{"id":6101,"date":"2015-07-15T11:20:32","date_gmt":"2015-07-15T10:20:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=6101"},"modified":"2016-04-14T11:35:56","modified_gmt":"2016-04-14T10:35:56","slug":"mourad-brahimi-face-a-la-reception-critique-de-son-livre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/mourad-brahimi-face-a-la-reception-critique-de-son-livre\/","title":{"rendered":"Mourad Brahimi: face \u00e0 la r\u00e9ception-critique de son livre"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-6103\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/ffffffffffffffffff-226x300.jpg\" alt=\"ffffffffffffffffff\" width=\"226\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/ffffffffffffffffff-226x300.jpg 226w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/ffffffffffffffffff-768x1019.jpg 768w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/ffffffffffffffffff-772x1024.jpg 772w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/ffffffffffffffffff.jpg 1308w\" sizes=\"auto, (max-width: 226px) 100vw, 226px\" \/>On aborde souvent la mani\u00e8re dont la critique accueille un livre, rarement comment un auteur re\u00e7oit la critique de son \u0153uvre. Lorsqu\u2019il eut \u00e0 se prononcer sur la question, le prix Nobel 2014 de la litt\u00e9rature, Patrick Modiano, d\u00e9clara n\u2019avoir jamais ressenti de mani\u00e8re aussi forte combien un romancier est aveugle vis-\u00e0-vis de ses propres livres. C\u2019est de ce sujet, \u00abUn \u00e9crivain face \u00e0 la r\u00e9ception-critique de son livre\u00bb, que je me propose de vous parler et de montrer, \u00e0 partir de la publication de Rien qu\u2019une empreinte digitale \u00e0 quel point ce sentiment est conforme \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Pendant le processus d\u2019\u00e9criture, l\u2019auteur est absorb\u00e9 par les d\u00e9tails, la recherche du mot juste, la suppression d\u2019un paragraphe, le meilleure moyen de transmettre une id\u00e9e, de partager un sentiment\u2026 Et cependant, il n\u2019est jamais s\u00fbr du r\u00e9sultat. Ce sont les critiques qui le lui r\u00e9v\u00e8lent, et souvent de la mani\u00e8re la plus inattendue. J\u2019\u00e9voquais un jour \u00e0 une journaliste du Soir d\u2019Alg\u00e9rie les difficult\u00e9s que j\u2019avais \u00e9prouv\u00e9 \u00e0 d\u00e9crire certaines sc\u00e8nes et lui confiais que j\u2019avais eu beau \u00e9crire et r\u00e9\u00e9crire le passage o\u00f9 j\u2019essaie de raconter ces moments de lutte contre la folie, je restais convaincu de l\u2019avoir rat\u00e9, que j\u2019aurai aim\u00e9 faire sentir au lecteur la douleur de ne pas comprendre, et puis, surtout, cette sensation plus effrayante que la mort : la certitude d\u2019avoir perdu\u00a0la raison. \u00abC&rsquo;est justement ce passage qui m\u2019a fait pleurer\u00bb, me dit-elle. Cette douleur que je me suis senti impuissant \u00e0 d\u00e9crire sera ce que les journalistes auront retenu en premier. Ainsi, dans son compte rendu de lecture de Rien qu\u2019une empreinte digitale, Bouziane Benachour dans El Watan du 16 novembre 2009 choisira comme titre : Retour sur une douleur ind\u00e9l\u00e9bile. Le Midi Libre du 26 novembre 2009 lui emboitera le pas avec comme titre : La douleur jusqu\u2019aux bouts des doigts. Yahia Belaskri, \u00e9crivain et journaliste \u00e0 RFI \u00e9crira pour ce qui devait \u00eatre la quatri\u00e8me de couverture de Rien qu\u2019une empreinte digitale : \u00abCet ouvrage est aussi un hymne aux larmes\u2026 Larmes d&rsquo;impuissance devant une machine implacable, larmes aussi du sensible, du non renoncement, de l&rsquo;espoir possible donc.