{"id":4627,"date":"2013-05-15T16:18:49","date_gmt":"2013-05-15T15:18:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=4627"},"modified":"2013-09-24T16:23:12","modified_gmt":"2013-09-24T15:23:12","slug":"teric-boucebci-naufrage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/teric-boucebci-naufrage\/","title":{"rendered":"T\u00c9RIC BOUCEBCI NAUFRAGE"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/boucebci.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-4628\" alt=\"boucebci\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/boucebci.jpg\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/boucebci.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/boucebci-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><b>T\u00e9ric Boucebci<br \/>\n<\/b>M\u00e9decin de formation, po\u00e8te, il est n\u00e9 en 1967 \u00e0 Nice. Il est l\u2019auteur de Les Vents bleus (Enag, Alger, 2009) et Ayesha (Dalimen, Alger, 2009).\u00a0En 2003, il cr\u00e9e la revue de po\u00e9sie 12&#215;2, Po\u00e9sie contemporaine des deux rives.\u00a0Il est atuellement membre du conseil de r\u00e9daction de la revue Phoenix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tantonville1 est un peu comme un bateau \u00e9chou\u00e9. Tous les stigmates de son lustre pass\u00e9 sont l\u00e0. Un lieu connu, un nom, des histoires. Ferm\u00e9 le soir. Dommage.\u00a0La ville rena\u00eet. Bient\u00f4t, comme \u00e0 Cracovie, la Casbah sera reb\u00e2tie.\u00a0Elle tombe. S\u2019effondre. Mais depuis dix si\u00e8cles elle tient. Raz de mar\u00e9e, tremblements de terre, invasions.<br \/>\nEt Tantonville accueillera les voyageurs pour un th\u00e9, un caf\u00e9. Les musiciens sortis du TNA joueront \u00e0 minuit. Les \u00e9choppes de vendeurs de kawkaw2 devenus postes avanc\u00e9s des changeurs du square Bresson nourriront le public sorti aux heures tardives. Assis sur le front de mer. \u00c9changeant impressions sur le spectacle, berc\u00e9 par la douceur de la nuit d\u2019\u00e9t\u00e9. L\u2019hiver, les parapluies fleuriront. Un champ d\u2019ombrelles qui verra les passants insouciants, tremp\u00e9s, passer \u00e0 grandes enjamb\u00e9es. Effleurant du regard les conversations. Et parfois observer ce vaisseau. S\u2019interrogeant int\u00e9rieurement sur cette renaissance qui se fait attendre. Les pi\u00e8ces se succ\u00e8dent. Cervant\u00e8s, pensionnaire malgr\u00e9 lui des grottes et des ge\u00f4les d\u2019Alger, est l\u2019invit\u00e9 du matin. Lire Don Quichotte, face \u00e0 la baie. Incongru.<br \/>\nNous, Sancho passager, prendrions un th\u00e9 \u00e0 Tantonville. Seul ou accompagn\u00e9 des quelques spectateurs \u00e9gar\u00e9s, \u00e9pandus sur sa terrasse apr\u00e8s spectacle. Tout le monde est tellement press\u00e9 de rentrer que lire sur ce banc, comme un appel au lever, donne un sentiment \u00e9trange d\u2019intemporalit\u00e9. Ce bord de mer interminable est fascinant. Les amants croisent les regards sans se toucher. Les \u00e9toiles se retirent peu \u00e0 peu. Le ciel bleu-noir s\u2019\u00e9claire. Les moulins \u00e0 vent tournent. Les portes de la Casbah sont toujours ouvertes dor\u00e9navant. Les cinq. Comme pr\u00eates \u00e0 happer celles et ceux qui se hasarderaient \u00e0 ses entr\u00e9es. Et de terrasse en terrasse, laisser le regard descendre vers la mer. L\u00e0, juste en bas, quelqu\u2019un assis sur un banc.<br \/>\nUn livre dans une main, un th\u00e9 pos\u00e9 devant lui. Les premi\u00e8res lueurs se posent sur les patios. \u00c9veillent. Les portes s\u2019ouvrent. On sort, on descend. On monte. On discute. Sidi Abderrahmane1 re\u00e7oit ses premi\u00e8res visites. Rep\u00e8re au milieu du naufrage de l\u2019armada envoy\u00e9e par Charles Quint. L\u2019\u00eele aux mouettes devenue cit\u00e9 s\u2019anime avant le jour. Malgr\u00e9 lui, le vaisseau est mis \u00e0 flot. Les musiciens ont cess\u00e9 de jouer. On distingue au loin un d\u00e9sir sur le point de na\u00eetre. Sur le banc, Sancho sirote son th\u00e9 et sourit aux oiseaux qui coupent l\u2019horizon.\u00a0Dans le soleil naissant, des ombres paisibles s\u2019avancent, celles de nos coeurs ferm\u00e9s oubli\u00e9s par la brise de mai et la temp\u00eate de juin qui les a emmen\u00e9s. (&#8230;)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0<a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\" target=\"_blank\">Suite de l\u2019article dans la version papier<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\" target=\"_blank\">abonnez-vous \u00e0 L\u2019ivrEscQ<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>T\u00e9ric Boucebci M\u00e9decin de formation, po\u00e8te, il est n\u00e9 en 1967 \u00e0 Nice. 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