{"id":6408,"date":"2015-03-15T13:30:43","date_gmt":"2015-03-15T12:30:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=6408"},"modified":"2016-07-13T13:37:49","modified_gmt":"2016-07-13T12:37:49","slug":"quatre-ecrivains-maghrebins-chez-charlot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/quatre-ecrivains-maghrebins-chez-charlot\/","title":{"rendered":"Quatre \u00e9crivains maghr\u00e9bins chez Charlot"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-6409\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/kk-2-208x300.jpg\" alt=\"kk\" width=\"208\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/kk-2-208x300.jpg 208w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/kk-2.jpg 636w\" sizes=\"auto, (max-width: 208px) 100vw, 208px\" \/>Lequel d&rsquo;entre nous n&rsquo;a pas entendu Charlot se lamenter de n&rsquo;avoir pu aider \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence de la litt\u00e9rature maghr\u00e9bine de langue fran\u00e7aise, laquelle se fit \u00e0 la fin des ann\u00e9es 40, soit au moment pr\u00e9cis o\u00f9 sa maison d&rsquo;\u00e9dition fit faillite ? Pourtant \u2013et sur ce point-l\u00e0 aussi nous ne le lui avons pas suffisamment rendu justice\u2013 la sollicitude de Charlot envers les \u00e9crivains et artistes d&rsquo;Alg\u00e9rie et du Maghreb, qu&rsquo;il connaissait fort bien et dont il suivait la cr\u00e9ation, directement ou par l&rsquo;interm\u00e9diaire de certains de ses collaborateurs (Camus et Robl\u00e8s en Alg\u00e9rie, Guibert en Tunisie ou Bosco au Maroc) ne fut jamais n\u00e9gligeable, ainsi que le montrent bien des correspondances. Repoussant \u00e0 plus tard et \u00e0 une co\u00e9dition El Kalima\/Domens un essai plus fouill\u00e9 sur Les Ecrivains maghr\u00e9bins chez Charlot, je voudrais \u00e9voquer ici le bout de chemin que firent avec lui quatre \u00e9crivains maghr\u00e9bins d&rsquo;expression fran\u00e7aise : Jean et Taos Amrouche, Himoud Brahimi et Albert Memmi.<\/p>\n<p><strong>Les plus assidus Jean et Taos Amrouche<\/strong><\/p>\n<p>Des quatre, les plus proches d&rsquo;Edmond Charlot furent sans aucun doute les Amrouche fr\u00e8re et s\u0153ur, en r\u00e9alit\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s et \u00e0 lui pr\u00e9sent\u00e9s par l&rsquo;infatigable Armand Guibert, dont Charlot, d\u00e8s l&rsquo;aventure de Rivages (1938), admirait fort le travail d&rsquo;\u00e9diteur et \u00abses remarquables Cahiers de Barbarie\u00bb. Jean introduisit dans la maison Andr\u00e9 Gide, apr\u00e8s que celui-ci l&rsquo;e\u00fbt amen\u00e9 en Alg\u00e9rie, afin qu&rsquo;il y publie Attendu que&#8230; (1943) et des Pages de journal (1939-1941) (1944), et avant qu&rsquo;ensemble ils embarquent sur L&rsquo;Arche (1944-1947), dont Amrouche esp\u00e9rait qu&rsquo;elle rivaliserait avec la NRF, puis que ce dernier devienne le tout-puissant directeur litt\u00e9raire de la maison apr\u00e8s son installation \u00e0 Paris en 1946 (Charlot lui-m\u00eame s&rsquo;y \u00e9tant install\u00e9 d\u00e8s 1944). C&rsquo;est l\u00e0 que Marie-Louise Taos Amrouche finit par publier Jacinthe noire en 1947, roman achev\u00e9 d\u00e8s 1939, ce qui fait d&rsquo;elle, et de tr\u00e8s loin, la premi\u00e8re en date des \u00e9crivaines maghr\u00e9bines ! Jean, dont Charlot r\u00e9\u00e9dita fin 1946 les Chants berb\u00e8res de Kabylie et Taos Amrouche restent donc les seuls \u00e9crivains maghr\u00e9bins av\u00e9r\u00e9s au catalogue des \u00e9ditions Charlot, si l&rsquo;on excepte le cas de Mouloud Feraoun sur lequel l&rsquo;ann\u00e9e du Centenaire devra nous apporter quelques clart\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Albert Memmi et la collection Le Sina\u00ef<\/strong><\/p>\n<p>Il est un \u00e9pisode m\u00e9connu de l&rsquo;histoire