{"id":6287,"date":"2015-04-15T15:45:06","date_gmt":"2015-04-15T14:45:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=6287"},"modified":"2016-06-05T13:09:18","modified_gmt":"2016-06-05T12:09:18","slug":"de-la-critique-litteraire-journalistique-a-la-critique-universitaire-colloque-international-de-livrescq","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/de-la-critique-litteraire-journalistique-a-la-critique-universitaire-colloque-international-de-livrescq\/","title":{"rendered":"Afifa Bererhi: De la critique litt\u00e9raire journalistique \u00e0 la critique universitaire Colloque international de L&rsquo;ivrEscQ."},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-6289\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/qqqq-300x164.jpg\" alt=\"qqqq\" width=\"300\" height=\"164\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/qqqq-300x164.jpg 300w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/qqqq-768x420.jpg 768w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/qqqq-1024x559.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>Pour traiter du th\u00e8me qui nous est propos\u00e9 : \u00abDe la critique journalistique \u00e0 la critique universitaire\u00bb, je retiendrais qu\u2019il s\u2019agit en un mot de la question de la r\u00e9ception d\u2019une \u0153uvre litt\u00e9raire li\u00e9e aux postures et moyens de lecture. Tout d\u2019abord un mot sur la formulation de l\u2019intitul\u00e9 du sujet en d\u00e9bat. En le lisant, implicitement se dit une gradation entre l\u2019une et l\u2019autre critique due \u00e0 leur diff\u00e9rence de statut. Critique journalistique et critique se distinguent d\u2019abord par leurs vis\u00e9es premi\u00e8res, celle d\u2019apporter une information accompagn\u00e9e d\u2019un jugement pour l\u2019une et pour l\u2019autre de construire un savoir \u00e0 l\u2019aide de m\u00e9thodes relatives \u00e0 des th\u00e9ories en renouvellement et des concepts existants ou de pleine naissance en rapport essentiellement avec les sciences sociales et humaines toutes disciplines confondues. Elles se distinguent aussi par leurs supports que sont les m\u00e9dias en g\u00e9n\u00e9ral y compris les revues sp\u00e9cialis\u00e9es d\u2019une part et d\u2019autre part les essais et travaux de recherche universitaires ; enfin \u2013 et sans citer tous les param\u00e8tres de diff\u00e9renciation \u2013 les deux critiques se distinguent du fait de la qualit\u00e9 de leurs lecteurs, grand public ou chercheurs sp\u00e9cialis\u00e9s et th\u00e9oriciens. Il y a donc bien une d\u00e9marcation au plan de la qualification entre critique journalistique et critique universitaire.Une histoire de la critique litt\u00e9raire telle que \u00e9tablie par Roger Fayolle par exemple et depuis lors, tout ceux qui s\u2019y int\u00e9ressent, montre qu\u2019\u00e0 sa naissance, la critique est d\u2019abord d\u2019essence journalistique, c\u2019est l\u00e0 un fait notoire du XIX\u00b0 S o\u00f9 beaucoup d\u2019\u00e9crivains et de po\u00e8tes \u00e9taient aussi reconnus critiques de leurs contemporains : Balzac, Proust, Baudelaire et j\u2019en passe. Progressivement une mutation se produit \u00e0 mesure que les disciplines scientifiques gagnaient en sp\u00e9cificit\u00e9, c\u2019est alors qu\u2019on parla de critique universitaire, devenue v\u00e9ritablement un genre sous le libell\u00e9 de \u00abth\u00e9orie de la litt\u00e9rature.\u00bb Pour autant, les deux types de critiques ne sauraient \u00eatre totalement\u00a0distendus. Dans beaucoup de cas, si ce n\u2019est toujours, elles se font \u00e9cho parce que l\u2019une et l\u2019autre rel\u00e8vent du ph\u00e9nom\u00e8ne de communication. Elles se font \u00e9cho au moins parce que l\u2019une et l\u2019autre ne peuvent faire abstraction du contenu th\u00e9matique, du contexte d\u2019\u00e9criture, (rapport \u00e0 l\u2019histoire et \u00e0 la contemporan\u00e9it\u00e9) du contexte de r\u00e9ception, du positionnement de l\u2019\u00e9crivain et de celui du lecteur, ce que Robert Escarpit appelle \u00ab l\u2019horizon d\u2019attente \u00bb. Qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019une ou l\u2019autre critique, il est difficile de se contenir dans le d\u00e9bat litt\u00e9raire, observer la seule litt\u00e9rarit\u00e9 d\u2019un texte, sans glisser peu ou prou dans le d\u00e9bat d\u2019id\u00e9e si ce n\u2019est le d\u00e9bat id\u00e9ologique. A titre d\u2019exemple r\u00e9cent, l\u2019ouvrage de Hend Sadi intitul\u00e9 La colline embl\u00e9matique o\u00f9 l\u2019argumentation anim\u00e9e de l\u2019intention \u00e0 faire pr\u00e9valoir de l\u2019auteur, repose pr\u00e9cis\u00e9ment et presque exclusivement sur la