\u00bbL&rsquo;infime d\u00e9tail Pendant que j\u2019\u00e9crivais, pour rester dans ce qu\u2019un auteur consid\u00e8re comme le travail de l\u2019infime d\u00e9tail, j\u2019\u00e9tais persuad\u00e9 que certaines id\u00e9es forces, que j\u2019exprimais en peu de mots, ne pouvaient que rester dans l\u2019inconscient du lecteur, noy\u00e9es qu\u2019elles \u00e9taient dans la multitude d\u2019histoires de d\u00e9tenus que je racontais sous forme de courtes nouvelles d\u2019un ou deux paragraphes qui pars\u00e8ment le livre. Aussi \u00e9tais-je \u00e9tonn\u00e9 d\u2019entendre, lors d\u2019une rencontre litt\u00e9raire, un jeune universitaire dire que mon r\u00e9cit \u00e9tait un hommage rendu \u00e0 la femme. Cette phrase, je l\u2019avais d\u00e9j\u00e0 entendue de la bouche du professeur Abdelkader Djeghloul quand il avait lu le manuscrit, et j\u2019avais pens\u00e9 que seul un lecteur professionnel de la trempe de l\u2019\u00e9minent professeur \u00e9tait capable de d\u00e9celer un tel hommage \u00e0 travers les quelques mots que ma pudeur avait laiss\u00e9 s\u2019\u00e9chapper. Ce que j\u2019avais \u00e0 peine murmur\u00e9 et qui ne repr\u00e9sentait, au moment o\u00f9 j\u2019\u00e9crivais, qu\u2019un \u00e9l\u00e9ment, un d\u00e9tail\u00a0dans la fresque, je le retrouvais d\u00e9voil\u00e9 avec autant de pudeur sous la plume de Kadour M\u2019hamsadji dans une chronique litt\u00e9raire \u00e0 laquelle il avait choisi pour titre Les mains ont la m\u00e9moire courte : \u00abJe pense que beaucoup comme moi auront not\u00e9 agr\u00e9ablement, tout au long du r\u00e9cit, la grande et pudique tendresse de l\u2019auteur pour son \u00e9pouse&#8230;\u00bb Un auteur ne peut avoir qu\u2019une repr\u00e9sentation partielle de son livre. Patrick Modiano le compare l\u2019\u00e9crivain \u00e0 un peintre occup\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser une fresque au plafond et qui, allong\u00e9 sur un \u00e9chafaudage, travaille dans les d\u00e9tails, de trop pr\u00e8s, sans vision d\u2019ensemble. Il est en effet ais\u00e9 de discuter d\u2019un d\u00e9tail car le d\u00e9tail peut \u00eatre cern\u00e9 : le choix d\u2019un mot, le sens d\u2019une phrase, sa construction, sa place dans un paragraphe, son rythme et jusqu\u2019\u00e0 sa musique, ses couleurs\u2026 Mais demander \u00e0 un auteur ce que son \u0153uvre repr\u00e9sente, ce qu\u2019il veut dire \u00e0 travers son livre ou lui poser cette question fatidique : Parlez-nous de votre livre ! Et le voil\u00e0 perdu parce qu\u2019incapable de r\u00e9duire son \u0153uvre \u00e0 quelques mots. C\u2019\u00e9tait lors de mon premier salon du livre qu\u2019une journaliste de radio m\u2019avait tendu son micro attendant que je lui parle de mon livre. Ce fut la page blanche.<br \/>\nDiff\u00e9rentes repr\u00e9sentations pour un m\u00eame livre R\u00e9sumer au mieux, ranger dans une cat\u00e9gorie, classer dans un genre, cela rel\u00e8ve du r\u00f4le de la critique. Denise Brahimi se posait la question de savoir \u00abS\u2019il fallait ranger ce texte dans une cat\u00e9gorie, la meilleure seraitelle \u00ab\u00a0R\u00e9cit autobiographique\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0T\u00e9moignage\u00a0\u00bb ou quoi d&rsquo;autre encore?