{"id":7765,"date":"2021-10-16T10:39:11","date_gmt":"2021-10-16T09:39:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=7765"},"modified":"2021-10-18T10:58:53","modified_gmt":"2021-10-18T09:58:53","slug":"kader-benamara-alors-raconte-est-destine-en-premier-lieu-aux-algeriens-ils-y-recolteront-dans-une-certaine-mesure-quelques-notions-historiques-sur-des-evenements-qui-se-so","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/kader-benamara-alors-raconte-est-destine-en-premier-lieu-aux-algeriens-ils-y-recolteront-dans-une-certaine-mesure-quelques-notions-historiques-sur-des-evenements-qui-se-so\/","title":{"rendered":"Kader Benamara : \u00ab Alors, raconte\u2026 \u00bb est destin\u00e9 en premier lieu aux Alg\u00e9riens. Ils y r\u00e9colteront, dans une certaine mesure, quelques notions historiques sur des \u00e9v\u00e9nements qui se sont d\u00e9roul\u00e9s dans leur pays entre les ann\u00e9es 1930 et 1942. Cette \u00e9poque est relativement courte mais elle a \u00e9t\u00e9 si intense et si riche en p\u00e9rip\u00e9ties\u2026"},"content":{"rendered":"<p><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-7766\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/KADER.B-300x225.jpg\" alt=\"KADER.B\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/KADER.B-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/KADER.B.jpg 757w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>L\u2019ivrEscQ\u00a0: Une nouveaut\u00e9 <\/strong><strong>\u00ab\u00a0Alors, Raconte\u2026\u00a0\u00bb fraichement paru aux \u00e9ditions NewAcademicPress \u00e0 Vienne\u2026 Comment d\u00e9cririez-vous ce texte ? Dans quel genre s\u2019inscrit-il ? Une forme d\u2019enqu\u00eate ? D\u2019apaisement\u00a0? D\u2019exutoire\u00a0? De nostalgie\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Kader Benamara<\/strong>\u00a0: Ce tout dernier livre &#8211;\u00a0<strong>\u00ab\u00a0Alors, Raconte\u2026<\/strong>\u00a0\u00bb &#8211; est ce qu\u2019on pourrait dire une \u0153uvre de fiction historique. Il a comme toile de fond quelques \u00e9pisodes de l&rsquo;Histoire de l\u2019Alg\u00e9rie qui se sont d\u00e9roul\u00e9s dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du 20e si\u00e8cle. La structure sous-jacente consiste en des \u00e9v\u00e9nements et des personnages r\u00e9els et fictifs.<\/p>\n<p>J\u2019ai voulu ainsi faire revivre dans ce livre un pass\u00e9 relativement proche et recr\u00e9er l&rsquo;atmosph\u00e8re qui r\u00e9gnait pendant cette \u00e9poque. J\u2019offre au lecteur un univers ancr\u00e9 dans l&rsquo;Histoire o\u00f9 des personnages fictifs croisent des personnages historiques et tous \u00e9voluent dans un cadre scrupuleusement reconstitu\u00e9. Le pittoresque des lieux, des objets, l\u2019enchantement du d\u00e9paysement s&rsquo;additionnent \u00e0 l&rsquo;\u00e9vocation des conflits politiques et militaires, des structures sociales, des confrontations id\u00e9ologiques qui ont anim\u00e9 un moment de l\u2019histoire de l\u2019Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p>Le roman historique est aussi ancien que l&rsquo;\u00e9criture. Il y a bien longtemps que les auteurs ont commenc\u00e9 par d\u00e9crire leurs souvenirs sous cette forme. Pensons aux \u00e9crits du po\u00e8te grec Hom\u00e8re\u00a0: l\u2019Iliade et l\u2019Odyss\u00e9e\u00a0; aux \u0153uvres d&rsquo;\u00e9crivains prestigieux tels que Victor Hugo, Alexandre Dumas, et bien d\u2019autres. L\u2019\u00e9vocation du pass\u00e9 par l\u2019\u00e9criture \u00e9tait et demeure un des penchants primordiaux de l&rsquo;\u00e9crivain.<\/p>\n<p>Le roman historique est une \u0153uvre d\u2019imagination, \u00e9crite en prose, un r\u00e9cit fictif o\u00f9 l\u2019auteur cherche \u00e0 exciter l\u2019int\u00e9r\u00eat par la peinture des passions, des m\u0153urs ou par la singularit\u00e9 des intrigues.<\/p>\n<p><strong>L. : Quelles sont les caract\u00e9ristiques du roman historique\u00a0selon votre exp\u00e9rience ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>K.B.