{"id":6502,"date":"2016-07-15T19:00:27","date_gmt":"2016-07-15T18:00:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=6502"},"modified":"2016-12-25T19:31:38","modified_gmt":"2016-12-25T18:31:38","slug":"mati-djamel-lamour-et-le-deuil-sont-franchement-antinomiques-mais-demeurent-incontournables-pour-nous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/mati-djamel-lamour-et-le-deuil-sont-franchement-antinomiques-mais-demeurent-incontournables-pour-nous\/","title":{"rendered":"MATI Djamel: \u00ab L\u2019amour et le deuil sont franchement antinomiques, mais demeurent incontournables pour nous\u2026 \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-6503\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/MATI-188x300.jpg\" alt=\"mati\" width=\"188\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/MATI-188x300.jpg 188w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/MATI-768x1224.jpg 768w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/MATI-643x1024.jpg 643w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/MATI.jpg 930w\" sizes=\"auto, (max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/><span style=\"color: #ff0000;\">L\u2019ivrEscQ :<\/span> Vous avez publi\u00e9 r\u00e9\u00adcemment votre sixi\u00e8me roman Yoko et les gens du Barzakh, Chihab \u00e9ditions, Alger 2016. Pourquoi tant de questionne\u00adments sur l\u2019amour et le deuil ? Autrement dit, que cherchez-vous ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><span style=\"color: #000000;\"><strong><span style=\"color: #ff0000;\">Djamel Mati :<\/span> <\/strong><\/span>L\u2019amour et le deuil sont franchement antinomiques, mais demeurent incontournables pour nous. Ils accompagnent fata\u00adlement le parcours de l\u2019existence de chaque \u00eatre. Nous cherchons \u00e0 cour\u00adtiser le premier et appelons de tous nos voeux \u00e0 ne jamais rencontrer le second. Ainsi sont nos extravagantes aspirations na\u00efves. Ainsi sont nos folles esp\u00e9rances. Yoko et les gens du Barzakh raconte l\u2019histoire de trois familles, que rien ne rapprochait et qui voient, impuis\u00adsantes, leur destin se croiser. Elles se retrouvent \u00e0 partager un m\u00eame drame, sans fin, qui les oblige \u00e0 vivre dans une sorte d\u2019entre-deux mondes. Pour certains, il est intemporel. Pour les autres, il se pr\u00e9sente en question\u00adnements \u00e9prouvants. Pour tous, ce Barzakh n&rsquo;est que douleur et retenue, provoqu\u00e9 par autant d\u2019amour tendre, possessif, contrari\u00e9 et fou et qui ta\u00adraude les esprits. Ces fortes \u00e9motions ne pouvaient que poser des questions existentielles, philosophiques et par\u00adfois m\u00e9taphysiques. Tous les per\u00adsonnages essayent, consciemment ou non, de se reconstruire \u00e0 partir d\u2019un deuil inexpliqu\u00e9. Cette douleur et cette d\u00e9r\u00e9liction qui les annihile, chacun les subit, les vit et tente de les exorciser avec ses forces et ses faiblesses. La trame du roman ex\u00adpose aussi d\u2019autres probl\u00e9matiques, malheureusement d\u2019actualit\u00e9 : la douleur caus\u00e9e par la perte d\u2019une personne ch\u00e8re, les trag\u00e9dies v\u00e9cues par les harragas, le regard r\u00e9proba\u00adteur de \u00ab l\u2019autre \u00bb (racisme latent), l\u2019amour fou et incommensurable des parents, la qu\u00eate de \u00ab comprendre \u00bb afin d\u2019accepter le sort (Makioussa), le remords d\u00e9chirant et ali\u00e9n\u00e9 (d\u2019un commissaire de police), et le com\u00adportement irrationnel d\u2019un soupirant (Juba).L&rsquo;atmosph\u00e8re pesante de l\u2019histoire excluait donc les questions super\u00adficielles. Elle imposait une explora\u00adtion minutieuse des profils psycho\u00adlogiques et comportementaux des personnages, afin de me permettre d&rsquo;\u00e9crire ce que je voulais d\u00e9crire : l\u2019ir\u00adrationalit\u00e9 des conduites et des r\u00e9ac\u00adtions face \u00e0 une pareille situation. Chaque antagoniste, pour moi, devait \u00eatre unique, r\u00e9agissant en fonction de son v\u00e9cu, de son \u00e9ducation, de son statut, de son environnement, de ses r\u00eaves\u2026 et de sa fragilit\u00e9.