\u00bb D\u2019abord un roman sur l\u2019absurde, titre El Watan des Arts et des Lettres dans son \u00e9dition du 8 janvier 2011. Un \u00abR\u00e9cit \u00e9mouvant sur l\u2019absurde\u00bb dira Y. Belaskri. Dans l\u2019analyse discursive qu\u2019il\u00a0pr\u00e9sentait devant des professeurs de l\u2019universit\u00e9 d\u2019Oran au Centre d\u2019Etudes Maghr\u00e9bines, Abdelatif Benamar classe Rien qu\u2019une empreinte digitale dans \u00abL\u2019\u00e9criture d\u2019\u00e9vasion\u00bb. L\u2019ivrEscQ pr\u00e9sente ce livre dans la cat\u00e9gorie Roman alg\u00e9rien alors que l\u2019auteur de la critique, Mme Amhis El Djoher, donne comme titre \u00e0 son article : \u00abUn t\u00e9moignage bouleversant\u00bb et avertit, d\u00e8s la premi\u00e8re ligne de sa chronique : \u00abLe lecteur de Rien qu\u2019une empreinte digitale ne sort pas indemne d\u2019un tel t\u00e9moignage.\u00bb \u00abPlus qu\u2019un t\u00e9moignage, \u00e9crit Le Midi Libre, c\u2019est une r\u00e9volte !\u00bb. Le professeur Bendjelid Faouzia dans une conf\u00e9rence devant les chercheurs du CRASC parle d\u2019une \u0153uvre de fiction. Elle conclue son analyse par ces mots : \u00abRien qu\u2019une empreinte digitale est un roman tr\u00e8s dur. Il faut souligner que cette fiction rappelle bien celle de Kafka, Le Proc\u00e8s. (Ce texte est publi\u00e9 dans les Cahiers du CRASC Le Roman alg\u00e9rien contemporain en d\u00e9bat \u00bb). Omar Zaoui, professeur de philosophie et directeur du Centre de Recherche et d\u2019Information Documentaire en Sciences Sociales et Humaines, deux ann\u00e9es apr\u00e8s avoir organis\u00e9 une rencontre litt\u00e9raire autour de Rien qu\u2019une empreinte digitale et Je br\u00fblerai la mer de Youcef Merahi, \u00e0 laquelle avait pris part des professeurs, chercheurs, \u00e9tudiants, hommes de lettres, \u00e9lus, magistrats, ancien ministre, retrait\u00e9s, jeunes dipl\u00f4m\u00e9s au ch\u00f4mage\u2026 s\u2019\u00e9tonnait: \u00abL\u2019histoire que vous racontez dans votre livre est vraie ? C\u2019est incroyable !\u00bb Il m\u2019arrive \u00e0 moi aussi de penser, apr\u00e8s avoir relu le texte : \u00abC\u2019est impossible. Les choses n\u2019ont pas pu se d\u00e9rouler ainsi. Cette histoire ne peut pas avoir exist\u00e9. Nulle part au monde elle ne peut se passer !\u00bb Et il me faut revoir les preuves \u00e9crites, revivre les sc\u00e8nes les plus atroces pour me convaincre qu\u2019h\u00e9las, c\u2019est bien\u00a0ainsi que tout s\u2019est d\u00e9roul\u00e9. Certains trouvent que Rien qu\u2019une empreinte digitale est un livre subversif. Quelqu\u2019un de tr\u00e8s proche de Casbah \u00e9ditions m\u2019avait dit un jour : \u00abJe suis convaincu qu\u2019ils n\u2019ont pas lu ton livre. Autrement, ils ne l\u2019auraient jamais \u00e9dit\u00e9.\u00bb J\u2019avais demand\u00e9 \u00e0 Mouloud Achour pourquoi Casbah Editions l\u2019avait accept\u00e9 alors que contrairement \u00e0 la plus part des autres livres, le mien n\u2019\u00e9tait pas \u00abSubventionn\u00e9\u00bb par le Minist\u00e8re de la Culture ? \u00abCasbah Editions a aussi ses coups de c\u0153ur\u00bb, m\u2019avait-il r\u00e9pondu. \u00c0 Tlemcen, un lecteur trouvait incroyable, non l\u2019histoire, mais le fait qu\u2019elle soit publi\u00e9e en Alg\u00e9rie et pr\u00e9sent\u00e9e dans des universit\u00e9s, des centres de recherches, des maisons de la culture\u2026 des institutions de l\u2019Etat! \u00abCe que tu as fait est un vrai tour de force. C\u2019est exactement ce qu\u2019on appelle chez nous :\u00abVendre le singe\u00a0et se rire de celui qui l\u2019a achet\u00e9 !\u00bbLa censure comme acte de la critique J\u2019\u00e9tais sur la tribune \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Monseigneur Tessier \u00e0 Ghazaouet, et je r\u00e9pondais aux questions de la salle quand quelqu\u2019un me glissa \u00e0 l\u2019oreille \u00abFais attention, y\u2019a des flics dans la salle\u00bb. Je fus encore plus \u00e9tonn\u00e9 quand je vis l\u2019organisateur de la rencontre se lever et d\u00e9clarer : \u00abIl est dans son pays et a le droit de critiquer. Lui au moins le fait en Alg\u00e9rie. On ne peut qu\u2019en \u00eatre fier !