À l’occasion de la parution Georges Moustaki, la fierté du Méditerranéen aux éditions Aframeg, le journaliste et auteur Abdelkarim Tazaoute lève le voile sur les coulisses de son œuvre.
L’ivrEscQ : La musique nous accompagne, elle nous rend souvent nostalgiques des mélodies que nous fredonnons, et n’a pas de frontières. Quelle belle surprise de découvrir la biographie de Georges Moustaki sous votre plume, une véritable rencontre de Méditerranéen à Méditerranéen ! Dites-nous, comment s’est opéré ce défi d’écrire Georges Moustaki, la fierté du Méditerranéen fraîchement paru aux éditions Aframeg ?
Abdelkarim Tazaoute : La musique possède cette faculté de repousser les frontières, voire de les bannir, et c’est tant mieux pour l’humanité et ceux qui espèrent faire de cet art universel, une
passerelle de partage. Pour la biographie de Moustaki, il s’agit en fait d’un vieux projet qui a ressurgi ces dernières années avec insistance. Le défi se trouvait dans l’aspect inédit du projet, à savoir qu’un auteur algérien écrive sur une personnalité étrangère, fut-elle de renommée internationale. J’ai posé la question à des amis qui en majorité ont réussi à me convaincre, sachant le lien qui m’a toujours uni avec mon idole, Georges Moustaki. J’étais prêt à financer le projet pour concrétiser une idée, celle de rendre hommage à un auteur, compositeur et interprète qui nous a fait tant rêver et qui a bercé nos années de tendresse et d’humanisme.
L’ivrEscQ : Vous avez publié El Hachemi Guerouabi ou le triomphe du chaâbi. Mohamed Lamari, le ténor de la Casbah. Elles, des voix algériennes (Portraits de chanteuses algériennes). Djamel Allam, de Ur d-tsru au youyou des anges. Brahim Izri, le troubadour des temps modernes. Idir, nostalgie enchanteresse. Après avoir tant écrit sur ces icônes algériennes, en quoi la méthode de collecte de souvenirs pour Georges Moustaki a-t-elle été différente ?
Abdelkarim Tazaoute : La méthodologie est la même et la quête d’information est primordiale. Pour Moustaki, il ne s’agit pas totalement d’une biographie classique. Ma démarche était en premier lieu de saisir le regard des Algériens sur cet artiste engagé, venu à plusieurs reprises chanter en Algérie des années durant, sinon mon effort n’aurait servi à presque rien. C’est aussi ma façon de lui rendre hommage en citant les réactions des Algériens que j’ai contactés. Pour le reste, le problème de documentation ne s’est pas posé avec la même acuité. Il est plus facile de trouver des documents sonores et filmés de Georges Moustaki ce qui rend moins pénible cette quête mémorielle.
L’ivrEscQ : À travers votre émission hebdomadaire Empreintes, vos livres sur le cinéma algérien et vos biographies musicales, vous naviguez constamment entre différents univers. Comment conciliez-vous la littérature, le cinéma et la musique, et de quelle manière ces expressions artistiques se rejoignent-elles ?
AbdelKarim Tazaoute : Je dirais que c’est à la fois un prolongement et un aboutissement. J’ai toujours travaillé dans la sphère culturelle en tant que journaliste et en tant qu’auteur, je connais mieux les difficultés que rencontrent ceux qui aspirent à intégrer le monde de la littérature. Mon émission sert au moins à rendre visibles les jeunes auteurs et à rendre hommage à nos illustres écrivains. C’est pour moi une chance que de continuer à servir modestement la culture.
Nadia SEBKHI Editorialiste — L’ivrEscQ
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