{"id":797,"date":"2010-03-15T23:41:02","date_gmt":"2010-03-15T22:41:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=797"},"modified":"2011-02-28T16:58:47","modified_gmt":"2011-02-28T15:58:47","slug":"marilyn-dernieres-seances-de-michel-shneider","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/marilyn-dernieres-seances-de-michel-shneider\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Marilyn derni\u00e8res s\u00e9ances\u00a0\u00bb de Michel Shneider"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-798\" style=\"margin-left: 5px; margin-right: 5px;\" title=\"michel-shneider-1\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/02\/michel-shneider-11.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"263\" align=\"left\" \/><\/p>\n<h1 style=\"text-align: justify;\">Au sommet de la gloire, l\u2019actrice am\u00e9ricaine, Marilyn Monroe, consid\u00e9r\u00e9e comme la femme la plus c\u00e9l\u00e8bre au monde, avait \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e inerte, allong\u00e9e, nue, le visage tourn\u00e9 vers le drap, tenant le t\u00e9l\u00e9phone de la main droite. \u00ab C\u2019\u00e9tait sa voix qu\u2019avait entendu l\u2019officier de police Jack Clemmons, de veille au commissariat de West Los Angeles la nuit du 4 au 5 ao\u00fbt 1962, lorsqu\u2019un appel venant du quartier de Brentwood avait retenti \u00e0 quatre heures vint-cinq du matin. \u00ab Marilyn Monroe est morte d\u2019une surdose \u00bb, avait d\u00e9clar\u00e9 une voix d\u2019homme \u00e9teinte. Et lorsque le policier abasourdi avait demand\u00e9 : \u00ab Quoi ? \u00bb, la m\u00eame voix, forc\u00e9e et presque emphatique, avait r\u00e9p\u00e9t\u00e9 : Marilyn Monroe est morte. Elle s\u2019est tu\u00e9e. \u00bb<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">La voix annon\u00e7ant la tragique disparition de l\u2019ic\u00f4ne hollywoodienne \u00e9tait celle de son dernier th\u00e9rapeute, le psychanalyste Ralph Greeson. Il a \u00e9t\u00e9 la derni\u00e8re personne \u00e0 l\u2019avoir vue vivante et la premi\u00e8re \u00e0 l\u2019avoir trouv\u00e9e morte. Pour ce, il a \u00e9t\u00e9 soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019avoir commis le crime, ou encore d\u2019y avoir contribu\u00e9.<br \/>\nBas\u00e9 sur des personnages et faits r\u00e9els, reproduisant les propos \u00e9chang\u00e9s avec une extr\u00eame exactitude, m\u00ealant r\u00e9alit\u00e9 et fiction, l\u2019auteur fran\u00e7ais, Michel Shneider, fait de son ouvrage, Marilyn derni\u00e8res s\u00e9ances, un roman qui lui a valu le prix interalli\u00e9 2006. Sans avoir la pr\u00e9tention (l\u2019ambition) de mettre \u00e0 nu l\u2019identit\u00e9 de celui qui a tu\u00e9 Marilyn Monroe, il essaye d\u2019expliquer les \u00e9v\u00e8nements ambigus de la nuit o\u00f9 l\u2019actrice a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e morte et \u00e0 comprendre le pourquoi de sa mort. \u00ab Je ne me demande pas qui ? Je me demande : qu\u2019est-ce qui a tu\u00e9 Marilyn ? Le cin\u00e9ma, la maladie mentale, la psychanalyse, l\u2019argent, la politique \u00bb.<br \/>\nSi le roman est une sorte de m\u00e9ditation sur l\u2019envers d\u2019Hollywood, s\u2019il dresse le portrait de Maryline Monroe -d\u00e9peinte cultiv\u00e9e et intelligente, mais angoiss\u00e9e, d\u00e9lirante, anxieuse, d\u00e9pressive, ruin\u00e9e par la drogue, les relations sexuelles et le monde cin\u00e9matographique-, il soul\u00e8ve avant tout une r\u00e9flexion, et non des moindres, sur les exc\u00e8s et les limites de la psychanalyse.<br \/>\nMarilyn Monroe souffrait du conflit entre l\u2019image et les mots. Face \u00e0 une cam\u00e9ra, elle b\u00e9gayait, bafouillait et ne parvenait pas \u00e0 donner l\u2019image qui corresponde aux mots qu\u2019on lui faisait dire.<br \/>\nPour surmonter sa d\u00e9tresse, ses troubles et ses angoisses qui la paralysaient sur les plateaux, l\u2019actrice hollywoodienne a eu recours \u00e0 une th\u00e9rapie psychanalytique.