{"id":3933,"date":"2013-01-15T16:15:50","date_gmt":"2013-01-15T15:15:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=3933"},"modified":"2013-01-30T09:31:40","modified_gmt":"2013-01-30T08:31:40","slug":"deux-cineastes-parlent-du-cinema-algerien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/deux-cineastes-parlent-du-cinema-algerien\/","title":{"rendered":"Deux cin\u00e9astes parlent du cin\u00e9ma alg\u00e9rien"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/deux-sin\u00e9ast.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-3934\" alt=\"deux sin\u00e9ast\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/deux-sin\u00e9ast.jpg\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/deux-sin\u00e9ast.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/deux-sin\u00e9ast-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L<\/strong><b>\u2019ivrEscQ : Parler du cin\u00e9ma alg\u00e9rien pourrait commencer par quelle \u00e9poque historique, postind\u00e9pendance\u2026 sachant que celui-ci est pass\u00e9 par trois r\u00e9volu\u00adtions : agraire, culturelle et industrielle des ann\u00e9es 70\u2026<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Lamine Merbah : <\/b>Je ne veux pas parler de cer\u00adtaines donn\u00e9es que tout le monde pourrait d\u00e9ni\u00adcher sur internet. Pour ma part, j\u2019aime bien reve\u00adnir toujours vers l\u2019histoire. Ce qui est int\u00e9ressant, c\u2019est qu\u2019\u00e0 partir de certaines donn\u00e9es qui sont certes historiques, on peut cr\u00e9er du nouveau. De nouvelles id\u00e9es. Pourquoi aujourd\u2019hui, le cin\u00e9ma alg\u00e9rien se trouve dans cette situation ? Pour r\u00e9\u00adpondre \u00e0 cette question, il faudrait sortir de la lo\u00adgique chronologique des \u00e9v\u00e8nements et le d\u00e9ter\u00adminisme historique. Le cin\u00e9ma \u00e9tait une chose. Aujourd\u2019hui, il est devenu autre chose. Il a eu des moments de gloire, puis de d\u00e9clin\u2026 ensuite, il est mort compl\u00e8tement. Personnellement, je pense que la cause est due \u00e0 des approches li\u00e9es \u00e0 d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments culturels, \u00e9conomiques, politiques\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le cin\u00e9ma, de par le monde, est li\u00e9 au d\u00e9veloppe\u00adment du peuple lui-m\u00eame. Il n\u2019est pas un nuage qui passe au dessus d\u2019un pays. Et si on consid\u00e8re le ci\u00adn\u00e9ma comme une culture, celle du peuple alg\u00e9rien a des hauts et des bas. C\u2019est, malheureusement, une consta\u00adtation qui ne concerne pas uniquement l\u2019art cin\u00e9mato\u00adgraphique. Donc, le cin\u00e9ma alg\u00e9rien a commenc\u00e9 avec un \u00e9v\u00e8nement incontournable de l\u2019histoire contempo\u00adraine de l\u2019Alg\u00e9rie, la R\u00e9volution alg\u00e9rienne. Il est n\u00e9 dans les tr\u00e9fonds de la lutte pour la lib\u00e9ration du pays. Une donn\u00e9e qui a son importance consid\u00e9rable. L\u2019im\u00adpact de cette sp\u00e9cificit\u00e9 se retrouve dans son esth\u00e9\u00adtique. Dans son contenu. Donc, les premiers films sont inspir\u00e9s de la r\u00e9alit\u00e9 la plus am\u00e8re v\u00e9cue par le peuple.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il a d\u00e9marr\u00e9 dans nos fronti\u00e8res au sein des QG, avec des combattants, des moudjahidines qui essayaient, au risque de leur vie, de traverser les fronti\u00e8res pour lib\u00e9\u00adrer le pays. Ces combattants on \u00e9t\u00e9 ses parents. Ses pre\u00admiers acteurs. Ce fait est tr\u00e8s important. Les acteurs ne jouaient pas la com\u00e9die. Ils la vivaient. Donc, c\u2019est un cin\u00e9ma coll\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 politique, sociale et culturelle. Nous avons vu des r\u00e9fugi\u00e9s sous les