{"id":865,"date":"2010-07-15T19:37:04","date_gmt":"2010-07-15T18:37:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=865"},"modified":"2011-02-08T23:26:18","modified_gmt":"2011-02-08T22:26:18","slug":"rabia-ziani-ma-vie-est-un-roman","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/rabia-ziani-ma-vie-est-un-roman\/","title":{"rendered":"Rabia Ziani : \u00ab\u00a0Ma vie est un roman\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: justify;\">Rencontr\u00e9 chez lui \u00e0 Crescia o\u00f9 il s\u2019est install\u00e9 depuis 1964 comme directeur d\u2019\u00e9cole, Rabia Ziani a toujours la verve d\u2019un conteur, la bont\u00e9 et l\u2019autorit\u00e9 d\u2019un p\u00e9dagogue. Ses romans \u00e9crits dans son jardin, portent l\u2019empreinte d\u2019un style foisonnant et d\u2019une \u00e9criture-confession. Il en parle.<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-869\" title=\"rabia-ziani--1\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/rabia-ziani-1.jpg\" alt=\"\" width=\"610\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/rabia-ziani-1.jpg 610w, https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2010\/07\/rabia-ziani-1-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px\" \/><\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019ivreScQ : Vous avez connu t\u00f4t les chemins de l&rsquo;\u00e9migration&#8230;<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Rabia Ziani :<\/strong> J\u2019ai quitt\u00e9 l\u2019Alg\u00e9rie en 1950 \u00e0 15 ans et j\u2019ai v\u00e9cu 5 ans \u00e0 Valenciennes dans le Nord de la France, \u00e0 la fronti\u00e8re franco-belge o\u00f9 je suis arriv\u00e9 le 20 juin 1950 apr\u00e8s un passage \u00e0 Paris chez un de mes fr\u00e8res. L\u00e0, j\u2019entre au coll\u00e8ge technique mais mon fr\u00e8re a\u00een\u00e9 voulait que je me mette au travail trois mois apr\u00e8s mon arriv\u00e9e. Il m\u2019a fait quitter le coll\u00e8ge et je me suis mis \u00e0 travailler. J\u2019ai appris le m\u00e9tier de cimentier, la peinture au pistolet en tant que barbouilleur, celui de manoeuvre, de gar\u00e7on de caf\u00e9. Ceci dit, j\u2019ai fait un petit stage de formation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e \u00e0 Valenciennes. Mais, c\u2019\u00e9tait la grande mis\u00e8re. Le centre ville de Valenciennes \u00e9tait en ruine. C\u2019\u00e9taient les Alg\u00e9riens qui trimaient, ils \u00e9taient log\u00e9s dans des caves \u00e0 plusieurs.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. Mais vous \u00eates parti avec un CEP&#8230;<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Oui, j\u2019ai d\u00e9croch\u00e9 mon certificat d\u2019\u00e9tudes \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Tala Bouali des Ait Sma\u00efl avec pour ma\u00eetre d\u2019\u00e9cole M. Cherfi. La derni\u00e8re ann\u00e9e de ma scolarit\u00e9, je l\u2019ai pass\u00e9e chez les P\u00e8res Blancs \u00e0 Bounouh pr\u00e8s d\u2019El Merdja o\u00f9 j\u2019ai obtenu mon certificat d\u2019\u00e9tudes primaires. Puis ce fut pour moi le grand voyage, l\u2019aventure. Il faut vous dire que je n\u2019ai jamais d\u00e9croch\u00e9 des \u00e9tudes. Il fut une \u00e9poque o\u00f9 j\u2019\u00e9tais une encyclop\u00e9die vivante. A Paris, on me surnommait \u00abMa\u00eetre\u00bb. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent je peux vous dessiner la Seine, ses affluents et ses quartiers dans le moindre d\u00e9tail. On apprenait tout par coeur, c\u2019\u00e9tait la p\u00e9dagogie de l\u2019\u00e9poque.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Le retour&#8230;\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> En 1954, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 \u00e0 faire mon service militaire. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 de Valenciennes \u00e0 Miliana, en Alg\u00e9rie. Nous \u00e9tions deux indig\u00e8nes dans le peloton de Sous-officiers. J\u2019avais le niveau du brevet quand j\u2019ai \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 au service militaire. A l&rsquo;examen de Sergent, j\u2019\u00e9tais re\u00e7u premier du bataillon. