{"id":899,"date":"2011-01-15T23:59:05","date_gmt":"2011-01-15T22:59:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/?p=899"},"modified":"2011-03-02T22:51:32","modified_gmt":"2011-03-02T21:51:32","slug":"les-best-sellers-de-lhistoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/les-best-sellers-de-lhistoire\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9ditorial de Nadia Sebkhi : Les best-sellers et l&rsquo;Histoire"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-59 alignright\" style=\"border: 0px;\" title=\"Nadia Sebkhi\" src=\"http:\/\/www.livrescq.com\/livrescq\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/edito.jpg\" alt=\"Nadia Sebkhi\" width=\"65\" height=\"82\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ivrEscQ magazine litt\u00e9raire consacre le Dossier de la pr\u00e9sente \u00e9dition aux best-sellers dans lesquels les bourreaux prennent une place pr\u00e9pond\u00e9rante dans la litt\u00e9rature contemporaine. Il arrive que nous \u00e9voquions des livres et nous y revenons parce que l\u2019int\u00e9r\u00eat que vous leur portez, chers lecteurs et lectrices, nous incite \u00e0 y revenir. Notre curiosit\u00e9 va donc \u00e0 la rencontre de ces succ\u00e8s internationaux, car une flop\u00e9e d\u2019oeuvres de toutes cat\u00e9gories aborde encore la premi\u00e8re et la seconde Guerres mondiales, la d\u00e9portation des juifs, la Guerre d\u2019Alg\u00e9rie et toutes ces luttes que la terre avorte sous une vo\u00fbte c\u00e9leste, parfois peu cl\u00e9mente. Depuis que le monde est monde, la parole donn\u00e9e aux victimes int\u00e9resse peu, contrairement \u00e0 celle des bourreaux, lesquels fascinent par leur pulsion exterminatrice beaucoup d\u2019\u00e9crivains. Charlotte Lacoste dans son essai S\u00e9ductions du bourreau \u00e9taye ces syllogismes en r\u00e9futant ing\u00e9nieusement, entre autres dans Les Bienveillantes de Jonathan Littell, une litt\u00e9rature qui sublime et r\u00e9habilite le bourreau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce m\u00eame dossier, Laurent Mauvignier, J\u00e9r\u00f4me Ferrari et Laurent Binet nous r\u00e9pondent sans ambages de leur exp\u00e9rience litt\u00e9raire. Ils s\u2019inspirent des \u00e9v\u00e9nements historiques dont l\u2019horreur n\u2019est plus \u00e0 d\u00e9montrer pour saisir le r\u00e9el dans sa dimension indicible et tenter de les recr\u00e9er dans une perception novatrice purement litt\u00e9raire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019Alg\u00e9rie mill\u00e9naire n\u2019est pas en reste puisque Fat\u00e9ma Bakha\u00ef plonge dans les entrailles du temps et \u00abremonte\u00bb avec sa trilogie fictive con\u00e7ue comme hymne d\u2019amour \u00e0 la gloire de son pays. L\u2019\u00e9crivaine, en proie aux questionnements lancinants, revisite dans Izuran I les origines de nos anc\u00eatres s\u2019\u00e9tendant de la p\u00e9riode de la pierre polie \u00e0 celle de la conqu\u00eate musulmane, avec un d\u00e9sir d\u2019\u00e9crire d\u2019autant plus fort puisqu\u2019elle va encore dans Izuran II de la conqu\u00eate musulmane \u00e0 la chute de grenade. Dans le dernier volume de la saga, Izuran III, Fat\u00e9ma Bakha\u00ef r\u00e9examine ce pan de temps allant de la chute de Grenade au fameux coup de l\u2019\u00e9ventail\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre grande d\u00e9lectation est le roman subversif Youm eddin de Racha el Ameer, \u00e9crit en langue arabe classique, qui a suscit\u00e9 beaucoup de remous au Liban. D\u2019une rare beaut\u00e9, parsem\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rences po\u00e9tiques et religieuses, un imam amoureux livre par le \u00abje\u00bb d\u2019une voix de femme son \u00e9panchement passionnel. Ce r\u00e9cit nous rappelle Les Oiseaux se cachent pour mourir (The Thorn Birds), de l\u2019\u00e9crivaine australienne Colleen McCullough, dans lequel le pr\u00eatre est tiraill\u00e9 entre son amour pour une femme et son seigneur, mais qui finit par c\u00e9der \u00e0 la passion terrestre, ou encore La Derni\u00e8re tentation du Christ, de Nikos Kazantzakis, o\u00f9 des salles de cin\u00e9ma parisiennes ont \u00e9t\u00e9 cass\u00e9es par des exalt\u00e9s chr\u00e9tiens. Racha El Ameer qui a publi\u00e9 son ouvrage Le Jour dernier, Confession d\u2019un imam aux \u00e9ditions Barzakh et Acte Sud se voit \u00e9trangement vilipend\u00e9e, par certains, pour avoir os\u00e9 parler du sacr\u00e9 et du profane dans son pays. Car, outre qu\u2019un imam est une personne ordinaire, doit-on pointer de l\u2019index la verve d\u2019une auteure lorsqu\u2019elle place dos-\u00e0-dos l\u2019amour c\u00e9leste et l\u2019amour d\u2019un homme ; pourtant cet imam donne libre cours \u00e0 sa plume gr\u00e2ce \u00e0 sa muse qui l\u2019enflamme d\u2019une passion torride ! Et puis, en somme, ces escapades comme parade de l\u2019\u00e2me, ces \u00e9panchements du coeur sont-ce des interdits en islam ? Un livre qui m\u00e9rite le d\u00e9tour !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette vie et ses soubresauts fa\u00e7onn\u00e9s par des Hommes \u00e0 leur image, les \u00e9crivains nous la rappellent et la sondent dans ce qu\u2019elle a de plus intense et de plus myst\u00e9rieux. Qu\u2019ils soient russe (Guelassimov), italien (Guarnieri), tchadien (Nimrod) ou de chez nous (Saci Ouali et Ali Malek), ces \u00e9crivains singuliers sont \u00e0 d\u00e9couvrir dans cette dixi\u00e8me \u00e9dition de L\u2019ivrEscQ.<\/p>\n<p>Bonne lecture !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ivrEscQ magazine litt\u00e9raire consacre le Dossier de la pr\u00e9sente \u00e9dition aux best-sellers dans lesquels les bourreaux prennent une place pr\u00e9pond\u00e9rante dans la litt\u00e9rature contemporaine. 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