Entre la création littéraire et la révolution technologique, le monde des lettres fait face à un tournant historique.
Une rencontre entre deux auteurs a eu lieu au Centre d’études diocésain, où Fouad Boukhalfa, auteur de Chose d’être, a évoqué sa passion d’écrire, puisée dans une émotion qui le saisit de l’intérieur. Une genèse de l’écriture venant d’un état d’être, ou encore Chose d’être – comme il l’a souligné le long de son intervention. À ses côtés, Farid Younsi, auteur de La Dé-mesure du temps, a abordé le grand sujet crucial de notre époque : l’intelligence artificielle (IA). Là où l’humain explore au tréfonds de son être, l’IA, du haut de sa high-technologie, propose une résonance surfaite pour les initiés des lettres. D’un côté, l’IA suggère une assistance précieuse pour la recherche et le traitement rapide de l’information ; de l’autre, son utilisation abusive empiète sur les plates-bandes de l’apport humain, bousculé par une transition technologique fascinante. Ce bouleversement est loin d’être uniquement littéraire ou philosophique : il est, entre autres, d’ordre juridique. Digression oblige, un récent article paru dans Eco Times du juriste-chroniqueur Lies Hamidi analyse l’urgence de réviser nos lois face à ces avancées technologiques. À l’heure où l’IA s’active de plus en plus dans les tâches professionnelles de différents secteurs, ce sont les fondements mêmes de notre modèle social – à commencer par les contrats en CDD et CDI – qui sont à réexaminer minutieusement. Une question cruciale mériterait d’être posée pour les prochaines décennies : le travail dans ses différents profils – notamment pour nous, passionnés des textes littéraires et des productions artistiques – sera-t-il entièrement livré au savoir-faire de l’IA ? C’est précisément là que Farid Younsi, sceptique sur la question, a creusé son sujet. Qu’adviendrait-il et que deviendrait le quidam que nous sommes, face aux avancées et aux visées incontournables de l’IA ? Rêve ou cauchemar ? Effacement ou ascension ?Au-delà des postures des Sceptiques qui crient à la fin de la production humaine, ou, de l’autre bord, des Technophiles aveuglés par le progrès, rappelons-nous que l’humain, quand il écrit, est un imparfait créateur sublimé par l’art, comme l’a indiqué Fouad Boukhalfa. À l’inverse, l’IA n’est autre qu’un fast-food du prêt-à-penser et du prêt-à-écrire. Saluons, donc, la production de l’intelligence humaine, véritable matrice de l’IA. En conclusion, si nous cessons de nous écouter, d’échanger et de débattre, une IA supra-intransigeante, régie par l’ordre mondial, décidera à la place de tous les silencieux, les figurants taiseux.
Nadia SEBKHI Editorialiste — L’ivrEscQ
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