{"id":5869,"date":"2016-01-15T21:35:56","date_gmt":"2016-01-15T20:35:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=5869"},"modified":"2016-04-07T19:36:20","modified_gmt":"2016-04-07T18:36:20","slug":"lhommage-a-rachid-boudjedra-par-aicha-bouabaci","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/lhommage-a-rachid-boudjedra-par-aicha-bouabaci\/","title":{"rendered":"L&rsquo;hommage \u00e0 Rachid Boudjedra  Par A\u00efcha Bouabaci"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/xsxs.jpg\" rel=\"attachment wp-att-5871\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-5871 alignright\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/xsxs-300x228.jpg\" alt=\"xsxs\" width=\"300\" height=\"228\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/xsxs-300x228.jpg 300w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/xsxs.jpg 660w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Je me r\u00e9jouis d\u2019avoir ainsi l\u2019opportunit\u00e9 de voir, \u00aben vrai\u00bb &#8211; selon l\u2019expression d\u2019une femme de l\u2019\u00cele de la R\u00e9union qui, connaissant A\u00efcha, la chanson de Khaled, voyait enfin, en moi, qui porte le m\u00eame pr\u00e9nom, \u00abA\u00efcha, en vrai\u00bb- de rencontrer donc, enfin, ce grand \u00e9crivain qui ne laisse personne indiff\u00e9rent et que j\u2019ai d\u00e9couvert, d\u00e8s la parution de son premier roman La r\u00e9pudiation. J\u2019ai \u00e9galement lu Topographie pour une agression caract\u00e9ris\u00e9e, L\u2019escargot ent\u00eat\u00e9 et d\u2019autres\u2026 J\u2019ai pu suivre, \u00e0 la faveur du second festival m\u00e9diterran\u00e9en, de la cr\u00e9ation f\u00e9minine Le journal d\u2019une femme insomniaque \u00e0 travers le jeu de Sonia, cette grande com\u00e9dienne, \u00e0 Thessalonique, en Gr\u00e8ce, en l\u2019an 2000\u2026 J\u2019ai toujours suivi la carri\u00e8re de romancier de Rachid Boudjedra par le biais des articles de presse, des revues sp\u00e9cialis\u00e9es, de la t\u00e9l\u00e9vision, jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui. Je connais son engagement pour la v\u00e9rit\u00e9, la v\u00e9rit\u00e9, mon constant tourment. C\u2019est seulement \u00e0 cause de son style sp\u00e9cifiquement difficile , que je ne l\u2019avais pas inscrit parmi les auteurs \u00e0 \u00e9tudier , \u00e0 mes \u00e9tudiants en langue fran\u00e7aise, dans les universit\u00e9s allemandes et les participants des cercles de lecture, que j\u2019avais cr\u00e9\u00e9s afin de faire conna\u00eetre la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne, mais j\u2019ai parl\u00e9, bien \u00e9videmment de lui, de beaucoup d\u2019autres ainsi que des auteurs qui \u00e9crivent en arabe.<br \/>\nJe tiens \u00e0 remercier Nadia Sebkhi qui m\u2019a invit\u00e9e \u00e0 participer \u00e0 ce forum et en particulier \u00e0 la 3\u00e8me session de ses travaux, consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019hommage \u00e0 Rachid Boudjedra.<br \/>\nJanvier 2016 \/ N\u00b0 44 31\u00a0Je dois ajouter que Rachid Boudjedra \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 connu en Allemagne gr\u00e2ce \u00e0 la traduction de ses romans publi\u00e9s par l\u2019\u00e9ditrice allemande, Donata Kinzelbach, ici pr\u00e9sente.