<\/strong>\u00a0: Tout d\u2019abord, il repose sur une \u00ab mise en intrigue \u00bb qui suppose une d\u00e9limitation chronologique, un fil directeur et une finalit\u00e9 d\u00e9ductive et interpr\u00e9tative. Il a ensuite pour but d\u2019\u00e9clairer et de donner du sens \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement, une situation, une p\u00e9riode historique. Il ne se propose pas de pr\u00e9senter une simple chronologie de faits. \u00c0 vrai dire, il doit montrer la dynamique d\u2019une action ou d\u2019agencement de faits. Il a un sens. Il met en sc\u00e8ne des acteurs : individuels, collectifs, concrets ou abstraits (entit\u00e9s, concepts).\u00a0Finalement,\u00a0il int\u00e8gre \u00e0 la diff\u00e9rence de la narration litt\u00e9raire une explication : toute affirmation est justifi\u00e9e, les faits sont \u00e9nonc\u00e9s et ont des r\u00e9percussions.<\/p>\n<p>Le genre a triomph\u00e9 au XIXe si\u00e8cle qui s\u2019est pench\u00e9 s\u00e9rieusement sur son Histoire.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Alors, raconte\u2026\u00a0\u00bb est destin\u00e9 en premier lieu aux Alg\u00e9riens. Ils y r\u00e9colteront, dans une certaine mesure, quelques notions historiques sur des \u00e9v\u00e9nements qui se sont d\u00e9roul\u00e9s dans leur pays entre les ann\u00e9es 1930 et 1942. Cette \u00e9poque est relativement courte mais elle a \u00e9t\u00e9 si intense et si riche en p\u00e9rip\u00e9ties. Les chapitres consacr\u00e9s \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration du centenaire de la conqu\u00eate de l\u2019Alg\u00e9rie en 1930, le Code de l\u2019indig\u00e9nat institu\u00e9 \u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle, le d\u00e9barquement alli\u00e9 en 1942 en Afrique du Nord, plus particuli\u00e8rement \u00e0 Alger, relatent des \u00e9pisodes ordinairement assez mal connus. L\u2019\u00e9poque est pleine de le\u00e7ons et de rep\u00e8res et permettra (c\u2019est un souhait) aux lecteurs de mieux appr\u00e9hender l\u2019histoire de leur pays et de s\u2019y retrouver, car l\u2019\u00e9poque contemporaine r\u00e9sonne trop de discours qui entretiennent des illusions et abonde de fables, pour ne pas dire d\u2019inepties, plus d\u2019un demi-si\u00e8cle apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance du pays.<\/p>\n<p>Le personnage principal, Hakim, mis en sc\u00e8ne dans ce livre est fictif mais c\u2019est une cr\u00e9ation qui s\u2019inspire du r\u00e9el. Il est imagin\u00e9 mais il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 vraiment invent\u00e9 ; il est le reflet d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 ; il s\u2019inspire de personnes qui ont exist\u00e9. Il occupera largement la sc\u00e8ne dans les chapitres I, II, III et IV, et interviendra par intermittence dans les chapitres qui suivront. Il sera pr\u00e9sent tout au long du r\u00e9cit et contribuera \u00e0 jeter de la lumi\u00e8re sur les \u00e9v\u00e9nements historiques se d\u00e9roulant en Alg\u00e9rie et \u00e0 leur donner plus de relief en examinant les enjeux, les liens de causalit\u00e9, la chronologie et les processus, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;ensemble de moyens et d\u2019activit\u00e9s qui transforment des causes en effets.<\/p>\n<p>Dans la Casbah o\u00f9 Hakim est n\u00e9 et o\u00f9 il habite, les conditions de vie ne sont pas propices \u00e0 une quelconque expression d\u2019all\u00e9gresse. Le taux d\u00e9mographique \u00e9lev\u00e9 et l\u2019arriv\u00e9e incessante de malheureux en provenance du bled, fuyant la mis\u00e8re, n\u2019arrangent pas des conditions de vie qui y sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9caires. La tristesse hante les rues et le ressentiment se lit sur les visages des hommes et des femmes qui r\u00e9sident dans cette vieille m\u00e9dina.<\/p>\n<p>Le r\u00e9cit pr\u00e9sent\u00e9 dans ce livre est r\u00e9aliste, tant \u00e0 travers les faits historiques qu&rsquo;il relate, mais \u00e9galement \u00e0 travers la vie quotidienne qu\u2019il d\u00e9crit. Il bascule entre r\u00e9alit\u00e9 et fiction et la fiction c\u00f4toie des moments forts de l\u2019Histoire, la respecte et se garde bien de la d\u00e9tourner ou de la pervertir.