{"id":7173,"date":"2020-07-21T09:07:11","date_gmt":"2020-07-21T08:07:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=7173"},"modified":"2020-07-23T14:18:52","modified_gmt":"2020-07-23T13:18:52","slug":"le-centenaire-de-naissance-de-mohammed-dib","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/le-centenaire-de-naissance-de-mohammed-dib\/","title":{"rendered":"Le centenaire de la naissance de Mohammed Dib"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-7186\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/AVT_Mohammed-Dib_7543.pjpeg_-2.jpg\" alt=\"AVT_Mohammed-Dib_7543.pjpeg\" width=\"203\" height=\"249\" \/>L\u2019ann\u00e9e 2020 est le centenaire de naissance de Mohammed Dib (21 juillet 1920 Tlemcen- 2 mai 2003 dans son appartement de La Celles-Saint-Cloud \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 82 ans). Vu la pand\u00e9mie et la crise sanitaire, les rendez-vous litt\u00e9raires autour de l&rsquo;\u00e9crivain consacr\u00e9 sont report\u00e9s \u00e0 des dates ult\u00e9rieures.<\/p>\n<p>Mohammed Dib est romancier, po\u00e8te, nouvelliste, conteur, essayiste, il est consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des p\u00e8res fondateurs de la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne et maghr\u00e9bine d\u2019expression fran\u00e7aise. Il a laiss\u00e9 derri\u00e8re lui une \u0153uvre prolifique, multiple, d\u2019une port\u00e9e universelle.<\/p>\n<p>Mohammed Did commence \u00e0 \u00e9crire au lendemain de la Seconde guerre mondiale.<\/p>\n<p>Sa carri\u00e8re d\u2019\u00e9crivain est r\u00e9partie en plusieurs temps\u00a0: la p\u00e9riode coloniale, la p\u00e9riode de d\u00e9colonisation avec la lutte de lib\u00e9ration nationale, celle de l\u2019ind\u00e9pendance et post ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p>\u00ab <strong>Vers les ann\u00e9es 1935-1936, dans la fausse tranquillit\u00e9 qu\u2019avait fait na\u00eetre la c\u00e9l\u00e9bration du centenaire de la Conqu\u00eate, les circonstances et le voisinage g\u00e9ographique facilit\u00e8rent la rencontre d\u2019un certain nombre d\u2019\u00e9crivains que l\u2019on regroupa, un peu arbitrairement, sous le terme d\u2019\u00e9cole m\u00e9diterran\u00e9enne. Autour d\u2019un \u00e9diteur audacieux, Edmond Charlot, et d\u2019un amoureux passionn\u00e9 de la chose \u00e9crite, le Berb\u00e8re Jean Amrouche, quelques jeunes gens entrent en sc\u00e8ne, Emmanuel Robl\u00e8s, Albert Camus, Jules Roy, Claude de Fr\u00e9minville, quelques po\u00e8tes et peintres, Ren\u00e9-Jean Clot, Galli\u00e9ro. Mis \u00e0 part Robl\u00e8s, d\u00e9j\u00e0 tourn\u00e9 vers les r\u00e9alit\u00e9s sociales et politiques, cette \u2018\u00e9cole\u2019 peut se caract\u00e9riser par deux tendances. D\u2019une part, bien qu\u2019inspir\u00e9e par l\u2019Alg\u00e9rie natale, elle parle et \u00e9crit, non pour le pays d\u2019origine, mais pour la m\u00e9tropole, cette France litt\u00e9raire de Gide et de Val\u00e9ry dont elle subit la prestigieuse influence. Dans l\u2019euphorie du moment, exception faite de quelques reportages et articles journalistiques, elle ignore le plus souvent le poids de la pr\u00e9sence d\u2019une autre r\u00e9alit\u00e9, celle d\u2019un peuple colonis\u00e9, muet et souffrant, pr\u00e9f\u00e9rant s\u2019int\u00e9resser, dans le sillage de Malraux, au drame plus intellectuel et plus europ\u00e9en du peuple espagnol. D\u2019autre part, inspir\u00e9e par le littoral, par sa vie prodigieuse, ses v\u00e9h\u00e9mences et ses couleurs, elle se donne pour r\u00e9f\u00e9rence et pour mesure, non le pays profond mais la mer, cette m\u00e9diterran\u00e9e ancestrale, source d\u2019\u00e9changes et de civilisations. C\u2019est le Camus de Noces. Joie sensuelle, absence de m\u00e9taphysique, vigueur et nettet\u00e9, poids des jours et des saisons, lyrisme et retenue, littoral privil\u00e9gi\u00e9 par rapport \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-pays, r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la Gr\u00e8ce, l\u2019Espagne, l\u2019Italie, tels sont les principaux \u00e9l\u00e9ments de cette litt\u00e9rature solaire visit\u00e9e par les dieux.