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 \u00e0 la tr\u00e9sorerie o\u00f9 j\u2019ai pass\u00e9 les plus beaux moments de ma vie. J\u2019\u00e9tais jeune, beau, j\u2019avais un esprit tr\u00e8s large, au point o\u00f9 on me surnommait l\u2019Am\u00e9ricain. J\u2019avais la chance d\u2019\u00eatre dans les services administratifs alors que le gros de mon bataillon a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 dans les Aur\u00e8s. A la fin de mon service, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9, avec deux autres coreligionnaires, pour faire l\u2019\u00e9cole des officiers de Saint Mixant. J\u2019ignorais ce qui se passait dans le pays. La guerre de Lib\u00e9ration \u00e9tait d\u00e9clar\u00e9e et j\u2019\u00e9tais Sergent dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Je me souviens encore d\u2019un fait : un vieil adjudant, indig\u00e8ne, est venu me voir, m\u2019a pris en apart\u00e9 et m&rsquo;a dit dans un bon fran\u00e7ais : \u00abSergent Ziani, je vous conseille de partir d\u2019ici\u00bb. C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai pris conscience de ma situation. C\u2019est ainsi que je me suis retrouv\u00e9 Moussebel en Kabylie, chez moi, \u00e0 Ait Smail. L\u2019un des responsables des maquis de la r\u00e9gion m\u2019a rencontr\u00e9. Il r\u00e9pondait au nom de Cha\u00e2bane Yerghane (Cha\u00e2bane le br\u00fbl\u00e9) qui m\u2019a confi\u00e9 au commissaire politique de la localit\u00e9. Mais, \u00e0 cette \u00e9poque, la R\u00e9volution n\u2019\u00e9tait pas celle que l\u2019on raconte aujourd\u2019hui. Oui, il y a eu de l\u2019h\u00e9ro\u00efsme certes, mais aussi une pagaille ; des revanchards, des salet\u00e9s, des ignorants. C\u2019\u00e9tait l\u2019ann\u00e9e 1956. J\u2019y suis rest\u00e9 une ann\u00e9e. C\u2019\u00e9tait d\u2019ailleurs l\u2019\u00e9poque o\u00f9 je me suis mari\u00e9. Bref, je suis rest\u00e9 une ann\u00e9e et c\u2019\u00e9tait intenable, infernal. Pourtant, dans le m\u00eame temps, alors Moussebel, je ne perdais pas de vue mes \u00e9tudes. Je pr\u00e9parais le bac par correspondance \u00e0 l\u2019Ecole universelle de Paris qui m\u2019envoyait des cours. Ce n\u2019\u00e9tait gu\u00e8re facile, je passais des nuits enti\u00e8res avec l\u2019alg\u00e8bre, la g\u00e9om\u00e9trie dans un contexte de guerre. Un beau matin, je suis descendu au caf\u00e9 maure o\u00f9 les villageois attendaient le courrier. Le facteur arrive et me remet une lettre de ma belle-soeur qui vivait \u00e0 Valenciennes. Je lisais la lettre en retournant chez moi. A un moment donn\u00e9, j\u2019ai senti une pr\u00e9sence derri\u00e8re moi, c\u2019\u00e9tait le fameux chef des Moussebels qui, soit dit en passant, a \u00e9t\u00e9 liquid\u00e9 par L\u2019ALN comme tra\u00eetre. Il m\u2019a tenu ces propos : \u00abRabia, tu sais, j\u2019ai parl\u00e9 \u00e0 nos fr\u00e8res, je leur ai dit que tu \u00e9tais instruit, seulement, voil\u00e0 le courrier que tu re\u00e7ois de Paris\u2026\u00bb Alors l\u00e0, j\u2019ai vu rouge. Je suis rentr\u00e9 chez moi et j\u2019ai dit \u00e0 ma femme : \u00ab\u00e7a y est, je viens de recevoir une lettre de la Grande poste, j\u2019ai trouv\u00e9 du travail. Demain matin, je pars.\u00bb Si j\u2019\u00e9tais rest\u00e9 24h de plus, je ne sais pas ce que j\u2019aurais fait. Le lendemain, j\u2019ai pris le bus. C\u2019\u00e9tait une autre aventure.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Vous quittez une seconde fois votre village sous la col\u00e8re. Etait-ce pour un poste d\u2019enseignant \u00e0 Alger ?