{"id":7071,"date":"2020-04-15T15:37:29","date_gmt":"2020-04-15T14:37:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=7071"},"modified":"2020-05-28T15:50:28","modified_gmt":"2020-05-28T14:50:28","slug":"choix-de-livres-a-lire-aux-temps-de-confinement-rene-char-ecrit-a-camus-a-la-parution-de-la-peste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/choix-de-livres-a-lire-aux-temps-de-confinement-rene-char-ecrit-a-camus-a-la-parution-de-la-peste\/","title":{"rendered":"Choix de Livres \u00e0 Lire aux temps de confinement : Ren\u00e9 Char \u00e9crit \u00e0 Camus \u00e0 la parution de La Peste."},"content":{"rendered":"<p><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-7072\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Char-et-Camus-231x300.jpg\" alt=\"Char-et-Camus\" width=\"231\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Char-et-Camus-231x300.jpg 231w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/Char-et-Camus.jpg 550w\" sizes=\"auto, (max-width: 231px) 100vw, 231px\" \/>Choix de Livres \u00e0 Lire aux temps de confinement.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Une s\u00e9lection de livres explore plusieurs registres de diff\u00e9rents genres. Il est difficile de classer des livres, mais nous l\u2019avons fait selon les lectures de nos lecteurs et notre \u00e9quipe pour vous.<\/strong><\/p>\n<p>Camus, \u00e0 la t\u00eate de la collection \u00abEspoir\u00bb chez Gallimard, publie les\u00a0<em>Feuillets d&rsquo;Hypnos<\/em>\u00a0r\u00e9dig\u00e9s par Ren\u00e9 Char lors des ann\u00e9es de guerre. De l\u00e0 d\u00e9bute une correspondance entre les deux hommes. C&rsquo;est la naissance d&rsquo;une belle amiti\u00e9. D\u00e8s l&rsquo;automne 1946, Char accueille Camus dans sa maison de L&rsquo;Isle-sur-la-Sorgue.<\/p>\n<p>Au moment de la sortie de\u00a0<em>La Peste<\/em><em>,<\/em><em>\u00a0<\/em>le c\u00e9l\u00e8bre roman d&rsquo;Albert Camus, Ren\u00e9 Char lui \u00e9crit ces quelques lignes : \u00abVous avez \u00e9crit un tr\u00e8s grand livre, les enfants vont pouvoir \u00e0 nouveau grandir, les chim\u00e8res respirer\u2026 notre temps a bien besoin de vous, je vous envoie toute mon admiration affectueuse\u00bb.<\/p>\n<h2>\u00c9loge de l&rsquo;amiti\u00e9<\/h2>\n<p>En 1951, Albert Camus sort son essai\u00a0<em>L&rsquo;homme r\u00e9volt\u00e9 <\/em>: les pol\u00e9miques font rage. Il se met \u00e0 dos Andr\u00e9 Breton et\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/histoire\/archives\/2018\/01\/16\/26010-20180116ARTFIG00278-il-y-a-80-ans-l-exposition-internationale-du-surrealisme-se-visite-a-la-lampe-electrique.php\">les surr\u00e9alistes<\/a>, Sartre et les existentialistes. Ren\u00e9 Char le soutient mais attend quelques ann\u00e9es pour \u00e9crire ces lignes envoy\u00e9es au<em>\u00a0Figaro Litt\u00e9raire\u00a0<\/em>en 1957 : \u00abQu&rsquo;on me passe ce coup d&rsquo;aile ; je veux parler d&rsquo;un ami\u00bb r\u00e9torque-t-il \u00e0 l&rsquo;\u00e9lite intellectuelle frileuse.<br \/>\nPendant treize ann\u00e9es, les \u00e9crivains s&rsquo;\u00e9changent quelque deux cents lettres\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/livres\/2007\/08\/02\/03005-20070802ARTFIG90096-eloge_de_l_amitie.php\">rassembl\u00e9es dans un livre en 2007<\/a>. Cette correspondance retrace leurs engagements r\u00e9ciproques, leurs doutes, leurs joies et leur proximit\u00e9. Mais, comme l&rsquo;analyse Ren\u00e9 Char, \u00abnotre fraternit\u00e9 va encore plus loin que nous l&rsquo;envisageons et que nous l&rsquo;\u00e9prouvons. De plus en plus, nous allons g\u00eaner la frivolit\u00e9 des exploiteurs, des fins diseurs de tout bord de notre \u00e9poque. Tant mieux. Notre nouveau combat commence et notre raison d&rsquo;exister\u00bb.