<\/p>\n<p><strong>L. : M. Benamara, vous \u00eates l\u2019enfant de la Casbah, votre \u00e2me est rest\u00e9e entach\u00e9e de ce lieu, ce temps, en plus de vos diff\u00e9rents acquis et exp\u00e9riences \u00e0 travers le monde\u2026 votre \u00e9criture est-elle universelle par votre regard muri\u00a0? Comment\u00a0? Vos ouvrages sont-ils connect\u00e9s\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>K.B.<\/strong>\u00a0: En effet, je suis n\u00e9 \u00e0 la Casbah d\u2019Alger, cette casbah si pittoresque et myst\u00e9rieuse, du moins la Casbah de mon enfance. Depuis, j\u2019ai tout comme l\u2019impression qu\u2019elle a beaucoup perdu de ses charmes ; non pas parce qu\u2019elle a vieilli mais surtout parce qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 n\u00e9glig\u00e9e, m\u00e9pris\u00e9e et laiss\u00e9e \u00e0 l\u2019abandon. Une vieille connaissance depuis disparue et qui aimait tant cette m\u00e9dina s\u2019en \u00e9tait d\u00e9sol\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 en pleurer. C\u2019\u00e9tait Himoud Brahimi dit Momo. Toute sa vie durant, il avait d\u00e9fendu, aim\u00e9, glorifi\u00e9 la Casbah. Il a vu le jour aussi en 1918, rue Kleber. Ne s\u2019exclamait-il pas dans un po\u00e8me : \u00ab\u00a0Aucun lieu sacr\u00e9 ni aucune capitale ne saurait r\u00e9unir ce que chaque matin, le lever du jour t\u2019offre comme guirlande \u00bb.<\/p>\n<p>La Casbah \u00e9tait pour le gamin que j\u2019\u00e9tais un endroit magique, de nuit comme de jour. Je m\u2019y sentais chez moi et j\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019aise parmi tous les gens ordinaires qui y vivaient. Mon impression alors \u00e9tait que le temps ne s\u2019y \u00e9coulait pas ; il \u00e9tait en suspens. Tout baignait dans le fantastique. Les adultes avaient peut-\u00eatre une autre vision de cette m\u00e9dina car ils faisaient face, eux, \u00e0 un grand nombre de tracas. La mis\u00e8re, le ch\u00f4mage, l\u2019absence d\u2019espoir causaient aux \u00e2mes humbles qui y vivaient \u00e9norm\u00e9ment de soucis. Le taux d\u00e9mographique \u00e9lev\u00e9 et l\u2019arriv\u00e9e incessante de malheureux en provenance du bled, fuyant la mis\u00e8re, n&rsquo;arrangeait pas les conditions de vie d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s pr\u00e9caires des habitants de la Casbah. Quant \u00e0 nous, enfants, nous ne faisions attention ni aux difficult\u00e9s qui tourmentaient nos a\u00een\u00e9s ni aux contraintes qu\u2019ils subissaient. Nous avions bien d\u2019autres pr\u00e9occupations. Notre imagination fertile nous aidait \u00e0 traverser les moments difficiles, sans trop de d\u00e9g\u00e2ts. L\u2019insouciance n\u2019est-elle pas le propre de l\u2019enfance et nous ne faisions pas exception.<\/p>\n<p>Je suis venu au monde en pleine Seconde Guerre mondiale et l\u2019Alg\u00e9rie \u00e9tait alors fran\u00e7aise. Le fait que je sois n\u00e9 dans un abri, alors que la ville d\u2019Alger \u00e9tait bombard\u00e9e par des avions allemands, refl\u00e9tait \u00e9loquemment l\u2019air du temps. L\u2019\u00e9poque \u00e9tait tr\u00e8s trouble et agit\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans ce livre r\u00e9cent, je d\u00e9cris l\u2019atmosph\u00e8re qui pr\u00e9valait alors et les conditions de vie des habitants de la Casbah. Un homme, Hakim, personnage principal dans le livre, un \u00eatre fictif mais qui s\u2019inspire du r\u00e9el, permet au lecteur de d\u00e9couvrir la r\u00e9alit\u00e9 de la vie en ce temps-l\u00e0. Il aide \u00e0 jeter de la lumi\u00e8re sur les \u00e9v\u00e9nements historiques qui ont marqu\u00e9 l\u2019Alg\u00e9rie. Hakim aimait tant la vieille m\u00e9dina o\u00f9 il \u00e9tait n\u00e9 et il ne l\u2019aurait pas \u00e9chang\u00e9 pour rien au monde.