\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Non, J\u2019arrivais \u00e0 Alger et je m\u2019\u00e9tais fix\u00e9 une semaine pour trouver du travail, sinon j\u2019\u00e9tais d\u00e9cid\u00e9 de repartir en France. Le lendemain de mon arriv\u00e9e, je me suis pr\u00e9sent\u00e9 au Palais du gouvernement, dans les services de la fonction publique. Je m\u2019\u00e9tais pr\u00e9sent\u00e9 en tant que Sergent pourvu du brevet \u00e9l\u00e9mentaire et ayant le niveau du bac. De l\u00e0, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9 chez un certain M. Merlet chef des services de la comptabilit\u00e9 qui me re\u00e7oit et me fait subir un questionnaire dans lequel je pr\u00e9cisais que j\u2019\u00e9tais affect\u00e9 \u00e0 la tr\u00e9sorerie lors de mon service militaire&#8230; A la fin, il m\u2019a propos\u00e9 un poste dans une des nouvelles pr\u00e9fectures qui venaient d\u2019\u00eatre cr\u00e9\u00e9es : Tizi Ouzou, M\u00e9d\u00e9a, Orl\u00e9anvilles&#8230;Mais r\u00e9flexion faite, il me dit: \u00abEt si je vous prenais ici, mais \u00e0 l\u2019essai !\u00bb Je ne demandais pas mieux. Mais, mon r\u00eave, c\u2019\u00e9tait de continuer mes \u00e9tudes pour \u00eatre instituteur.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : C\u2019\u00e9tait votre r\u00eave&#8230;\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Oui, j\u2019avais beaucoup d\u2019admiration pour mes anciens ma\u00eetres, des normaliens, et je r\u00eavais d\u2019\u00eatre instituteur. Je quittais ainsi le Gouvernement g\u00e9n\u00e9ral pour l\u2019enseignement. J\u2019avais fait mon choix. Celui d\u2019une petite vie tranquille. J\u2019ai eu mon premier poste en 1960 au Clos Salembier, \u00e0 l\u2019\u00e9cole de la Cit\u00e9 Nador o\u00f9 j\u2019avais fait la connaissance de Mouloud Feraoun. C\u2019est un grand honneur pour moi de l\u2019avoir connu. Dans ma vie d\u2019\u00e9crivain, je lui ai rendu plusieurs hommages. En 1963, nous voil\u00e0 ind\u00e9pendants. Il y avait des stages, partout, en France. Avec mon ami, Rekis, nous \u00e9tions, deux, \u00e0 \u00eatre les premiers instituteurs titulaires. Nous nous \u00e9tions inscrits pour un stage de formation de cadres des finances \u00e0 Paris. Vers la fin du stage, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 par l\u2019Acad\u00e9mie d\u2019Alger. Rentr\u00e9 \u00e0 Alger, j\u2019avais un choix : \u00eatre administrateur dans une banque ou r\u00e9int\u00e9grer l\u2019enseignement. J\u2019ai re\u00e7u ma convocation pour un poste d\u2019administrateur dans un \u00e9tablissement bancaire. Au moment o\u00f9 j\u2019allais frapper \u00e0 la porte du directeur g\u00e9n\u00e9ral, je m\u2019\u00e9tais dit : \u00abMonsieur Ziani, tu es un id\u00e9aliste, tu aimes l\u2019enseignement, tu as eu la meilleure note professionnelle parmi la trentaine d\u2019enseignants de l\u2019Alg\u00e9rie ind\u00e9pendante, reprends tes esprits\u00bb. Je suis donc revenu \u00e0 l\u2019enseignement et j\u2019ai demand\u00e9 la direction de l\u2019\u00e9cole de Crescia, dans le Sahel, actuellement faisant partie de la wilaya de Tipaza. C\u2019\u00e9tait en 1964. J\u2019y suis rest\u00e9 \u00e0 ce jour.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : D\u2019o\u00f9 vient le nom de cette localit\u00e9 ?\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Elle s\u2019appelait Crescia. Alphonse Daudet, le c\u00e9l\u00e8bre \u00e9crivain fran\u00e7ais, a s\u00e9journ\u00e9 ici, dans une ferme \u00e0 la sortie de Crescia ; il en parle dans Tartarin de Tarascon. J\u2019\u00e9tais le seul instituteur titulaire de la r\u00e9gion.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Durant toutes ces ann\u00e9es, l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9crire vous a-t-elle effleur\u00e9 l\u2019esprit ?