\u00bb Livre subversif ? Peut-\u00eatre bien que c\u2019est ce qu\u2019a pu penser la direction de Canal Alg\u00e9rie en interdisant, pour des raisons obscures, l\u2019\u00e9mission litt\u00e9raire \u00abExpression Livre\u00bb. Le pr\u00e9sentateur de l\u2019\u00e9mission, Youcef Sayeh, avait trouv\u00e9 en Rien qu\u2019une empreinte digitale \u00abUn livre d&rsquo;amour et de tendresse.\u00a0Une infinie tendresse\u00bb.Censure ? Peur de d\u00e9plaire ? Les responsables de la t\u00e9l\u00e9vision alg\u00e9rienne avaient r\u00e9agit exactement comme les directeurs de la presse publique des ann\u00e9es 90, des amis pourtant, qui avaient refus\u00e9 de publier une lettre ouverte adress\u00e9e au Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique l\u2019informant qu\u2019un cadre de l\u2019Etat \u00e9tait en gr\u00e8ve de la faim, dans une prison des Hauts plateaux, pour revendiquer le plus \u00e9l\u00e9mentaire des droits humains : conna\u00eetre le motif de son inculpation. \u00abIl ne demande ni cl\u00e9mence ni faveur, seulement les raisons de son emprisonnement.\u00bb \u00e9tait-il \u00e9crit. Ce fut le journal Le Soir d\u2019Alg\u00e9rie qui eut le courage de publier la lettre adress\u00e9e au Pr\u00e9sident Boudiaf sous le titre Le cri d\u2019une femme. Livre d\u2019amour ? Une fiction ? Roman sur l\u2019absurde ? Litt\u00e9rature d\u2019\u00e9vasion ? R\u00e9cit autobiographique ? T\u00e9moignage ? R\u00e9cit de la douleur et des larmes ? Un hymne \u00e0 l\u2019amiti\u00e9, \u00e0 la\u00a0solidarit\u00e9, \u00e0 la r\u00e9sistance ?&#8230; O\u00f9 et comment le classer ? C\u2019est sous le titre de : \u00abSimplement pas comme les autres\u00bb que dans son \u00e9dition du 20 janvier 2010, Le Soir d\u2019Alg\u00e9rie pr\u00e9sente Rien qu\u2019une empreinte digitale. Je pense qu\u2019effectivement, Rien qu\u2019une empreinte digitale est \u00e0 l\u2019image de son auteur : Simplement pas comme les autres. Il faut bien le reconna\u00eetre, un livre ressemble \u00e0 son auteur. Il est des moments o\u00f9 l\u2019\u00e9crivain est convaincu d\u2019\u00eatre le plus beau, le plus intelligent, le meilleur d\u2019entre tous. D\u2019autres fois il se voit dans un miroir, se trouve affreux et se demande comment n\u2019a-t-il pas honte de se pr\u00e9senter devant les gens avec une t\u00eate aussi laide, aussi lamentable ! C\u2019est pour cette raison sans doute qu\u2019avant de sortir, avant de publier son manuscrit, l\u2019auteur demande \u00e0 ses amis, les plus proches d\u2019abord, puis \u00e0 des femmes et des hommes de m\u00e9tier, des amateurs des belles lettres, comment ils le trouvent, s\u2019il\u00a0est beau, s\u2019il est bien fait, int\u00e9ressant, s\u2019il est fr\u00e9quentable\u2026 Ce fut d\u2019abord mon ami, Abdelkrim Djilali, journaliste et directeur d\u2019Alg\u00e9rie Actualit\u00e9 qui le premier apporta des corrections jusqu\u2019au jour o\u00f9 il m\u2019avoua : \u00ab\u00c7a y\u2019est, je n\u2019ai plus rien \u00e0 t\u2019apprendre.\u00bb Le professeur Guy Dugas corrigea les deux ou trois premi\u00e8res pages avant de \u00absaluer la r\u00e9ussite d&rsquo;un nouvel auteur\u00bb. Mohamed Kali dont j\u2019avais appris, \u00e0 travers ses \u00e9crits, sa grande sensibilit\u00e9 au probl\u00e8me de l\u2019enfermement, y apporta quelques corrections et m\u2019avoua que lui et son fils lyc\u00e9en avaient pass\u00e9 le week-end \u00e0 s\u2019arracher le manuscrit des mains.