<br \/>\nDestinataire du programme du FIRA, ce festival international du roman- Alg\u00e9rie, organis\u00e9 notamment par la revue L\u2019ivrescq, il y a quelques jours, alors que je me trouvais \u00e0 Sa\u00efda, ma ville natale qu\u2019on dit \u00ablointaine\u00bb, je me suis dit, \u00ab qu\u2019est-ce que je peux dire au sein de cette table ronde, \u00e0 propos de Rachid Boudjedra, alors que mes lectures sont tr\u00e8s anciennes ?\u00bb<br \/>\nAvant-hier, dans la biblioth\u00e8que de ma s\u0153ur, j\u2019ai trouv\u00e9, entre autres de ses livres Les 1001 ann\u00e9es de la Nostalgie : d\u00e9j\u00e0, Les 1001 ann\u00e9es m\u2019inspiraient, en relation avec le film Chroniques des ann\u00e9es de braise, de Lakhdar Hamina, dont Rachid Boudjedra avait d\u2019ailleurs sign\u00e9 le sc\u00e9nario, et la nostalgie, cette nostalgie qui me taraude aussi : nostalgie des lieux, des personnes, mais surtout, nostalgie d\u2019un certain ordre : celui de la parole donn\u00e9e, celui de la rigueur, celui de l\u2019authenticit\u00e9 ; un monde de souvenirs mais aussi de silences.<br \/>\nHier, j\u2019ai ouvert le livre et les premiers mots m\u2019ont saut\u00e9 aux yeux, \u00abS.N.P Mohamed \u00e9tait tellement m\u00e9fiant\u2026\u00bb, et j\u2019ai tout de suite pens\u00e9 \u00e0 mon fr\u00e8re de lait, un noir, qui s\u2019appelait, autrefois, S.N.P Mohamed, comme le h\u00e9ros du livre ; autrefois, parce que d\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, il a retrouv\u00e9 avec toute sa famille, son vrai nom, Belbachir Mohamed. Bien s\u00fbr, ayant fait, hier, un long voyage, quelque peu difficile, je n\u2019ai pu commencer une lecture s\u00e9rieuse du livre mais je l\u2019ai feuillet\u00e9 et j\u2019ai trouv\u00e9 des lieux \u00e0 la sonorit\u00e9 lointaine, exotique : \u00abManama, Macao, Port-Soudan\u2026 \u00bb,<br \/>\nl\u2019\u00e9vocation du grand penseur Ibn Khadoun et des faits qui n\u2019avaient rien \u00e0 voir avec ma lointaine enfance, que j\u2019ai largement \u00e9voqu\u00e9e dans une autobiographie datant de 1997, intitul\u00e9e Les secrets de la cigogne, encore in\u00e9dite parce que je trouve qu\u2019elle n\u2019a pas encore livr\u00e9 tous ses secrets\u2026 A chacun de mes s\u00e9jours \u00e0 Sa\u00efda, je trouve encore d\u2019autres paroles, d\u2019autres personnages, d\u2019autres lieux et d\u2019autres situations qui m\u2019ouvrent leurs portes\u2026<br \/>\nDans la 4\u00e8me de couverture de ce livre de Rachid Boudjedra, je lis \u00abQuelque part aux confins -remparts de l\u2019ordre ancestral\u2026\u00bb : J\u2019ai chant\u00e9 le d\u00e9sert, notre d\u00e9sert depuis Sa\u00efda qu\u2019on appelle La porte du Sud , chaque fois que je l\u2019ai pu jusqu\u2019\u00e0 mon recueil de po\u00e9sie \u00abQuand la lumi\u00e8re du d\u00e9sert \u00e9claire la parole du po\u00e8te\u00bb, o\u00f9 dialoguent des peintures d\u2019un ami allemand, amoureux du d\u00e9sert alg\u00e9rien, et mes mots sortis d\u2019un silence profond, accompagn\u00e9s de reproductions de tableaux, fortement \u00e9vocateurs d\u2019amis, de connaissances.<br \/>\nJe poursuis la lecture de cette 4\u00e8me de couverture : \u00abLa nature a enrou\u00e9 la raison collective. A force de calamit\u00e9s, on a brad\u00e9 le d\u00e9sespoir. Fatalisme d\u00e9sinvolte, pieuse invocation. Profane superstition\u2026\u00bb. Et je revois mon Alg\u00e9rie actuelle\u2026 Vision aggrav\u00e9e par la phrase suivante : \u00abOn subit la pernicieuse infiltration \u00e9trang\u00e8re, on laisse aller des sortil\u00e8ges, on d\u00e9tourne l\u2019\u00e2pret\u00e9 gr\u00e2ce au prodige du merveilleux, jusqu\u2019\u00e0 ne plus savoir, du r\u00e9el et du r\u00eave, d\u00e9m\u00ealer les \u00e9cheveaux\u2026 \u00bb. Notre r\u00e9el actuel, notre recherche \u00e2pre de la rectitude, notre combat avec une bipolarit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e\u2026 Mais \u00abLa conscience est l\u00e0, qui chuchote et qui reconfectionne\u2026\u00bb Un espoir fou !