{"id":7815,"date":"2022-02-07T09:57:39","date_gmt":"2022-02-07T08:57:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=7815"},"modified":"2022-02-16T15:06:11","modified_gmt":"2022-02-16T14:06:11","slug":"assia-djebar-6-fevrier-2022-sept-ans-apres-sa-disparation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/assia-djebar-6-fevrier-2022-sept-ans-apres-sa-disparation\/","title":{"rendered":"Assia Djebar : 6 f\u00e9vrier 2022, sept ans apr\u00e8s sa disparation!!!"},"content":{"rendered":"<p><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-7798\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/assia-djebar-2-tre\u0301te\u03013-300x204.jpg\" alt=\"assia-djebar-2-tre\u0301te\u03013\" width=\"300\" height=\"204\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/assia-djebar-2-tre\u0301te\u03013-300x204.jpg 300w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/assia-djebar-2-tre\u0301te\u03013-768x523.jpg 768w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/assia-djebar-2-tre\u0301te\u03013-1024x698.jpg 1024w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/assia-djebar-2-tre\u0301te\u03013.jpg 1202w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>Interview r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019\u00e9mission MAG \u2013radio Alger chaine III avec Nadia Sebkhi (auteure de l\u2019essai \u00ab\u00a0Assia Djebar, Sur les traces d\u2019une femme engag\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>\u00a0E. MAG\u00a0<\/strong><\/span><strong><span style=\"color: #ff0000;\">:<\/span> Aujourd\u2019hui, 6 f\u00e9vrier 2022, sept ans apr\u00e8s la disparition de Assia Djebar, qu\u2019\u00e9voque pour vous la romanci\u00e8re en ce jour, vous, auteure de l\u2019essai \u00ab Assia Djebar, Sur les traces d\u2019une femme engag\u00e9e \u00bb\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Nadia Sebkhi\u00a0:<\/strong><\/span> Je rappelle que <strong>Assia Djebar,<\/strong> romanci\u00e8re, cin\u00e9aste, journaliste est une auteure des plus importantes du XXIe si\u00e8cle (1936-2015) avec une \u0153uvre importante (1957-2007). Dans mon essai \u00ab\u00a0Assia Djebar, Sur les traces d\u2019une femme engag\u00e9e\u00a0\u00bb, je tente de zoomer les 5 d\u00e9cennies de l\u2019\u00e9criture. Il y a \u00e0 comprendre et s\u2019inspirer d\u2019une plume. Un talent. Il suffit de lire \u00ab\u00a0L\u2019amour, la fantasia\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Nulle part dans la maison de mon p\u00e8re\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Le blanc de l\u2019Alg\u00e9rie\u00a0\u00bb, etc. pour d\u00e9celer la d\u00e9cence, l\u2019\u00e9l\u00e9gance, l\u2019obsession, et surtout l\u2019\u00e9mancipation dans sa qu\u00eate de l\u2019\u00e9criture. Elle-m\u00eame dira, je cite\u00a0dans <em>L\u2019amour, la fantasia<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0<strong><em>Ecrire en langue \u00e9trang\u00e8re, hors de l\u2019oralit\u00e9 des deux langues de ma r\u00e9gion natale \u2013le berb\u00e8re des montagnes du Dahra et l\u2019arabe de ma ville\u2013, \u00e9crire m\u2019a ramen\u00e9e aux cris des femmes sourdement r\u00e9volt\u00e9es de mon enfance, \u00e0 ma seule origine. Ecrire ne tue pas la voix, mais la r\u00e9veille, surtout pour ressusciter tant de s\u0153urs disparues<\/em><\/strong>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #ff0000;\">E. MAG\u00a0\u00a0:<\/span> Assia Djebar est connue \u00e0 l\u2019\u00e9tranger aussi\u2026<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>N. S.