\u00a0Denise Brahimi avait \u00e9t\u00e9 la derni\u00e8re \u00e0 lire le manuscrit. Elle en fut constern\u00e9e : \u00abC&rsquo;est \u00e9videmment tr\u00e8s impressionnant, on sort de cette lecture rempli(e) de consternation et d&rsquo;effroi-d&rsquo;admiration aussi pour la perfection de votre \u00e9criture.\u00bbPeut-\u00eatre qu\u2019on se veut indulgent pour une premi\u00e8re \u0153uvre, ou alors qu\u2019on pense comme Patrick Poivre d\u2019Arvor le dit lui-m\u00eame : \u00abLa place pour parler des livres est tr\u00e8s r\u00e9duite, tellement r\u00e9duite, qu\u2019il serait dommage d\u2019utiliser cette place pour en dire du mal.\u00bb Les plus grands encouragements n\u2019y peuvent rien. T\u00eatu, le doute persiste jusqu\u2019\u00e0 remettre en cause l\u2019utilit\u00e9 m\u00eame de l\u2019acte d\u2019\u00e9crire, de se faire publier. Il est toujours un moment o\u00f9 on se dit : \u00c7a ne sert \u00e0 rien !De l&rsquo;utilit\u00e9 de l&rsquo;acte d&rsquo;\u00e9crire.C\u2019est toujours apr\u00e8s ces moments d\u2019abattement que vous parviennent des t\u00e9moignages plus forts, plus puissants que le doute et le d\u00e9faitisme et qui vous font penser que si ce livre a \u00e9t\u00e9 utile, ne serait-ce qu\u2019\u00e0 une seule personne, vous avez eu raison de l\u2019\u00e9crire. C\u2019est le sentiment que j\u2019ai \u00e9prouv\u00e9 en entendant cette phrase d\u2019Irane Belkhedim, journaliste au Soir d\u2019Alg\u00e9rie : \u00abToute la douleur que raconte ce livre, paradoxalement, a \u00e9t\u00e9 pour moi une lueur d\u2019espoir, une force et un courage\u00bb.<br \/>\nOu, plus fort encore, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019une nation, les propos du doyen des \u00e9crivains alg\u00e9riens, Kadour M\u2019hamsadji : \u00abC\u2019est un plaidoyer pour une justice, celle de la sauvegarde de l\u2019Alg\u00e9rie.\u00bb \u00abUn plaidoyer pour la sauvegarde de l&rsquo;Alg\u00e9rie\u00bb, c\u2019est ce qu\u2019a d\u00fb penser l\u2019auteur dramaturge, journaliste et patriote Sid Ahmed Sahla, pendant les grandes \u00e9meutes qui ont secou\u00e9 l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 la veille de ce qu\u2019il convient d\u2019appeler \u00ables r\u00e9volutions arabes\u00bb.<br \/>\n\u00c0 des \u00e9trangers qui lui demandaient de leur expliquer ce qui se passait dans notre pays il eut pour r\u00e9ponse : \u00abSi vous voulez comprendre ce qui se passe en Alg\u00e9rie, lisez Rien qu\u2019une empreinte digitale.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On aborde souvent la mani\u00e8re dont la critique accueille un livre, rarement comment un auteur re\u00e7oit la critique de son \u0153uvre. Lorsqu\u2019il eut \u00e0 se prononcer sur [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[174,178,162],"tags":[],"class_list":["post-6101","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fira-colloques","category-n40","category-on-en-parle-encore"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6101","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6101"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6101\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6106,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6101\/revisions\/6106"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6101"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6101"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6101"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}