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 moi, parti tr\u00e8s jeune, \u00e0 peine 20 ans, pour d\u00e9couvrir le monde, oublier le cauchemar de la guerre d\u2019Alg\u00e9rie, et tenter de construire ma vie, mon lieu de naissance m\u2019est toujours tr\u00e8s cher et a une place sp\u00e9ciale dans mon c\u0153ur. La Casbah me hante encore car elle a \u00e9t\u00e9 le t\u00e9moin affectueux de mes premiers pas et de mes r\u00eaves d\u2019enfant. Depuis, j\u2019ai beaucoup vu, beaucoup appris. J\u2019estime n\u00e9anmoins, en ce qui me concerne, que tout \u00e9crivain quand il r\u00e9ussit \u00e0 toucher notre humanit\u00e9, quelle que soit la mani\u00e8re dont il \u00e9crit, est universel et intemporel. La litt\u00e9rature permet de comprendre l&rsquo;homme. Et peu importe alors l\u2019\u00e9poque et le lieu o\u00f9 l\u2019\u00e9crivain a v\u00e9cu. Il n\u2019\u00e9crit pas dans le seul but de faire profiter les lecteurs de ses talents, mais aussi pour leur permettre une meilleure connaissance des hommes et du monde.<\/p>\n<p>On \u00e9crit pour apporter un \u00e9clairage sur l\u2019histoire des hommes, sur leurs soucis, leurs inqui\u00e9tudes. Les hommes de lettres ont souvent \u00e9crit pour nous \u00e9difier sur les injustices qu\u2019ont subies les hommes, que le ph\u00e9nom\u00e8ne soit de leur culture, de leur pays ou non. La litt\u00e9rature leur permet de faire vivre le pass\u00e9 pour que personne ne l&rsquo;oublie et pour qu\u2019on puisse en tirer des le\u00e7ons.<\/p>\n<p>Tous les livres que j\u2019ai \u00e9crits apr\u00e8s avoir pris ma retraite ont des liens avec l\u2019Alg\u00e9rie, son histoire et son \u00e9volution. Jusque-l\u00e0, compl\u00e8tement immerg\u00e9 dans mes activit\u00e9s professionnelles, les livres et les articles que j\u2019ai \u00e9crits \u00e9taient concern\u00e9s par des sujets \u00e0 caract\u00e8re \u00e9conomique.<\/p>\n<p><strong>L. : Dans vos ouvrages, vous zoomez sur des acteurs m\u00e9connus \u00e0 l\u2019instar de certains Autrichiens qui n\u2019\u00e9taient pas seulement des observateurs pendant la guerre d\u2019Alg\u00e9rie, mais jouant un r\u00f4le par l\u2019art ou autres moyens en \u00e9pousant la cause alg\u00e9rienne\u2026 n\u2019a-t-on pas fini avec les r\u00e9cits du pass\u00e9 surtout quand on sait que le pass\u00e9 b\u00e2tit le pr\u00e9sent\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>K.B.\u00a0:<\/strong> J\u2019ai eu le privil\u00e8ge de voir quelques-uns de mes articles publi\u00e9s dans le magazine litt\u00e9raire<strong>\u00a0\u00ab\u00a0<\/strong>L\u2019ivrEscQ<strong>\u00a0\u00bb <\/strong>dans les ann\u00e9es 2015 et 2017. Ces articles concernaient \u00e0 la fois l\u2019Alg\u00e9rie et l\u2019Autriche, deux pays qui ont connu des moments ou des causes qui les ont rapproch\u00e9es. Je suis membre moi-m\u00eame d\u2019une association Alg\u00e9ro-Autrichienne (\u00d6AG). Elle a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1953 par un ing\u00e9nieur autrichien, Reimar Holzinger, ainsi que par des sociaux-d\u00e9mocrates autrichiens, en geste de soutien \u00e0 la lutte de lib\u00e9ration de l\u2019Alg\u00e9rie. Les fondateurs ont ainsi pr\u00eat\u00e9 leur concours dans les domaines tant politique qu\u2019humanitaire. J\u2019ai racont\u00e9 leur histoire dans un livre intitul\u00e9 \u00ab Solidarit\u00e9 en Action \u00bb, publi\u00e9 \u00e0 Alger en 2013 par les \u00c9ditions Barkat. Parmi les sociaux-d\u00e9mocrates, il faut signaler des personnalit\u00e9s comme Bruno Kreisky, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res et futur Chancelier d\u2019Autriche, Karl Blecha, ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, Rudolph Kirchl\u00e4ger, futur pr\u00e9sident de la r\u00e9publique autrichienne et bien d\u2019autres.<\/p>\n<p>Les articles en question d\u00e9crivaient des moments de rencontre sur le plan artistique entre l\u2019Alg\u00e9rie et l\u2019Autriche : un article portait sur l\u2019impact de la guerre d\u2019Alg\u00e9rie sur les \u0153uvres d\u2019un peintre viennois, Otto Rudolph Schatz\u00a0; un autre article s\u2019est pench\u00e9 sur les cr\u00e9ations artistiques d\u2019un autre artiste autrichien, un sculpteur, Friedrich Goldscheider, inspir\u00e9es par l\u2019Afrique du Nord et en particulier l\u2019Alg\u00e9rie. Un troisi\u00e8me \u00ab L\u2019Islam dans l\u2019autre Europe \u00bb portait sur le parcours d\u2019un imam viennois d\u2019origine Bosniaque, Ismail Balic, et sur son action pour promouvoir un Islam progressiste, en phase avec le monde moderne. Cet imam a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s actif dans les actions de soutien \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie combattante.