{"id":4619,"date":"2013-05-15T16:07:53","date_gmt":"2013-05-15T15:07:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=4619"},"modified":"2013-09-24T16:12:14","modified_gmt":"2013-09-24T15:12:14","slug":"amin-khan-avant-propos-le-poete-lavenir-et-la-mort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/amin-khan-avant-propos-le-poete-lavenir-et-la-mort\/","title":{"rendered":"Amin Khan AVANT-PROPOS LE PO\u00c8TE, L\u2019AVENIR ET LA MORT"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/amine-khan.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-4621\" alt=\"amine khan\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/amine-khan.jpg\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/amine-khan.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/amine-khan-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>Amin Khan<br \/>\n<\/b><strong>N\u00e9 en 1956 \u00e0 Alger, il est l\u2019auteur de plusieurs recueils de po\u00e8mes. Il figure dans de nombreuses anthologies, notamment dans celle que constitue Tahar Djaout en 1984, Les Mots migrateurs. Son dernier livre, Arabian blues (MLD, 2012) est pr\u00e9fac\u00e9 par Ren\u00e9 Depestre. Il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9 par le premier prix M\u00e9diterran\u00e9e de po\u00e9sie N\u00edkos-G\u00e1tsos ainsi que par le prix de po\u00e9sie Fran\u00e7ois-Copp\u00e9e de l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise.<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tahar Djaout, po\u00e8te assassin\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 39 ans, est une figure embl\u00e9matique du destin de l\u2019Alg\u00e9rie.<br \/>\nDjaout, un homme jeune, au regard de feu doux et \u00e0 la moustache fi\u00e8re. Un Alg\u00e9rien s\u2019exprimant en tamazight, en arabe et en fran\u00e7ais. Un homme f\u00e9ru de math\u00e9matiques, de sciences, d\u2019art et de litt\u00e9rature. Un amoureux des livres et de la vie. Un homme sensible, g\u00e9n\u00e9reux, courtois, modeste, discret, au courage de granit et \u00e0 la volont\u00e9 farouche. Un homme li\u00e9 \u00e0 son terroir, \u00e0 son pays et un homme gourmand du monde. Un r\u00eaveur de l\u2019avenir, et, \u00e9galement, du pass\u00e9 de son peuple.<br \/>\nTahar Djaout est le martyr d\u2019une cause \u00e0 la fois \u00e9vidente, \u00e9clatante, mais pourtant encore ind\u00e9finie \u00e0 l\u2019heure de sa mort. On pourrait imaginer aujourd\u2019hui, alors que vingt ans sont pass\u00e9s et que des rivi\u00e8res de sang fraternel ont ravin\u00e9 \u00e0 jamais la terre alg\u00e9rienne, que la cause est entendue. Ce n\u2019est pas le cas.<br \/>\nQuand on pense au martyre de Lorca, on pense \u00e0 la terrible guerre civile espagnole. Quand on pense \u00e0 celui de Djaout, il est impossible de penser aussi clairement. Y a-t-il eu une guerre civile en Alg\u00e9rie dans les ann\u00e9es 1990 ? Ou non ? Mais alors que s\u2019est-il pass\u00e9 dans ce pays durant la derni\u00e8re d\u00e9cennie du XXe si\u00e8cle ? Que s\u2019est-il pass\u00e9 dans l\u2019ordre du compr\u00e9hensible dans la brutale \u00e9clipse qui a soudain recouvert et \u00e9trangl\u00e9 ce pays de lumi\u00e8re min\u00e9rale ?<br \/>\nLe passage du temps ne peut, \u00e0 lui seul, am\u00e9liorer l\u2019acuit\u00e9 visuelle des gens, de ceux qui voudraient savoir, ni m\u00eame celle des savants et des historiens\u2026<br \/>\nIl y a bien des hypoth\u00e8ses plus ou moins solides, des explications plus ou moins convaincantes, des convictions plus ou moins sinc\u00e8res concernant la v\u00e9ritable nature de ces ann\u00e9es sinistres, mais \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 on se doit de dire que nous sommes aujourd\u2019hui, comme nous l\u2019\u00e9tions il y a vingt ans, dans la confusion\u2026<br \/>\nAu printemps 93, l\u2019Alg\u00e9rie semble se tenir, chancelante, au bord d\u2019un gouffre. Depuis plus d\u2019une d\u00e9cennie, elle semble avoir perdu le cap, navire ivre, aphasique, cahotant, \u00e0 la boussole trafiqu\u00e9e, o\u00f9 \u00e0 l\u2019heure du d\u00e9sastre pourtant, les mis\u00e9rables lampions d\u2019une f\u00eate macabre s\u2019allument sur le pont. La soci\u00e9t\u00e9, \u00e9tourdie d\u2019un m\u00e9chant coup du sort sur la nuque, bris\u00e9e dans son \u00e9lan, s\u2019enlise dans les premi\u00e8res marches d\u2019un mar\u00e9cage historique insoup\u00e7onn\u00e9. Le peuple, telle une chamelle aveugle, erre, blat\u00e8re tant qu\u2019il peut et se met \u00e0 divaguer. Les ma\u00eetres de l\u2019heure sont fig\u00e9s dans la lumi\u00e8re grise de la mauvaise conscience qui sourd encore, malgr\u00e9 tout, des fissures du d\u00e9cor national, les mains honteuses, tach\u00e9es du sang des jeunes \u00e9meutiers d\u2019octobre.<br \/>\nIls sont fig\u00e9s dans une posture qu\u2019ils ne saisissent pas bien eux-m\u00eames. Car en r\u00e9alit\u00e9, dans leurs murs et leur mutisme, ils s\u2019agitent \u00e0 trouver l\u2019oxyg\u00e8ne n\u00e9cessaire \u00e0 leur survie. Avec leur caf\u00e9 nocturne, ils testent des \u00e9chantillons de biscuits modernes pour la travers\u00e9e. Ils parlent des diff\u00e9rentes \u00e9ch\u00e9ances, des diff\u00e9rentes conceptions de l\u2019au-del\u00e0 du r\u00e9gime, ils examinent diff\u00e9rentes possibilit\u00e9s, diff\u00e9rentes fa\u00e7ons de tenir ce peuple, entre eux, bien s\u00fbr, mais aussi avec leurs partenaires et complices du moment.\u00a0Les ma\u00eetres de l\u2019heure savent que l\u2019heure tourne, que le mythe se d\u00e9lite tout \u00e0 coup devant les yeux incr\u00e9dules de la multitude des citoyens d\u00e9faits, de la masse des fid\u00e8les \u00e0 la recommandation de pr\u00e9f\u00e9rer l\u2019injustice au d\u00e9sordre, pressentant qu\u2019il y a pour notre destin pire que l\u2019injustice, et pire que le d\u00e9sordre, qu\u2019il y a quelque chose d\u2019encore plus terrible, quelque chose comme la collusion de tous les crimes, qu\u2019il y aura, \u00e0 la fois, le pire des chaos et la plus cruelle des confusions, qu\u2019il y aura la r\u00e9surgence du malheur dont on pensait \u00eatre sortis une courte g\u00e9n\u00e9ration plus t\u00f4t, \u00e0 peine\u2026 (&#8230;)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0<a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\" target=\"_blank\">Suite de l\u2019article dans la version papier<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\" target=\"_blank\">abonnez-vous \u00e0 L\u2019ivrEscQ<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Amin Khan N\u00e9 en 1956 \u00e0 Alger, il est l\u2019auteur de plusieurs recueils de po\u00e8mes. 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