<br \/>\nCette amiti\u00e9 entre les deux hommes va durer jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le destin les s\u00e9pare: Camus meurt dans un tragique accident de voiture le 4 janvier 1960.<\/p>\n<p>D\u00e9couvrez ce texte admirable inspir\u00e9 par les liens myst\u00e9rieux de l&rsquo;amiti\u00e9.<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>Article paru dans Le Figaro Litt\u00e9raire du 26 octobre 1957.<\/em><\/p>\n<p><strong>Je veux parler d&rsquo;un ami<\/strong><\/p>\n<p>Depuis plus de dix ans que je suis li\u00e9 avec Camus, bien souvent \u00e0 son sujet la grande phrase de Nietzsche r\u00e9appara\u00eet dans ma m\u00e9moire : \u00abJ&rsquo;ai toujours mis dans mes \u00e9crits toute ma vie et toute ma personne. J&rsquo;ignore ce que peuvent \u00eatre des probl\u00e8mes purement intellectuels.\u00bb Voil\u00e0 la raison de la force d&rsquo;Albert Camus- intacte, reconstitu\u00e9e \u00e0 mesure -et de sa faiblesse- continuellement agress\u00e9e.<\/p>\n<p>Mais il faut croire que de l&rsquo;horloge de la v\u00e9rit\u00e9, qui ne sonne pas chaque heure mais la beaut\u00e9 et les drames du temps seuls, peut toujours descendre un Michel, par les marches mal \u00e9clair\u00e9es qui, en d\u00e9pit de ses propres doutes, affirmera, face \u00e0 la famille des totalitaires et des pyrrhoniens, la valeur des biens de la conscience tourment\u00e9e et du combat rafra\u00eechissant. De l&rsquo;\u0153uvre de Camus, je crois pouvoir dire: Ici, sur les champs malheureux, une charrue fervente ouvre ma terre, malgr\u00e9 les d\u00e9fenses et malgr\u00e9 la peur. Qu&rsquo;on me passe ce coup d&rsquo;aile; je veux parler d&rsquo;un ami.<\/p>\n<p>Afflig\u00e9 ou serr\u00e9, Camus ne s&rsquo;\u00e9chappe pas par la vertu de la m\u00e9chancet\u00e9 qui, bien qu&rsquo;elle asc\u00e9tise, a l&rsquo;inconv\u00e9nient de modeler \u00e0 son utilisateur un visage voisin de la grimace de la mort. Sa parole incisive refuse le rapetissement de l&rsquo;adversaire, d\u00e9daigne la d\u00e9rision. La qualit\u00e9 qui satisfait le plus chez lui, quelle que soit la densit\u00e9 du rayon de soleil qui l&rsquo;\u00e9claire, est qu&rsquo;il ne s&rsquo;accointe pas avec lui-m\u00eame ; cela renforce son attention, rend plus f\u00e9conde sa passion. Sa sensibilit\u00e9 \u00e9trangement lui sert d&rsquo;amorce et de bouclier, alors qui l&rsquo;engage toute. Enfin, nanti d&rsquo;un avantage d\u00e9cisif, il ne remporte qu&rsquo;une victoire mesur\u00e9e dont promptement il se d\u00e9tourne, comme un peintre de sa palette, non comme un belliqueux de sa panoplie. Camus aime \u00e0 marcher d&rsquo;un pas souple dans la rue d&rsquo;une ville quand, par la gr\u00e2ce de la jeunesse, la rue est pour un instant enti\u00e8rement fortun\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;amiti\u00e9 qui parvient \u00e0 s&rsquo;interdire les patrouilles malavis\u00e9es aupr\u00e8s d&rsquo;autrui, quand l&rsquo;\u00e2me d&rsquo;autrui a besoin d&rsquo;absence et de mouvement lointain, est la seule \u00e0 contenir un germe d&rsquo;immortalit\u00e9. C&rsquo;est elle qui admet sans mal\u00e9fices l&rsquo;inexplicable dans les relations humaines, en respecte le malaise passager. Dans la constance des c\u0153urs exp\u00e9riment\u00e9s, l&rsquo;amiti\u00e9 ne fait le guet ni n&rsquo;inquisitionne. Deux hirondelles, tant\u00f4t silencieuses, tant\u00f4t loquaces, se partagent l&rsquo;infini du ciel et le m\u00eame auvent.<\/p>\n<p><em>Par Ren\u00e9 Char le 18 octobre 1957<\/em>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Choix de Livres \u00e0 Lire aux temps de confinement. 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