\u00a0:<\/strong> <\/span>Evoquer Assia Djebar, c\u2019est porter un int\u00e9r\u00eat sur tout un monde qui bouge. La litt\u00e9rature mondiale veut qu\u2019\u00e0 chaque fois qu\u2019une voix \u00e9merge d\u2019une contr\u00e9e, d\u2019une g\u00e9ographie, on s\u2019int\u00e9resse \u00e0 cette voix et ce qui va avec. Il y a moult exemple \u00e0 donner, \u00e0 l\u2019exemple de l\u2019\u00e9crivain tanzanien nob\u00e9lis\u00e9 de 2021, ABULRAZAK GURNAH. Gr\u00e2ce \u00e0 la cons\u00e9cration d\u2019un \u00e9crivain quelque peu, peu connu, on s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la Tanzanie. Il suffit de voyager pour voir ses livres ici et l\u00e0. Une d\u00e9couverte de sa contr\u00e9e. Une r\u00e9v\u00e9lation d\u2019un ton. D\u2019une contr\u00e9e. En fait, un \u00e9crivain interroge la vie, le temps, les lieux et ce qui anime la vie. Assia Djebar est la voix de l\u2019Alg\u00e9rie de 1957, date de son premier roman \u00e0 2015, date de sa disparition o\u00f9 elle est enterr\u00e9e dans sa terre qui lui est si ch\u00e8re, \u00e0 son lieu, Cherchell. Elle, qui a \u00e9crit \u00ab\u00a0Nulle part dans la maison de mon p\u00e8re\u00a0\u00bb. Elle est nulle part dans la maison de son p\u00e8re, et a ce rapport \u00e0 la terre presque, j\u2019ai envie de dire, profond, passionnel.<\/p>\n<p>En fait, je cite un prix nobel, \u00e0 bon escient, car Assia Djebar \u00e9tait plusieurs fois cit\u00e9e parmi les \u00e9crivains consacr\u00e9s au nobel, notamment en 2008 ou en 2012 lorsque le prix a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9 au po\u00e8te su\u00e9dois Tomas Transtr\u00f6mer. La presse mondiale en t\u00e9moigne de l\u2019\u00e9vocation de Assia Djebar, de surcroit en cette m\u00eame ann\u00e9e 2012, les \u00e9ditions Le Seuil publie \u00ab\u00a0Les enfants du nouveau monde\u00a0\u00bb, paru en 1962 quelque mois avant l\u2019ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p>In fine l\u2019\u0153uvre et la cause litt\u00e9raire de la romanci\u00e8re nous rappelle celle de la romanci\u00e8re am\u00e9ricaine TONI MORRISON qui creuse dans l\u2019identit\u00e9 de l\u2019Afro-Am\u00e9ricaine, ou celle Nadine Gordimer, la sud-africaine, femme blanche qui d\u00e9fend les opprim\u00e9s Noirs, toutes deux prim\u00e9es du Nobel comme on peut citer d\u2019autres. Assia Djebar a toute sa place parmi ses auteures. De surcroit son sujet puise est un kal\u00e9idoscope de plusieurs facettes concernant la femme, par excellence\u00a0: Femme-patrie, Femme-m\u00e8re, Femme-\u00e9trang\u00e8re, Femme-silence, Femme-a\u00efeule, Femme-corps en transe, Femme-libert\u00e9, Femme-voilement, Femme-d\u00e9voilement, Femme-Histoire\u2026 il y a cette rigueur et exigence qui ressort de son travail. Son \u0153uvre demeure la voix des femmes battantes ou effac\u00e9es, rebelles ou soumises, gardiennes des traditions ou lib\u00e9r\u00e9es. Elle n\u2019a pas cess\u00e9, en fait, de nous interpeller\u00a0!<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #ff0000;\">E. MAG\u00a0\u00a0:<\/span> En fait, au fil du temps, les souvenirs rejaillissent et font surface dans la fonction de l\u2019\u00e9criture\u2026<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>N. S.\u00a0:<\/strong><\/span> En effet, au fil du temps, les souvenirs rejaillissent et font surface dans la fonction de l\u2019\u00e9criture, comme vous dites, ou m\u00eame du cin\u00e9ma. D\u2019ailleurs la romanci\u00e8re-r\u00e9alisatrice sait que le pouvoir de la cam\u00e9ra convoque et perturbe le repos des anc\u00eatres, comme elle montre dans la troisi\u00e8me partie de <strong>Vaste est la prison<\/strong> ou encore dans \u00ab\u00a0<strong><em>La Zerda, ou les chants de l\u2019oubli<\/em><\/strong>\u00bb r\u00e9compens\u00e9 au festival de Berlin de 1983. Assia Djebar ressort l\u2019amour, le corps. Ce corps langage de l\u2019\u00e2me, de l\u2019esprit et des sens. Elle tarde sur le mouvement rythm\u00e9s ou saccad\u00e9s du corps par la danse.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #ff0000;\">E. MAG\u00a0:<\/span> Assia Djebar avait plusieurs casquettes en plus de ses \u00e9crits\u2026<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>N. S.