<\/strong> \u00bb*<\/p>\n<p><span style=\"color: #808080;\">*Jean P\u00e9l\u00e9gri, \u00abLes Signes et les Lieux. Essai sur la gen\u00e8se et les perspectives de la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne\u00bb, dans Jean P\u00e9l\u00e9gri, le scribe du caillou de Dominique Le Boucher, Marsa \u00e9ditions, Juin 2000, p.304.)<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong><u>Mohammed Dib et sa relation avec Albert Camus.<\/u><\/strong><\/span><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>L\u2019\u00e9crivain a gard\u00e9 des souvenirs avec des \u00e9crivains de son temps, il \u00e9voque Camus.<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab Je me souviens d\u2019une conversation dont le th\u00e8me \u00e9tait la justice. C\u2019\u00e9tait \u00e0 Sidi Madani. Nous logions dans un h\u00f4tel transatlantique dans la Vall\u00e9e du ruisseau des singes encadr\u00e9e par des collines. Nous sommes mont\u00e9s d\u2019un mouvement spontan\u00e9 pour nous isoler. La discussion a tout de suite port\u00e9 sur le mot \u00ab justice \u00bb. C\u2019\u00e9tait en 48. Et moi, avec l\u2019intol\u00e9rance de la jeunesse, j\u2019\u00e9tais un tenant de la justice \u00e0 tout prix. Cette conversation \u00e9tait donc sans fin. Et elle a continu\u00e9 \u00e0 Paris, puis \u00e0 Alger en 50. Camus \u00e9tait venu en traction avant noire pour aller boire un pot en face de la facult\u00e9 d\u2019Alger. Il m\u2019emmena d\u00e9jeuner avec lui \u00e0 Tipasa. Je d\u00e9couvrais ce Tipasa inhabit\u00e9, ses prairies fleuries. Il me quitta un instant, il entra dans une baraque qui \u00e9tait un boui-boui o\u00f9 il avait command\u00e9 notre d\u00e9jeuner : un grand poisson \u00e0 la tomate et aux herbes. Le plus beau moment fut lorsque nous \u00e9tions sortis, le soleil tombait d\u2019aplomb. Et voil\u00e0 qu\u2019il remarque un vestige d\u2019une ruine romaine de 80 cm de long. D\u2019un bond, Camus est dessus et danse tout le long du mur les bras \u00e9cart\u00e9s. C\u2019est une des plus belles images que je garde de lui. \u00bb*<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #808080;\">\u00ab La grande maison de l\u2019\u00e9criture \u00bb entretien avec Salim Jay, entretien diffus\u00e9 sur FranceCulture, \u00e9mission \u00ab A voix nue \u00bb, mai 1997. Des extraits en ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans le num\u00e9ro sp\u00e9cial consacr\u00e9 \u00e0 Dib par Horizons maghr\u00e9bins, n\u00b037-38, 1999, p.65.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong><u>Pr\u00e9face de Louis Aragon. <\/u><\/strong><\/span><\/p>\n<p>En 1961, \u00abOmbre Gardienne\u00a0\u00bb, le premier recueil de po\u00e8mes de Mohammed Dib est publi\u00e9, pr\u00e9fac\u00e9 par Louis Aragon :<strong> \u00ab <em>J\u2019imagine Mohammed Dib d\u2019apr\u00e8s moi. Comment autrement m\u2019y prendre ? Puis-je de mes yeux fran\u00e7ais saisir la naissance de la po\u00e9sie alg\u00e9rienne ? Le roman, toujours, le conte, la nouvelle, c\u2019est comme une invitation au voyage : j\u2019entre avec l\u2019auteur dans son Alg\u00e9rie inconnue. Mais le po\u00e8me ? N\u00e9cessairement allusif, charg\u00e9 d\u2019un potentiel \u00e9tranger, de tout ce que l\u2019\u00e9conomie des mots suppose d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 que le po\u00e8te partage avec d\u2019autres que moi. Je surprends leur conversation, les gestes pour eux familiers qui r\u00e9sument, et je suis \u00e9tranger au-dedans de ce grand secret collectif.