<\/p>\n<p>J\u2019ai eu par ailleurs l\u2019honneur d\u2019\u00eatre invit\u00e9 par des institutions autrichiennes, comme l\u2019Institut d\u2019histoire contemporaine au sein de l\u2019universit\u00e9 de Vienne, et par des associations d\u2019intellectuels autrichiens, pour donner des conf\u00e9rences sur le th\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Histoire et en particulier celle de l\u2019Alg\u00e9rie. L\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 par les Autrichiens a \u00e9t\u00e9 remarquable et encourageant.<\/p>\n<p>D\u2019autres conf\u00e9rences avaient pour th\u00e8me les probl\u00e8mes \u00e9conomiques et financiers que conna\u00eet le monde. Je suis \u00e9conomiste de formation, ayant fait mes \u00e9tudes d\u2019\u00e9conomie aux \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 fonctionnaire au Fonds mon\u00e9taire international bas\u00e9 \u00e0 Washington D.C. pendant une douzaine d\u2019ann\u00e9es. Cette institution internationale qui regroupe 190 pays a pour objectif de \u00ab promouvoir la coop\u00e9ration mon\u00e9taire internationale, garantir la stabilit\u00e9 financi\u00e8re, faciliter les \u00e9changes internationaux, contribuer \u00e0 un niveau \u00e9lev\u00e9 d\u2019emploi, \u00e0 la stabilit\u00e9 \u00e9conomique et faire reculer la pauvret\u00e9 \u00bb. J\u2019ai ainsi \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 participer \u00e0 des colloques et s\u00e9minaires qui avaient pour but d\u2019examiner le r\u00f4le de l\u2019Europe en g\u00e9n\u00e9ral et celui de la Commission europ\u00e9enne en particulier.<\/p>\n<p>Un sujet en particulier a retenu l\u2019attention des participants a \u00e9t\u00e9 celui du n\u00e9olib\u00e9ralisme. Ce terme d\u00e9signe aujourd&rsquo;hui un ensemble d&rsquo;analyses ou de doctrines inspir\u00e9es du lib\u00e9ralisme \u00e9conomique. Elles d\u00e9noncent le poids de l&rsquo;\u00c9tat-providence dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s apr\u00e8s 1945 et de l&rsquo;accroissement des interventions publiques dans l&rsquo;\u00e9conomie ; elles mettent en avant la promotion de l&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9 au nom de la libert\u00e9 de l&rsquo;individu et du d\u00e9veloppement \u00e9conomique ; et elles appellent \u00e0 la d\u00e9r\u00e9gulation des march\u00e9s et la disparition progressive du secteur public au profit du priv\u00e9. En bref, le n\u00e9olib\u00e9ralisme est travers\u00e9 par l&rsquo;id\u00e9e selon laquelle \u00ab on gouverne toujours trop \u00bb.<\/p>\n<p>Comme les participants \u00e9taient des sociaux-d\u00e9mocrates pour la plupart, il n\u2019\u00e9tait pas surprenant de constater que leur perception du n\u00e9olib\u00e9ralisme f\u00fbt celle d&rsquo;une tendance n\u00e9gative associ\u00e9e \u00e0 la d\u00e9r\u00e9gulation, au d\u00e9mant\u00e8lement des \u00c9tats, au repli sur soi qui s&rsquo;op\u00e9rerait au d\u00e9triment du sens du politique et de la loi, de la construction de la vie en commun, de la reconnaissance mutuelle.<\/p>\n<p>Pour en revenir au dernier ouvrage publi\u00e9 au mois de septembre de cette ann\u00e9e, une grande partie de ce livre couvre des \u00e9v\u00e9nements qui se sont d\u00e9roul\u00e9s en Europe et par cons\u00e9quent en Autriche. Le r\u00e9cit parcourt la premi\u00e8re moiti\u00e9 du 20e si\u00e8cle qui a \u00e9t\u00e9 une p\u00e9riode dramatique pour ce continent. Ce fut une \u00e9poque tr\u00e8s agit\u00e9e et d\u00e9mesur\u00e9ment tourment\u00e9e. Elle a eu des cons\u00e9quences tragiques en Alg\u00e9rie m\u00eame, alors colonie fran\u00e7aise. Ces r\u00e9percussions sont d\u00e9peintes dans le livre.