{"id":6544,"date":"2016-10-15T13:40:17","date_gmt":"2016-10-15T12:40:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=6544"},"modified":"2016-12-26T14:10:07","modified_gmt":"2016-12-26T13:10:07","slug":"rene-de-ceccatty-la-lecon-du-poete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/rene-de-ceccatty-la-lecon-du-poete\/","title":{"rendered":"Ren\u00e9 de Ceccatty: La le\u00e7on du po\u00e8te"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-6546\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/HNH-156x300.jpg\" alt=\"hnh\" width=\"156\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/HNH-156x300.jpg 156w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/HNH-533x1024.jpg 533w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/10\/HNH.jpg 756w\" sizes=\"auto, (max-width: 156px) 100vw, 156px\" \/><\/p>\n<p>C\u2019est notre admiration commune pour l\u2019oeuvre de Jean S\u00e9nac qui nous a r\u00e9unis tout d\u2019abord pour l\u2019\u00e9dition de ses po\u00e9sies compl\u00e8tes en 1999 chez Actes Sud. Mais, \u00e0 vrai dire, j\u2019ai d\u00e9couvert la postface de Hamid Nacer-Khodja lorsque le livre a paru. Et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 impressionn\u00e9\u00a0par la remarquable quantit\u00e9 et la rigueur de son travail. J\u2019avais, de mon c\u00f4t\u00e9, lu Jean S\u00e9nac gr\u00e2ce \u00e0 mon ami Serge Tamagnot. Et parmi\u00a0les livres du po\u00e8te se trouvait une anthologie de la jeune po\u00e9sie alg\u00e9rienne o\u00f9 figurait d\u00e9j\u00e0 un beau po\u00e8me, fougueux et concentr\u00e9, de Hamid Nacer-Khodja. D\u2019un po\u00e8te de dix-sept ans. Mais le temps avait pass\u00e9. Jean S\u00e9nac avait \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9. Et Hamid avait employ\u00e9 de tr\u00e8s nombreuses ann\u00e9es \u00e0 approfondir l\u2019oeuvre de son a\u00een\u00e9 et \u00e0 la maintenir en vie dans le pays qu\u2019avait tant aim\u00e9 S\u00e9nac, au point peut-\u00eatre de lui sacrifier sa vie.<\/p>\n<p>D\u2019une certaine mani\u00e8re, Hamid aussi consacra son existence \u00e0 S\u00e9nac, mais on ne peut pas dire qu\u2019il la lui sacrifia, tant l\u2019id\u00e9e m\u00eame de la po\u00e9sie et le nom de S\u00e9nac se confondaient pour lui. Vivre n\u2019avait de sens pour lui que dans cette fusion avec la litt\u00e9rature qu\u2019avaient connu non seulement S\u00e9nac, mais Camus et Ren\u00e9 Char. C\u2019\u00e9tait un h\u00e9ritier de Jean Amrouche, d\u2019Edmond Charlot, mais aussi de tous les grands noms de la po\u00e9sie alg\u00e9rienne. S\u00e9nac avait sans doute pour Hamid, quelque chose de plus que tous les autres. Il avait v\u00e9cu et il \u00e9tait mort en po\u00e8te. En participant \u00e0 un d\u00e9bat \u00e0 la librairie Kl\u00e9ber de Strasbourg en hommage \u00e0 S\u00e9nac, j\u2019ai eu une premi\u00e8re approche de Hamid et je me suis rendu compte qu\u2019il alliait \u00e0 une immense modestie un savoir encyclop\u00e9dique. Lorsque Bernard Mazo m\u2019a envoy\u00e9, au Seuil o\u00f9 je suis \u00e9diteur, le manuscrit de sa biographie de S\u00e9nac, il m\u2019a imm\u00e9diatement propos\u00e9 que Nacer-Khodja apporte toute son exp\u00e9rience \u00e0 la relecture du texte. La mort soudaine de Mazo a donn\u00e9 \u00e0 Hamid une responsabilit\u00e9 tr\u00e8s grande quant \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u00e9finitif du texte. J\u2019ai pu appr\u00e9cier son engagement dans ce travail sans lequel cette biographie n\u2019aurait jamais \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019abri d\u2019erreurs factuelles ou d\u2019interpr\u00e9tations erron\u00e9es de l\u2019histoire de la guerre d\u2019Alg\u00e9rie. Sa caution intellectuelle a donc \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminante.\u00a0A aucun moment, Hamid n\u2019a \u00e9voqu\u00e9 ses propres recherches biographiques qui pouvaient p\u00e2tir de la pr\u00e9s\u00e9ance du livre de Bernard Mazo. A aucun moment, il n\u2019a fait peser son amour-propre. Il pr\u00e9parait en effet une importante publication autour de l\u2019oeuvre critique de Jean S\u00e9nac et un recueil d\u2019hommages au po\u00e8te, qui allaient para\u00eetre en Alg\u00e9rie. Il s\u2019est mis avec humilit\u00e9 et d\u00e9vouement au service d\u2019un livre qui n\u2019\u00e9tait pas le sien, mais auquel il offrait toutes ses connaissances. Cette attitude exceptionnelle d\u00e9notait non seulement un temp\u00e9rament remarquable, mais aussi une certaine conception du devoir intellectuel: ce qui comptait pour lui \u00e9tait la figure de Jean S\u00e9nac et au fond peu importait qu\u2019il y f\u00fbt, lui, personnellement associ\u00e9. Il n\u2019associait pas la moindre vanit\u00e9 \u00e0 son propre apport. En ce qui concernait la chronologie des \u00e9v\u00e9nements personnels de la vie de S\u00e9nac et des faits politiques de la guerre et de l\u2019ind\u00e9pendance, il \u00e9tait soucieux de s\u2019en tenir \u00e0 la plus grande pr\u00e9cision objective. Et notamment \u00e0 propos de l\u2019assassinat de S\u00e9nac, \u00a0il ne voulait aucune d\u00e9rive interpr\u00e9tative, ni dans un sens (voulu par les amis de S\u00e9nac) ni dans un autre (le discours officiel au moment du proc\u00e8s de l\u2019accus\u00e9). L\u2019absence de preuves d\u00e9cisives interdisait une prise de position trop ferme et trop sectaire. Et dans les d\u00e9bats, auxquels j\u2019ai particip\u00e9 avec lui, j\u2019ai eu la confirmation de cette r\u00e9serve de sa part et de son souci de ne pas sombrer dans une excessive hagiographie, dans une excessive martyrologie.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"color: #ff0000;\"><u>Suite de l\u2019article dans la version papier<\/u><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"color: #ff0000;\"><u>abonnez-vous \u00e0 L\u2019ivrEscQ<\/u><\/span><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est notre admiration commune pour l\u2019oeuvre de Jean S\u00e9nac qui nous a r\u00e9unis tout d\u2019abord pour l\u2019\u00e9dition de ses po\u00e9sies compl\u00e8tes en 1999 chez Actes Sud. 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