\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Vous savez, je n\u2019ai rien \u00e0 vous apprendre comment on devient \u00e9crivain, artiste\u2026etc. Il faut qu\u2019il y ait une cassure. C\u2019\u00e9tait en 1967, l\u2019ann\u00e9e de mes cauchemars. Je me suis mis \u00e0 \u00e9crire. Et \u00e9crire, ce n\u2019est pas aussi facile que cela. Mon premier manuscrit, des milliers de pages, je l\u2019ai jet\u00e9 au feu. Je n\u2019\u00e9tais pas s\u00fbr de moi. C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai fait connaissance d\u2019un grand \u00e9crivain, Mouloud Mammeri que j\u2019allais voir presque tous les jeudis lorsqu\u2019il \u00e9tait directeur du CRAP (Centre de recherche anthropologique et pr\u00e9historique). J\u2019\u00e9tais un de ses admirateurs comme lecteur. Quand il me recevait, il ne se mettait jamais derri\u00e8re son bureau. Je lui ai soumis mon premier manuscrit Le d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9. Apr\u00e8s l\u2019avoir lu, il m\u2019a regard\u00e9 droit dans les yeux et m&rsquo;a dit : \u00abIl y a trop de passion en vous, vous allez \u00e9crire beaucoup de livres\u00bb Je n\u2019oublierai jamais ces paroles. Un jour, en discutant, il m\u2019a sugg\u00e9r\u00e9 d\u2019\u00e9crire une nouvelle. Alors que je me trouvais dans le train Marseille-Paris, la proposition de Mouloud Mammeri trottait dans ma t\u00eate. J\u2019ai pris mon stylo et ai \u00e9crit ma premi\u00e8re nouvelle L\u2019heure du choix publi\u00e9e et illustr\u00e9e par le peintre Haroun dans un num\u00e9ro sp\u00e9cial de R\u00e9volution africaine consacr\u00e9 au Premier-Novembre.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Dans ce roman Le d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9, le personnage principal, Ra\u00efs, est un ancien maquisard ambitieux\u2026\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Ra\u00efs, c\u2019est moi. L\u2019ind\u00e9pendance venue, il a \u00e9t\u00e9 expropri\u00e9 de son petit morceau de terre, Tamazirt, qu\u2019il cultivait avec amour. Par son abn\u00e9gation, son s\u00e9rieux dans le travail, il r\u00e9ussit dans la vie, dans l\u2019enseignement comme moi. De ce point de vue autobiographique, j\u2019aurais fait un tr\u00e8s bon metteur en sc\u00e8ne. On ne peut pas \u00eatre \u00e9crivain si on n\u2019a pas v\u00e9cu, si on n\u2019a rien senti. On ne fait que rendre. Devant une page blanche, est impuissant celui qui n\u2019a pas senti, qui n\u2019a pas pleur\u00e9, ainsi que le dit un vers de Musset : \u00abL\u2019homme est un apprenti, la douleur est son ma\u00eetre, nul ne se conna\u00eet tant qu\u2019il n\u2019a pas souffert\u00bb.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Les titres de vos premiers romans Le d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9, Et mourir \u00e0 Ighil, L\u2019impossible retour expriment une souffrance, une d\u00e9possession puis il y a eu comme une sorte de d\u00e9compression avec Ma montagne, Nouvelles de mon jardin et Le secret de Marie\u2026\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Apr\u00e8s Le d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9, il y a eu en moi une sorte de d\u00e9pression. En 1964, comme je vous l\u2019ai dit, j\u2019ai obtenu la direction de l\u2019\u00e9cole de Crescia Un jour, je suis venu visiter le bourg avec mon \u00e9pouse et je d\u00e9couvre le village, calme, entour\u00e9 de verdure. Il y avait cette maison vacante avec un grand jardin de 1000m2, je l\u2019ai occup\u00e9e et me voil\u00e0 devenu jardinier. J\u2019ai retrouv\u00e9 ma s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Mes journ\u00e9es \u00e9taient pleines entre la p\u00e9dagogie, mon jardin et mes enfants. Je suis p\u00e8re de sept enfants dont quatre docteurs, professeurs de m\u00e9decine, deux ing\u00e9nieurs et un professeur de physique. Ils ne sont pas arriv\u00e9s si facilement \u00e0 ce niveau. Un enseignant qui ne r\u00e9ussit pas \u00e0 former ses propres enfants, comment voulez-vous qu\u2019il en forme d\u2019autres ? Il faut \u00eatre exemplaire. Beaucoup de mes \u00e9l\u00e8ves, aujourd\u2019hui retrait\u00e9s, n\u2019osent toujours pas fumer devant moi. J\u2019ai lu des milliers de livres de p\u00e9dagogie et j\u2019en lis toujours. Le respect se m\u00e9rite. Il y a deux m\u00e9rites en p\u00e9dagogie : la bont\u00e9 et la fermet\u00e9. Retenez cela. Mais je dis avec Henri Troyat dont je fais mienne la citation : \u00abIl nous reste peu de choses des passions qui nous ont agit\u00e9 autrefois\u00bb.