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #ff0000;\">L:<\/span> Quel est l\u2019\u00e9l\u00e9ment \u00ab r\u00e9v\u00e9la\u00adteur \u00bb qui vous a incit\u00e9 \u00e0 \u00e9crire Yoko et les gens du Barzakh ?<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>D.<\/strong><strong>M<\/strong><strong> : <\/strong><\/span>Il m\u2019est difficile de r\u00e9pondre avec justesse \u00e0 la question, je l\u2019avoue. Il existe tellement d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui auraient pu d\u00e9clencher le processus de l\u2019\u00e9criture de ce roman. Vous savez, tout comme, juste avant le big-bang, \u00e0 ce jour, personne ne peut dire ce qui le pr\u00e9c\u00e8de. Pour la gen\u00e8se de tous mes romans, c\u2019est pareil. Souvent, le d\u00e9clic se produit de mani\u00e8re anecdo\u00adtique \u2014 pour ne pas dire myst\u00e9rieuse \u2014, pour celui-ci, l\u2019\u00e9l\u00e9ment r\u00e9v\u00e9lateur peut para\u00eetre insignifiant. Un soir de pluie, alors que nous \u00e9tions en train de discuter, quand la siamoise, qui \u00ab partageait \u00bb avec nous tous les espaces de l\u2019appartement, s&rsquo;\u00e9tait ins\u00adtall\u00e9e sur le fauteuil, en face. Comme \u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e, son regard bleu, qui nous fixait, \u00e9tait intense, m\u00e9ditatif, ailleurs et ici, toujours, investigateur \u2014 sphinx \u00e9nigmatique gardien de tous les arcanes. J\u2019\u00e9tais hypnotis\u00e9 par cette pr\u00e9sence un long moment, puis je me suis retourn\u00e9 vers mon \u00e9pouse et j\u2019ai dit : \u00abJe crois que je vais \u00e9crire un roman sur Yoko\u00bb. Et l\u00e0, d\u2019un trait j\u2019ai expos\u00e9 le premier synopsis de \u00abYoko et les gens du Barzakh\u00bb \u2014 avec pour premiers personnages : Yoko, Fatouma, Kamel et Juba. A partir de cet instant, l\u2019histoire commen\u00e7ait \u00e0 prendre forme dans ma t\u00eate, et sur de simples bouts de papier, ainsi durant plusieurs jours, puis des mois, avec une de mes nombreuses r\u00e9flexions qui tournoyaient constamment dans mon esprit : \u00abL\u2019amour et le deuil refus\u00e9 (d\u00e9ni de la mort) engendrent une immense peine faite de remords pour certains, pour les autres une acceptation d\u00e9guis\u00e9e de rituel qu\u2019ils s\u2019inventent pour faire comme si, mais toujours accompagn\u00e9s avec les souvenirs doux et douloureux. Dans un pareil monde, la vie ne peut que s\u2019\u00e9couler en apn\u00e9e et en apesan\u00adteur\u2026 Une existence mouill\u00e9e par les larmes retenues ou cach\u00e9es.\u00bb A ce stade, on pourrait relever que cette premi\u00e8re analyse para\u00eet \u00e9loign\u00e9e de la siamoise. Pourtant dans ma t\u00eate, il existait d\u00e9j\u00e0 un lien. Plus tard, je me suis mis \u00e0 \u00e9crire Yoko et les gens du Barzakh d\u2019une traite.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"color: #ff0000;\"><u>Suite de l\u2019article dans la version papier<\/u><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"color: #ff0000;\"><u>abonnez-vous \u00e0 L\u2019ivrEscQ<\/u><\/span><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ivrEscQ : Vous avez publi\u00e9 r\u00e9\u00adcemment votre sixi\u00e8me roman Yoko et les gens du Barzakh, Chihab \u00e9ditions, Alger 2016. 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