{"id":3573,"date":"2012-10-15T08:59:59","date_gmt":"2012-10-15T07:59:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=3573"},"modified":"2012-11-15T12:18:20","modified_gmt":"2012-11-15T11:18:20","slug":"azouz-begag-cest-dans-le-doute-que-se-niche-la-tolerance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/azouz-begag-cest-dans-le-doute-que-se-niche-la-tolerance\/","title":{"rendered":"Azouz Begag : C\u2019est dans le doute que se niche la tol\u00e9rance"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3574\" title=\"azzouz 3\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/azzouz-3.jpg\" alt=\"\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/azzouz-3.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2012\/11\/azzouz-3-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019ivrEscQ : Tout au long de votre ouvrage <em>Salam Ouessant <\/em>paru derni\u00e8rement aux \u00e9ditions Sedia, vous marquez un temps d&rsquo;arr\u00eat devant les lieux : Des falaises. Des cieux. Des rochers\u2026 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Azouz Begag : <\/strong>Le lieu est le terroir ou le territoire qui transpire l\u2019histoire o\u00f9 se d\u00e9roule la vie. C\u2019est comme une peau qui prend le corps de l\u2019\u00eatre. C\u2019est ma position contemplative, car le lieu est aussi t\u00e9moin de la grandeur du Cr\u00e9ateur. En effet, on d\u00e9couvre parfois l\u2019immensit\u00e9 de l\u2019univers dans les tout petits d\u00e9tails : un roseau pli\u00e9 sous la brise. Un petit oiseau qui fait sa toilette dans une flaque d\u2019eau. Un ciel \u00e9toil\u00e9. Un m\u00e2t d\u2019un petit voilier\u2026 C\u2019est dans tous ces petits \u00e9l\u00e9ments qu\u2019on d\u00e9couvre l\u2019immensit\u00e9 humaine. C\u2019est ce qu\u2019on appelle \u00ab appr\u00e9cier une vie terrestre \u00bb, se rendre compte de toutes ces belles choses qui n\u2019ont pas de signification en soi, mais qui r\u00e9v\u00e8lent toute la grandeur et la magie de l\u2019existence. C\u2019est l\u2019\u00e2ge qui m\u2019a fait atteindre cette position du recul, du temps d\u2019arr\u00eat, de b\u00e9atitude.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : L\u2019\u00e2ge, dites-vous ! <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>A. B. : <\/strong>Oui. Je crois que plus on vieillit, plus on atteint l\u2019\u00e2ge de la sagesse et plus on s\u2019arr\u00eate sur les petites choses indicibles dans lesquelles on retrouve la joie de vivre et le bonheur. Par exemple, tout \u00e0 l\u2019heure, j\u2019\u00e9tais dans ma chambre d\u2019h\u00f4tel, je regardais le d\u00e9coupage de cette baie d\u2019Alger : un arc de cercle presque parfait. \u00c9tonnant de beaut\u00e9 ! Aussi, je me suis extasi\u00e9 il y a quelques jours \u00e0 Lyon devant un double arc-en-ciel. On avait l\u2019impression qu\u2019il ouvrait son \u00e9tendue multicolore, on aurait dit presque la roue d\u2019un paon. C\u2019est tellement magique que j\u2019avais envie d\u2019\u00e9crire ! Il en est de m\u00eame lorsqu\u2019on voit une belle femme. On est tellement attir\u00e9 qu\u2019on a envie de lui dire des mots d\u2019amour, de lui \u00e9crire de la po\u00e9sie pour dire la beaut\u00e9 ! La vie ! La femme ! En fait, c\u2019est l\u2019amour ! En revanche, les enfants d\u2019aujourd\u2019hui ne s\u2019int\u00e9ressent malheureusement pas \u00e0 ces d\u00e9tails-l\u00e0. Ils sont dans l\u2019action et ne sont jamais fascin\u00e9s par l\u2019ordre de la nature\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Dans votre roman vous parlez de <em>Sofia <\/em>et <em>Zola <\/em>qui veulent visiter l\u2019Alg\u00e9rie. Pourtant, ce p\u00e8re \u2013 peut-\u00eatre vous \u2013 <em>\u00ab alg\u00e9rien \u00bb <\/em>va les d\u00e9tourner de peur qu\u2019elles ne soient d\u00e9\u00e7ues\u2026 Et vous pr\u00e9f\u00e9rez donner une r\u00e9ponse dans le r\u00e9cit d\u2019un <em>\u00ab je \u00bb <\/em>qui est le v\u00f4tre, et qui se m\u00eale \u00e0 celui du narrateur pour tisser un sentiment d\u2019amour. De crainte, constamment\u2026 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>A. B. : <\/strong>Ce livre raconte une travers\u00e9e entre la France et l\u2019Alg\u00e9rie, mais aussi entre Lyon et l\u2019\u00eele bretonne d\u2019<em>Ouessant. <\/em>Et c\u2019est \u00e0 chaque fois lors de ce survol entre les deux rives que le narrateur se posait des questions sur <em>\u00ab ce qu\u2019il avait quitt\u00e9 et o\u00f9 il allait \u00bb. <\/em>Quand il \u00e9tait parti de France \u00e0 l\u2019\u00e2ge de cinq ans et quitt\u00e9 pour la premi\u00e8re fois l&rsquo;Alg\u00e9rie, pays de ses parents. C\u2019est initiatique ! Il quittait les bidonvilles pourris de Lyon pour esp\u00e9rer trouver mieux en Alg\u00e9rie. En m\u00eame temps, il