des \u00e9ditions, c&rsquo;est le projet d&rsquo;une collection de judaica con\u00e7u fin 1947, apr\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 Paris, par le jeune Albert Memmi, pas encore \u00e9crivain, toujours encourag\u00e9 dans la voie philosophique qu&rsquo;il poursuit en Sorbonne, pour l&rsquo;instant partag\u00e9 entre ses anciens professeurs du Lyc\u00e9e Carnot \u00e0 Tunis, Jean Amrouche le litt\u00e9raire et Aim\u00e9 Patri, le philosophe. Que devait \u00eatre cette collection ? Nous avons la chance d&rsquo;avoir avec Albert Memmi, l&rsquo;un des derniers t\u00e9moins encore vivants de l&rsquo;aventure des \u00e9ditions Charlot. Il t\u00e9moigne : \u00abEtudiant la philosophie \u00e0 la Sorbonne, fianc\u00e9 puis mari\u00e9 \u00e0 une jeune Lorraine agr\u00e9g\u00e9e d&rsquo;allemand et qui travaillait alors \u00e0 une th\u00e8se sur Freud \u00a0et la tradition litt\u00e9raire, je fus un moment conduit \u00e0 m&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 un certain nombre de philosophes austro-germains pas encore ou tr\u00e8s partiellement traduits en fran\u00e7ais, au premier rang desquels Kafka, Buber et Freud.\u00bbDe fait, l&rsquo;\u0153uvre de Martin Buber, avec qui Memmi s&rsquo;\u00e9tait entretenu \u00e0 l&rsquo;automne 47 pour la revue Paru, dirig\u00e9e par Aim\u00e9 Patri (n\u00b0 34, sept 1947). L&rsquo;entretien s&rsquo;ach\u00e8ve sur une note Les \u00e9ditions Charlot donneront prochainement au public des \u0153uvres in\u00e9dites en France de Martin Buber, coll. Le Sina\u00ef), ne commen\u00e7a \u00e0 \u00eatre traduite en fran\u00e7ais que pr\u00e8s de vingt ans plus tard. H\u00e9las, cette collection qui aurait permis l&rsquo;introduction en France ne put voir le jour du fait des difficult\u00e9s dans lesquelles commence \u00e0 se d\u00e9battre la maison d&rsquo;\u00e9dition ; et Charlot en con\u00e7ut de durables regrets : \u00abEn fait je n&rsquo;ai pas r\u00e9alis\u00e9 tout ce que j&rsquo;aurais voulu r\u00e9aliser, les grands projets que j&rsquo;esp\u00e9rais mettre en vie. Il y eut de nombreuses \u00e9bauches de collections que l&rsquo;on n&rsquo;a pas termin\u00e9es, notamment une collection de romans policiers avec Dominique Aury, que j&rsquo;admire beaucoup [&#8230;]. Egalement, une collection Le Sina\u00ef avec Albert Memmi.\u00bb (Souvenirs d&rsquo;Edmond Charlot. Entretiens avec Fr\u00e9d\u00e9ric-Jacques Temple. \u00e9d. Domens, 2007, pp. 87-88 \u2013 ces entretiens datent des ann\u00e9es 80).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #ff0000; text-decoration: underline;\">Suite de l\u2019article dans la version papier<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #ff0000; text-decoration: underline;\">abonnez-vous \u00e0 L\u2019ivrEscQ<\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lequel d&rsquo;entre nous n&rsquo;a pas entendu Charlot se lamenter de n&rsquo;avoir pu aider \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence de la litt\u00e9rature maghr\u00e9bine de langue fran\u00e7aise, laquelle se fit \u00e0 la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[4,181],"tags":[],"class_list":["post-6408","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-dossier","category-n38"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6408","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6408"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6408\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6412,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6408\/revisions\/6412"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6408"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6408"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6408"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}