tentes, des femmes avec leurs habits d\u00e9chir\u00e9s\u2026 C\u2019\u00e9tait l\u2019Alg\u00e9rie sous la mi\u00ads\u00e8re coloniale film\u00e9e dans des documentaires qui sont ses premiers balbutiements. Le r\u00f4le de notre pays \u00e9tait de se lib\u00e9rer et c\u2019\u00e9tait la naissance du cin\u00e9ma alg\u00e9rien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>L. : Apr\u00e8s cette p\u00e9riode de lutte pour l\u2019ind\u00e9pen\u00addance, le cin\u00e9ma alg\u00e9rien est rest\u00e9, en quelque sorte, bloqu\u00e9 sur cette s\u00e9quence de guerre. Vous dites en m\u00eame temps que le cin\u00e9ma, dans son essence, accompagne le v\u00e9cu de la soci\u00e9t\u00e9. On a comme l\u2019impression que ce cin\u00e9ma alg\u00e9rien est rest\u00e9 sur un\u00ab <\/b><i>nuage au dessus du peuple <\/i><b>\u00bb ! Qu\u2019en est-il exactement, selon vous\u2026<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>L. M. : <\/b>Il est rest\u00e9 longtemps apr\u00e8s la p\u00e9riode de lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance dans cette notion d\u2019appartenance \u00e0 la r\u00e9volution alg\u00e9rienne. Ce qui a un peu d\u00e9termin\u00e9 les d\u00e9\u00adcisions politiques de nationalisation des biens alg\u00e9riens. Le cin\u00e9ma accompagnait la politique de l\u2019Alg\u00e9rie ind\u00e9pen\u00addante. Si juste apr\u00e8s 1962, on avait d\u00e9cid\u00e9 de nationaliser les salles existantes, la production, de cr\u00e9er le premier et unique institut de formation cin\u00e9matographique, c\u2019\u00e9tait pour que celui-ci puisse rester dans ses missions d\u2019accom\u00adpagner le peuple alg\u00e9rien dans ses projets de soci\u00e9t\u00e9. En 1994, il avait son importance au niveau du gouvernement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les gens qui dirigeaient le pays et qui avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9lus apr\u00e8s 1962, ne l\u2019avaient \u00e9t\u00e9 parce qu\u2019ils \u00e9taient connus. M\u00eame si nous \u00e9tions dans une d\u00e9mocratie la plus poin\u00adtue au monde, Ben Bella, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des dix autres plus comp\u00e9tents que lui, aurait \u00e9t\u00e9 choisi quand m\u00eame. Il \u00e9tait connu et dans l\u2019esprit du peuple d\u00e9j\u00e0 \u00e9lu gr\u00e2ce \u00e0 son image pendant la r\u00e9volution. C\u2019est l\u2019exemple du ci\u00adn\u00e9ma qui accompagne le peuple. Le privatiser \u00e0 partir de 1962, c\u2019\u00e9tait pour faire rentrer de l\u2019argent. Cet \u00e9tat de fait s\u2019imposait de lui-m\u00eame. Apr\u00e8s 1962, afin qu\u2019il puisse continuer \u00e0 jouer le r\u00f4le de m\u00e9moire, on a com\u00admenc\u00e9 \u00e0 refa\u00e7onner la guerre avec plus de moyens et faire un peu de fiction\u2026 Essayer d\u2019\u00eatre pr\u00e9sents dans les festivals, les grandes rencontres internationales\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>L. : Justement, pendant longtemps, les Alg\u00e9riens ont confondu le cin\u00e9ma alg\u00e9\u00adrien avec la lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance\u2026<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>L. M.: <\/b>Il n\u2019y a pas eu beaucoup de films traitant de la r\u00e9\u00advolution alg\u00e9rienne. Plus exactement, treize. Je pense que les gens avaient trop souffert et voulaient voir d\u2019autres th\u00e8mes. Cependant, en tout et pour tout, treize longs m\u00e9\u00adtrages sur la \u00ab <i>thawra \u00bb<\/i>, c\u2019est insuffisant. On a voulu pas\u00adser \u00e0 autre chose, marquer la diff\u00e9rence entre le cin\u00e9ma et la vie. La vraie ! Celle qui avait un autre sens. Le public voulait du cin\u00e9ma de Mimi Gamal, des stars \u00e9gyptiennes, des films indous, Elvis Presley, des films de divertisse\u00adment. Il rejetait celui