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : D\u2019ailleurs, votre personnage Rachid Mohand Ouali qui \u00e9crit \u00e0 Bela\u00efd dans votre roman Ma montagne, dit dans une de ses lettres : \u00abJe savoure la volupt\u00e9 d\u2019\u00e9crire, la lutte patiente contre la phrase qui se raidit puis s\u2019assoupit, l\u2019attente immobile, l\u2019affut d\u2019un mot\u2026\u00bb C\u2019est bien vous, non ?\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Oui, parfois, en me relisant, je me demande si c\u2019est bien moi qui ai \u00e9crit\u2026\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Vous avez eu des correspondances avec d\u2019autres \u00e9crivains ?\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Oui, des lettres \u00e9chang\u00e9es avec Emmanuel Robl\u00e8s aupr\u00e8s duquel Mouloud Mammeri m\u2019a recommand\u00e9. Des correspondances aussi avec Jules Roy et Patrick Poivre d\u2019Arvor.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Revenons \u00e0 votre roman Ma montagne ? Pourquoi le choix \u00e9pistolaire ?\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Ce sont des souvenirs d\u2019enfance. Mon h\u00e9ros quitte la r\u00e9gion de Beni Allel et se retrouve en pleine montagne cultivant un jardin.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Les th\u00e8mes d\u00e9velopp\u00e9s dans Ma montagne n\u2019ont-ils pas une relation avec le contexte socio\u00e9conomique de ces ann\u00e9es 80. Votre personnage Rachid quitte Beni Allel d\u00e9figur\u00e9 par l\u2019installation d\u2019une usine, une route qui coupe en deux son jardin\u2026\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Effectivement, c\u2019est le cas de tout le monde aujourd\u2019hui. J\u2019ai en quelque sorte anticip\u00e9 sur ces probl\u00e8mes. C\u2019est ce que les gens me disent.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Le secret de Marie est votre dernier roman. C\u2019est le plus proche de la r\u00e9alit\u00e9 politique de l\u2019Alg\u00e9rie des ann\u00e9es 1990\u2026\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Le secret de Marie est mon dernier roman paru \u00e0 Paris, chez L\u2019Harmattan. Il m\u2019a fait souffrir. Je l\u2019ai \u00e9crit \u00e0 une p\u00e9riode o\u00f9 les terroristes se pavanaient \u00e0 Crescia o\u00f9 la solidarit\u00e9 n\u2019existait plus. Un jour, j\u2019ai pris mon cartable Je suis parti \u00e0 Paris. J\u2019ai \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 une mort certaine \u00e0 Crescia. J\u2019avais pris Le secret de Marie \u00e0 l\u2019\u00e9tat de manuscrit. Arriv\u00e9 chez mon fils, ing\u00e9nieur en informatique, place Voltaire, je me suis remis \u00e0 son \u00e9criture. J\u2019ai d\u00e9pos\u00e9 la version finale aux \u00e9ditions L\u2019Harmattan qui l\u2019ont publi\u00e9. Mais je n\u2019ai pas voulu rester en France. J\u2019aime ma libert\u00e9. Je suis donc revenu \u00e0 Crescia. J\u2019ai soumis le m\u00eame manuscrit aux Editions Casbah qui n\u2019ont pas donn\u00e9 suite.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Dans les ann\u00e9es 80, vous publiez pratiquement chaque ann\u00e9e un roman\u2026\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Effectivement. Il y en a d\u2019autres qui sont \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019\u00e9bauche et que j\u2019ai laiss\u00e9s tomber par la suite. J\u2019\u00e9crivais jour et nuit. Je vous avais dit que j\u2019\u00e9tais comme une encyclop\u00e9die vivante. J\u2019ai touch\u00e9 \u00e0 tout. J\u2019ai abord\u00e9 pas mal de sujets. Je me suis lanc\u00e9 dans une autre aventure avec une collection en direction des jeunes Sciences et Savoir, une sorte d\u2019encyclop\u00e9die de la jeunesse aux \u00e9ditions Dahleb. Ce n\u2019est pas aussi facile que cela quand on \u00e9crit \u00e0 l\u2019enfant. Il ne faut pas \u00eatre un savant mais p\u00e9dagogue. J\u2019ai lu des centaines de livres d\u2019enfants. La simplicit\u00e9 est la chose la plus difficile \u00e0 atteindre dans un travail d\u2019\u00e9criture p\u00e9dagogique.