{"id":847,"date":"2010-05-15T23:30:12","date_gmt":"2010-05-15T22:30:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=847"},"modified":"2011-02-06T23:37:51","modified_gmt":"2011-02-06T22:37:51","slug":"christian-bobin-le-tres-bas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/christian-bobin-le-tres-bas\/","title":{"rendered":"Christian Bobin :\u00abLe Tr\u00e8s-Bas\u00bb"},"content":{"rendered":"<h6>L\u2019explorateur du silence<\/h6>\n<h6><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-850\" title=\"christian-bobin-1\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/christian-bobin-1.jpg\" alt=\"\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/christian-bobin-1.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2010\/05\/christian-bobin-1-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/h6>\n<h1 style=\"text-align: justify;\">Lors d&rsquo;une rencontre \u00e0 Paris, Christian Bobin nous confie : \u00a0\u00bb Il suffit juste de frotter pour faire ressortir le ton. Je ne r\u00e9ussis pas toujours, c\u2019est la po\u00e9sie qui fait voir les choses, ce n\u2019est pas une d\u00e9coration, ce n\u2019est pas un agr\u00e9ment, c\u2019est simplement le seul acc\u00e8s \u00e0 ce monde et \u00e0 l\u2019autre. Quand elle a la gr\u00e2ce de venir, elle arrive et c\u2019est une d\u00e9flagration \u00ab\u00a0<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">Explorateur du silence, Christian Bobin y consacre sa vie et son oeuvre. Ses grands th\u00e8mes de pr\u00e9dilection sont le vide, la nature, l\u2019enfance, les \u00ab petites choses \u00bb comme il le dit lui-m\u00eame. Pour ce po\u00e8te, la solitude est une mati\u00e8re. Elle est plus une gr\u00e2ce qu\u2019une mal\u00e9diction. Cette solitude, il la conna\u00eet et la qu\u00eate. Plus profond\u00e9ment encore depuis la disparition brutale de son amie l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1995. Un deuil qu\u2019il raconte dans La plus que vive (Gallimard, 1996).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le succ\u00e8s est venu plus tard, port\u00e9 par la gr\u00e2ce d\u2019un livre \u00e9l\u00e9giaque consacr\u00e9 \u00e0 la vie spirituelle de Saint Fran\u00e7ois d\u2019Assises, si justement intitul\u00e9 Le Tr\u00e8s-Bas, une oeuvre po\u00e9tique et spirituelle dans laquelle il fait l\u2019apologie des humbles, de la solitude m\u00e9ditative. Il tutoie Fran\u00e7ois d\u2019Assise et \u00ab fait lui-m\u00eame un peu figure de franciscain aux pieds nus faisant jaillir sous sa plume des bonheurs inconnus au plus grand nombre \u00bb : \u00ab Il (Saint Fran\u00e7ois d\u2019Assise) n\u2019 pas le go\u00fbt des mal\u00e9dictions, ce go\u00fbt des faibles. Sa voix et calme, si calme qu\u2019elle fait s\u2019approcher les pauvres qui ne connaissent du monde que des aboiements. Il emprunte la voie du Tr\u00e8s-Bas, jamais celle du Tr\u00e8s-haut. Il sait bien qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019un seul Dieu. S\u2019il pr\u00e9f\u00e8re l\u2019infinie douceur \u00e0 l\u2019infinie col\u00e8re, il sait bien que toutes deux proc\u00e8dent du m\u00eame seul infini \u2013 celui de l\u2019amour. Il sait bien tout cela mais il pr\u00e9f\u00e8re cette mani\u00e8re. Elle lui vient de l\u2019enfance. Elle lui vient de ses premi\u00e8res ann\u00e9es pass\u00e9es dans le giron de Dieu, sous les jupes de la m\u00e8re (\u2026) La m\u00e8re sourit au loin, l\u00e0-bas. La m\u00e8re triomphe dans son chagrin. A ses c\u00f4t\u00e9s, un homme couvant sa col\u00e8re, un marchand s\u00fbr de son devoir, un p\u00e8re certain de l\u2019offense faite et qu\u2019elle est impardonnable \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jouant sur les contrastes pour faire ressortir la quintessence du Tr\u00e8s-Bas, c\u2019est \u00e0 dire de l\u2019humain humble et fragile, poussi\u00e8re et ma\u00eetre de l\u2019univers, cette hagiographie po\u00e9tique sur la vie du Saint Fran\u00e7ois d\u2019Assises se lit \u00e9galement comme des stances proph\u00e9tiques \u00e9nonc\u00e9es dans les titres des chapitres : Une question qui d\u00e9sesp\u00e8re de sa r\u00e9ponse, D\u2019ailleurs, il n\u2019y a pas de Saints, Douceur du N\u00e9ant, Quelques mots pleins d\u2019ombre, Image sale, image sainte, Cette vieillerie de Dieu\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans sa vie quotidienne, cet \u00e9crivain c\u00e9l\u00e8bre, loin des feux de la rampe des c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s litt\u00e9raires se confond presque \u00e0 cette asc\u00e8te : \u00ab Ma vie, avoue-t-il dans son nouveau livre, Louise Amour, s\u2019\u00e9tait pass\u00e9e dans les livres, loin du monde, et j\u2019avais, sans le savoir, fait avec mes lectures ce que les oiseaux par instinct font avec les branches nues des arbres : ils les entaillent et les triturent jusqu\u2019\u00e0 en d\u00e9tacher une brindille bient\u00f4t nou\u00e9e \u00e0 d\u2019autres pour composer leur nid\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019explorateur du silence Lors d&rsquo;une rencontre \u00e0 Paris, Christian Bobin nous confie : \u00a0\u00bb Il suffit juste de frotter pour faire ressortir le ton. 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