autour de la mis\u00e8re coloniale qui les faisait pleurer en leur rappelant leurs souffrances\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>L. : <\/b><i>La bataille d\u2019Alger <\/i><b>reste quand m\u00eame, \u00e0 nos jours, un succ\u00e8s ph\u00e9nom\u00e9nal, ici et ailleurs,parce qu\u2019il est tr\u00e8s bien fait, m\u00eame s\u2019il traite de la r\u00e9vo\u00adlution alg\u00e9rienne\u2026<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>L. M. : <\/b>Assur\u00e9ment ! Je dis tout simplement que les th\u00e9\u00admatiques qui s\u2019imposaient \u00e0 l\u2019\u00e9poque,n\u2019\u00e9taient pas forc\u00e9\u00adment li\u00e9es \u00e0 la Guerre de lib\u00e9ration. Le reproche n\u2019est pas fait au cin\u00e9aste, loin de l\u00e0. Il est fait au politique qui n\u2019a pas pes\u00e9 de tout son poids concernant le cin\u00e9ma. Il est fort possible que les d\u00e9cisions du politique \u00e9taient les bonnes\u2026Malgr\u00e9 cela, la mort du cin\u00e9ma alg\u00e9rien a \u00e9t\u00e9 in\u00e9vitable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>L. : Vous avez \u00e9voqu\u00e9 beaucoup plus l\u2019institut du cin\u00e9ma, ( le seul en Alg\u00e9rie ) qui a \u00e9t\u00e9 cas\u00ads\u00e9. Pourquoi ?<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>L. M. : <\/b>Il a \u00e9t\u00e9 cass\u00e9 par la France. L\u2019IDEC \u00e9tait l\u2019\u00e9cole qui formait les cin\u00e9astes africains et que l\u2019Alg\u00e9\u00adrie en Afrique avec de grands pro\u00adjets comme perspectives, voire toute une industrie. Au moment o\u00f9 les d\u00e9cideurs ont \u00e9labor\u00e9 des lois extraordinaires \u00e9crasant de loin celles qui existent aujourd\u2019hui et faites par la grande Dame. L\u2019IDEC a \u00e9t\u00e9 sabot\u00e9 par la France. Il n\u2019y a pas eu de suivi parce qu\u2019on a cass\u00e9 la source, l\u2019institut qui aurait pu former des g\u00e9n\u00e9rations enti\u00e8res. La premi\u00e8re promotion est sortie d\u2019une mani\u00e8re d\u00e9j\u00e0 presque pas indemne. Et on a continu\u00e9 encore de la briser apr\u00e8s. L\u2019institut a \u00e9t\u00e9 cass\u00e9 en deux. Une partie a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par les Polonais qui l\u2019avaient cr\u00e9\u00e9 ; et l\u2019autre par la France qui a envoy\u00e9 des professeurs de l\u2019IDEC \u00e0 Cap Matifou o\u00f9 elle avait une \u00e9cole de forma\u00adtion paramilitaire. Ils ont cr\u00e9\u00e9 l\u00e0-bas sp\u00e9cialement deux classes et ont pris tout un groupe, des personnes qui se retrouvent aujourd\u2019hui \u00e0 Paris. Comme par hasard<i>\u00a0(&#8230;)<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\"><span style=\"color: #ff0000;\">Suite de l\u2019article dans la version papier<br \/>\nabonnez-vous \u00e0 L\u2019ivrEscQ<\/span><\/a><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ivrEscQ : Parler du cin\u00e9ma alg\u00e9rien pourrait commencer par quelle \u00e9poque historique, postind\u00e9pendance\u2026 sachant que celui-ci est pass\u00e9 par trois r\u00e9volu\u00adtions : agraire, culturelle et industrielle des [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[1,4,149],"tags":[],"class_list":["post-3933","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-une","category-dossier","category-n-21"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3933","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3933"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3933\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3936,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3933\/revisions\/3936"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3933"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3933"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3933"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}