{"id":5203,"date":"2014-05-15T11:42:39","date_gmt":"2014-05-15T10:42:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=5203"},"modified":"2014-05-26T15:10:10","modified_gmt":"2014-05-26T14:10:10","slug":"tout-le-monde-veut-vivre-au-sommet-de-la-montagne-sans-soupconner-que-le-vrai-bonheur-est-dans-la-maniere-de-gravir-la-pente-gabriel-garcia-marquez","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/tout-le-monde-veut-vivre-au-sommet-de-la-montagne-sans-soupconner-que-le-vrai-bonheur-est-dans-la-maniere-de-gravir-la-pente-gabriel-garcia-marquez\/","title":{"rendered":"\u00abTout le monde veut vivre au sommet de la montagne, sans soup\u00e7onner que le vrai bonheur est dans la mani\u00e8re de gravir la pente\u00bb Gabriel Garcia Marquez"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00a0<\/strong><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/nad5a.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"nad5a\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/nad5a.jpg\" width=\"65\" height=\"82\" \/><\/a>Dans ce vaste monde de la litt\u00e9rature, l&rsquo;\u00e9cri\u00advain nous livre le meilleur comme le pire par le roman, l&rsquo;essai, la po\u00e9sie, les nouvelles&#8230; un univers parfois attirant, prenant, \u00abin\u00bb. Sans dogmatisme aucun, le pire est de voir les \u00e9crivains et les artistes trimer pour enfanter un int\u00e9rieur, et rien ne se passe pour eux : ni rencontres, ni d\u00e9bats, ni signa\u00adture de leurs ouvrages&#8230; Bref. Sans que ma critique ne soit lapidaire, simplificatrice ou encore hostile, il est urgent d&rsquo;imposer par tous les moyens un monde des \u00e9crivains qui bouge et invente une litt\u00e9rature alg\u00e9rienne contemporaine. Nous organisons le premier forum de <i>L&rsquo;ivrEscQ, <\/i>ce mois de mai, avec le lancement du Prix <i>L&rsquo;ivrEscQ <\/i>pour sa premi\u00e8re \u00e9dition, tout en esp\u00e9rant que l\u2019\u00e9laboration de ce rendez-vous donnera lieu \u00e0 des r\u00e9flexions et des discussions tr\u00e8s intenses.<\/p>\n<p>Quand on y songe, les principaux th\u00e8mes r\u00e9currents de la litt\u00e9rature sont la vie, l&rsquo;amour, la mort. Les person\u00adnages des \u0153uvres fictives rivalisent \u00e9l\u00e9gamment avec le d\u00e9roulement de la r\u00e9alit\u00e9. Ils appr\u00e9hendent probable\u00adment cette triade : qui sommes-nous r\u00e9ellement \u00e0 tra\u00advers cet \u00e9l\u00e9ment constant, ma\u00eetre supr\u00eame, le Temps? On parcourt des lignes, des chapitres, des livres et leurs suites pour une conception all\u00e9gorique d&rsquo;une vie conso\u00adlatrice. L&rsquo;\u00e9crivain, ce dieu des mots, fa\u00e7onneur d&rsquo;un ho\u00adrizon selon ses d\u00e9sirs et ses opinions, se torture \u00e0 com\u00adprendre un monde, le sien, kal\u00e9idoscope de sa propre r\u00e9alit\u00e9 et de sa fiction et invente un monde livresque. Il \u00e9crit, rature, revoit, triche, ment. <i>\u00abLes meilleurs men\u00adteurs sont ceux qui croient \u00e0 leurs propres mensonges\u00bb<\/i>, disait Ian McEwan, un \u00e9crivain britannique c\u00e9l\u00e8bre. Cependant, son \u00e9crit \u00e9claire, amuse, titille, subjugue ses lecteurs. On veut tout savoir de Dib, Mammeri, Feraoun, Djaout, Skif, Ouettar, Camus, Marquez, et toute la grande famille litt\u00e9raire universelle&#8230; Et m\u00eame si ce <i>\u00ab<\/i>Remonteur d&rsquo;Horloge<i>\u00bb <\/i>leur a \u00f4t\u00e9 ces pans de vie, eux, ont laiss\u00e9 savamment de leurs mains jamais fer\u00adm\u00e9es \u00e0 l&rsquo;art la meilleure empreinte des saisons pour une litt\u00e9rature toujours triomphante.