<br \/>\n\u00abLa m\u00e9moire feuillette\u2026\u00bb. Et tous les S.N.P de mon enfance d\u00e9filent\u2026 \u00catres sans nom patronymique. \u00catres n\u00e9s sans nom alors que la m\u00e8re et le p\u00e8re existent ; avec un vrai nom ! Falsification des colonisateurs\u2026 Cruaut\u00e9 et m\u00e9pris de ceux qui furent nos ma\u00eetres. S.N.P ! On disait en arabe : S\u00e8npi ; il y en avait des S\u00e8npi ! Mon fr\u00e8re de lait, Mohamed, habitait la m\u00eame maison que nous : des pi\u00e8ces bordant une grande cour o\u00f9 tr\u00f4nait la fontaine collective. Il est le fils de \u2018Ammi Abderrahmane que je n\u2019ai pas connu. Mort trop t\u00f4t ; le travail tr\u00e8s dur ; les privations sans doute. Il venait de la r\u00e9gion de Gourara. Mohamed est mon a\u00een\u00e9 ; en fait, nos m\u00e8res avaient allait\u00e9 l\u2019enfant de chacune et ma s\u0153ur de lait directe, d\u2019\u00e2ge \u00e9gal, donc, c\u2019est Yamina dite Nanna ; Yamina comme ma propre maman alors que sa maman \u00e0 elle s\u2019appelait A\u00efcha, comme moi ; cela n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 fait expr\u00e8s mais cela nous plaisait !<br \/>\n\u00abLa m\u00e9moire feuillette\u2026 \u00bb ; ce \u00e0 quoi s\u2019ajoute, sur cette m\u00eame page \u00abet lapide ses tra\u00eetres, exhume ses h\u00e9ros, corrige ses mythes\u2026\u00bb. Que Dieu, \u00e0 partir de votre \u0153uvre, vous entende, Rachid Boudjedra ! Et je rel\u00e8ve la suite, dans cette m\u00eame communion in\u00e9dite, cet \u00e9lan supr\u00eame : \u00ab la m\u00e9taphore se d\u00e9membre finalement dans le sigle de celui qui, pour diluer la nostalgie, revendique son identit\u00e9\u00bb. Merci, Rachid Boudjedra, pour cette \u0153uvre, pour toutes vos \u0153uvres qui totalisent un demi-si\u00e8cle de cr\u00e9ativit\u00e9 intense.<br \/>\nJe suis heureuse de pouvoir contribuer, aujourd\u2019hui, \u00e0 cet hommage collectif. L\u2019histoire et la litt\u00e9rature universelle retiendront certainement votre nom.<br \/>\n<strong>A\u00efcha Bouabaci <\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je me r\u00e9jouis d\u2019avoir ainsi l\u2019opportunit\u00e9 de voir, \u00aben vrai\u00bb &#8211; selon l\u2019expression d\u2019une femme de l\u2019\u00cele de la R\u00e9union qui, connaissant A\u00efcha, la chanson de Khaled, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[1,174,6,173],"tags":[],"class_list":["post-5869","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-une","category-fira-colloques","category-litterature-hors-frontieres","category-n-44"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5869","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5869"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5869\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5873,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5869\/revisions\/5873"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5869"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5869"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5869"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}