se posait des questions : qu\u2019est-ce qui fondait son identit\u00e9 ? Il se demandait ce qu\u2019\u00e9tait <em>\u00ab l\u2019origine \u00bb. <\/em>\u00c9tait-ce le pays o\u00f9 il \u00e9tait n\u00e9 ou celui o\u00f9 ses parents l\u2019\u00e9taient ? Pendant la travers\u00e9e de ce bateau, toutes ces questions le terrassaient. Plus on s\u2019approchait de la baie d\u2019Alger, plus il \u00e9tait loin de la France et plus il avait peur de ce qu\u2019il allait retrouver. C\u2019est exactement le m\u00eame voyage qui se faisait entre la ville de Lyon et l\u2019\u00eele d\u2019Ouessant. Il avait donc peur de ce qu\u2019il allait trouver puisqu\u2019il ne connaissait pas cet endroit-l\u00e0\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Effectivement, les deux filles demandent \u00e0 leur p\u00e8re pourquoi ne sont-elles pas parties en Alg\u00e9rie au lieu d\u2019Ouessant. Elles voulaient \u00e0 tout prix chercher l\u2019identit\u00e9 perdue de leur p\u00e8re. Apr\u00e8s le divorce de leurs parents, <em>Sofia <\/em>et <em>Zola <\/em>avaient la frustration d\u2019\u00eatre en manque de <em>\u00ab nourriture \u00bb <\/em>identitaire de la branche paternelle. Elles se sentaient \u00e9trang\u00e8res \u00e0 Ouessant et \u00e9taient s\u00fbres qu\u2019en Alg\u00e9rie, elles seraient enfin chez elles. Mais le papa perdu cherchait plut\u00f4t un lieu o\u00f9 il serait au repos sans toutes ces questions. C\u2019est donc cette recherche qui fut l\u2019objet de mon investigation litt\u00e9raire dans <em>Salam Ouessant<\/em>. Je vous rappelle que <em>Salam <\/em>signifie \u00ab la paix \u00bb. C\u2019est ce que cherchait cet homme parce qu\u2019il avait la <em>\u00ab nostalg\u00e9rie \u00bb<\/em>, la nostalgie de cette belle Alg\u00e9rie des ann\u00e9es 60 qu\u2019il avait connue !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Peut-on dire que ce h\u00e9ros est Azzouz Begag ? Vous d\u00e9voilez-vous dans ce r\u00e9cit ? <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>A. B. : <\/strong>Non ! C\u2019est la vie d\u2019un \u00eatre humain. Peu importe si c\u2019est la mienne ou pas. Les Anglais disent <em>human being <\/em>pour dire \u00ab \u00eatre humain \u00bb dans le sens du projet \u00ab de devenir un \u00eatre humain \u00bb ; autrement dit, \u00eatre humain est une perp\u00e9tuelle recherche jusqu\u2019au dernier jour de sa vie. Pour moi, ce n\u2019est pas un aboutissement. Qu\u2019est-ce qu\u2019on a fait l\u00e0 pendant 70 ans sur cette terre ? Qu\u2019est-ce qu\u2019on a laiss\u00e9 \u00e0 nos enfants ? Et o\u00f9 va-t-on ? Quand la flamme de la vie s\u2019\u00e9teindra o\u00f9 serai-je ? On ne le sait pas ! Et donc c\u2019est un devenir constant et une construction de soi permanente qui ne s\u2019ach\u00e8vent jamais. Voil\u00e0 pourquoi je consid\u00e8re aussi qu\u2019\u00eatre en qu\u00eate perp\u00e9tuelle n\u2019est pas une situation de faiblesse, mais, bien au contraire, celle d\u2019une grande humanit\u00e9 ! Les \u00eatres humains se ressemblent tous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, certains n\u2019ont pas peur de dire qu\u2019ils doutent, qu\u2019ils ne savent pas, qu\u2019ils se cherchent. Que dans cette Alg\u00e9rie qu\u2019ils aiment, comme moi, il y a des aspects alg\u00e9riens qu\u2019ils d\u00e9testent. Que dans cette France o\u00f9 ils sont n\u00e9s aussi, il y a des aspects insupportables. Chacun d\u2019entre nous cherche finalement le lieu o\u00f9 il sera au repos. O\u00f9 il sera tranquille. O\u00f9 il n\u2019aura plus de questions \u00e0 se poser. Et existe-t-il un lieu, une \u00eele, un territoire, un pays, une maison\u2026 o\u00f9 quand je suis dedans je dis <em>Al hamdoullah<\/em>, ici, c\u2019est chez-moi ! Je n\u2019ai plus \u00e0 avoir peur, je n\u2019ai plus de questions \u00e0 me poser\u2026 Vogue la gal\u00e8re ! Est-ce que cela existe ? Non, cela n\u2019existe pas ! Par cons\u00e9quent, c\u2019est cette \u00e9ternelle qu\u00eate pr\u00e9cis\u00e9ment qui est l\u2019objet de mon investigation litt\u00e9raire dans <em>Salam Ouessant<em>(&#8230;)<\/em><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\">\u00a0<\/a><span style=\"color: #ff0000;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\"><span style=\"color: #ff0000;\">Suite de l\u2019article sur version papier <\/span><\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><em><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>abonnez-vous \u00e0 L\u2019ivrEscQ<\/strong><\/span><\/a><\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ivrEscQ : Tout au long de votre ouvrage Salam Ouessant paru derni\u00e8rement aux \u00e9ditions Sedia, vous marquez un temps d&rsquo;arr\u00eat devant les lieux : Des falaises. 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