<\/em> \u00bb <\/strong><\/p>\n<p><strong>Did est pr\u00e9sent\u00e9 comme un exil\u00e9, \u00e0 cette question, il r\u00e9pond lors d\u2019un entretien. Votre nom revient souvent dans les travaux de recherche sur l&rsquo;exil dans la litt\u00e9rature maghr\u00e9bine. Votre exil est-il celui d&rsquo;un homme politique, d&rsquo;un travailleur \u00e9migr\u00e9 ou d&rsquo;un intellectuel ?<\/strong><br \/>\n\u00ab\u00a0Ma r\u00e9ponse est tr\u00e8s simple : mon exil est celui d&rsquo;un travailleur \u00e9migr\u00e9. Apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance, je n&rsquo;ai pas trouv\u00e9 ma place dans mon pays malgr\u00e9 les promesses et les d\u00e9marches. J&rsquo;avais une famille \u00e0 ma charge, il fallait bien qu&rsquo;elle vive. J&rsquo;avais propos\u00e9 l&rsquo;\u00e9dition de mes livres en Alg\u00e9rie. Les contrats existent, certains remontent \u00e0 1965, d&rsquo;autres plus r\u00e9cents, \u00e0 1979 et 1981.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #808080;\">\u00ab\u00a0Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Mohamed Zaoui (1998)\u00a0\u00bb\u00a0<\/span>La r\u00e9daction<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-7189\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/110313198_628142298136936_8381254296668400578_n-copie-1-192x300.jpg\" alt=\"110313198_628142298136936_8381254296668400578_n copie\" width=\"192\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/110313198_628142298136936_8381254296668400578_n-copie-1-192x300.jpg 192w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/110313198_628142298136936_8381254296668400578_n-copie-1.jpg 555w\" sizes=\"auto, (max-width: 192px) 100vw, 192px\" \/><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-7175\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/109681255_322896245508360_1116851376774617723_n-copie-187x300.jpg\" alt=\"109681255_322896245508360_1116851376774617723_n copie\" width=\"187\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/109681255_322896245508360_1116851376774617723_n-copie-187x300.jpg 187w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/109681255_322896245508360_1116851376774617723_n-copie.jpg 561w\" sizes=\"auto, (max-width: 187px) 100vw, 187px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ann\u00e9e 2020 est le centenaire de naissance de Mohammed Dib (21 juillet 1920 Tlemcen- 2 mai 2003 dans son appartement de La Celles-Saint-Cloud \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 82 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[1,7,4],"tags":[],"class_list":["post-7173","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-une","category-au-fil-des-pages","category-dossier"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7173","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7173"}],"version-history":[{"count":17,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7173\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7217,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7173\/revisions\/7217"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7173"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7173"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7173"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}