<\/p>\n<p>J\u2019ai lu et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 dans la r\u00e9daction de cet ouvrage par un philosophe et math\u00e9maticien autrichien, n\u00e9 \u00e0 Vienne, Ludwig Wittgenstein (1889 -1951). Son \u0153uvre majeure \u00ab\u00a0<em>le Tractatus logico-philosophicus\u00a0<\/em>\u00bb est influenc\u00e9e \u00e0 la fois par la lecture du philosophe allemand, Arthur Schopenhauer, du philosophe danois, S\u00f6ren Kierkegaard, et par le math\u00e9maticien britannique Bertrand Russell, Wittgenstein montre les limites du langage et de la facult\u00e9 de conna\u00eetre de l&rsquo;homme. Pour ce philosophe, l\u2019Histoire est un langage qui d\u00e9limite les fronti\u00e8res de notre monde. En la connaissant, il nous est permis d\u2019\u00e9largir notre vision de ce monde et aussi de voir la vie d\u2019une mani\u00e8re diff\u00e9rente. En effet, aujourd\u2019hui plus que jamais, nous risquons d\u2019oublier d\u2019o\u00f9 nous venons, qui sommes-nous, et o\u00f9 allons-nous.<\/p>\n<p><strong>L. : <\/strong><strong>Pouvez-vous expliquer le titre ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>K.B.\u00a0:<\/strong> \u00c9crire un livre, c\u2019est comme donner naissance \u00e0 un enfant. \u00c0 cette occasion, il y a un moment angoissant qui nous saisit \u00e0 l\u2019instant o\u00f9 il faut lui donner un nom. L\u2019exercice de trouver un titre n\u2019est pas anodin, il est certainement critique et lourd de sens. Je n\u2019ai pas pens\u00e9 \u00e0 un titre avant d\u2019entamer l\u2019\u00e9criture de l\u2019ouvrage. Certains \u00e9crivains l\u2019ont d\u00e9j\u00e0 en t\u00eate avant m\u00eame d\u2019avoir abord\u00e9 l\u2019\u00e9criture. Pour ce qui me concerne, il vaut mieux \u00e9tablir le titre une fois que le livre est d\u00e9finitivement termin\u00e9. Au fur et \u00e0 mesure que j\u2019avan\u00e7ais dans la r\u00e9daction de l\u2019ouvrage, des titres se pr\u00e9sentaient \u00e0 moi, nombreux. En fait, une fois que j\u2019eus termin\u00e9, j\u2019en avais s\u00e9lectionn\u00e9 cinq. Lequel choisir\u00a0? Je n\u2019\u00e9tais pas \u00e0 vrai dire satisfait. Un titre est comme une identit\u00e9, il faut qu\u2019il soit unique dans la mesure du possible et il doit informer le lecteur quant au contenu de l\u2019ouvrage. Certes, un titre ne permet pas \u00e0 lui seul de comprendre l\u2019ensemble d\u2019une synopsis, mais il peut donner n\u00e9anmoins une id\u00e9e de ce que contient le roman en question. Il doit susciter la curiosit\u00e9, donner au lecteur l\u2019envie de s\u2019int\u00e9resser au livre. Il doit contenir une part de myst\u00e8re qui pousse ce lecteur \u00e0 vouloir en savoir plus.<\/p>\n<p>J\u2019ai finalement r\u00e9solu le dilemme\u00a0en relisant r\u00e9cemment <strong><em>L\u2019Odyss\u00e9e<\/em><\/strong>, un livre qui m\u2019a toujours envout\u00e9 o\u00f9 l\u2019a\u00e8de Hom\u00e8re raconte une \u00e9pop\u00e9e grecque antique. Comme vous le savez tr\u00e8s bien, L\u2019Odyss\u00e9e relate le retour chez lui du h\u00e9ros Ulysse, qui, apr\u00e8s la guerre de Troie dans laquelle il a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant, met dix ans \u00e0 revenir dans son \u00eele d&rsquo;Ithaque. C\u2019est ainsi que j\u2019ai eu l\u2019id\u00e9e d\u2019intituler mon livre\u00a0;\u00a0\u00ab\u00a0Alors, raconte\u2026\u00a0\u00bb. Les trois points de suspension qui suivent le titre signifient tout simplement que les histoires seront nombreuses. Je me voyais comme un a\u00e8de, un rhapsode grec, un griot africain. Apr\u00e8s tout, qu\u2019est-ce qu\u2019une histoire\u00a0? C\u2019est une description narrative d\u2019un \u00e9v\u00e8nement ou d\u2019une s\u00e9quence d\u2019\u00e9v\u00e8nements. Elle peut \u00eatre vraie ou fictive. Une histoire ajoute de l\u2019\u00e9motion, des personnages aux simples faits. Elle nous captive, nous entra\u00eene et par cons\u00e9quent, tout au long de l\u2019intrigue, elle livre son message cl\u00e9.<\/p>\n<p><strong>L. : <\/strong><strong>Quelles sont vos influences litt\u00e9raires ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>K.B.\u00a0:<\/strong> Comme je l\u2019avais indiqu\u00e9 lors de la parution de mon premier livre \u2013 \u00ab\u00a0\u00c9clats de soleil et d\u2019amertume\u00a0\u00bb &#8211; je ne suis pas \u00e0 proprement parler un \u00e9crivain ou plus exactement un litt\u00e9raire, c\u2019est-\u00e0-dire une personne qui est habile dans l&rsquo;art d&rsquo;\u00e9crire ou qui en fait son m\u00e9tier.