\u00a0\u00a0:<\/strong><\/span> Effectivement l\u2019\u00e9crivaine avait plusieurs casquettes en tant que pr\u00e9faci\u00e8re de Nawel Saadawi \u00ab\u00a0Ferdaous, une voix en enfer\u00a0\u00bb ou la pr\u00e9face du \u00ab\u00a0Dictionnaire des mots fran\u00e7ais d&rsquo;origine arabe\u00a0\u00bb de Salah Guemriche. Elle \u00e9tait passionn\u00e9e de la \u00ab\u00a0culture picturale\u00a0\u00bb aussi comme on le per\u00e7oit dans \u00ab\u00a0Les Femmes d\u2019Alger dans leur appartement\u00a0\u00bb clin d\u2019\u0153il \u00e0 Eug\u00e8ne de la Croix. Elle \u00e9crit un magnifique texte sur Baya paru dans le Nouvel Observateur (Paris), en janvier 1985. Texte m\u00e9connu. (Il est publi\u00e9 dans le magazine \u00ab\u00a0L\u2019ivrEscQ\u00a0\u00bb, un sp\u00e9cial num\u00e9ro consacr\u00e9 \u00e0 Assia Djebar.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #ff0000;\">E. MAG\u00a0\u00a0:<\/span> Un mot de la fin\u2026<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>N. S.\u00a0:<\/strong> <\/span>En conclusion\u00a0: J\u2019aime bien lorsque l\u2019\u00e9crivaine emprunte la parenth\u00e8se de Kateb Yacine \u00ab <strong><em>H\u00e2tez-vous de mourir, apr\u00e8s vous parlerez en anc\u00eatre\u2026<\/em><\/strong> \u00bb. Aujourd\u2019hui, sept ans apr\u00e8s sa disparition, \u00e9trangement ses livres, ses textes, ses articles, ses films nous parlent en a\u00efeule, en anc\u00eatres. Elle a laiss\u00e9 derri\u00e8re elle un legs\u00a0; puisque la biblioth\u00e8que de Tipaza, o\u00f9 Camus la st\u00e8le de Camus n\u2019est pas loin, est baptis\u00e9e Assia Djebar en 2018, nous souhaitons que ce lieu, soit un lieu des d\u00e9bats litt\u00e9raires, des signatures digne de ce nom. Une autre biblioth\u00e8que \u00e0 Paris porte son nom.<\/p>\n<p>Il y a aussi Le grand prix litt\u00e9raire alg\u00e9rien portant son nom depuis 2015 r\u00e9compensant des romans publi\u00e9s en Alg\u00e9rie dans les 3 langues amazigh, en arabe et en fran\u00e7ais. Esp\u00e9rant que ce prix litt\u00e9raire r\u00e9siste et puisse revoir le jour pour le nom qu\u2019il porte et pour la force qu\u2019il a instill\u00e9 \u00e0 notre litt\u00e9rature alg\u00e9rienne contemporaine. Il y a des th\u00e8ses sur Assia Djebar par des chercheurs en Alg\u00e9rie et un peu partout dans le monde comme en Egypte ou ailleurs en USA, que j\u2019ai rencontr\u00e9s.\u00a0Une voix de femme de l\u2019Alg\u00e9rie. Une voix de femme pr\u00f4nant l\u2019universalisme que son \u00e2me repose en paix aupr\u00e8s de tous ceux qu\u2019elle a \u00e9voqu\u00e9 dans son ouvrage \u00ab\u00a0Le Blanc de l\u2019Alg\u00e9rie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-7814 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/269750679_478104740587764_827701082000994619_n-1-164x300.jpg\" alt=\"269750679_478104740587764_827701082000994619_n\" width=\"164\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/269750679_478104740587764_827701082000994619_n-1-164x300.jpg 164w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/269750679_478104740587764_827701082000994619_n-1.jpg 391w\" sizes=\"auto, (max-width: 164px) 100vw, 164px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Interview r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019\u00e9mission MAG \u2013radio Alger chaine III avec Nadia Sebkhi (auteure de l\u2019essai \u00ab\u00a0Assia Djebar, Sur les traces d\u2019une femme engag\u00e9e\u00a0\u00bb. \u00a0E. MAG\u00a0: Aujourd\u2019hui, 6 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[1,5,198],"tags":[],"class_list":["post-7815","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-une","category-litterature-algerienne","category-n59"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7815","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7815"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7815\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7820,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7815\/revisions\/7820"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7815"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7815"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7815"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}