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Vous avez publi\u00e9 dans les maisons d\u2019\u00e9dition de l\u2019\u00e9poque aujourd\u2019hui dissoutes&#8230;<\/strong>\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Oui, d\u2019abord il n\u2019y avait que la Sned, transform\u00e9e en Enal, puis l\u2019Enap\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Comment \u00e9taient re\u00e7us vos romans ?\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Sans me vanter, Le d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9 s\u2019est vendu dans l\u2019ann\u00e9e ; L\u2019impossible bonheur a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9 \u00e0 cinq mille exemplaires. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9puis\u00e9 dans l\u2019ann\u00e9e \u00e9galement. Les autres ont \u00e9t\u00e9 tir\u00e9s \u00e0 3000 exemplaires.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Vous avez \u00e9galement un ouvrage qui va para\u00eetre au SILA 2010&#8230;\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai sign\u00e9 le bon \u00e0 tirer et il sera pr\u00e9sent\u00e9 au SILA 2010. C\u2019est un essai intitul\u00e9 De la litt\u00e9rature universelle. Des \u00e9crivains universels, comme L\u00e9on Tolsto\u00ef, Voltaire, Rousseau et beaucoup de nos \u00e9crivains alg\u00e9riens : Mouloud Mammeri, Mohamed Dib, Malek Haddad, Assia Djebbar, Tahar Djaout que j\u2019ai connus.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Comment vous situez-vous par rapport \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration des \u00e9crivains de ces ann\u00e9es 80, entre autres Chabane Ouahioune ?\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Mon ami Chabane et comment ! On se rencontrait tous les deux souvent \u00e0 Alger et nous \u00e9crivions \u00e0 cette \u00e9poque au journal Horizon. C\u2019est un avait certainement quelque chose qui le poussait \u00e0 l\u2019\u00e9criture.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Aucun de vos romans n\u2019a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9dit\u00e9. Pourquoi ?\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Je n\u2019ai pas cherch\u00e9 car, je pourrais le dire franchement, je suis un homme combl\u00e9. J\u2019ai r\u00e9ussi l\u2019\u00e9ducation de mes enfants. Je ne suis pas dans le besoin.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Au-del\u00e0 du besoin, vous n\u2019\u00eates pas int\u00e9ress\u00e9 par la r\u00e9\u00e9dition ?\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Je n\u2019ai pas demand\u00e9, je n\u2019ai pas cherch\u00e9. Avec l\u2019\u00e2ge, cela devient p\u00e9nible. Je vous ai d\u00e9j\u00e0 racont\u00e9 ce qui s\u2019est pass\u00e9 avec les Editions Casbah \u00e0 propos de la r\u00e9\u00e9dition de Le secret de Marie que j\u2019ai \u00e9crit avec mes tripes. Il traite d\u2019un sujet d\u00e9licat. Mon h\u00e9ro\u00efne est une jeune fille orpheline recueillie par les Soeurs Blanches et qui est devenu chr\u00e9tienne. J\u2019y d\u00e9fends la tol\u00e9rance des religions. Je me suis beaucoup document\u00e9 pour \u00e9crire ce roman. J\u2019ai fait connaissance de Mgr Tessier. Je me suis un peu inspir\u00e9 du roman Le rouge et le noir de Stendal. En \u00e9crivant les derni\u00e8res pages, j\u2019ai vers\u00e9 des litres de larmes. Je n\u2019\u00e9cris que quand je suis inspir\u00e9, jamais sur commande.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Parmi vos romans, quel est celui qui vous a donn\u00e9 le plus de difficult\u00e9s ?