{"id":429,"date":"2010-09-15T20:09:15","date_gmt":"2010-09-15T19:09:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=429"},"modified":"2011-02-04T17:44:12","modified_gmt":"2011-02-04T16:44:12","slug":"evocation-najia-abeer-odes-et-codes-de-la-liberte-et-du-savoir%e2%80%a6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/evocation-najia-abeer-odes-et-codes-de-la-liberte-et-du-savoir%e2%80%a6\/","title":{"rendered":"EVOCATION : Najia Abeer, Odes et codes de la libert\u00e9 et du savoir\u2026"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>N\u00e9e \u00e0 Constantine le 16 septembre 1948, Najia Abeer nous a quitt\u00e9s pr\u00e9matur\u00e9ment le 21 octobre 2005 \u00e0 Alger. Ancienne professeure , elle a publi\u00e9 en 2003 son premier roman sur sa ville natale Constantine ou les moineaux de la murette (Ed. Barzakh ) L&rsquo;Albatros ( Ed. Marsa, Alger 2004) et le dernier Bab el Kantara (Ed. Apic, 2005).<br \/>\nCette trilogie se veut un regard lucide, courageux sur la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne d\u00e9tourn\u00e9e de ses \u00e9lites f\u00e9minines et une voix v\u00e9h\u00e9mente contre les forces r\u00e9gressives.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-432\" style=\"margin-left: 5px; margin-right: 5px;\" title=\"najia-abeer-2\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2010\/09\/najia-abeer-2.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"321\" align=\"left\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2010\/09\/najia-abeer-2.jpg 250w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2010\/09\/najia-abeer-2-233x300.jpg 233w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/>Najia Abeer est venue \u00e0 la litt\u00e9rature avec Constantine ou les moineaux de la murette, un roman autobiographique sur son enfance dans une souika de sa ville natale, Constantine, durant les ann\u00e9es de la guerre de Lib\u00e9ration. Une ville qu\u2019elle a trop t\u00f4t quitt\u00e9e et dont elle reste nostalgique. C\u2019est pour elle une profonde sensation d\u2019un lieu natal, enracinant pour l\u2019\u00e9criture. Cet enracinement trouve son prolongement avec son nouveau roman Bab el Kantara. Au coeur de ce deuxi\u00e8me volet d\u2019une trilogie constantinoise, Najia Abeer, sous le personnage de la fougueuse adolescente Joumana, entreprend de raconter les ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9cole normale de Bab el Kantara. Elle ne le fait pas apr\u00e8s coup mais dans l\u2019instant m\u00eame de son v\u00e9cu, et c\u2019est l\u00e0 que r\u00e9side l\u2019int\u00e9r\u00eat narratif du roman qui, sans ce temps subjectif, n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 qu\u2019un t\u00e9moignage anodin, vite class\u00e9 dans les archives d\u2019un pass\u00e9 de lamentations. Or, tout y prend et reprend vie avec ces adolescentes qui franchissent le seuil d\u2019un monde o\u00f9 la couleur des tabliers impose\u00a0une hi\u00e9rarchie, o\u00f9 le seul m\u00e9rite est la r\u00e9ussite dans les \u00e9tudes pour embrasser une carri\u00e8re d\u2019institutrice et, pour celles qui excellent, acc\u00e9der \u00e0 l\u2019Ecole normale sup\u00e9rieure d\u2019Alger.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Studieuses, effront\u00e9es ou \u00abgloussantes\u00bb, elles sont toutes venues des r\u00e9gions de l\u2019Est alg\u00e9rien avec ses paysages contrast\u00e9s et ses col\u00e8res aussi tumultueuses que les eaux du Rhummel. Ce sont les jeunes normaliennes de Bab el Kantara, des adolescentes qui ont quitt\u00e9 pour la premi\u00e8re fois le giron familial pour l\u2019internat, dans l\u2019\u00e9veil fulgurant de l\u2019amour platonique et charnel. Joumana raconte et d\u00e9crit avec passion et minutie, avec quelques touches de nostalgie et d\u00e9senchantement, dans un pr\u00e9sent souverain, en ces premi\u00e8res ann\u00e9es euphoriques de l\u2019ind\u00e9pendance, la vie quotidienne et culturelle de cette prestigieuse \u00e9cole normale. Avec ses r\u00e8glements stricts, ses professeurs brillants, exigeants mais humbles et affables, son personnel mu par la rectitude et le sens du devoir accompli, mais aussi et surtout les lieux intimes de ces adolescentes fringantes, boudeuseset exquises: le dortoir o\u00f9 les lits superpos\u00e9s se font et se d\u00e9font selon les appartenances r\u00e9gionales ou les affinit\u00e9s