{"id":7254,"date":"2020-05-26T11:29:02","date_gmt":"2020-05-26T10:29:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=7254"},"modified":"2020-07-23T15:35:30","modified_gmt":"2020-07-23T14:35:30","slug":"nadia-sebkhi-commemoration-tahar-djaout","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/nadia-sebkhi-commemoration-tahar-djaout\/","title":{"rendered":"Nadia Sebkhi: Comm\u00e9moration Tahar Djaout"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-6454\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Livrescq-46-Final-2-9-243x300.jpg\" alt=\"livrescq-46-final-2-9\" width=\"243\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Livrescq-46-Final-2-9-243x300.jpg 243w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Livrescq-46-Final-2-9.jpg 390w\" sizes=\"auto, (max-width: 243px) 100vw, 243px\" \/>L\u2019ouvrage portraits \u00ab Ma piste aux \u00e9toiles \u00bb est le signe manifeste du souci qu\u2019a Nadjib Stambouli de l\u2019investissement des acteurs de la Culture dans l\u2019horizon alg\u00e9rien entre hier et aujourd\u2019hui. Passeur culturel-litt\u00e9raire de par la profession de journaliste et \u00e9crivain, le commencement de son \u00e9crit s\u2019ouvre par \u00ab Djaout, la po\u00e9sie incarn\u00e9e \u00bb. Il d\u00e9crit l\u2019ami, le coll\u00e8gue, le confr\u00e8re, l\u2019ambiance \u00e0 la r\u00e9daction : \u00abSa vocation d\u2019\u00e9crivain, il l\u2019assumait chez lui \u00e0 la maison, dans la solitude du cr\u00e9ateur, consacrant \u00e0 cet incessant retour sur l\u2019ouvrage, les week-ends, les soir\u00e9es, les cong\u00e9s et\u2026 les lundis, absence hebdomadaire fertile que je crois avoir \u00e9t\u00e9 le seul \u00e0 remarquer.\u00bb<\/p>\n<p>Je ne peux me fixer \u00e0 ces phrases du portrait de Djaout sans penser \u00e0 l\u2019acte odieux, \u00e0 l\u2019horreur de sa mort, un 26 mai 1993.<\/p>\n<p>La horde assassine a \u00f4t\u00e9 la vie \u00e0 un immense talent \u00e2g\u00e9 d\u2019\u00e0 peine 39 ans, dont son \u0153uvre et ses engagements sont ineffa\u00e7ables et d\u2019actualit\u00e9. La famille de la presse reste frapp\u00e9e par cet assassinat. Mais qu\u2019en est- il de sa famille de sang ?!<\/p>\n<p>Je me souviens par un 27 ao\u00fbt 2016, \u00e0 l\u2019enterrement de ma m\u00e8re, une femme chaleureuse et affable se pr\u00e9sente \u00e0 moi et m\u2019exprime ses vives condol\u00e9ances, c\u2019est la premi\u00e8re fois que je croise la voisine de mes parents, la veuve de Tahar Djaout. En quelques minutes, j\u2019oublie mon malheur et je revois l\u2019\u00e9crivain laissant derri\u00e8re lui trois petites gamines orphelines et une douce \u00e9pouse toute jeune.<\/p>\n<p>Mon p\u00e8re peut narrer en voisin mieux que moi ; toutefois, je peux juste t\u00e9moigner que lorsque je me rends \u00e0 la maison familiale, Ba\u00efnem, \u00e0 ce jour, je vois l\u2019\u00e2me de Tahar Djaout gisant par terre. Le ciel n\u2019avait pas d\u00e9cid\u00e9 de cet ultime voyage, mais ces \u00e9tranges \u00e9trangers patibulaires et cyniques si.<\/p>\n<p>Ce sol \u00e0 jamais endeuill\u00e9 a inscrit l\u2019empreinte de l\u2019immortel.<\/p>\n<p>Le sceau d\u2019un immortel.<\/p>\n<p>\u00abCes chers disparus ; ils me parlent maintenant ; ils me parlent. Tous les trois ; chacun des trois -Kader, M\u2019hamed, Mahfoud- ! Les morts nous parlent\u2026\u00bb Ecrivait Assia Djebar in\u00a0 \u00bb Le blanc de l\u2019Alg\u00e9rie \u00bb en \u00e9voquant M\u2019hamed, Mahfoud et \u00e9videmment Kader Alloula tous assassin\u00e9s.<\/p>\n<p>Le point commun de ces deux ouvrages, \u00ab Le blanc de l\u2019Alg\u00e9rie \u00bb et \u00ab Ma piste aux \u00e9toiles \u00bb, est cette approche commune de deux auteurs racontant l\u2019humain, cet autre, l\u2019ayant approch\u00e9 de tr\u00e8s pr\u00e8s ou de loin. En revanche, peut-on s\u2019affranchir de ses images de l\u2019horreur par l\u2019acte d\u2019\u00e9criture ? S\u00fbrement pas pour le lecteur qui encaisse de plein fouet des r\u00e9cits bouleversants et attendrissants \u00e0 la fois par tant de souvenirs parfois anecdotiques ; en parler demeure un devoir de m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Ainsi l\u2019histoire en marche de l\u2019Alg\u00e9rie se construit par ses r\u00eaves et ses cauchemars. Le crime crapuleux envers des innocents coupables juste par l\u2019acte d\u2019\u00e9crire ou de penser restera suspendu \u00e0 travers les \u00e2ges.<\/p>\n<p>Assia Djebar entame sa douleur de t\u00e9moigner par la citation de Kateb Yacine \u00abH\u00e2tez-vous d\u2019\u00e9crire, apr\u00e8s vous parlerez en anc\u00eatres\u00bb, parenth\u00e8se kat\u00e9bienne \u00e0 laquelle je souscris en cette p\u00e9riode incertaine et \u00e9trange.<\/p>\n<p>Ainsi, nos deux \u00e9crivains exigeants par la beaut\u00e9 du style, chacun \u00e0 sa fa\u00e7on, ont sculpt\u00e9 le temps pour notre m\u00e9moire alg\u00e9rienne souvent macul\u00e9e de sang, de larmes et de souvenirs douloureux afin de lire autrement notre histoire : Tahar Djaout, Abdelkader Alloula, Sa\u00efd Mekbel et autres portraits de grands noms morts ou vivants.<\/p>\n<p>J\u2019esp\u00e8re de tout c\u0153ur que ces deux ouvrages seront des sujets de th\u00e8se pour perp\u00e9tuer un travail d\u00e9j\u00e0 entam\u00e9.<\/p>\n<p>En conclusion, j\u2019aurais aim\u00e9 \u00e9voquer le dernier ouvrage de Nadjib Stambouli\u00a0 \u00bb La rancune \u00bb, roman g\u00e9n\u00e9reux et tr\u00e8s ensoleill\u00e9 malgr\u00e9 son titre -paru en 2019 aux \u00e9ditions Casbah- que je viens de terminer, mais j\u2019y reviendrai probablement avec l\u2019auteur.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ouvrage portraits \u00ab Ma piste aux \u00e9toiles \u00bb est le signe manifeste du souci qu\u2019a Nadjib Stambouli de l\u2019investissement des acteurs de la Culture dans l\u2019horizon alg\u00e9rien [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[115,190],"tags":[],"class_list":["post-7254","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-editoriaux","category-n52"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7254","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7254"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7254\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7256,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7254\/revisions\/7256"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7254"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7254"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7254"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}