<\/p>\n<p>En lisant le dernier ouvrage d&rsquo;Akli Tadjer <i>Les Thermes du Paradis<\/i>, je ressentais ce sentiment plaisant de le suivre par cet enclenchement au commencement d\u00e9j\u00e0 d&rsquo;une verve tanguant entre le s\u00e9rieux et l&rsquo;amusant. Le vivant et le macchab\u00e9e. Le noir et le blanc. Le fataliste et le jouisseur, voire l&rsquo;\u00e9picurien. Au-del\u00e0 du regard attendrissant de L\u00e9o, handicap\u00e9 et sa dulcin\u00e9e, renfer\u00adm\u00e9e dans un esseulement quasi bavard, il y a un temps d&rsquo;arr\u00eat sur les questions soci\u00e9tales de notre temps, pr\u00e9\u00adsentes comme une qu\u00eate d\u2019identit\u00e9. Le dilemme impos\u00e9 au personnage central du roman entre poss\u00e9der un amour garanti par la c\u00e9cit\u00e9 de son L\u00e9o ou traiter son handicap au prix d&rsquo;une seule valeur humaine, humaniste, aux accents d&rsquo;une passion amou\u00adreuse, demeure fortement install\u00e9. Comment d\u00e9partager ces deux aspects de la vie non manich\u00e9ens ? N\u00e9anmoins, un axe s&rsquo;inscrit-il plus fort que l&rsquo;autre. Entre la beaut\u00e9 int\u00e9rieure et la beaut\u00e9 des vamps, aujourd&rsquo;hui acquise en tant qu&rsquo;atout vital du f\u00e9minin, notre romancier nous emporte en offrant un tableau de la soci\u00e9t\u00e9 sur laquelle il jette un regard lucide, teint\u00e9, incontestablement, de ses exp\u00e9riences personnelles. Le choix de d\u00e9l\u00e9guer la parole aux situations permet \u00e0 l\u2019auteur de s\u2019effacer. Cette dis\u00adtance lui donne une libert\u00e9 de ton plus grande et l\u2019exclut des cibles vis\u00e9es. Est-ce un regard au service de l&rsquo;huma\u00adnisme qu&rsquo;Akli Tadjer nous brosse \u00e0 travers cette trame qui se lit d&rsquo;une seule traite ? Il y a mille r\u00e9ponses, et c&rsquo;est aux lecteurs de pointer le curseur \u00e0 leur convenance pour trancher entre la beaut\u00e9 consommable trop lift\u00e9e de nos jours et cet halo int\u00e9rieur qui miroite au tr\u00e9fonds de l&rsquo;\u00eatre, qui lui s&rsquo;indiff\u00e8re du bling-bling mais accorde le m\u00e9rite \u00e0 la grandeur&#8230; <i>Les Thermes du Paradis <\/i>est un roman \u00e0 la fois dense et a\u00e9r\u00e9, exub\u00e9rant et parfaitement ma\u00eetris\u00e9 \u00e0 lire en ce printemps 2014.<\/p>\n<p>La rubrique <i>Les arts de L&rsquo;ivrEscQ <\/i>est consacr\u00e9e \u00e0 Mustapha Nedjai. Il est \u00e9crivain, plasticien, po\u00e8te, un artiste au sens large du terme. Devant ses expositions nationales ou internationales, on reste \u00e9mu par un dis\u00adcours infini de l&rsquo;art qui vous parle, la po\u00e9sie vous parle, le possible et l&rsquo;inalt\u00e9rable vous causent. Dans le dossier qui lui a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9 dans <i>L&rsquo;ivrEscQ<\/i>, notre artiste est \u00e0 d\u00e9couvrir. Donnons la parole \u00e0 ce ma\u00eetre de la ma\u00eetrise artistique sans exc\u00e8s ni flagornerie.<\/p>\n<p>Bonne lecture !<\/p>\n<p>n.sebkhi@livrescq.com<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Dans ce vaste monde de la litt\u00e9rature, l&rsquo;\u00e9cri\u00advain nous livre le meilleur comme le pire par le roman, l&rsquo;essai, la po\u00e9sie, les nouvelles&#8230; un univers parfois attirant, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[115,167],"tags":[],"class_list":["post-5203","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-editoriaux","category-n33"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5203","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5203"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5203\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5304,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5203\/revisions\/5304"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5203"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5203"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5203"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}