«Faire dialoguer la culture et l’économie en réitérant que la culture doit être soutenue par les partenaires de l’industrie»
Sous le slogan They build the economy. Now they lead it , s’est tenue la rencontre des femmes MENA Women Business Club, samedi dernier. MWBC est une initiative soutenue par l’Union pour la Méditerranée (UfM Union for the Mediterranean) et l’ONUDI (UNIDO – United Nations Industrial Development Organization). Le MENA Women Business Club reste un réseau dédié à l’autonomisation économique des femmes entrepreneures et professionnelles en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Sa mission est de créer un espace dynamique d’échange, de formation et d’opportunités à travers différents secteurs stratégiques.
L’ivrEscQ, média culturel et ses plateformes, a de tout temps porté les voix des femmes vers les cimes de l’accomplissement, de la modernité, du leadership, et leur donner une visibilité. Car donner de la visibilité, c’est aussi ancrer ces parcours singuliers dans le regard et l’impact collectif.
A l’écoute des différents panels réunissant des entrepreneures de plusieurs secteurs aussi divers que la santé, la pharmacie, l’agriculture, l’agro-industrie, la culture… ainsi que des Spotlight Talks donnant la parole à d’autres bâtisseuses venues d’horizons différents, on mesure combien le défi, la détermination, la ténacité, la persévérance, l’expérience et l’ambition nourrissent le chapitre Algérie MENA Women Business Club. « On ne naît pas leader, on le devient », dira l’une des intervenantes. « Faire prospérer l’agriculture digitale au Sud, est dans l’esprit de certains, juste impossible », renchérit une autre voix, convaincue que le vocable « impossible » est justement le pari à relever. Et même si le leadership demeure encore parfois perçu comme propre aux hommes, aucune ne semble céder au découragement ni adopter une posture victimaire. Elles avancent, expérimentent et revendiquent leur place.
Le constat est mondial lorsqu’on examine les chiffres du Global Gender Gap Report du Forum économique mondial : dans les secteurs techniques et industriels, notamment dans les filières liées à l’intelligence artificielle, les femmes ne représentent que 19,3 % des ingénieurs, le reste étant dominé par les hommes. Ce déséquilibre rappelle combien le chemin est long et ardu pour graver le leadership féminin dans les secteurs qui façonnent l’économie des lendemains.
A tous ces défis s’ajoute notre ligne de force, en tant que média : faire dialoguer la culture et l’économie en réitérant que la culture doit être soutenue par les partenaires de l’industrie. Les deux pôles ne doivent en aucun cas s’ignorer, ni se mettre dos à dos comme c’est le cas en l’occurrence. La culture, tout autant que l’économie, est un secteur éminemment soft power.
Les décideurs institutionnels devraient entendre les incessants appels des maillons de la culture (livre, cinéma, arts plastiques, théâtre, etc.) visant à allier la culture à l’économie en une véritable synergie politique, capable de générer la force de l’une et de l’autre, comme dans les pays industrialisés.
En conclusion, souhaitons à nos entrepreneures de franchir un nouveau cap : passer de la construction à l’influence, de l’initiative à l’impact, en cultivant l’union et les passerelles ici et hors frontières. Car, au-delà des individualités, seul un noyau dur, un écosystème, muera les initiatives en une force vive d’un pays.
Excellente rentrée littéraire & économique à tous !
Nadia SEBKHI Editorialiste — L’ivrEscQ
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