production\u00a0journalistique des ann\u00e9es 50. Mais aussi, nul n\u2019ignore que la popularit\u00e9 imm\u00e9diate d\u2019un \u00e9crivain, qu\u2019elle soit positive ou n\u00e9gative est chronologiquement le fait en premier lieu de la critique journalistique qui n\u2019est pas sans orienter le lecteur sur ses choix et peut-\u00eatre m\u00eame dans une certaine mesure influencer sur les nominations aux Prix litt\u00e9raires, nous avons l\u2019exemple \u00e9difiant du cas tout frais de Kamel Daoud gratifi\u00e9, \u00e0 juste titre de mon point de vue, de nombreux articles \u00e9logieux d\u00e8s la publication de son roman Meursault contre- enqu\u00eate, malgr\u00e9 quelques controverses v\u00e9ritablement marginales, en r\u00e9cidive selon le m\u00eame tempo. Et lorsque la critique universitaire s\u2019exprime, certes ses r\u00e9f\u00e9rences sont fondamentalement d\u2019ordre th\u00e9orique mais ne sont pas exclusives. Les articles journalistes, les interviews, sont aussi convoqu\u00e9s comme moyens \u00e9tayant une d\u00e9monstration, apportant une justification le cas \u00e9ch\u00e9ant. On pourrait m\u00eame dire, du fait de la multiplicit\u00e9 des sites informatiques que la critique journalistique connait un essor consid\u00e9rable et que par ce moyen de communication la critique universitaire destin\u00e9e prioritairement \u00e0 des initi\u00e9s se d\u00e9mocratise sensiblement. Les organisateurs du pr\u00e9sent colloque nous ont invit\u00e9s \u00e0 parler du sujet en question \u00e0 partir aussi de notre propre exp\u00e9rience. C\u2019est le cas de notre ouvrage collectif Quand les Alg\u00e9riens lisent Camus publi\u00e9 il n\u2019y a pas tout \u00e0 fait un an. La particularit\u00e9 de ce livre est d\u2019\u00eatre une recension aussi compl\u00e8te que possible, sans pr\u00e9tendre \u00e0 l\u2019exhaustivit\u00e9 du reste impossible me semble-til, des articles journalistiques et travaux effectu\u00e9s sur Camus, l\u2019homme et l\u2019\u00e9crivain, et aussi les \u00e9crits de\u00a0quelques personnalit\u00e9s de profession lib\u00e9rale et autres. C\u2019est donc un ouvrage qui dans sa pr\u00e9sentation mat\u00e9rielle s\u00e9pare les articles journalistiques des \u00e9tudes universitaires mais qui montre au-del\u00e0 de la diff\u00e9rence de nature des \u00e9crits, le recoupement des points de vue ais\u00e9ment cat\u00e9gorisables. Nous \u00e9voquions plus haut l\u2019in\u00e9vitable contextualisation qui dicte un sens \u00e0 l\u2019\u00e9criture et \u00e0 la lecture. Cela apparait dans le titre retenu de notre ouvrage. il s\u2019agit bien de la lecture des Alg\u00e9riens et seulement eux, car sous d\u2019autres horizons, comme me le confirmait une traductrice norv\u00e9gienne venue en Alg\u00e9rie il n\u2019y a pas tr\u00e8s longtemps pour s\u2019impr\u00e9gner du pays natal de Camus, approfondir ses recherches de terrain pour parvenir \u00e0 une traduction la plus fid\u00e8le. Elle m\u2019affirmait que Camus est lu dans les pays scandinaves comme un \u00e9crivainfran\u00e7ais, l\u2019\u00e9crivain aux grandes id\u00e9es humanistes et philosophiques, \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique scripturale toute singuli\u00e8re. Que dans cette approche, la critique occidentale dans sa grande majorit\u00e9, \u00e9tait souvent d\u00e9connect\u00e9e de la r\u00e9alit\u00e9 historique du pays natal et de ce qui s\u2019y jouait au moment o\u00f9 Camus \u00e9crivait.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #ff0000; text-decoration: underline;\">Suite de l\u2019article dans la version papier<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #ff0000; text-decoration: underline;\">abonnez-vous \u00e0 L\u2019ivrEscQ<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour traiter du th\u00e8me qui nous est propos\u00e9 : \u00abDe la critique journalistique \u00e0 la critique universitaire\u00bb, je retiendrais qu\u2019il s\u2019agit en un mot de la question [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[4,174,180],"tags":[],"class_list":["post-6287","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-dossier","category-fira-colloques","category-n39"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6287","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6287"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6287\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6325,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6287\/revisions\/6325"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6287"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6287"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6287"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}