{"id":5362,"date":"2014-07-13T00:25:45","date_gmt":"2014-07-12T23:25:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=5362"},"modified":"2014-07-13T14:07:38","modified_gmt":"2014-07-13T13:07:38","slug":"mohamed-magani-aborde-le-romantisme-du-xxie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/mohamed-magani-aborde-le-romantisme-du-xxie\/","title":{"rendered":"Mohamed Magani aborde le romantisme du XXIe"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/magani.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-5363\" alt=\"magani\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/magani.jpg\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/magani.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/magani-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/a><br \/>\n<strong>Romantisme du XXIe si\u00e8cle ?<\/strong><br \/>\n\u00abLe hasard est le plus grand des romanciers au monde\u00bb, disait Balzac. Dans mes derniers romans, les questions li\u00e9es \u00e0 l\u2019environnement et \u00e0 l\u2019\u00e9cologie sont soulev\u00e9es avec constance, pr\u00e9occupations dont je n\u2019irais pas jusqu\u2019\u00e0 dire que leur r\u00e9currence est une simple affaire de hasard. Chez l\u2019\u00e9crivain, les retours \u00e0 l\u2019enfance et \u00e0 l\u2019adolescence, domaines qu\u2019il creuse sans rel\u00e2che, sont l\u2019occasion de red\u00e9couvrir, voire de recr\u00e9er, les lieux et les endroits qu\u2019il transfigure en mythes, de Makondo chez Marquez \u00e0 l\u2019impronon\u00e7able toponyme chez Faulkner. Qu\u2019elles soient r\u00e9elles ou imagin\u00e9es, les histoires de l\u2019\u00e9crivain cr\u00e9ent des lieux. Ces lieux, en ce qui me concerne, sont d\u2019abord des sites naturels, ou \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019un environnement situ\u00e9s dans un temps v\u00e9g\u00e9tal, avant leur disparition du fait de l\u2019urbanisation fi\u00e9vreuse que conna\u00eet notre pays et de l\u2019\u00e9tendue des atteintes \u00e0 l\u2019environnement qui torturent les yeux.<br \/>\nCe qui rel\u00e8ve du hasard, ce sont les voyages dans les contr\u00e9es asiatiques o\u00f9 j\u2019ai pu me rendre compte combien la nature tient une place centrale dans la litt\u00e9rature, que j\u2019ai pu lire dans sa traduction en anglais essentiellement. La nature m\u00eame dans sa plus minime expression, comme une touffe d\u2019herbe, une fleur, un fruit ou un arbre, ou une souris. Ou dans ses autres manifestations comme la pluie, le vent, la for\u00eat. Si dans la litt\u00e9rature europ\u00e9enne et occidentale, la ville est le lieu par excellence de la narration, en Asie, ce r\u00f4le est tenu par la nature. Elle est pr\u00e9sente dans les contenus, elle l\u2019est \u00e9galement dans les formes. En particulier dans le recours sans retenue aux images et m\u00e9taphores puis\u00e9es des in\u00e9puisables filons naturels que sont les bois, les rivi\u00e8res, les fleurs et les arbres, les animaux et les \u00e9l\u00e9ments. En termes, si vous voulez, de m\u00e9taphoris\u00e9, ce que l\u2019Europe qualifie de gongorisme et pr\u00e9ciosit\u00e9, soit la profusion d\u2019images, les \u00e9crivains de l\u2019Asie s\u2019en donnent \u00e0 c\u0153ur joie.<br \/>\nUn dramaturge japonais a observ\u00e9 que tout roman \u00e0 succ\u00e8s qui a conquis l\u2019appr\u00e9ciation des lecteurs poss\u00e8de au moins un vers ou paragraphe qui s\u2019est profond\u00e9ment imprim\u00e9 dans l\u2019esprit du lecteur, et que ce vers phrase ou paragraphe m\u00e9morable a toujours un lien avec la nature.<br \/>\nJ\u2019aimerais prendre en exemple, de la litt\u00e9rature japonaise, le roman de Matsuura Hisaki Light on the river (Lumi\u00e8re sur la rivi\u00e8re), o\u00f9 le personnage principal est un animal. Le roman s\u2019ouvre sur une famille de souris qui vit sur la berge d\u2019un fleuve, mais doit d\u00e9m\u00e9nager car des humains ont entam\u00e9 des travaux sur la berge afin de canaliser le fleuve dans une trajectoire rectiligne.<br \/>\nAu fil des aventures de cette famille animali\u00e8re forc\u00e9e \u00e0 l\u2019exil, un chien appara\u00eet, puis un chat, puis une taupe et ainsi de suite. L\u2019auteur semble saisi d\u2019une v\u00e9ritable jubilation narrative. Son roman a eu un succ\u00e8s consid\u00e9rable, il a \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9 en feuilleton \u00e0 la t\u00e9l\u00e9. On ne peut pr\u00e9tendre que la litt\u00e9rature puisse \u00eatre un facteur de changement social, encore moins politique, tout au plus peut-elle participer \u00e0 l\u2019\u00e9veil de la conscience avec ses armes, les mots. Force est de constater, cependant, que le Japon s\u2019est bel et bien concr\u00e8tement engag\u00e9 ces derniers temps \u00e0 redonner aux fleuves du pays leurs courbure et sinuosit\u00e9 originelles, autrement dit \u00e0 d\u00e9-b\u00e9tonner les rives des fleuves et permettre ainsi une libre circulation des eaux naturelles. Incidemment, en 1962, le livre de Rachel Carson, Silent Spring (Printemps silencieux), alerta l\u2019opinion sur les effets nuisibles des pesticides sur la cha\u00eene alimentaire. Il d\u00e9clencha d\u2019intenses campagnes, d\u2019o\u00f9 \u00e9merg\u00e8rent les premiers partis verts.(&#8230;)<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\" target=\"_blank\">Suite de l\u2019article dans la version papier<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\" target=\"_blank\">abonnez-vous \u00e0 L\u2019ivrEscQ<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Romantisme du XXIe si\u00e8cle ? \u00abLe hasard est le plus grand des romanciers au monde\u00bb, disait Balzac. Dans mes derniers romans, les questions li\u00e9es \u00e0 l\u2019environnement et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[1,4,169],"tags":[],"class_list":["post-5362","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-une","category-dossier","category-n-34"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5362","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5362"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5362\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5485,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5362\/revisions\/5485"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5362"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5362"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5362"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}