{"id":828,"date":"2010-05-15T20:09:11","date_gmt":"2010-05-15T19:09:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=828"},"modified":"2011-03-13T14:08:16","modified_gmt":"2011-03-13T13:08:16","slug":"voix-de-femmes-de-l%e2%80%99intime-au-collectif-des-maisons-et-des-exils","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/voix-de-femmes-de-l%e2%80%99intime-au-collectif-des-maisons-et-des-exils\/","title":{"rendered":"\u00abVoix de femmes\u00bb de Suzanne el Farah el Kenz. De l\u2019intime au collectif : Des maisons et des exils"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-831\" title=\"suzanne-el-farrah-el-kenz-1\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/suzanne-el-farrah-el-kenz-1.jpg\" alt=\"\" width=\"610\" height=\"335\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/suzanne-el-farrah-el-kenz-1.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/suzanne-el-farrah-el-kenz-1-300x164.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/h1>\n<h1 style=\"text-align: justify;\">L\u2019auteure de ce r\u00e9cit poignant et authentique revisite sa terre natale, la palestine, \u00e0 travers ses lieux intimes expropri\u00e9s : la maison maternelle du N\u00e9guev et celle de son enfance \u00e0 Ghazza. Son d\u00e9sir de voir ses enfants grandir dans son pays d\u2019adoption, l\u2019Alg\u00e9rie, bute sur un autre exil dans les ann\u00e9es 90 : Nantes.<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019auteure a quinze ans quand, avec sa m\u00e8re et son petit fr\u00e8re, elle revient d\u2019un riche pays p\u00e9trolier o\u00f9 travaille le p\u00e8re, pour visiter la maison maternelle, celle du N\u00e9guev \u00e0 Beer Sheva. La maison a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e dans son intimit\u00e9. La m\u00e8re qui en conna\u00eet le moindre recoin est d\u00e9sarm\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019auteure-narratrice trouve ses marques en Alg\u00e9rie. A l\u2019universit\u00e9, elle est immerg\u00e9e dans les revendications estudiantines et rencontre ses compatriotes exil\u00e9s. Mais elle y rencontre surtout l\u2019amour de celui qu\u2019elle nomme son \u00ab Tr\u00e9sor \u00bb, son \u00e9poux Ali el Kenz, intellectuel, sociologue, un amour, une union au coeur de l\u2019intifadha et la trag\u00e9die de Sabra et Chatila de 1982. A cette trag\u00e9die originelle, s\u2019ajoute celle de l\u2019Alg\u00e9rie des ann\u00e9es quatre vingt dix, ensanglant\u00e9e, ses intellectuels \u00ab fils du pays \u00bb, assassin\u00e9s ou contraints \u00e0 la \u00abvalise\u00bb. C\u2019est d\u2019abord la Tunisie puis la France, \u00e0 Nantes o\u00f9 l\u2019auteure apprend la mort de sa m\u00e8re orpheline du N\u00e9guev. Des exils se superposent, se s\u00e9dimentent, se t\u00e9lescopent : \u00ab Le N\u00e9guev loin derri\u00e8re, Alger La Blanche n\u2019est que brume ; Ghazza poussi\u00e8re. Nantes est clean : de l\u2019ennui aseptis\u00e9 \u00bb Mais l\u2019appel-pri\u00e8re de Beer Sheva est comme une pri\u00e8re d\u2019aube d\u2019un muezzin de J\u00e9rusalem.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans \u00abGhazza, l\u2019obession 2009\u00bb, po\u00e9tique, \u00e9l\u00e9giaque, l\u2019auteure psalmodie sa ville natale, personnifi\u00e9e, comme en un retour au \u00ab ventre-m\u00e8re \u00bb, la ville martyre, la ville h\u00e9ro\u00efque, la ville bombard\u00e9e, la ville des siens, la ville Sphinx : \u00ab Encore Ghaza. Toujours Ghaza. Ghaza de nouveau. Elle revient comme un boomerang. D\u00e9termin\u00e9e \u00e0 frapper et pr\u00eate \u00e0 mourir. Oui, mais elle meurt et vit en m\u00eame temps. Hostile et accueillante \u00e0 la fois, meurtrie, sanguinolente, la chair en lambeaux. Mais elle crie comme de joie, ma Ghazza. Ma Ghazza ! \u00bb. De Nantes, l\u2019auteure entreprend un deuxi\u00e8me voyage au N\u00e9guev pour honorer la m\u00e9moire maternelle. Pour transmettre l\u2019h\u00e9ritage du lieu perdu \u00e0 une autre g\u00e9n\u00e9ration. L\u2019auteure narratrice n\u2019y r\u00e9siste pas. Moins par nostalgie, plus par le d\u00e9sir de se retremper dans l\u2019humus de son peuple, des siens et d\u2019initier son fils aux rigueurs des racines d\u00e9faites mais toujours vivaces. Elle lui tient la main comme le fit sa m\u00e8re pour elle devant la maison du N\u00e9guev \u00e0 jamais disparue. Son fils d\u00e9couvre les siens dans un pays emmur\u00e9 mais d\u00e9bordant d\u2019\u00e9nergie. L\u2019auteure-narratrice ressent \u00ab une immense joie \u00bb l\u2019envahir dans les rues de J\u00e9rusalem malgr\u00e9 le Mur. Pourtant, une hantise l\u2019habite : \u00ab Ma hantise \u00e9tait de passer pour une \u00e9trang\u00e8re. Je voulais qu\u2019ils ( les gens) soient persuad\u00e9s que j\u2019\u00e9tais d\u2019ici depuis l\u2019aube des temps, que j\u2019\u00e9tais l\u2019une des leurs, que je ne m\u2019\u00e9tais jamais \u00e9cart\u00e9e de leur chemin, que j\u2019avais toujours partag\u00e9 leurs joies et leurs peines\u2026 Que ni mes anc\u00eatres, ni moi-m\u00eame, n\u2019avions jamais quitt\u00e9 ces lieux ch\u00e9ris\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019auteure de ce r\u00e9cit poignant et authentique revisite sa terre natale, la palestine, \u00e0 travers ses lieux intimes expropri\u00e9s : la maison maternelle du N\u00e9guev et celle [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[4,132],"tags":[],"class_list":["post-828","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-dossier","category-n-6"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/828","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=828"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/828\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":830,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/828\/revisions\/830"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=828"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=828"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=828"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}