<\/p>\n<p>J\u2019ai eu une formation d\u2019\u00e9conomiste et toute ma vie professionnelle \u00e9tait ancr\u00e9e dans cette discipline. Ce n\u2019est qu\u2019une fois \u00e0 la retraite que je ne suis engag\u00e9 dans l\u2019\u00e9criture. Mon entr\u00e9e en \u00ab\u00a0litt\u00e9rature\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 tardive et inopin\u00e9e.<\/p>\n<p>Il faudrait quand m\u00eame que je l\u2019avoue que la litt\u00e9rature m\u2019a toujours fascin\u00e9. Tr\u00e8s jeune, \u00e0 20 ans, en fait, peu de temps apr\u00e8s que j\u2019eus d\u00e9cid\u00e9 de quitter le pays qui venait d\u2019acqu\u00e9rir son ind\u00e9pendance, j\u2019ai eu l\u2019agr\u00e9able surprise de voir une nouvelle que j\u2019avais r\u00e9dig\u00e9e publi\u00e9e dans un hebdomadaire alg\u00e9rien qui ne para\u00eet plus, \u00ab\u00a0R\u00e9volution africaine\u00a0\u00bb. R\u00e9cit tr\u00e8s bref qui faisait appel \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 dont j\u2019avais \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin pendant la guerre d\u2019Alg\u00e9rie. Elle mettait en sc\u00e8ne l\u2019action men\u00e9e par un seul personnage, un coiffeur dont le salon jouxtait l\u2019immeuble o\u00f9 je r\u00e9sidais. Il avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par les parachutistes fran\u00e7ais. Ramdane, c\u2019\u00e9tait son nom, \u00e9tait un militant du FLN, le front de lib\u00e9ration nationale. La nouvelle en question avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d\u2019une introduction qu\u2019un ami, \u00e9tudiant en m\u00e9decine \u00e0 l\u2019\u00e9poque, avait compos\u00e9e. Cet \u00e9tudiant s\u2019appelait Laadi Flici et avait connu une fin tragique en mars 1993, assassin\u00e9 dans son cabinet de m\u00e9decin \u00e0 la Casbah. Il habitait dans un immeuble qui faisait face au mien et il avait d\u00e9j\u00e0 fait para\u00eetre un certain nombre de po\u00e8mes. Quand il m\u2019avait soumis cette introduction, j\u2019avais ren\u00e2cl\u00e9 \u00e0 sa lecture car je la trouvais trop laudative, m\u00eame exag\u00e9r\u00e9e. Je r\u00e9ussis \u00e0 le convaincre de la modifier. En effet, il y comparait mon style \u00e0 celui de l\u2019\u00e9crivain am\u00e9ricain William Faulkner. J\u2019avais lu quelques livres de cet \u00e9crivain et inconsciemment peut-\u00eatre j\u2019avais \u00e9t\u00e9 conquis par l\u2019usage qu\u2019il faisait de la technique du flashback, ou retour en arri\u00e8re, cette technique qui \u00e9tait un bon moyen d\u2019ajouter de la profondeur \u00e0 un \u00e9crit, de d\u00e9voiler un peu au lecteur les personnages d\u2019un roman. C\u2019est un proc\u00e9d\u00e9 d&rsquo;\u00e9criture qui, au sein de la continuit\u00e9 narrative, introduit une action qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e chronologiquement avant la p\u00e9rip\u00e9tie en cours.<\/p>\n<p>J\u2019ai eu des rencontres multiples avec des influences tr\u00e8s diverses. Comme disait le po\u00e8te anglais (1572-1631) John Donne qui affirmait dans l&rsquo;un de ses textes majeurs que \u00ab\u00a0No man is an Iland, intire of it selfe; every man is a peece of the Continent, a part of the maine \u00bb, \u00ab Nul homme n\u2019est une \u00eele, un tout en soi ; chaque homme est part du continent, part du large\u00a0\u00bb. Mes premi\u00e8res influences litt\u00e9raires remontent \u00e0 la jeune enfance. Ma premi\u00e8re d\u00e9couverte fut faite dans la lecture des fables du po\u00e8te fran\u00e7ais Jean de La Fontaine et dans les contes populaires allemands des fr\u00e8res Jacob et Wilhelm Grimm.<\/p>\n<p>Il y avait \u00e0 Alger, pr\u00e8s du centre-ville une biblioth\u00e8que municipale ou je me rendais souvent. J\u2019\u00e9tais \u00e9merveill\u00e9 par tous les ouvrages qui remplissaient les \u00e9tag\u00e8res. Je les lisais sur place car je ne pouvais les emprunter\u00a0; le syst\u00e8me de pr\u00eat n\u2019\u00e9tait pas appliqu\u00e9 dans cette biblioth\u00e8que \u00e0 cette \u00e9poque. Apr\u00e8s cela, j\u2019ai d\u00e9couvert la vaste \u0153uvre des contes des \u00ab\u00a0Mille et Une Nuits.