<br \/>\nApr\u00e8s Margaret Hohenberg, Marianne Kris, et la propre fille de Freud, Anna, elle s\u2019\u00e9tait rendue, en janvier 1960, au cabinet du Dr Ralph Greeson : \u00ab Elle si belle ; moi plut\u00f4t ingrat. La blonde vaporeuse et le docteur des noirceurs, quel couple\u2026 \u00bb<br \/>\nPendant trente mois, s\u2019est nou\u00e9e entre eux une relation des plus complexes, ambigu\u00ebs et troubles. Une sorte de relation amoureuse sans rapports charnels, mais bien plus d\u00e9vorante.<br \/>\n\u00ab La passion est un amour \u00e0 mort. Greeson et Marilyn \u00e9taient attach\u00e9s par l\u2019amour et la mort, mais ils n\u2019avaient pas fait l\u2019amour. Il leur restait \u00e0 faire la mort. Ensemble ou chacun pour soi \u00bb. Elle est devenue accro \u00e0 Greeson, comme \u00e0 sa drogue, aux somnif\u00e8res et au sexe.<br \/>\nElle se rendait fr\u00e9quemment, puis abusivement, \u00e0 son cabinet m\u00e9dical, \u00e0 raison de deux \u00e0 trois s\u00e9ances par jour, sept jours sur sept, essentiellement \u00e0 la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dant sa mort.<br \/>\nQuant \u00e0 Greeson, il avait d\u00e9velopp\u00e9 une sorte de d\u00e9pendance aux \u00ab n\u00e9vroses \u00bb de Marilyn. Il en est devenu obs\u00e9d\u00e9. Elle semblait l\u2019int\u00e9resser au point qu\u2019il l\u2019accueillait dans sa famille, bafouant ainsi toutes les r\u00e8gles de l\u2019\u00e9cole freudienne. Il s\u2019immis\u00e7ait dans sa vie professionnelle, g\u00e9rait sa carri\u00e8re, exigeait des changements dans les sc\u00e9narios. \u00ab Greeson tentait de concilier les int\u00e9r\u00eats de son h\u00e9ritage intellectuel avec ceux de sa patiente dont il \u00e9tait devenu l\u2019agent et g\u00e9rait les enjeux de sa carri\u00e8re et les contrats financiers \u00bb.<br \/>\nAu fil du temps, elle \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 lui transmettre sa fascination pour les films et les images, et lui, le pouvoir des mots : \u00ab Ils avaient \u00e9chang\u00e9 leurs id\u00e9aux et chacun avait pris le sympt\u00f4me de l\u2019autre. L\u2019analyste s\u2019\u00e9tait pris dans une fascination croissante pour les films et pour sa propre image. Il \u00e9vitait les patients et les colloques et passait son temps dans les couloirs de la 20th Century Fox. Marilyn parlait plus, et quand elle avait un interlocuteur \u00e0 qui se fier, elle trouvait ses mots. Les images lui faisaient peur \u00bb.<br \/>\nCe qui s\u2019est jou\u00e9 entre les deux protagonistes ne pouvait avoir, pour Marilyn, qu\u2019une fin passionnelle \u00ab confondant la fin de l\u2019amour \u00e0 l\u2019id\u00e9e de la mort \u00bb. \u00ab Je l\u2019ai aim\u00e9e pour ses failles, pour ses peurs\u00bb, n\u2019a cess\u00e9 de dire Greeson. Certainement, mais d\u2019un amour tuant ! Ce qui est certain, c\u2019est que la mort de Marilyn Monroe restera \u00e0 tout jamais un myst\u00e8re !<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Suite de l\u2019entretien dans la version papier<\/span><a href=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?page_id=8\" target=\"_self\"><br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\">abonnez-vous \u00e0 L&rsquo;ivrEscQ<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au sommet de la gloire, l\u2019actrice am\u00e9ricaine, Marilyn Monroe, consid\u00e9r\u00e9e comme la femme la plus c\u00e9l\u00e8bre au monde, avait \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e inerte, allong\u00e9e, nue, le visage tourn\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[6,131],"tags":[],"class_list":["post-797","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-litterature-hors-frontieres","category-n-5"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/797","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=797"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/797\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1360,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/797\/revisions\/1360"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=797"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=797"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=797"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}