\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> C\u2019est Le d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9 qui m\u2019a fait souffrir. Huit ans d\u2019\u00e9criture. Le manuscrit a \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9 des flammes par ma fille. Mais il m\u2019a permis de conna\u00eetre Mouloud Mammeri et d\u2019\u00eatre en quelque sorte journaliste. Ce livre est l\u2019oeuvre de huit ans de veille. J\u2019ai rendu hommage \u00e0 l\u2019abn\u00e9gation de mon \u00e9pouse et \u00e0 mon dactylographe qui m\u2019a suivi ligne par ligne. C\u2019\u00e9tait un travail monumental. Des tonnes de papier. C\u2019\u00e9tait la machine \u00e0 \u00e9crire et quand il y a une erreur, vous imaginez ce que c\u2019est. Mais j\u2019avais quelque chose \u00e0 dire qui br\u00fblait mes entrailles.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Ma montagne aurait pu s\u2019intituler M\u00e9moires d\u2019un jardinier, non ?\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> J\u2019y d\u00e9cris mes exp\u00e9riences de jardinier. Quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 Crescia, je ne savais rien du monde agricole. J\u2019ai appris beaucoup de choses en cultivant mon jardin. A 7h du matin, je suis au jardin, J\u2019avais des salades de toutes les vari\u00e9t\u00e9s, toutes sortes de haricots, des l\u00e9gumes frais. A 8h, je mets mon costume cravate et je vais \u00e0 mon travail d\u2019enseignant. C\u2019\u00e9tait pour moi une joie. J\u2019ai connu le vrai bonheur. Des jours avec un soleil radieux, toute une vie qui foisonne dans mon jardin. Le plaisir de cueillir un fruit&#8230;\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Quel est le lieu qui vous a le plus inspir\u00e9 ?\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Quand je ferme les yeux, je vois le Djurdjura, comme un sphinx. La premi\u00e8re image que je revois \u00e0 mon \u00e2ge, c\u2019est mon village, mon \u00e9cole&#8230;\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Vous aviez \u00e9crit d\u2019ailleurs une nouvelle L\u2019\u00e9cole d\u2019autrefois\u2026\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> Oui, je revois mon ancien ma\u00eetre comme si cela datait d\u2019hier. Dans l\u2019essai qui va para\u00eetre, j\u2019ai \u00e9crit un texte autobiographique que j\u2019ai intitul\u00e9 Mis\u00e8re et grandeur de l\u2019\u00e9crivain suivi d\u2019un autre chapitre : L\u2019art d\u2019\u00e9crire.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L. : Beaucoup d\u2019extraits de vos romans figurent dans les manuels scolaires. Une osmose entre l\u2019enseignant et l\u2019\u00e9crivain que vous \u00eates ?\u00a0\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. Z. :<\/strong> L\u2019IPN (Institut p\u00e9dagogique national) a choisi beaucoup d\u2019extraits de mes romans, notamment de Ma montagne. En classe de 7\u00e8me ann\u00e9e du fondamental, on trouve le texte Les cerises de Rachid extrait de Nouvelles de mon jardin. Dans l&rsquo;examen du brevet, en 1973, l\u2019\u00e9preuve de fran\u00e7ais \u00e9tait Le Ramadan d\u2019autrefois, extrait de Ma montagne et le texte Timechret en 9\u00e8me ann\u00e9e fondamental tir\u00e9 \u00e9galement de Ma montagne qui a \u00e9t\u00e9 choisi par M. Amhis, alors inspecteur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Education.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rencontr\u00e9 chez lui \u00e0 Crescia o\u00f9 il s\u2019est install\u00e9 depuis 1964 comme directeur d\u2019\u00e9cole, Rabia Ziani a toujours la verve d\u2019un conteur, la bont\u00e9 et l\u2019autorit\u00e9 d\u2019un [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true},"categories":[5,133],"tags":[],"class_list":["post-865","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-litterature-algerienne","category-n-7"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/865","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=865"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/865\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":867,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/865\/revisions\/867"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=865"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=865"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=865"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}