intellectuelles. Les filles avec un brin de coquetterie, s\u2019entraident, se toisent, se jalousent mais s\u2019\u00e9chinent, toutes, au labeur des \u00e9tudes. Sous le regard mordant de Joumana, l\u2019internat de ces jeunes filles, malgr\u00e9 une discipline de fer, apparait comme un lieu d\u2019\u00e9panouissement o\u00f9 les livres des grands classiques de la litt\u00e9rature universelle s\u2019arrachent, se lisent sous les couvertures, \u00e0 la lumi\u00e8re d\u2019une torche, apr\u00e8s l\u2019extinction des lumi\u00e8res et, en classe, les normaliennes s\u2019\u00e9vertuent dans une saine \u00e9mulation de connaissances accentu\u00e9es par des \u00e9clats de charme. Mais si Joumana a la chance d\u2019avoir un p\u00e8re instituteur \u00e0 son \u00e9coute, elle n\u2019a pas cependant la qui\u00e9tude familiale. Sa mar\u00e2tre acari\u00e2tre, r\u00e9tr\u00e9cit ses espaces dans la maison paternelle o\u00f9 les \u00e9changes, n\u2019eut \u00e9t\u00e9 sa grand-m\u00e8re paternelle, n\u2019auraient \u00e9t\u00e9 que col\u00e8res, disputes et claquements de portes. Beaucoup d\u2019autres adolescentes comme elle, pour qui l\u2019internat est un refuge, une bouff\u00e9e d\u2019oxyg\u00e8ne, une \u00ab lib\u00e9ration \u00bb des yeux inquisiteurs du \u00ab douar \u00bb, vivent, quand elles retournent chez elles lors des vacances scolaires, le calvaire d\u2019un milieu familial lui-m\u00eame bouscul\u00e9 par les bouleversements socio-\u00e9conomiques brutaux des premi\u00e8res ann\u00e9es de l\u2019ind\u00e9pendance. La tendance au repli sur soi, la disparition soudaine de nombreux quartiers cosmopolites et surtout la perte brutale d\u2019un mode de vie a\u00e9r\u00e9, ouvert sur l\u2019ext\u00e9rieur, sur la rue, avec ses \u00e9choppes, ses cin\u00e9mas, ses odeurs, ses loisirs, ses saisons, ont emmur\u00e9 la\u00a0cit\u00e9. Joumana flaire une catastrophe annonc\u00e9e au sein m\u00eame de l\u2019Ecole normale. Sans en faire un r\u00e9quisitoire qui n\u2019aurait servi au demeurant qu\u2019\u00e0 une vaine d\u00e9ploration d\u2019un pass\u00e9 r\u00e9volu, c\u2019est par l\u2019observation des changements qui s\u2019op\u00e8rent dans l\u2019attitude rel\u00e2ch\u00e9e des nouveaux enseignants, le d\u00e9part des professeurs qui ont fait nid et carri\u00e8re dans la cit\u00e9, les chamboulements inexpliqu\u00e9s introduits dans les programmes, l\u2019ennui ambiant dans les classes, que la narratrice voit s\u2019op\u00e9rer, graduellement, irr\u00e9m\u00e9diablement, la chute de cet univers de la p\u00e9dagogie, les langues, la musique, l\u2019ordre, la discipline, la rigueur dans les \u00e9tudes, la fiert\u00e9 de la conqu\u00eate des savoirs et des libert\u00e9s de pens\u00e9e tombent en d\u00e9su\u00e9tude et deviennent m\u00eame des attitudes dangereusement suspectes. Mais les filles ne baissent pas les bras. Elles savent que c\u2019est leur derni\u00e8re chance pour arracher le prix de leur libert\u00e9. Pour Jamama, l\u2019amour est venu compenser cette brume qui voile une ind\u00e9pendance fra\u00eechement acquise; un amour ardent, n\u00e9 sur une plage un soir de fugue de l\u2019\u00e9cole normale; cette idylle est pour elle un autre d\u00e9fi au nouvel ordre \u00e9tabli. Joumana refuse une demande en mariage hors des r\u00e8gles traditionnelles et d\u00e9cide d\u2019imposer la pr\u00e9sence de son jeune compagnon d\u2019abord \u00e0 ses camarades normaliennes puis \u00e0 sa famille. Belle sc\u00e8ne que celle o\u00f9, en route vers Alger, par train, elle fixe le regard de son p\u00e8re, un p\u00e8re qui lui aussi a des confidences \u00e0 faire : il lui avoue r\u00eaver d&rsquo;une autre vie que celle qu&rsquo;il subit avec son \u00e9pouse qui n&rsquo;aime pas.<br \/>\nJoumana a eu son baccalaur\u00e9at et s\u2019appr\u00eate \u00e0 franchir le portail de l\u2019Ecole normale sup\u00e9rieure de la capitale, loin de la ville du Rocher qui a berc\u00e9 son enfance.<br \/>\nPlus qu\u2019une simple autobiographie, ce roman se veut un regard moderne sur l\u2019\u00e9mergence d\u2019une \u00e9lite f\u00e9minine au lendemain de l\u2019ind\u00e9pendance de l&rsquo;Alg\u00e9rie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9e \u00e0 Constantine le 16 septembre 1948, Najia Abeer nous a quitt\u00e9s pr\u00e9matur\u00e9ment le 21 octobre 2005 \u00e0 Alger. 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