&rsquo;en trouvaient offens\u00e9s, sinon humili\u00e9s par un anonyme fonctionnaire z\u00e9l\u00e9, press\u00e9. Pis encore : dans le magasin ferm\u00e9, Abdelkader venait d&rsquo;oublier son burnous en poils de chameau qui fait, comme on le sait, la r\u00e9putation de la r\u00e9gion de Djelfa.<\/p>\n<p>Ce burnous ne sera r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 que deux ans plus tard, en 1999, quand l&rsquo;\u00c9tat d\u00e9cidera de r\u00e9troc\u00e9der les ex-agences SNED \u00e0 leurs ex-g\u00e9rants, comme Hadj Abdelkader. En d\u00e9pit de toutes les entraves et lenteurs pour la cession du local dans le cadre de la vente des biens de l&rsquo;\u00c9tat, malgr\u00e9 toutes les contraintes du m\u00e9tier qui ne nourrit presque plus son homme, il est rest\u00e9 fid\u00e8le \u00e0 la profession du livre, avec son fils Mohamed qui (il l&rsquo;esp\u00e8re fortement) prendra sa rel\u00e8ve. <em>\u00ab Nous avons d\u00e9but\u00e9 tr\u00e8s difficilement, <\/em>se rappelle-t-il, <em>un autre coll\u00e8gue et moi en h\u00e9ritant d&rsquo;un stock de l&rsquo;ancienne ENAL constitu\u00e9 d&rsquo;une grosse part d&rsquo;invendus ayant pour th\u00e8me la guerre d\u2019Alg\u00e9rie, quelques romans, r\u00e9cits et po\u00e9sies \u00bb<\/em>. La situation leur apparaissait si d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e que son coll\u00e8gue finit par abandonner.<\/p>\n<p><em>\u00ab Ce n&rsquo;est que gr\u00e2ce \u00e0 des \u00e9diteurs de bonne renomm\u00e9e que nous avons pu remonter la pente. En fait, c&rsquo;est surtout gr\u00e2ce \u00e0 un grand distributeur de Blida, Mohamed Benzekour, qui nous a fait confiance, un homme qui a toujours cru au destin du livre, un homme qui savait \u00eatre patient et qui, \u00e0 ce jour, continue de nous approvisionner en produits en nous accordant le temps suffisant pour le rembourser\u2026 \u00bb <\/em><\/p>\n<p>Abdelkader Haffef, comme tous ses confr\u00e8res d&rsquo;ici et d&rsquo;ailleurs, partage depuis maintenant plus de trente ans les \u00e9motions des lecteurs de tous \u00e2ges, des auteurs, de toute la famille du livre avec tout leur lot d&rsquo;attentes, d&rsquo;espoirs r\u00e9els, imagin\u00e9s ou vains, de d\u00e9sillusions mais aussi de joies si belles parfois, si furtives souvent.<\/p>\n<p><em>\u00ab Notre lectorat principal<\/em>, dit-il, <em>c&rsquo;est la famille de l&rsquo;universit\u00e9. Ce sont aussi les fonctionnaires. Ce sont les enseignants du secondaire qui, pour un certain nombre d&rsquo;entre eux, sont en contact permanent avec moi \u00bb. <\/em><\/p>\n<p>En fait, quand on se renseigne, aupr\u00e8s d&rsquo;un certain nombre de lecteurs et lectrices assidus de la ville, on s&rsquo;aper\u00e7oit qu\u2019Ab\u00addelkader Haffef a constitu\u00e9 une v\u00e9ritable tribu des amis (toutes g\u00e9n\u00e9rations confondues) du livre autour de sa librairie. Certains d&rsquo;entre ces fid\u00e8les ont pouss\u00e9 le bouchon jusqu&rsquo;\u00e0 \u00e9diter des ouvrages \u00e0 compte d&rsquo;auteur (livres parascolaires, \u00e9tudes sociologiques, essais \u00e9conomiques, guides touristiques ou historiques de la ville de Djelfa et de ses environs) qu&rsquo;ils laissent en compte d\u00e9p\u00f4t \u00e0 <em>Elahaeb El Mokades.<\/em><\/p>\n<p>Abdelkader Haffef, un libraire satisfait ? Plein d&rsquo;humour, il nous r\u00e9pond : <em>\u00ab Ici, nous stagnons alors qu&rsquo;ailleurs d&rsquo;autres ont d\u00e9j\u00e0 trouv\u00e9 leur place. Mon v\u0153u est, d&rsquo;abord, que des \u00e9crivains alg\u00e9riens acceptent de se d\u00e9placer \u00e0 Djelfa pour y rencontrer des lectrices et lecteurs ; ensuite, que les \u00e9diteurs acceptent de revenir \u00e0 la formule du d\u00e9p\u00f4t-vente. Cette double action ne contribuera que grandement \u00e0 la relance de la lecture sur le long terme. \u00bb<em>(&#8230;)<\/em><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\">\u00a0<\/a><span style=\"color: #ff0000;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\"><span style=\"color: #ff0000;\">Suite de l\u2019article sur version papier <\/span><\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><em><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>abonnez-vous \u00e0 L\u2019ivrEscQ<\/strong><\/span><\/a><\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qu&rsquo;en est-il de la librairie Elahaeb El Mokades de Djelfa ? Son responsable, Abdelkader Haffef a d\u00e9but\u00e9 en 1980, quand l\u2019ex-SNED portait le nom d&rsquo;Ibn Rostom. 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