\u00a0\u00bb C\u2019est ensuite la rencontre avec Victor Hugo pour qui j\u2019ai toujours eu de l\u2019admiration, Alexandre Dumas, et d\u2019autres auteurs fran\u00e7ais. Vinrent plus tard d\u2019autres \u00e9crivains, des am\u00e9ricains pour la plupart. Je fis connaissance d\u2019Edgard Allan Poe, une des principales figures du romantisme am\u00e9ricain\u00a0; Nathaniel Hawthorne dont les nouvelles sont g\u00e9n\u00e9ralement des all\u00e9gories morales avec une repr\u00e9sentation picturale du monde, riche et fantastique\u00a0; Fenimore Cooper, romancier et nouvelliste. Ce dernier \u00e9tait auteur d&rsquo;histoires sur l&rsquo;aventure de la fronti\u00e8re, ce que les Am\u00e9ricains d\u00e9signaient du terme de Wild West, et il est souvent consid\u00e9r\u00e9 comme le p\u00e8re des romans d&rsquo;aventure. Un livre en particulier avait fait une grande impression sur moi. Il \u00e9tait d\u2019une autrice am\u00e9ricaine, Margaret Mitchell. Son ouvrage, \u00ab\u00a0Autant en emporte le vent\u00a0\u00bb, est une grande fresque historique sur la guerre de S\u00e9cession tout en \u00e9tant un roman d&rsquo;amour.<\/p>\n<p>Plus tard, en pleine guerre d\u2019Alg\u00e9rie, j\u2019\u00e9tais tr\u00e8s attir\u00e9 par les \u00e9crits sur cet \u00e9pisode tragique qu\u2019a connu notre pays. J\u2019avais trouv\u00e9 un moyen d\u2019y avoir acc\u00e8s gr\u00e2ce \u00e0 quelqu\u2019un qui est devenu mon ami malgr\u00e9 la diff\u00e9rence d\u2019\u00e2ge et d\u2019opinion\u00a0; un gars de mon quartier qui avait choisi de s\u2019enr\u00f4ler dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Il \u00e9tait lieutenant dans un corps sp\u00e9cial, celui des b\u00e9rets noirs. Il se d\u00e9brouillait pour me procurer des livres interdits en Alg\u00e9rie. Il est mort dans un accrochage avec des patriotes alg\u00e9riens en 1961. C\u2019est ainsi que j\u2019ai pu lire \u00ab\u00a0La Pacification \u00bb de Hafid Keramane, \u00ab\u00a0L\u2019Alg\u00e9rie hors la loi\u00a0\u00bb de Francis Jeanson, \u00ab\u00a0La Question\u00a0\u00bb d\u2019Henri Alleg et \u00ab\u00a0La Gangr\u00e8ne\u00a0\u00bb, un t\u00e9moignage de cinq \u00e9tudiants alg\u00e9riens tortur\u00e9s par la police fran\u00e7aise. Je suis ainsi pass\u00e9 des influences litt\u00e9raires \u00e0 l\u2019influence de l\u2019histoire et mes derniers \u00e9crits ont refl\u00e9t\u00e9 cet ascendant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Un nouveau livre de Kader Benamara vient de para\u00eetre aux \u00e9ditions NewAcademicPress \u00e0 Vienne, Autriche.<\/p>\n<p>Intitul\u00e9 <strong>Alors, raconte\u2026<\/strong> Des histoires alg\u00e9riennes, il est disponible sur Amazon. Chez le m\u00eame \u00e9diteur viennois d\u2019un autre livre paru en f\u00e9vrier 2021 : Alilou \u2013 <strong>L\u2019homme et sa circonstance- Guerre d\u2019Alg\u00e9rie et bleu\u00efte.<\/strong><\/p>\n<p>Les histoires rapport\u00e9es dans ce dernier livre couvrent des \u00e9v\u00e9nements qui ont beaucoup marqu\u00e9 \u00e0 un certain moment l\u2019Alg\u00e9rie. Se plonger dans cette p\u00e9riode particuli\u00e8re de l\u2019histoire de ce pays, et s\u2019y mouvoir librement, est la promesse d\u2019une r\u00e9colte de riches enseignements. Le projet est simple et consiste en des p\u00e9r\u00e9grinations, des avatars et des p\u00e9rip\u00e9ties br\u00fblantes.<\/p>\n<p>Ce qui est propos\u00e9 ici au lecteur est une entreprise captivante \u00e0 travers l\u2019Histoire, cette connaissance du pass\u00e9 qui n\u2019est rien d\u2019autre que le mouvement des choses.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ivrEscQ\u00a0: Une nouveaut\u00e9 \u00ab\u00a0Alors, Raconte\u2026\u00a0\u00bb fraichement paru aux \u00e9ditions NewAcademicPress \u00e0 Vienne\u2026 Comment d\u00e9cririez-vous ce texte ? Dans quel genre s\u2019inscrit-il ? Une forme d\u2019enqu\u00eate ? D\u2019apaisement\u00a0? 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